‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 12 sur 73 · DB 15B9 A · texte numérisé non relu

DB 15B9 A

I ; elle était sauvée, et regagna sans encombre les Paya- .. Uais le duc ne put aller plus loin qu'Amis, où il mou-

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la crise. Hcureusemenl la Ligue travaillait elle-même pour Henri IV.

lie» SSeIze. — Depuis la suppression du conseil général de rUnion, une lutte sourde avait toujours existé entre Mayenne et les Seize, c'est-à-dire entre la fraction aristocratique et la fraction démocratique de la Ligue; entre le parti français et le parti espagnol. Les revers de Mayenne, les premiers succès du duc de Parme, rendirent aux Seize la puissance quMls avaient un instant perdue. Ils commencèrent à accuser hautement c la tyrannie delà noblesse et l'injustice des chefs de justice qui ruinaient l'autorité et la puissance des ecclésiastiques et la liberté du peuple. » Depuis la mort du Balafré, à Blois, son fils était retenu au château de Tours; il s'évada le 1 5 août 1591, et accourut à Paris plein de Tardeur et de la haine qu'il avait amassées durant ses deux années de captivité. Les Seize crurent trouver en lui le chef qui leur convenait; ils firent luire à ses yeux Tespéranr» d'épouser la fille de Philippe II, et de s'asseoir avec elle sur le trône de France.

Exécmloiis ordonnées par lés Aelcto Cl50i]; Maèiàr f^og^ie de la l<i|rne. — Pendant les demièreB opératiotlB autour de Rouen, les prédications avaient pns un caïvctèitt farouche. L'un disait ouvertement qu'il fallait jouer i&u C(Ntteau; l'autre demandait c une nouvelle saignée » contré fe politiques. Des figures sinistres se montraient. Le i&.'dovembre (1591), Bussy-Leclerc, Grucé et les plus animés de la faction prirent les armes, se rendirent au Palais, en arrachèrent le président Brisson, les conseillers Claude LarchM^ et Jean Tardif, et les conduisirent au Chfttelet, où un prètté et le bourreau les attendaient. Brisson demanda en v&in d'être mis au pain et à l'eau entre quatre murailles pouï* y achever un livre qu'il avait commencé. Il fut pendu sui* l'heure. Ces chefs du parlement étaient à la fois les partisans de Mayenne et de l'autorité monarchique; leur mort fut le signal du meurtre d'un certain nombre de suspects. Le but de la conspiration était de s'assurer du pouvoir pour dominer les états qui allaient s'assembler, puis d'y faire élire un roi catholique, tenu d'établir l'inquisition en France, de respecter les privilèges reconquis du clergé et des communes, et de se soumettre aux résolutions arrêtées parles états, désormais réunis tous les cinq ans. C'était en un mot, pour la religion, l'introduction en France du régime qui a été si fatal

àritalie et à TEspagne ;pour]a politique, ladestruçUoDtiBla graadeœuTre dePunitènatîonaleentreprisedepuis trois si^tçs.

B«pt«i« «itr« Hayenne et les Beiae (lift 09). — De retour à Paris, Mayenne se vit déboidé.^ perdu, s^il n^étouflkit pas cette démagogie farouche; il enveloppa la Bastillç, d'où Bussy-Licclerc n>ût que le temps de s^nfùir, fit saisir et décapiter quatre des Seize, cassa .eur conseil et confia les fonctions municipales à drâ poHtùfu^ déclarés (4 février 1592). Les ligueurs furent consternés. Le prédicateur Boucher (Ul en ikee du duc que e^était c une vraie boucherie, et les vic-r limes, des martyrs de Dieu; > le parti, en effet, fut ce jour-U frappé àniort^

llayeiiBe venait de rendre un grand teryice k la Fr^çe, mais non pas à lui-même; il n^s?iya pas de restituer à ^ Li|;ae, en la diseipUpaiit, là force quil venait de (ui ôter, < Qv4 croira, lui éerMt Villeroi| que vous combattez pour li^ fyx ealhoHau^ et pour le soulagement du pèuplç» Tcqf^nt ^ votre suite pieu bUsphémé comme il Test et toiitos ciortea dllU'piéiés, saerilégei, volerles, ravissements et auMreK iqéç;h«ncetés eomndies sans justice, police^ ni règlç auçonfi?... I^qs villei SQ|it remplies qe contusion e| <tQ pauvreté; nos q^agistrato el cHleiert f sont gourmandes ^i laps autorité ; vos gens de guerre ont vécu si liconcieusoipent, qu'Us noua opt bit haBr m Dieu et des hommes, 9

«uite i|4nfa««4 «• Im Mg«e (11^99)1 F|ltlt?ft II 1 la Màtlre ■Aaityée. — - 11 était évident pour tous que )a guerre n'amènerait pas de solution. La France pourrait s'y abîmer} mais un parti ne détruirait pas l'autre, Lldée dVne transaction, d*un compromis revenait (|onc dans les espnts. Chaque fscUon jusqi4e-là avait repoussé les éU^ts généraux, comptant davantage sur sa força et craigpant de reipottre ses destinées au scrutin d'une assemblée, lnlsiQtonant leur nom se retrouvait daus bien d^s boucbos i 1^ écrits, tes pamphlets des deux partis, avaient tellement bouleversé les vieilles opinions, que beaucoup; ne sacbapt auquel entendre, demandaient qu'on laissât parler la natiuu même. Les ligueurs Boucher et Rose remettaient l'électioq royale aux états généraux etexaltaient les droits du peuple pour les soumettre à l'Église. Les protestants, devenus les défenseurs de Pautorité royale, tenaient pour l'hérédité et opposaient à rautorilé pontillcale, comme aux prétentions populaireS| Is droit divin des rois.

86 RÈGNE DE UENHl IV

Les états, depuis longtemps convoqués, mais toujours retardés par la guerre, s'ouvrirent enfin à Paris, le 15 janvier 1593. Il ne vint qu'environ 130 députés, la plupart da tiers état. Le roi d'Espagne comptait sur eux. c On voyait nuit.et jour, dit i'Ëstoile, les agents des prétendants à la couronne qui allaient visiter les députés et briguer leurs suffrages. » Aux arguments tirés de la religion, Philippe II es joignait d'une autre sorte. Il s'était dit qu'il serait plus facile d'acheter la France que de la conquérir, et il n'épai^nait pas Targent. Si les historiens d'Espagne ont bien compté, c'est trente millions de ducats, quelque chose comme cinq ou six cents millions de francs, que ses visées sur la France lui coûtèrent. Le Béarnais, lui, n'avait dépensé que de Thérolsme, autant, il est vrai, qu'il en eût fallu, en d'autres circonstances, pour gagner un royaume; mais le culte qu'il professait formait un obstacle invincible : le chef des protestants ne pouvait être le roi des catholiques. Depuis bien longtemps Henri le sentait; et comme il n'avait jamais été attaché par des liens bien forts au calvmisme, il songeait à les rompre, pour terminer eniin une guerre atroce et sans cela éternelle. Entre l'or du roi d'Espagne et le sacrifice que l'héritier légitime s'apprêtait à faire pour cesser d'être le roi d'un parti et devenir le roi de la France , Mayenne avait peu de chose à offrir; il ne désespéra pourtant pas de réussir, en opposant l'un à l'autre, l'étranger et Thérétique, et en tâchant de passer entre les deux.

Les députés, nommés sous l'influence de Mayenne, étaient en général tièdes et quelque peu effrayés de ces pouvoirs souverains qu'on leur conférait; ils le montrèrent en acceptant à Suresnes une conférence avec les catholiques du parti du roi (i:9 avril). Pour leur donner le courage qu'ils n'avaient point, il fallait peser sur eux; mais, ici, le duc de Feria, ambassadeur d'Espagne, et Mayenne se contrariaient l'un l'autre. Le Béarnais mit les états dans une plus grande incertitude encore; il convia le 18 mai à Mantes plusieurs prélats et doc^ teurs, tant du parti royal que du parti de l'Union, pour «traiter des différences dont procède le schisme qui est en l'Eglise. » L'ambassadeur d'Espagne voulut brusquer le dénoûnient avant que l'assemblée de Mantes trouvât quelque transaction. Le 28 mai, il fit proposition formelle aux états, d'élire pour reine Isabelle-Claire-Eugénie, flUe de Philippe II, et petite-fiUe , par sa mère, du roi de France Henri II :

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