‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 21 sur 72 · Datot · texte numérisé non relu

Datot

2. Ouvrages à consulter : Saint-Simon, Mémoires; Boîsgailbert, Détail de la t'rarwe sous le règne actuel f Cologne, 1707 ; Lemont«y, Essai sur l'é-

%SS GOUVERNEMENT DE LOUIS XiV.

autant que la sienne propre, une chose lui appartient tout entière : c'est la direction générale qu'il donna au gouvernement et à la société ; c^st la manière énergique et habile dont il sut dominer tous les pouvoirs, les annuler ou les faire servir à sa grandeur ; c'est enûn cet art de régner qu'aucun prince, au jugement de Saint-Simon, ne posséda à un plus haut point. On a déjà vu ses idées sur le droit des souverains, il les avait résumées dans cette parole qu'il prononça, dit-on, jeune encore, au sortir de la Fronde : LÉtat, c^est moi*. ,^ '

Il le croyait, tout le monde le crut avec lui, et l'Église l'enseigna : Bossuet fonda le droit divin de la monarchie ^ur les maximes tirées de l'Écriture sainte : c 0 rois, vous êtes des dieux, » s'écrie le grand évêque, dans le même temps où > Lebrun remplissait Versailles de l'apothéose de Louis. Tant qu'il vécut, il n'y eut dans toute la France qu'une volonté sans contrôle et sans limite, la sienne, c D'ans l'État où tous devez régner «après moi, disait-il à son fils, vous ne trouverez . point d'autorité qui ne se fasse honneur de tenir de vous.son origine et son caractère. » Comme il arrive souvent, il lài^ sait intervenir Dieu même en sa faveur: c La volonté de Dieu, disait-il, est que quiconque est né sujet obéisse sans discernement. »

Suppression des états généraux, des états provinelaux ef des mairies électlTes. — Les états généraux eussent rappelé d'autres droits : il ne les convoqua jamais; il punit ceux qui en parlèrent, et quand, au traité d'Utrecht, les alliés se défiant encore de son ambition, voulurent exiger que les conditions de la paix fussent ratifiées par une asseml)lée nationale, il s'y refusa avep hauteur, et déclara qu'il regardait cette demande comme une Insulte k la majesté du trône. La plupart des provinces Rivaient des États particuliers,il en suppprima beauceup*. Ceux .qui furent conservés,

tabUssement monarchique de Louis XIV : Chéruel, De Vctdmtnistration de

dw-septièrM et au dix-hniiième siècle^ par Ch. Hippeau j Boyef de la Saxonne, les intendants de la oênèraUté d^ Amiens (1865).

1. si cç mot n'est fsLB authentique, la pensée qui Payait dicté. Test l)ier. oertainement,' Louis XIV avait Cait écrire dans un cours de droit pablio pour i'instructlMi du duc de Bourgogne : < La nation ne fait pas corps en France, elle réside tout entière dans la personne du roi. > (Lemontey, %bid,tp. 327.)

a. lis furent su^prifflés en Normamlie, Maine, Aigou, Touraine, Qrléa-

comme en Languedoc, Bourgogne, ProTcnce, Brets^â, etc., ne se réunirent que pour exécuter tes ordres des miniEtrea. Ce qui restait de libertés municipaTes fut supprimé, comme les libertés [U'ovinciales : le roi, b&itant monnaie avec de vieux droits c^ers aux villes, érigea les mairies en offices héréditaires et les vendit au plus orTrant. Un édit de 1SS3 plaça les villes pour leur gestion financière sous la tutelle des intendants. Leurs finances n'eu allèrent pas mieux. On

vit des communautés rendues responsables du payement de la taille, comme les curlales l'étaient sous les empereurs romains. L'ancienne fiscalité avait ruiné les magistrats mu-

naii, Eourbonnaisi KiVemais, Marche, Berrjr, Aonlt et Siinlonge, Anioomois, Auvergne. gu«rcy, Pérlgord et Rouergne. Sur les avantige* d Mml- Dietralion meilleure assurée par les ËtaU, ans proijnoee qni en alliant encore, ïD)'. Baillï, Hiiioirn «tumciilr*, 1. 1, p. Ml. Méierai.perdU Miwn- Bloa pour ayoir montré la part que la nation avait «a à d!Y(r»es époqoM dans i'êlabllue ment des tmpits «t te gonvernement do pairs.

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