‹ Histoire de FranceChapitre 5 sur 116 · ET LES MOEURS DES GAULOIS · texte numérisé non relu

ET LES MOEURS DES GAULOIS

aussi les adorations des Gaulois sous le nom de Tcutatès% inventeur de tous les arts et protecteur des routes. Les arts manuels avaient leurs divinités particulières, et une divinité collective. Enfin, le symbole des arts libéraux, de l'éloquence et de la poésie, fut déifié sous la figure d'un vieillard armé, comme l'Hercule grec, de la massue et de l'arc, mais que ses captifs suivaient gaiement, attachés par l'oreille à des chaînes d'or et d'ambre qui sortaient de sa bouche : il portait le nom d'Ogmius '-. On voit qu'avec de légères différences, c'était l'Olympe des Grecs et des Romains presque complet. \ < - ' " Des rapports si frappants ne furent pas sans étonner les observateurs romains, qui retrouvaient en Gaule tous leurs dieux. « Les Gaulois, dit César ^, reconnaissent Mercure, » Apollon, Jupiter, Mars et Minerve; mais ils ont pour Mer- » cure une vénération particulière. Leur croyance à l'égard » de ces divinités est presque la même que la croyance des » autres peuples : ils regardent Mercure comme l'inventeur 0 de tous les arts; ils pensent qu'il préside aux chemins, » et qu'il a une grande influence sur le commerce et les » richesses; qu'Apollon éloigne les maladies; qu'on doit à » Minerve les éléments de l'industrie et des arts méca- » niques ; que Jupiter régit souverainement le ciel ; que » Mars est le dieu de la guerre. »

La ressemblance se changea même en une entière iden-

' Teutates. Lucan., Pharsal. Lactant., loc. cit. Minucius Félix, c. 30. Le nom de Teutates rappelle le dieu Theut des Phéniciens et d'une grande partie de rOrienl. Si l'on songe que les Phéniciens propageaient volontiers leur religion chez les peuples au milieu desquels ils s'établissaient, et qu'ils introduisirent ainsi le culte de ce même Teutates en Espagne {Mercurium-Tentat€n.,Ti\..-\À\., 1. 26, c. 44) ; si l'on songe en outre qu'ayant commercé les premiers avec les Gaulois encore sauvages, ils ont dû chercher à leur inspirer du respect pour les relations commerciales et pour les vo)ageurs, en répandant le culte d'un dieu qui protégeait les routes et l'industrie : on sera tenté, peut-être avec quelque raison, d'attribuer au Teutates gaulois une origine phénicienne.

'^ I.ucian. Herciû. Gall.

^ Dcum maxime Mercurium colunt.-. Post hune, Apollinem, et Marteni, et Joveni, et Minervam : de his camdem ferè quàm reliqUcT gentes hahcnt opinioneni ; Apollinem morbos depellere, Minervam operiini atque artifirionim initia transdcre , Jovem imperium cœlestium tenere, Mariera bclla gerere. Xif?> . S'IL G(rll.,\.e,c. 17.)

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