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Recueil de Marguerite Périer, p. GGi

ÉCRITS DE JACQUELINE PASCAL. lOo

Alors que la raison ternit tes faux attraits. ♦

Qui veut te résister est aussitôt le maître.

Et si peu de puissance accompagne tes traits

Que (pi n'est pas vainqueur veut bien ne le pas être.

SUITIL DES STANCES CONTRE UAMOUR

A MADEMOISELLE DE BELVRON , EN LLI ENVOYANT LES Pr.ÉCÉDENTES *•

Ce n'est pas que par là je veuille faire entendre Qu'il ne soit pas d'objet capable de nous prendre, Que tous également nous soient indifférents; Les beaux yenx de Beuvron nous servent d'assurance Qu'il s'en peut rencontrer qui, sans être tyrans, Donnent des sentiments hors de Tindifférenco^

Il est vrai que ces yeux sont partout redoutables.

Il est vrai que leurs coups toujours inévitables

K'ont rien vu dans les cœurs qui put leur résister.

Mais ne te vante point, Amour, de cette gloire;

Ses yeux, quoiqu'assez beaux pour pouvoir tout dompter.

Doivent à sa vertu l'honneur de leur victoire.

Ainsi les traits divins dont ils blessent les âmes

Ne tiennent rien, amour, des gènes ni des flamme?

Où tu fais succomber tes foibles partisans.

Avec eux la raison conserve son usage,

Et c'est par ses conseils que les moins complaisants

Ont pour eux des respects qui vont jusqu'à l'hommage.

Cesse donc de prétendre à l'empire du monde : C'est à cette beauté qui n'a point de seconde Qu'est réservé l'honneur de vaincre l'univers. Ne combats point du sort les ordres infaillibles, Et ppeise qu'en cédant à tant d'appas divers On cède cà la vertu qui les rend invincibles.

1. Recueil de Marguerite Péricr, p. 605. — M^^« de Reuvrorî, fille du marquis de Bouvron, commandant du château de Rouen, était célèbre par sa beauté. Toutes les poésies galantes du temps sont pldues de son éloge.

SONNET

SUR LA GUÉRISON APPARENTE DU ROt LODIS XIII

Avril 1643.

Eufin, vaines grandeurs, vous êtes impuissantes, Et ce nombre infini de tant de courtisans Ne pouvoit empêcher que la mort triomphante Ne portât au cercueil le plus beau de mes ans.

Ces petits rejetons 2, dont la vertu naissante Porte déjà l'effroi jusqu'aux lieux plus puissants, Ne servoient qu'à pleurer cette mort apparente Et rendre en les quittant mes ennuis plus cuisants.

Mais quoiqu'en ces douceurs mon âme fût ravie. Pour le bien de l'État je demandois la vie, Quand le ciel entendit un si juste dessein.

Pour amoindrir mon mal il falloit des miracles, Et si je fus guéri malgré tous ces obstacles. C'est ma seule vertu qui fut mon médecin.

SONNET

à LA REINE SUR SA RÉGENCE '. Mai 1543.

Commencez, grande Reine, un règne de merveilles. Puisque notre bonheur ne dépend que de vous. Semez par l'univers vos vertus sans pareilles; Rendez de vos beaux faits les plus grands Rois jaloux.

Continuez les soins de vos divines veilles, Et que votre bonté fasse connoître à tous

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