‹ Histoire de FranceChapitre 71 sur 116 · IX. Des principaux officiers de nos rois · texte numérisé non relu

IX. Des principaux officiers de nos rois

Rien ne montre mieux la grandeur d'un maître que le nombre et la puissance de ses serviteurs ^. La cour de nos rois ne le céda, à cet égard, à aucune autre. Nous commençons par les charges ecclésiastiques.

L'apocrisiaire, nommé quelquefois l'archiprêtre de France, et plus souvent l'archichapelain, tenait le premier rang parmi les officiers du palais. Non-seulement il était supérieur du clergé qui en desservait l'oratoire, mais il avait encore inspection, quant au spirituel, sur tous ceux qui se trouvaient à la cour : « en sorte, dit llincmar^, que personne n'y pou- » vait faire aucun exercice de zèle sans son agrément. » 11 y avait plus : tous les procès ecclésiastiques, toutes les contestations des clercs et des moines ressorlissaient à son tribunal. Personne môme ne pouvait parler au roi d'une affaire ecclésiastique sans l'avoir auparavant communiquée à l'archichapelain, et sans avoir pris son attache. On peut juger par là quel était son crédit. Aussi cette charge fut-elle communément exercée par des évèques, à qui le pape accordait souvent le pallinm et le titre d'archevêque par distinction. On vit cependant quelquefois de simples prêtres, comme Fulrade et Foulques, revêtus de la dignité d'archichapelain.

» Gibbon.

« Hist. de l'Egl. gall., t. 1, p. xiij.

^ De ordiue palatii.

CXII DISCOURS StTR LA REMGIOîT

Cet oiïîcîor ne fut (j'nbonl nominé (|irnpocrisiaire; mais, dans la siiilc, l'oraloirc) do nos rois ayant été appelé eliapelle à cause de la eliape de saint Martin (pi'on y conservait, les clercs destinés à desservir cet oratoire furent appelés chapelains^ et leur supr-ricur archichapcla'm. C'est l'origine des noms de cliapelle et de cliapclains, (jue l'usage a introduits pour signifier les oratoires particuliers et les clercs (pii y font l'oilice. Celle chape de saint Martin, capa ou capclla, était un nianleau d'une étofïb vile et grossière. Il paraît nièuie qu'il élait de peau de brehis. Le uioine de Saint-Gall, (pii a écrit la Vie de (Jiarlemafjnc, dit (jue ce prince avait un habit de peau (pii n'était pas beaucoup plus précieux (pie le manteau de saint Mailin ; et Du Cange cite un ancien registre de la chambre des comptes, où il est marqué (jue « les l^stohers d'Amiens doivent à l'évèque à » la Saint-Martin d'hiver une penne grant d'agneaux, ap- » pelée le manlel de saint Martin. »

Outre l'archichapelain, les rois et les reines de France avaient des auniùniers, c'est-à-dirc des ecclésiastiques ou des abbés chargés de distribuer leurs aumônes. Le premier que nous trouvions revêtu de cette charge est saint Chaumont, qui est aj)peîé aumôin'er de la reine sainte Bathilde. Ilincmar, cpii a écrit un Traité des olïicicrs du palais d'après saint Adalard, abbé de Corbie, ne parle pas de cette charge. Peut-être de son temps les fonctions d'aumonier étaient-elles réunies à la charge d'archichapclain, comme celles d''archichape}ain le fui'ent depuis à la charge de grand-aunjônier.

Il est encore parlé dans les anciens auteurs d'un abbé du palais : ce qui a fait croire à quehjues crilifjues (pi'outre les clercs, il y avait aussi des moines dans le palais pour y faire l'office divin. Mais le nom d'abbé se donnait souvent aux ecclésiasti(|ues (pii avaient quehpie autorité sur les autres. Les maisons même des clercs (pii vivaient en communauté étaient appelées monastères, et les supérieurs abbés. Sans doute, l'abbé du palais fut ainsi nounné, parce (pi'il était sous l'archichapelain le supi';rieur des clercs destinés à faire

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