‹ Histoire de FranceChapitre 74 sur 158 · L'édit. : des principes · texte numérisé non relu

L'édit. : des principes

terre, mais que je dois vivre dans réloignement de tout le commerce du monde.

Jésus n'est pas oisif dans sa mort, car il va délivrer les âmes des saints Pères.

Cela m'apprend qu'il ne faut pas que ma mort au monde me fasse mener une vie oisive, mais que je dois travailler sans cesse à des œuvres de charité, surtout spirituelles, et autant envers moi qu'envers le prochain, travaillant à rendre la liberté à tous mes bons désirs.

XLVÎI

Jésus n'est pas entré triomphant dans le ciel, au moment que la mort l'a séparé du monde, mais il a attendu plusieurs jours après.

Cela m'apprend à souf&ir en patience la privation des consolations célestes, où les personnes mêmes qui sont mortes au monde se rencontrent souvent, et attendre avec quiétude ^ le temps ordonné de Dieu pour me faire entrer dans la possession sensible de la grâce, qui est la gloire commencée, et ensuite l'heure arrêtée de toute éternité pour me donner entrée dans la gloire consommée.

Jésus est mort, et en mourant il n'a point laissé lea

i. L'Odit. : patience.

siens orphelins, mais il leur a envoyé son Saint-Esprit, qui est son divin amour, pour les assister, et lui-même y demeure invisiblement jusqu'à la fin du monde.

J'apprends de là à me séparer des miens en quelque manière que ce soit : j'y dois néanmoins toujours demeurer par une affection qui naisse purement de Dieu , et les assister de mes prières.

Jésus, après sa mort, a été plus environné de ses ennemis que de ses amis ; les premiers eussent volontiers empêché les merveilles de sa nouvelle vie, comme ils tâchèrent d'en cacher la vérité, mais ils ne firent ni l'un ni l'autre.

Cela m'apprend que, quoique le nombre de mes ennemis soit plus grand que celui de mes vrais amis, et que j'en sois sans cesse environnée, cependant après ma mort au monde je ne dois pas laisser de continuer cette mort par la nouvelle vie que je dois mener malgré leurs efforts.

C'est proprement par la mort du corps naturel de Jésus qu'il a donné la vie à son corps mystique, qui est l'Église.

Cela m'apprend qu'il faut que ma mort au monde soit le principe de ma vie en Dieu.

Le mystère de la mort de Jésus renferme tous les

autres qui l'ont précédé, puisqu'ils se dévoient tous terminer à cette mort, qui devoit seule opérer la rédemption du monde.

Ce qui nous apprend que dans une âme tous les bons mouvements, tous les bons désirs, les bonnes actions que Dieu lui fait faire, n'ont leur perfection et ne contribuent point à son ' salut , jusqu'à ce qu'ils soient arrivés à ce point d'opérer la mort de la volonté, qui s'anéantit^ heureusement dans celle de Dieu : après, quoi la résurrection ne peut manquer de suivre, qui donne une vie nouvelle à ces âmes, lesquelles ont renoncé au principe de la mort spirituelle, qui est la propre volonté. Amen.

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