‹ Histoire de FranceChapitre 53 sur 158 · Recueil de Marguerite Périer, p · texte numérisé non relu

Recueil de Marguerite Périer, p

Qu'en vain mille terreurs ont frappé nos oreilles Pour un gouvernement que vous rendez si doux.

Politique indiscret, parle sans violence;

Ne dis plus, pour troubler notre heur dans sa naissance.

Qu'une douceur de femme est un foible soutien.

Apprends à respecter ton illustre princesse. Dont Tesprit tout divin sait joindre avec adresse La douceur de son sexe à la force du tien.

STANCES

POUR UNE DAME AMOUREDSE d'dN HOMME QUI n'eN SAVOIT RIET». Septembre 1643 ».

Imprudente divinité, Injuste et fâcheuse chimère.

Dont le pouvoir imaginaire Tourmente une jeune beauté, Amour, que ton trait est nuisible.

Et que tu parois insensible A tant de plaintes et de vœux!

Alors qu'Amarante soupire, Tircis est exempt de tes feux Et ne connoît point ton empire.

Tandis que ses yeux innocents Enchantent le cœur d'Amarante, Et que cette flamme naissante A déjà des effets puissants, Cette belle par une œillade Montre qu'elle a l'esprit malade

1. Rec. Ces stances, d'abord imprimées dans le P*" volume du Recueil do Serc}', avaient été adressées à Benserade, comme on le voit dans les œuvres de ce dernier, édit. de 1697, tome P%p. 77 : Vers de jl/iiê Pascal pour une dame de ses amies, sous le nom d'AmaratUe, amoureuse de Tircis.

Et qu'elle chérit sa laagueur.

Mais ta rigueur iuconcevable ' Rend cet adorable vainqueur Autant insensible qu'aimable.

La grâce qu'on voit en son port.

Et sa douceur iucomparable, Est UD écueil inévitable Où sa raison perd son effort.

Son ardeur qui toujours augmente Devient enfin si véhémente Qu'elle ne la peut plus cacLer :

Chacun de nous la voit paroitre, Et le seul qu'elle veut toucher Seul ne sait pas lareconnoltre^.

Peut-être sïl sa voit un jour L'ardeur de cette belle ^ flamme, La pitié feroit en son âme Ce que n'a jamais pu l'amour. v

Mais tant de soupirs qu'elle pousse Par une voix plaintive et douce, Ne découvrant point ses désirs, Son Tircis n'y peut rien comprendre, Et ne pousse point de soupirs Puisqu'il ne les sait pas entendre.

Jeune ^ et capricieux enfant, Que tu te vas donner de blâme!

Pour avoir pu vaincre une femme, Crois-tu te voir pins triomphant?

Non, non, et par cette injustice Tu montres bien que ta malice Est jointe avec peu de pouvoir.

Si la force suivoit tes armes,

1. L'édit. de Benserade et le Recueil de Sercy, cà tort : inccmpa^ ruble.

'J. L'édit. de Benserade : Est seul qui ne le pcai conïioû.'V. SfeTcy ; la puut c...

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