VERS
A bas, à bas ces fleurs!
Vous profanez ce verre.
Le fade émail de ces couleurs N'est bon que pour des pots de terre.
1. Bcnserade et Sercy : Mais je suis exempte de blâme. II y a à la Bibliothèque de l'Arsenal, parmi les manuscrits de Conrart, in-4°, t. X, une copie de cette pièce qui contient toutes les leçons du Kgcueil de Sercy.
C'est pervertir l'ordre des choses.
Un métal si divia K'est pas fait pour des roses :
Il est fait pour du vin
STANCES
CONSOLATION SUR LA MORT d'cNE HUGUENOTE »,
Mai 1645.
Philis, apaisez vos douleurs; C'est assez répandre de pleurs Pour la perte de votre amie; Cessez ce violent transport Qui s'attaquant à votre vie Livreroit la mienne à la mort.
Finissez tous ces déplaisirs; La mort est sourde à vos soupirs, Gomme elle est aveugle à vos larmes.
Si le ciel l'eût faite autrement, Elle eût respecté tant de charmes Qu'elle a détruits en un moment.
Mais quoi ! rien n'échappe ici-bas.
Et la laideur et les appas Ressentent ses coups redoutables; Les heureux, les infortunés.
Les innocents et les coupables Sont au même but destinés.
Tout est dans l'instabilité;
La plus ferme félicité
Se perd df-s qu'elle est découverte ;
Et vous-même enfin quelque Jour
Ferez pleurer pour votre perte
Ceux qui pleurent pour votre amour.
1. Recueil de Marguerite Périer, p. 668, et Recueil de Sercy, t. II,
Ce n'est pas que par mon discours Je prétende arrêter le cours D'une tristesse raisonnable; Moi-même j'ai part au malheur, Et par une pitié louable J'accompagne votre douleur.
J'excuse votre déplaisir,
En ce qu'il ne pouvoit choisir
Une matière plus illustre.
Chloris fut chef-d'œuvre des cieux,
Et c'est en son cinquième lustre «
Que le destin l'ôte à nos yeux.
Mais ce qui peut mieux excuser La douleur que vous peut causer Sa perte trop inopinée, C'est qu'en mourant le ciel voulut Que son hérésie obstinée Laissât douter de son salut.
Mais non, sans doute qu'à la mort Son esprit devenu plus fort Reçut la céleste lumière, Et qu'étant presque détaché Du poids de sa masse grossière, Il reconnut d'avoir péché.
Aussi, grand Dieu ! si l'amitié Peut émouvoir votre pitié Pour un chef-d'œuvre sans exemple. Oyez les vœux que désormais Nous irons faire en votre temple Pour celle qui n'y fut jamais.
Hélas! son malheur seulement Causa son endurcissement A vivre dans son hérésie.
Et son zèle la décevoit.
Recevant pour la mieux choisie La foi que son père approuvoiî.