‹ Histoire de FranceChapitre 75 sur 158 · L'édit. etlemanusc. : leurs · texte numérisé non relu

L'édit. etlemanusc. : leurs

S. L'édit. et le manusc. : ^anéantit.

Etienne Pascal mourut à Paris le 24 septembre 1651, Jacqueline se crut enfin libre de suivre la vocation qui depuis longtemps s'était déclarée en elle, et l'entraînait irrésistiblement vers la vie religieuse. Aussitôt que les afiaires de la succession furent terminées, elle se retira à Port-Royal le 4 janvier 1652 ; mais quand elle voulut aller plus avant et faire sa profession , elle rencontra un nouvel obstacle du côté d'où elle l'aurait le moins attendu, de la part de son frère, de ce même Pascal qui, quelques années auparavant, l'avait jetée dans la dévotion , et avait intercédé auprès de leur père pour qu'il lui fût permis de se faire religieuse. C'est lui qui s'y refusa en 1652, tout comme l'avait fait Etienne Pascal. Jacqueline fut donc obligée de lui écrire une lettre à la fois forte et tendre, où, tout en lui rappelant qu'elle peut se passer de son consentement, elle le lui demande avec instance et l'invite même à la cérémonie de ses vœux. Il y a dans cette lettre de la femme et de la sainte, la passion et l'obstination qui distinguent toute la famille, unies à une douceur char-

mante, à la fois les prières les plus humbles et raccent du commandement. Presque partout la solitaire de Fort-Royal, qui signe déjà sœur de Sainte -Euphémie, emploie envers Pascal le vous grave et officiel ; quelquefois elle redevient Jacqueline et tutoie son frère Biaise, comme s'ils étaient encore ensemble avec leur fidèle Gilberte dans la maison paternelle. Plus d'une phrase rappelle l'ancienne écolière du grand Corneille, et le dialogue de Polyeucte et de Pauline : <( Ne m'ôtez pas ce que vous n'êtes pas capable de me donner... S'il est vrai que le monde a conservé quelque impression de l'amitié qu'il me témoignoit lorsque j'étois sienne, à Dieu ne plaise que cela me puisse détourner de le quitter, et vous d'y consentir! Ce doit être ma gloire et votre joie, et de tous mes vrais amis , d'avoir ce témoignage de la force de mon Dieu que ce n'est pas lui {le monde) qui me quitte mais moi qui l'abandonne, et qu'encore que l'effort qu'il fait pour me retenir semble une punition toute visible de la complaisance que j'ai eue autrefois pour lui, il plaise à Dieu me donner la force d'y résister... N'empêchez pas ceux qui font bien , et faites bien vous-même ; ou, ?i vous n'avez pas la force de me suivre, au moms ne me retenez pas; ne vous rendez pas ingrat envers Dieu de la grâce qu'il a faite à une personne que vous aimez... J'attends ce témoignage d'amitié de toi personnellement, et te prie pour mes fiançadles qui se feront, Dieu aidant, le jour de la Samte- Trinité... J'écris à ma fidèle ; je vous prie de la consoler, si elle en a besoin, et de l'encourager... Ce n'est que par

forme que je t'ai prié de te trouver à la cérémonie, car je ne crois pas que tu aies la pensée d'y manquer. Vous êtes assuré que je vous renonce si vous le faites. » Mais voici la lettre tout entière :

LETTRE

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