‹ Histoire de France [microform], tirée de Ducoudray;Chapitre 6 sur 33 · LOUIS LE PIEUX · texte numérisé non relu

LOUIS LE PIEUX

Charlemagne, l'église de Saint-Médard de Soissons fut le théâtre d'une cérémonie bien différente de celle qui avait eu lieu à Rome en l'an 800. Louis le Débonnaire, détrôné une première fois en 830, 5 venait (l'être renversé une seconde fois par ses fils. Lothaire, auquel l'empereur, abandonné de son armée, s'était rendu, se montra sans pitié pour son père. Voulant le rendre incapable de régner, il l'obligea de faire, dans l'église de Saint-Médard de 10 Soissons, une confession publique de ses fautes. On lui enleva tous les insignes de la dignité impériale, même le baudrier et les armes du guerrier. Louis dut revêtir le costume de pénitent et demeurer dans le cloître (833).

15 Les peuples, encore pleins du souvenir de Chariemagne, protestèrent contre cette humiliation infligée à l'empereur. et contre cet outrage fait à un père par ses enfants. Louis le Germanique et Pépin comprirent bientôt qu'ils n'avaient travaillé que

20 pour leur aîné et ne voulurent point reconnaître son autorité. Ils délivrèrent Louis le Débonnaire, le ramenèrent à Saint-Denis, et le revêtirent de nouveau des ornements impériaux (834). Cependant les guerres recommencèrent. L'empereur mourut

25 en combattant son fils Louis le Germanique. « Je lui pardonne, disait-il tristement, mais qu'il sache qu'il me fait mourir.»

Les fils de Louis le Débonnaire (840-843).— Des fils qui avaient outragé l'autorité paternelle ne

30 pouvaient se respecter les uns les autres. Ils luttèrent entre eux comme ils avaient lutté contre leur père.

Pépin était mort, mais Louis le Germanique,

Charles et Lotliaire se disputèrent les provinces de Tempire. Charles et Loiiis se liguèrent contre leur aîné, Lothaire, qui seul portait le titre d'empereur. Ils le battirent à la journée de Fontanet (841), près d'Auxerre. Dans chaque camp il y avait des s hommes de même nation, et on vit ainsi se battre frères coiUre frères, Francs contre Francs, Saxons contre Saxons. Charles et Louis demeurèrent vainqueurs.

Les deux frères resserrèrent leur um'on par un 10 serment mutuel qu'ils prononcèrent devant leurs armées, à Strasbour*:^. l'un en langue germaniciue, l'autre en langue romane (ou romaine) (842). Lothaire consentit alors à un partage définitif, à Verdun, en 843. Louis le Germanique conserva tous 15 les pays au delà du Rhin (Saxe et Bavière) et qui devaient former l'Allemagne.

Charles garda les pays qu'il gouvernait, c'est-àdire la Gaule, mais non dans toute son étendue. Lothaire conservait l'Italie et recevait, en outre, les 20 pays compris entre la Meuse et le Rhin, entre la Saône et le Jura, entre le Rhône et les Alpes (Belgique, Lorraine, Alsace, comté de Bourgogne, Dauphiné et Provence).

Ce partage de famille, semblable à tous ceux qui 25 s étaient faits jusqu'alors, eut cependant les plus déplorables conséquences. Les pays qui formaient la part de Lothaire n'étant rattachés ni à la Gaule, ni à la Germanie, et trop divers pour devenir euxmêmes un État, devaient être la cause de guerres 30 sans fm. La Bourgogne, le Dauphiné, la Provence firent plus tard retour à la Gaule comme la nature 1 mdiquait ; mais le territoire entre la Meuse et le

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