‹ Histoire de FranceChapitre 24 sur 116 · II. Mœurs et caractère des Franhs · texte numérisé non relu

II. Mœurs et caractère des Franhs

On ne peut rien ajouter à la belle peinture que Tacite a faite des mœurs des Germains, parmi lesquels il faut comprendre les Franks. Sans répéter ce que cet historien en a écrit en général, nous nous bornerons à recueillir une partie de ce que d'autres anciens auteurs ont dit en particulier des Franks. Cela suffira pour faire voir qu'à travers la barbarie où ils ont vécu avant l'établissement de Clovis, on ne laissait pas que de remarquer en eux des traits de bonté, de pudeur, de magnanimité et de bravoure, qui pouvaient annoncer quel serait un jour le caractère de cette nation, quand la religion et la politesse en auraient adouci les moeurs.

La cordialité et la générosité avec laquelle les Franks exerçaient l'hospitalité ont paru à Salvien des vertus capables de balancer les vices qu'il leur reprochait : mendaces Francis dit cet auteur^ sed Iwspitales. C'est donc surtout des Franks qu'il faut entendre ce que Tacite a dit en général des Germains, qu'il n'y avait pas de nation qui reçût ses hôtes avec plus de courtoisie et qui les traitât mieux.

Ils n'avaient pas moins de respect pour les lois de la pudeur que pour celles de l'hospitalité. Un article de la loi salique suffît pour nous faire juger combien ils avaient horreur de ce qui peut blesser cette vertu. On y condamne à l'amende le Frank qui aurait pris la moindre liberté avec

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