‹ Histoire de FranceChapitre 71 sur 158 · L'édit. : en naturel · texte numérisé non relu

L'édit. : en naturel

chent, et il les a vicies, lorsque les siens l'ont ôlé de la croix, et aussi lorsqu'il est dans le sépulcre.

Cela m'apprend que si la divine Providence me donne en maniement des choses temporelles, je m'y dois soumettre, quoique ce soient des liens qui me tiennent attachée aux choses de la terre, et qu'il faut en même temps que l'aversion que j'aurai pour toutes ces attaches fasse qu'elles me tiennent lieu des clous de mon Sauveur, qui lui faisoient de cruelles plaies en même temps qu'elles tenoient son corps attaché à la croix, et par la croix à la terre qui la soutenoit. Et j'apprends du temps où il a eu les mains vides, qu'en quelque état que je sois, de commerce avec les hommes ou de retraite, je puisse avoir les mains vides de tout maniement et de toute affaire, s'il plaît à Dieu de m'en décharger.

On revêt Jésus-Christ, après sa mort, d'ornements convenables aux morts.

J'apprends de là à témoigner par mes habits que je suis morte pour le monde.

Quoique Jésus-Christ fût revêtu des ornements des morts, néanmoins ils n'étoient que conformes à son état, parce qu'il étoit effectivement mort.

Cela m'apprend qu'encore qu'il soit vrai que je dois témoigner par mes habits que je suis morte au monde,

je n'y dois rien avoir de singulier et d'extraordinaire, mais simplement conformes à mon état présent.

Le drap dans lequel on ensevelit Jésus n'étoit pas à lui.

J'apprends de là à ne me pas attacher aux choses qui sont les plus proches de moi, et qui me sont les plus utiles, et à ne pas les regarder comme m'étant propres mais étrangères.

Jésus fait paroître qu'il est mort, non-seulement par ses habits , qui ne sont pas autres que ceux des morts, et par la maison qu'il habite qui est le sépulcre, mais aussi par toutes les postures de son saint corps.

Cela m'apprend qu'il faut témoigner au monde que je suis morte pour lui, non-seulement par mes habits et par ma maison, mais aussi par toutes mes actions.

Incontinent après la mort de Jésus, son corps est dérobé aux yeux des hommes pour être enfermé dans le sépulcre, et depuis ce moment personne ne l'a plus vu, même après sa résurrection ; car il n'est apparu qu'à ses disciples.

Cela m'apprend qu'après être morte au monde, je dois me cacher de lui, en sorte qu'il ne me revoie

jamais, et que si je ne puis m'y rendre complètement invisible, et que la charité m'oblige à me manifester encore à quelqu'un, il faut que ce ne soit qu'à des véritables disciples de Jésus-Christ. C'est ce que m'apprend saint Paul , quand il dit aux chrétiens : Vous êtes mortSy et votre vie est cachée en Jésus-Christ, Il ne dit pas que votre vie soit cachée, ce qu'on auroit pu prendre pour un conseil de perfection , mais il dit positivement : Votre vie est cachée, marquant par là que c'est l'état naturel du chrétien.

Jésus a voulu qu'on l'embaumât peu de temps après sa mort, sans qu'il en eût besoin pour empêcher la corruption de son corps.

J'apprends de là à ne pas me contenter de mourir au monde, mais, quelque vertu que j'aie par la grâce de Dieu, à user de toutes les précautions nécessaires pour empêcher que je vienne enfin à me corrompre : ce qui arrivera en moi très-facilement, si je ne suis toujours armée de myrrhe et d'aloès, c'est-à-dire de la mortification et de l'oraison.

Jésus, après sa mort, a été renfermé dans un sépulcre de pierre comme en un lieu de retraite, dans lequel il a ôté à ses yeux le moyen de voir naturellement tout ce qui étoit au dehors, et non-seulement cela, mais il a voulu avoir les yeux fermés par la mort.

étant ainsi privé de la vue même du lieu où il étoit renfermé.

Cela m'apprend qu'il ne suffit pas, pour imiter mon Seigneur en ce point, de m'éloigner par affection ni même par effort du commerce et de la vue du monde, mais qu'il faut que je me dégage \ autant que je pourrai, des choses domestiques les plus proches et les plus intimes et inséparables de ma condition, sans me complaire dans la vue de la jouissance de CCS choses.

XXXVÏI

Jésus est enfermé seul dans ce sépulcre, étant ainsi séparé de ceux mêmes qui étoient morts avec lui, et autant du bon larron que du méchant, quoique d'ailleurs le bon fût uni à l'âme de Jésus-Christ dès le moment de sa mort.

Cela m'apprend à me séparer, autant que je pourrai, des personnes qui ont renoncé au monde comme moi, et même des parfaits, afin de m'établir dans une solitude réelle et parfaite : mais en même temps je m'y dois tenir unie par une affection spirituelle, pour jouir ensemble, par une parfaite union de cœur formée par la charité, d'une béatitude parfaite, autant qu'elle le peut être en cette vie.

Jésus n'est enfermé dans le sépulcre qu'après

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