ÉTAT DE LA FRANCE A LA FIN DU RÈGNE DE LOUIS XV
Esprit d'examen. — Il y a dans ce siècle un autre spectacle que le tableau des guerres malheureuses et du gouvernement honteux de la France, c*est celui du mouvement qui emportait les esprits. Jamais on ne vit une curiosité auss vive de toutes choses, une audace aussi grande à s^aventurer hors des sentiers battus. Longtemps on s^était consolé dMn abus par une épigramme et d^une iniquité par une chanson* « Ils chantent, donc ils payeront, » disait Mazarin. Mais déjà Ton chantait moins ; Tesprit devenait plus sérieux, partant plus redoutable. En face d'une royauté qui se dégradait comme à plaisir, de nobles c qui semblaient tout au plus les mânes de leurs ancêtres * » et ne savaient môme pas nous donner de généraux *, d'un clergé enfin où ne se trouvaient ni des Bossuets, ni des Fénelons, on interrogeait les droits, on étudiait les titres de ces puissances jadis si respectées.
t. Principaux ouvrages i consulter ; Necker, De Vadminiatration de$ /lnances de la France^ 1784 ; Bailly, Histoire hnancière de la France jusqu'à ta fin de 1786; Raudot, la France avant la révolution; dom Beaunier, Etats des archevêchés, évéchés^ abbayes et prieurés de France; Goyot, Traité des offices : Bonoerf, les Inconvéntents des droits féodaux (surtout l'édition de 1791;) Dareste, Histoire des classes agricoles jusqu'à Louis XIV; Chéruel, de l'Administration de Louis XI K, et Dictionnaire des institutions et coutumes de la France (dans la collection de l'Histoire universelle)] Dupont, Introduction à V histoire de la Bévolution; de Tocqueville, l'Ancien régime et la Révolution (1856). P. Boiteau, Etat de la France en 1789 [1861). Je demande la permission de faire remarquer que ce chapitre a été publié avec mon livre plusieurs années avant ces derniers travaux.