AVIS. IX
On va trouver dans mes récits les vieux noms de notre histoire; tels que nous sommes accoutumés à les prononcer dans notre langue toute simple et toute vulgaire. Je n*ai pu dresser ma plume à dire Hlud^Wig pour Clovis , ni Karl-le-Grand , pour Charlemagne. Personne n'a fait un grief à la langue romaine d'avoir latinisé les noms barbares , d'avoir appelé du nom personnel de Brennm , le Brenn des Gaulois , et de n'avoir pas conservé à ce magnifique nom de Vercingétorix la terrible étymologie de Fercin-Goturus. J'ai respecté les habitudes que s'est faites le patriotisme en France. Je prie qu'on me pardonne ce préjugé.
J'aurais à dire un mot sur les Francs et sur les Gaulois , ce double objet de querelle pour la philosophie contemporaine. Les récits exposeront nettement toute ma pensée.
J'observe seulement qu'on me trouvera bien gaulois, c'est-à-dire, bien national. Le siècle a beaucoup à apprendre sous ce simple point de vue , et ce ne sera pas la moindre bizarrerie de nos temps de mobilité politique, de voir qu'après avoir protesté contre la perpétuité de la conquête, on la fait revivre autant qu'il est possible par la désignation des commandements nouveaux.
Tant que le titre de roi des Francs resta consacré , il y eut un peuple maître , et un peuple soumis. Le titre de roi de France annonça la fusion complète de l'un et de l'autre. Voilà une observation bien simple ; c'est pour cela sans doute qu'elle a échappé à quelques philosophes, même aux plus subtils.
Cette fusion des deux peuples est le grand événement de notre histoire ; c'est celui qui a été le moins aperçu. On le verrt. naturellement expliqué par l'action du catholicisme , ce puissant instrument de la liberté.
Je me Korne à ces remarques , et n'ai plus qu'à aban*