‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 11 sur 73 · CHAPITRE XLVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVI

RÀOMB DE HENRI lY DE 1589 A 1598*.

HcMrl 1T| ses premiers esiterras. *- L^assassinat du dernier des Valois mit la douleur et le trouble dans Le camp de Saîni-Cloud, la joie et la conûance dans. Paris. Au camp, les catholiques s'éloignaient déjà des protestants. On voyait les* premiers, dit un témoin oculaire, « comme gens forcenés, enfonçant leurs chapeaux, lesjetant par terre, fermant les poings, complotant, se touchant la main, formant des vœux et des promesses dont on avait pour conclusion : plutôt mourir de mille morts 1 > Dans la ville, les duchesses de Montpensier et de Nemours parcouraient^ les rues dans leurs carrosses, criant dans tous les carrefours : c Bonnes nouvelles, mes amisi bonnes nouvelles! le tyran est mort, il n'y a plus de Henri de Valois en France. > On faisait des feux de joie, on célébrait dans la chaire c le martyre du bienheureux Jacques Clément i ; on Tinvoquait comme un saint, sa vieille mère fut amenée à Paris, et montrée au peuple c comme une merveille ! »

« Vous êtes le roi des braves, avait dit à Henri un des seigneurs catholiques, et ne 'jerez abandonné que des poltrons ! » Malgré celle loyale parole, beaucoup de calholiques s'éloignèrent; pour retenir les autres, Henri s'engagea solennellement, dans une assemblée des principaux seigneurs, à maintenir dans son royaume la religion catholique, jusqu'à la convocation d'un concile national ou générai qui réglerait la question

t. OtnrraSes A consulter: Lettm miuirêg de H'nriJV dans U collection des IhtCMthenU inèdiis dt thittoire de France; les Économte» roj/aUê de Sully; les âtémairrt de U Force, de villeroi, do dac d Angoulèmei dn duc de Nevers, de Chevernf et de Ooulard;la Chronologie novênnaire de Pa'na-Cayet; le JourwU de l'Estolle; les Hitioim générales de de Thon ei d'Aubigne ; 17ii«i»ire d Henri IV de Mathieu ; les Letiru de Pasqaier; 1»» ilémoiree et corre*itondaneet de Doplessis-Momay ; l'^isloira dé Uênri /K, de M. Poirson ; hemri IV eoneidéré comme écrivain^ par Jang; SijH^Qmini, par le baron de Hûbner. «^

religieuse, et à conserver chacun dans ses droits et offices, à garantir aux calvinistes la liberté de leur culte dans une ville par bailliage. L'assemblée alors le reconnut comme roi de France, sous le nom de Henri IV, c selon la loi fondamentale du royaume (4 août . » L'acte fut dressé, signé de tous les assistants et enregistré par le parlement de Tours.

A Paris, au contraire de ce qui se passait à Saini-Cloud, on était d'accord sur la religion, mais non sur les personnes. Décidés à repousser du irône un hérétique, les ligueurs hésitaient entre le jeune duc de Guise et son oncle, le duc de Mayenne. Le premier était, d£puis la mort de son père, prisonnier des royalistes, et par conséquent un peu oublié : le second, politique habile, manquait de tout ce quMl faut à un chef populaire, audace, éclat, activité infatigable et décision prompte. Il y avait d'autres prétendants ; le duc de Lorraine, beau-frère des trois derniers Valois, le duc de Savoie, fils d'une sœur de Henri II, et le roi d'Espagne, qui parlait des droits de sa fille, née d'une fille de Henri II, sœur par conséquent des trois derniers Valois, et comptait bien se saisir de la couronne au milieu de l'anarchie qu'il avait déchaînée. Mayenne, tout-puissant dans Paris, le lendemain de la mort de Henri ill, aurait pu brusquer la fortune ; il ne l'osa, et, le 5 août, il fît proclamer roi, sous le nom de Charles, le cardinal de Bourbon, alors prisonnier du Béarnais, se contentant de prendre pour lui-même la lieutenance générale. Cette nomination ne résolvait rien, et, en reconnaissant le droit de la famille de Bourbon, Mayenne montrait que le roi légitime était Henri IV.

Cependant, la déclaration du 4 août n'avait pas satisfait tout le monde dans l'armée royale. D'Ëpernon et plusieurs seigneurs catholiques se retirèrent ; la Trémouille^ avec neuf bataillons protestants, prit le chemin du Midi, ne voulant pas « servir sous les drapeaux d'un souverain qui s'engageait à protéger l'idolâtrie. » L'armée de siège diminua de moitié. On ne pouvait rester avec quelques milliers d'hommes en face de la grande cité. Plusieurs conseillèrent au roi de retourner dans le Midi. « Qui vous croira roi de France, lui dit d'Aubigné, en voyant vos lettres datées de Limoges? * Henri se décida à reeter dans le Nord, et cette résolution sauva sa couronne.

Division de la FraMec. — La France était partagée, et non-seulement la France, mais presque chaque province. A

DK 1»9 * 1

cAU 4'UM TÎHa qai tenait pottr la Ligu«, une autr» tenait pour tarai; it ysvait le psrtomeatde Paria et eelui de Tours. Le pHlement ligueur da rn s'était démeiobré, et une partie de sw iDMnte^s ei^eiit k Caeo, comoK celui it Carcasaonoe se brisa, »■ peu ptus tard, aux dépens de celui da Toulouse. Vo eiiièiM delà France Mail pour Heari IV; le resle u'élait pis tout «iitier pour la Lif^e. Pltt>iew« vrlle» et provinces, coiBnw Borrieaoi et une parti* de ta Guyenne, regûieutoeu-

CbïtMn dB DMppo.

Irw-, «)aelquet> gouverneurs <M serignenn puissants, d'EpernoD, Damville, en Languedoe, Omano, en Dauphin^, attendaient les éréncmenls.

CawpBT-e de Desri IV «■ IDanuadle (ISStt). — Il bllait blre recoonaltre le rrai roi à ses actes. Henri IV envoya Longuoville en Picardie, d'Aiimont en Champame, ponr lui en ramener ce qu'ils pourraient 3 lever de troupes et d'ai^nt; et il se dirigea lui-tntaie vers la Normandie. Sentis, Compiègne, Gournay, Gisws, refurent garnison

royale., et livrèrent leurs recettes, dont l'armée avait grand besoin. Une tentative contre Rouen échoua; mais Henri, tourna tout à coup sur Dieppe, y fut reçu à bras ouverts. C'était une précieuse acquisition, qui le mettait en communication avec l'Angleterre, dont il attendait des secours. La grande Elisabeth comprenait que le roi de Navarre combattait autant pour elle-même que pour lui. « Le dernier jour de la France, disait-elle, sera la veille du dernier jour de TAngleteiTe. » Le gouverneur de Caen vint à Dieppe faire au roi hommage de la moitié de la Normandie.

A Paris on commençait à murmurer contre les lenteurs de Mayenne. Philippe II, Sixte-Quint lui avaient envoyé de l'argent pour faire des recrues en Allemagne. Il se décida enfin à sortir de la Ville avec 25000 hommes, en rallia 8 000 en route, et se dirigea sur Dieppe, promettant de ramener le Béarnais captif ou de le jeter à la mer. Henri avait moins de 10000 hommes et fort peu d'argent : « Mes chemises sont toutes déchirées, écrivait-il à Rosny, mon pourpoint troué aux coudes, et, depuis deux jours, je soupe et dîne chez les uns et chez les autres. » Les membres du conseil étaient d'avis qu'il s'embarquât pour l'Angleterre. Le maréchal de Biron s'y opposa: « Sortir de France, s'écria-t-il, pour vingtquatre heures, c'est s'en bannir pour jamais! » Henri IV était de cet avis, il s'empara d'Eu, du 'l'réport, et s^établit fortement autour de Dieppe, ayant son camp sur les hauteurs d'Arqués, au pied du château, à une lieue et demie de là, et une bonne garnison au Pollet, principal faybourg de la ville. Son artillerie était insuffisante ; il y suppléa en montant ses plus petits canons sur des affûts à roues, auxquels il attela plusieurs chevaux, et fit ainsi le premier usage de l'artillerie légère, idée qui ne devait être retrouvée que par Gustave -Adolphe et Frédéric II.

Combat!* d'Arqués (lO sept.-O oct. 1580). — La

grosse armée de Mayenne échoua pendant trois semaines d'attaqjes consécutives contra ces habiles dispositions et plus encore contre la valeur de Henri et de ses troupes. Elle ne laissa pas un point de la ville ou des retranchements sans tenter l'assaut ou l'escalade, et fut partout repoussée. Le 21 septombre, à l'attaque du camp, les lansquenets de Mayenne, firent mine de l'abandonner; on les introduisit dans les lignes; aussitôt ils se jetèrent sur ceux qui venaient de leur tendre la main, et s'emparèrent d'une maladrerie qui servait

de défense de ce côté. Quelques-uns de leurs chefs pénétrèrent même jusqu^au roi et lui crièrent de se rendre. Le désordre fut tel, que Henri désespéré demandait à grands cris c s^il ne se trouverait pas cinquante gentilshommes pour mourir avec leur roi. i Châtillon, avec des fantassins huguenots, partit du Pollet et parvint à débusquer les traîtres. Mayenne alors tourna le camp royal et parut le 26 devant Dieppe par Touest. Mais Henri Pavait deviné et prévenu. Le S3, il avait reçu d'Angleterre 1200 hommes, des provisions, et la promesse d*un nouvel envoi de 4000 hommes. LonguevillOy la Noue et d'Aumont arrivaient à son secours avec une autre armée. Mayenne se retira sur la Somme, appelant à Taide les Espagnols des Pays-Bas. Henri écrivit à Grillon avec sa joviale humeur : c Pends-toi, brave Grillon, nous avons combattu à Arques, et tu n'y étais pas. >

Surprise teat^ ««r Piiris (1580). — Henri se trouvait à son tour à la tête de 25000 hommes. Il gagna trois marches sur Mayenne et se porta rapidement sur Paris, en donnant ordre à Montmorency-Thoré de couper derrière lui le pont de Sainl-Mazence sur TOise. A la faveur d'un épais brouillard, tous les (kubourgs de la rive gauche, Saint-Germain. Saint-Jacques, Saint- Marceau et Saint-Victor furent enlevés, les royalistes s'y jetèrent au cri de : « Saint-Barthélémy 1 » Si les moines et les bourgeois ne s'étaient trouvés aussitôt prêts, le coup de main eût réussi. La Noue essayait déjà de passer la Seine près de la tour de Nesle. Mais on apprit l'arrivée de Mayenne par le pont qu'on avait négligé de couper. Henri se contenta de piller les féubourgs, ce qui devait tenir lieu aux siens de 1^ solde qu'il ne leur donnait pas et prit la route de Tours, capitale du parti royaliste.

•«cc^ ém roi émm» Ponest (1580). — Chemin faisant, il emporta Étampes, Châteaudûn, Vendôme, et, de Tours» décida le Mans, Alençon, Angers, Laval à le reconnaître. En quelques semaines toute la Normandie de la Seine à la Vire fut soumise de gré ou de force. La nouvelle de ces succès entraînait les neutres; deux cardinaux étaient venus le recevoir à Tours; le parlement de Rennes fit sa soumission avec une partie de la Bretagne ; Ornano et Lesdiguières en Dauphiné, la Valette en Provence, Damvilie en Languedoc, se déclarèrent pour lui. Au dehors, la république de Venise le rt.onnut comme roi légitime; déjà même Sixte-Quint se

7b règne de HBNftl IV

lalsnail ébranler par les ralsoni «rira loi mlesl t les ciitholiques qui bu raient le BéaratU,

CilUdr*!* dlTtnn BliallUi dMU 1« parti dt< U lAtnv. -~ Lm uaWtiBBB

rivales des ennemis de Henri IV serraient sa canse. Lsi tim

I. Htnri ly ippilalt In dtnx toiin < de baau bliaoi ■uiaiult U m manqua» qns de* ttaU. » — t-™- •■ —

78 RtoNE DE HENRI IV

de Lorraine et de Savoie, renonçant à Tidée de s'assurer la couronne, tâchaient au moins de démembrer le royaume : Tun trouvait les Trois-Évêchés et la Champagne fort à sa convenance ; pour Tautre, c'était le Dauphiné et la Provence. Les ducs de Mercœur, de Nevers, de Nemours, voulaient des principautés indéjiendantes. Philippe il, qui tenait à sasolde Je conseil de TUnion et les Seize, leur demandait le titre de protecteur du royaume au nom de sa fille ; et les Seize, de leur côté, rêvaient un État sans roi et sans noblesse, une sorte de république théocratique gouvernée du haut de la chaire. Mayenne avait bien, lui aussi, ses secrètes espérances; mais il ne pouvait les afficher qu'après une victoire ; il se remit donc en campagne. Avant de quitter Paris, il eut soin de réformer le conseil de T Union, pour y faire entrer ses créatures.

Bataille d'ifry (1590). — Le roi assiégeait Dreux. Mayenne, pour sauver la ville, livra bataille dans la plaine de Saint-André, près d'Ivry (14 mars). Les ligueurs avaient 15 à 16 000 hommes dont 4000 à cheval, de sorte que leur front se montrait comme une épaisse forêt de lances; les loyalistes avaient 8000 fantassins et 3000 cavaliers, armés seulement d'épées et de pistolets. On parlait à Henri d'assurer sa retraite en cas de revers ; « Point d'autre retraite, dit-il, que le champ de bataille. » Et il ajouta: c Compagnons! gardez bien vos rangs; si vous perdez vos enseignes, cornettes oïl guidons, ce panache blanc que vous voyez en mon armet, vous le trouverez toujours au chemin de l'honneur et de la gloire ! i

Tous les escadrons s'ébranlèrent à la fois. Le roi chargea les lanciers français et wallons; il passa avec les siens sous leurs lourdes et longues lances, les attaqua vigoureusement corps à corps, d'estoc et de taille, et les mit en fuite. Les chevau-légers royalistes cédaient devant un escadron deWal» Ions; Henri court à eux : « Tournez visage, leur crie-t-il, et| si vous ne voulez pas combattre, regardez-moi mourir! » Au bout de deux heures, toute l'armée de la Ligue était en fuite. La victoire gagnée, le Béarnais se rappela qu'il était roi : « Quartier aux Français, cria-t-il, main basse sur les étran» gers! D Cinq pièces do canon, 80 enseignes d'infanterie, 20 cornettes de cavalerie furent les trophées des vainqueurs. La route de Paris leur était ouverte; Henri les y mena.

•lége «• PmpIs (iftOO)^— Il y avait dans la ville peu de munitions, peu de vivres, et les murailles se trouvaient en mauvais état Les Parisiens suppléèrent à tout par leur exaltation religieuse. Le moine Chrestin avait été chargé d'annoncer au peuple la nouvelle de la défaite d'Ivry, il prit pour texte de son sermon ces paroles de TÉcriture : « Je châlie ceux que j^aime. » Comme il commençait, un courrier aposié vint lui remettre une lettre ; il continua, raconta les longs détaUs de cette leçon donnée aux siens par le Seigneur, et env<^ aux mundlles tous ceux qui Técoutaient. Les prédications de Rose, de Soucher, de Lincestre, entretinrent chaque jour cet enthousiasme. La présence du légat du pape, Cajetano, fit encore davantage. 11 jura de ne point quitter Paris, quoi qu'il advint, et fît rendre par la Sorbonne un décret déclarant coupable de péché mortel quiconque parlerait de traiter avec le Bourbon, et promettant à ses ennemis la palme du martyre.

Trente mille hommes s'enrôlèrent; on fondit les cloches pour en faire des canons; un frère de Mayenne, le jeune duc de Nemours, qui se fit recevoir bourgeois de Paris, pour flatter la démocratie de la Ligue, dirigea la défense. Le lendemain du premier assaut, livré le 30 mai, une étrange proeessîon parcourut toute la ville. Les principaux héros de la Ligue, Rose, Boucher, Lincestre, la barbe et la tète rasées, un hausse-eol par-dessus le camail et le rochet, Pépéeau côté et la pertuisane au bras, ouvraient la marche ; suivaient quatre par quatre, au nombre de 1300, les cordeliers. jacobins, carmes, capucins, feuillants, en ordre de bataille, la hache ou Parquebuse sur Tépaule, dans un accoutrement moitié religieux et moitié militaire qui avait quelque chose de burlesque et de terrible à la fois ; c TÉglise militante > chantant des hymnes entremêlées de salves de mousqueterie, défila devant le légat qui la bénit et traita ces moines de vrais Macbabées, nom que quelques-uns méritèrent à la défense des remparts.

Henri IV ne se flatta point d'emporter d'assaut une ville ainsi défendue; mais il comptait sur la famine, et coupa tous les arrivages, espérant ainsi abattre les Parisiens. 11 ne fit que les élever, selon d'Aubignè, c à un haut degré de vengeance qui sentait le juste et le glorieux, i On supporta la (aminé aussi bien que la guerre. La mort du vieux cardinal de Bourbon, « vrai roi de théâtre et de peinture, » simplifiait

la question (mai 1590), mais rendait la haioe «te Hf^mirs plus furieuse. Le 2^ juillet, le roi fit donner un assaiit : m bout de deux heures les faubourgs furent emportés.

La détresse fut alors à son comble ; après avoir lUmimié chaque jour la ration de pain qu'on distribuait au peuple, le corps de vil'.e ne donna plus rien ; chacun eut à se pourvoir. On abaitit les chevaux, ânes, mulets qui survÎTaient enoora. Tout ce qui avait vie, même des animaux immondes, fat traqué, dévoré. La duchesse de Montpensier refusa de céder un petit chien qu'elle gardait, disait-elle, « comme domiôra ressource pour sa propre vie. > Quelques-uns pilèreat des «Même nts de morts pour en faire une sorte de pftte, et moururent de cet affreux aliment.. Chose horrible! les hommes d'armes commen^ient à faire la chasse auK petits enfants; une mère man^i^ea le sien.

Il y a bien souvent la légende à côté de Thistoire. Cestàla légende qu'appartient le Henri IV laissant entrer des vinei dans Paris qu'il assiège; celui de l'iiistoire tance vivenènt ses serviteurs, d'O, de Givry et d'autres, qui se reUefaeîeat de la sévérité ordinaire en pareille occurrence, en Huent passer des secours aux amis qu'ils avaient dans le place; 8Ui bonté ne va pas jusqu'à leur permettre de défaire d^ine ce qu'il fait de l'autre, elle l'attendrit du moins an 8[ de tant de maux. « J'aimerais quasi mieux, disait-il, nlnôi^ point de Paris, que de Pavoir ruiné par la mort de tanl éê personnes.... » et un jour qu'il rencontra des paysans qri*en menitit pendre pour avoir été surpris introduisant une elinr* rette de pain par une poterne, il les fît relâcher, leur dîaliibua quelque argent et leur dit : f Le Béarnais est pauvre; s'il avait davantage* il vous donnerait plus, i

Inlerventioit da due de Parme et des WIîsjpagBeli (1690). ^ Oans la crainte de perdre les Pay^-Bas, alors fortement inquiétés par Maurice de Nassau, Philippe II n^eveil qu'à la dernière extrémité donné ordre à son meilleur général de secourir les Parisiens. Parti de Valenciennes le 3 août, le duc de Parme arriva à M eaux le 23. fort à temps, otf le siège durait depuis quatre mois. Déjà les politiques, quoique bien peu nombreux, avaient levé la tête et crié dans les rues: Du pain ou la paix I « Deux jours encore, et ceux de Paris, dit une relation, eussent été obligés d'ouvrir les portes u Henri IV et même de le prier d'entrer dedans. » Le roi alla au-devant des Espagnols pour les combattre dans les plalneft

de CMIm. La due de Pâme, h^ila tacticien, eftcarmouchct anc Ih Fk^ncàîi, les occupa pendant quatre jours, et le cId* quîème, à la UreuF fun ^>ai3 brouillûd, surprit La^y qui eMUBande les •l'nrorîsioDDemeDts de Paris par la Marne, eomate Corbeil par la Seine; et de celle ville il lan^ une DombrauM flottille de bateaux avec des soldats et des vivres, ifln da raTîWUer l'aris. Tout l'elTort d'uoe laborieuse cam-

TS 4lail perdu.

■«rVeâtiâa dea Aaclala tH dw AlIeMa^iai prbe - ' ■ (irail. — Pendant l'hiver, le ricomt« de Tu-

U porta OnillanoMi a i:lucirM>

renne, ua des plushabîles du parti, M envoyé en Anglelerre «l en Allemagne. II obtint 700 Anglais d'Élisabelh, 20u0 Hollandaia de Maurice, et leva en Allemagne 4000 cheTSux et 8000 fontassina qu'il amena lui-mSme. Il reçut du roi, en récoDiiMinsede ces Bipnaléa services, la mainderbérîtière de ta petite louveraineté de Bouillon et de Sedan, sur les frontières de ta Chmnpt^e. Turenoe n'avMt point encore rejointle rei ,

I CMUpciriaa*t-U*aBl«qriaAlM«*MH^piirtMfeHUI4Hqai<«i

laifnt latrefols Kttt d«n« fairtll*.

que Henri IV avait pris (19 avril 1591) le grenier de Paris, Chartres, et comme les neuf dixièmes des évoques de France l'avaient reconnu, il fil tenir dans cette ville un concile national qui déclara nulles et non avenues de nouvelles excommunications lancées par le pape Grégoire XÏV contre lui. Il ne fallait plus songer à prendre Paris, où 4000 Espagnols tenaient garnison ; mais Henri, pour investir de loin sa capitale et lui couper les arrivages de la Normandie, comme il venait, en prenant Chartres, de lui couper ceux de laBeauce, parut tout à coup devant Rouen (novembre 1591).

Siéflre de Rouon (150I-1 502) t combats d'Amnalc et d'Yfetot (1â9»). — Ce fut un second siège de Paris j la Ligue y était très-forte, et la défense fut dirigée par un homme d'énergie et de ressources, Villars-Bran cas, gouverneur de Normandie. Si la famine ne fut pas aussi grande, les attaques furent bien plus sanglantes. Le duc de Parme vint encore une fois des Pays-Bas pour délivrer la place, en mars 1592. Henri IV ne voulait pas, cette fois, renouveler la faute qu^il avait faite devant Paris. Il laissa Biron avec son infanterie continuer le siège, et à la tète d*une cavalerie leste et brave de 7000 hommes, il courut au-devant de Te»nemi. A Aumale, il s^aventura avec 600 cavaliers, au mîâeç^ de Tarmée espagnole, reçut un coup de mousquet, et ne a^ck tira que parce que le duc de Parme ne put croire qUoe^ fût le roi de France qui était venu faire ainsi le coup de pistolet dans ses lignes* comme un carabin, i Biron, cependant fut forcé de lever le siège de Rouen (avril). Le dne de Parme entra dans la place, et dégagea la Seine en ppenaot Caudebec, mais il reçut une blessure que sa mauvaise santé rendit mortelle. Pendant qu'il était retenu sur son lit de souffrance, Henri IV attaqua son armée à Yvetot, lui tua 3000 hommes, et renferma dans une position qui semblait désespérée, entre la Seine et la mer. « Vive Dieu ! s'ècria-t-il avec sa gaieté ordinaire, si je perds le royaume de France, je suis en possession de celui dTvetot *. » Leduc de Parme se tira cependant de ce mauvais pas; des bateaux secrètement préparés à Rouen descendirent rapidement la Seine, avec le reflux, jusqu'à Caudebec; en une nuit Parmèe passa sur l'autre

1. Yvetot, terre allodiale, la seule qui subsistât au nord de la Loire, et dont le seigneur ne rendait hommage à personne, était quelquefois, k cause de cette circonstance, appelé le roi dTvetot.

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