ET LES MOEURS DES GAULOIS
ne trouverait point cette question éclaircie par l'histoire. Mais on peut raisonnablement supposer que les Kimris, durant leur long séjour soit en Asie, soit sur la frontière de l'Asie et de l'Europe, furent initiés à des idées et à des institutions qui, circulant alors d'un peuple à l'autre, parcouraient les régions orientales du monde.
Le druidisme, importé en Gaule par la conquête, s'organisa dans les domaines des conquérants plus fortement que partout ailleurs ; et, après qu'il eut converti à sa croyance toute la population gallique, et probablement une partie des Ligures, il continua d'avoir au milieu des Kimris, dans l'Armorique et l'Ile de Bretagne, ses collèges de prêtres les plus puissants et ses mystères les plus secrets.
L'empire du druidisme n'étouffa point cette religion de là nature extérieure qui régnait avant lui en Bretagne et en Gaule. Les prêtres des fausses religions tolèrent au-dessous de leurs doctrines mystérieuses un fétichisme grossier propre à occuper et à nourrir la superstition de la multitude, et qu'ils ont soin de tenir toujours slationnaire. Tel il resta dans l'île de Bretagne. Mais en Gaule, dans les parties de l'est et du midi, où le druidisme n'avait pas été imposé par les armes, quoiqu'il fût devenu le culte dominant, l'ancien culte national conserva plus d'indépendance, même sous le ministère des Druides, qui s'en constituèrent les prêtres. Aussi l'intelligence publique s'éleva-t-elle graduellement du fétichisme à des conceptions religieuses de plus en plus épurées.
Ainsi l'adoration immédiate de la matière brute, des phénomènes et des agents naturels, tels que les pierres, les arbres ', les vents et en particulier le terrible kirk ou ctrcius'^, les lacs et les rivières^, le tonnerre, le soleil, etc.,
♦ Maxim.Tyr., Serm. 38. Dauslareligiou gauloise, comme dans toutes les fausses religions du monde, le fétichisme resta toujours la croyance des classes ignorantes du peuple. Aussi voit-on très-tard les prêtres et les conciles chrétiens tonner encore contre les adorateurs des pierres et des arbres.
* Scnec, Quast. riatur., 1. 5, c. 17.
^ Possidon. apud Strab., I. 4, p. 188. Oros., 1. :., c. 16. Greg, Tur., de Glor. conjess., c. o.