‹ Histoire de France [microform], tirée de Ducoudray;Chapitre 31 sur 33 · IS · texte numérisé non relu

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La retraite de Russie Cet allié fut plus fidèle

encore qu'à l'ordinaire et plus énergique. Napoléon se décida enfin à partir le 15 octobre. Dès le 23 le mauvais temps commença. Le 9 novembre le 5 ciel, sur lequel on avait tant compté, se déclara contre nous. La neige tomba. Tout alors est confondu et méconnaissable ; on marche sans savoir où l'on est, sans apercevoir son but ; les flocons de neige, poussés par le temi)ête, s'amoncellent et s'ar-

10 rêtcnt dans toutes les cavités; la surface cache des profondeurs inconnues ([ui s'ouvrent perfidement sous nos pas. Là le soldat s'engouffre, et les plus faibles s'abandonnant y restent souvent ensevelis. L'hiver russe attaque les soldats de toutes parts;

15 il pénètre au travers de leurs légers vêtements et de leur chaussure déchirée; leurs habits mouillés se gèlent sur eux; devant eux, autour d'eux, tout est neige ; c'est comme un grand linceul dont la nature enveloppe l'armée! Les seuls objets qui se voient.

20 ce sont de sombres sapins avec leur funèbre verdure, et la gigantesque immobilité de leurs tiges noires, et leur grande tristesse qui complète cet aspect désolé d'un deuil général, d'une nature sauvage et d'une armée mourante au milieu d'une nature morte.

25 A Smolensk, on ne trouva ni les vivres ni les secours espérés. Tout était pillé. On ne put s'y arrêter. Il fallut poursuivre cette retraite, de plus en plus désastreuse à mesure que le froid devenait plus rigoureux et que l'ennemi se rapprochait. Il

30 fallait acheter par des combats une route couverte de neige. Ney à l 'arrière-garde protégeait de son solide courage toute l'armée. Des lignes de cadavres marquaient les bivouacs. Depuis longtemps

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