ET LES MOEURS DES FRANKS. XCIII
TofTice dans la chapelle du roi : c'était ce qu'on nommerait anjoiiidliui le maître de la chapelle.
Oiiaiit aux charges ci\iies, le maire du palais, ou le majordonu', major doiuûs, fut sans contredit le plus puis ant des ofliciers de nos rois ' . Mais il n'eut pas d'abord ce pouvoir prcs(|ue souverairwju'il s'attribua dans la suite. Les fonctions de sa charge étaient renfermées dans l'enceinte du palais, dont il avait la surintendance. Ces bornes parurent trop étroites à l'ambition des maires. Sur la (in de la [)remière race, ils devinrent lesprenn'ers ministres et comme les viceroisde l'Etat; et on les vit dominer avec une autorité prescpie absolue, maîtres pres'pie également des peuples et des souverains, à i\\\\ ils ne laissèrent (ju'un vain litre de royauté.
Qui(H)n(]ue connaît l'esprit de la famille germnnicjue ne s'étonnera pas de trouver dans le maire un officier du palais '\ Dans celte famille, la domesticité ennoblit. Toutes les fonctions réputées serviles chez les nations du Midi, sont honorables chez celles du ÎSord, et en réalité elles sont rehaussées par le dévouement personnel. Dans les Mebelunrjen, le maître des cuisines, Ilumolt,est un des principaux chefs des guerriers. Aux festins du gouvernement impérial, les électeurs tenaient à honneur d'apporter le boisseau d'avoine, et de mettre les plats sur la table. Chez ces nations, quicon(|ue est grand dans le palais, est grand dans le peuple. Le plus grand du palais [major) devait être le premier des Leudes, leur chef dans la guerre, leur juge dans la paix. Or, à une époque où les hommes libres avaient intérêt à être sous la protection royale, in tnislc re'jid, à devenir Anlrustions et Leudes, le juge des Leudes dut peu à peu se trouver
' Pertz (Goscliiclite dor Mcrowingisclicn Ilausmeier) a réuni tous les noms par I( s(iu(ls on t!o>ii;iiait les luaiies «lu palais : « Major dcunùs récria^ doii.ùs rej^alis, doniùs, doinùs palatii, doirùs in palatin, palalii, in aulà ; — Srnior domùs, — l'iiiuops doniùs, — Piinrcps pjilatii, — l'riefett ii> doinûs rcjjae, — Tiaîticlu-i pilatii, — l'ra;tVctus aiil;p, — Rcctor paiatii, — Nulriior et l)aju us ri'^is.'' (Firdi'iî., c. 80) — Ke tor aiiUe, iin6 totuis n'ijni, — «.iilternaïur palaiii, — M<nleialor palatii, — Dnx palaiii, Custos palatii cJ tutor r< pni, — Subrctiiilus. » Ainsi le maire (ii-\ient preN<|ue le roi ; et ré(;iproq;-ciiieiit gnin'rnier le roraiiiiie s'vx\>r\iu:\ \)nv : g-iiivcrner te /Hi/fii.<i " I?athilda re};lna, qua- rum Cliioiario lilio l'ram nmm rcjjcbiit palatium.» (MicLclet, hiit' ilefr., t.l, p. 275.)
* Michckt, hist.de pr., t. 1, p. 274.