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CUV DISCOURS SUR LA RELIGION ET LES MOEURS DES FRANKS

distinguer les noms l'ranks d'avec les noms romains, et c'est une règle assez sûre pour discerner, par exemple, dans les premiers conciles des Gaules, les évoques Franks de naissance, d'entre ceux qui étaient descendus de familles romaines ou gauloises.

Ce n'est pas que les auteurs, en mettant les noms franks dans une autre langue, ne les aient souvent défigurés : par exemple, le nom de Glovis est rendu communément par Chlodoveus, Udodovechus ou Ludovicus. Agathias appelle ce prince KXoÔaioç. Cassiodore le nomme Luduia : ce qui peut faire croire que c'est là son vrai nom tudesque, comme Karl était le vrai nom qu'on a rendu par Carolus et par Charles. Une cause de ces variations est que la plupart des noms franks avaient une aspiration qu'on exprimait communément par Cliy comme Cldotarius^ Chil-pericus, Chlodoveus ; quelquefois par l'H seule, comme dans Hlotharius, Illudovicus, Hil' pericus. Mais on supprimait souvent cette aspiration difllcile à prononcer, et Ton disait simplement Lotharius, IlpericuSj, Ludovkus, Lothairey llperic, Louis. Cette observation peut faire juger que le nom de Louis est le môme que celui de Clovis, dont on a retranché l'aspiration. En effet, Cassiodore, qui appelle dans un endroit Clovis Luduin, le nomme ailleurs Ludovicus.

Sur la fin de la seconde race de nos rois, les mêmes noms s' étant multipliés, on fut obligé, pour distinguer les personnes qui en avaient de semblables, d'y ajouter des surnoms ou sobriquets, dont l'usage devint général et nécessaire, quand la coutume de donner des noms de saints au baptême se fut établie. Ces surnoms ne furent pas d'abord perpétués dans les mêmes familles, et le fils en avait souvent un différent de celui de son père. On ne les prenait pas même dans les actes publics; imis, pour mieux désigner la personne, on écrivait au-dessus de son nom, en interligne, le sobriquet qu'elle portait; et l'on croit que c'est ce qui donna occasion d'appeler ces sobriquets surnoms. Nos rois et nos évêques ont gardé l'ancienne coutume de ne signer que leur nom propre, qui est celui du baptême.

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