HISTOIRE EXTÉRIEURE ET CONQUÊTES
« L^Espagne manquait de marine, dVmée, d^argent. Lb pays qui avait envoyé plus de cent vaisseaux à Lépante contre les Turcs, et qui en avait réuni plus de cent 8oixante*qainn en 1588 contre TAngleterre, se vit réduit à en emprunter quelques-uns à des navigateurs génois pour son service du Nouveau-Monde. Après avoir eu des armées formidables sor tout le continent, il ne pouvait plus entretenir un oflectif de 20 000 hommes. Avec les mines du Nouveau-Monda, il était obligé de recourir à des souscriptions pour se défendre ou pour subsister. Il n^avait plus de commerce ; ses manufactures de Séville et de Ségovie était en grande partie tombées; Tagri* culture était anéantie; la population, qui s^étaii élevée à vingt millions sous les Arabes, était alors descendue à six....', s Pour lui ôter tout secours du dehors, Louis XIV s'assura de la neutralité de l'Angleterre et des Provinœi^ Unies, décida les princes allemands de la ligue dii Rhin klti fournir des troupes^ et gagna même TEmperçur^sur leqa^)ji cour de Madrid avait compté. ., ^
Ce fut une promenade militaire plutôt qu^une inTa8Î0Bj(if roi entra en Flandre avec 50 000 hommes et Turenne (16flji)î Charleroi, Tournai, Fumes, Courtrai, que la Ftanee %{pfi^: dus; Douai, Lille, qu'elle a conservés, furent pris ause^Â qu'assiégés ; la dernière seule fit une résistance sérieuse im arrêta l'armée dix-sept jours. Le comte deBruaycommaiMm dans la place. La politesse castillane était alors célàbisi Bruay, dès qu'il sut l'arrivée de Louis XIV devant ses muili envoya prier le roi de ne pas trouver mauvais quUI 4Aft'<;jl| la place jusqu'à la dernière extrémité. Il offrit de faire passif. de la ville tout ce qui serait nécessaire au service de sa dm^ son, il promettait de ne point tirer du côté que Sa Mijéflil désignerait pour son quartier. A quoi Louis répondit que sqnq quartier serait dans tout le camp. En trois mois la provioié entière fut soumise. . . '
Aux approches de l'hiver, on proposa un armistiea IU9| Espagnols : le gouverneur des Pays-Bas, Castel-RodrlgOi^lB repoussa avec hauteur, en disant que cette suspension d*i|rmes serait accordée par la nature, et qu'il n'avait pas besoin
1. Migiiot, fntr^'durtion auj. nigociutiùns rfiaticu à la tiiowwloti tPEt-
de la recevoir comme une grâce d^un ennemi. Cet accès de fierté, qu^il aurait fallu soutenir par des forces imposantes, fut puni de la perte d^un nouveau territoire.
c On était plongé dans les divertissements à Saint-Germain, dit Voltaire, lorsque au cœur de Thiver, au mois de janvier 1668, on fut étonné de voir des troupes marcher ds tous côtés, aller et revenir sur les chemins de Champagne, dans les Trois-Ëvéchés : des trains d^artillerie, des chariels de munitions s'arrêtaient, sous divers prétextes, dans h route qui mène de Champagne en Bourgogne. Cette pirtif de la France était remplie de mouvements dont on ignoni > la cause. Les étrangers par intérêt, et les courtisans par enriosité, s'épuisaient en conjectures; TAllemagne était alarmée : Tobjet de ces préparatifs et de ces marches irrégulières était inconnu à tout le monde. Le secret dans les conspirations n'a jamais été mieux gardé quHl ne le fut dans cette «treprise de Louis XIV. Enfin, le 2 février, le roi part de Saint- Germain avec le jeune duc d'Enghien, fils du grand Condé, et quelques courtisans : les autres officiers étaient au rendçivous des troupes. Il va à cheval à grandes journées, et arrive à Dijon. 20000 hommes assemblés de vingt routes différentes se trouvent le même jour en Franche-Comté, è quelques lieues de Besançon, et le grand Condé parait à leur tète. » Besançon, Salins et Dêle capitulent; la Franche- Comté est soumise en trois semaines; et le conseil d^Eapagne écrit au gouverneur c que le roi de France aurait dûanvoiyer ses laquais prendre possession de ce pays, au lieu d*y aller en personne. »
Ces' rapides succès inquiétèrent les États voisins, surtout la Hollande : elle conclut en cinq jours, avec PAngletem et la Suède, la triple alliance de la Haye, qui o£Frit sa médiar tion à la France et l'imposa à l'Espagne. Turenne et Condé voulaient qu'on n'en tint compte, et promettaient la conquête des Pays-Bas avant la fin de la campagne. Ils voyaient juste, car aucune des trois puissances médiatrices n'était prête pour la guerre: la Hollande n'avait pais d'armée; avec quelques écus, on eût ramené la Suède, et' ce n'était pas les vaisseaux anglais qui nous eussent empêchés d'aller à Bruxelles. Louis XIV manqua cette fois d'audace. Le roi d'Espagne semblait sur le point de mourir, et il n'Évait pas d'héritier. L'Empereur et le roi de France venaient, dans cette prévision, de convenir entre eux du partage de
la monarchie espagnole. Louis se dit qu'il était inutile de combattre pour quelques villes quand il allait avoir un empire, et il signa le traité d'Aix-la-Chapelle (3 mai 1668), qui lui reprit la Franche-Comté et ne lui laissa que ses conqufites en Flandre. Le raisonnement eût été juste si le roi d^Espagne fût mort à ce moment; mais ce moribond mit trente-deux années à mourir, et Toccasion perdue ne se reiroQTa plus.
Cm«0Mi de Im ir<^erre d« Hollamde. — Louis XIV ne pardonna pas aux Hollandais cette intervention dans ses af- Caires. Il avait été choqué de la liberté toute républicaine de leurambassadeur, Van Beuningen, échevin d'Amsterdam, dans les conférences d'Aix-^la-Chapelle : « Ne vous fiez-vous pas à Im parole du roi? lui disait un jour de Lionne. — J'ignore ce que veut le roi, répondit-il, je considère ce qu'il peut. » Louis XIV se plaignait encore de l'insolence de leurs gazetiers, et surtout de médailles injurieuses qui auraient été frappées après la paix. On prétendait à la cour de France que Vmn Beuningen s'était fait représenter avec cette légende : M amipêctu meo stetU $ol: allusion blessante à l'emblème que Louis XIV s'était choisi : un soleil dardant ses rayons sur le globe avec ces mots pour devise : Neepluribu$ impar^.
Mais, si roi absolu qu'on soit, on ne met pas l'Europe en fea pour de telles misères. Ce que des historiens ont appelé une guerre de médailles, c'est-à-dire de ressentiment personnel, fût aussi une guerre de tarifs. Louis XIV n'aimait pas, sans nul doute, ces républicains orgueilleux, qui devaient, disait-il, leur salut à ses ancêtres, mais Colbert détestait ces rivaux de notre commerce. On a vu ses efforts pour les chasser de nos côtes et pousser nos marchands à bire eux-mêmes leurs transports. Les Hollandais, attaqués par des tarifs, se défendirent par des surtaxes sur nos vins, nos eaux-de-vie et les produits de nos manufactures (1668). 1 Cest un pas bien hardi pour les États, écrivit aussitôt Colbert à notre ambassadeur à la Haye; vous verrez dans peu qu'ils auront tout lieu de se repentir. >•
I. Il Mt maintenant constaté qae cette médaille n'a jamais eiisté (Toy CléBeni, Histoire de Colbtrtt p. S30. note 3, d'après des dépêches mannscrites) . Qoant à la devise da roi, Nte plunbuê impar^ c'était nn cri d'or-
Sieil. LOQTois l'explique ainsi : Seul contre teui : Louis XIV, dans ses émoireêt loi donne nn autre sens : Je êuffirai à éclairer encore d'autre* mômdeet ce qui, au fond, revient au même.
aoB tiiSTume ext^rieurc
IjOUvois; de son abU, a^timait qiia parvenir ft la coniiafite des Pays-Bas espagnole était d^niiser hs UfillMiJais et de tes anMnIir. > Par la UolUtide, e» tifiU, on lournait Les Pays-Bas et on en rendait la eonquëtA ^r sûre. Ainsi, pour celle fois, te ministre dt& finances c^tiil pMDltropcoatraire aux pians du ministre de la g-uerre, at In roi était de lui-mâme porté, par ses resaentunenla, & lesiecepter. Guerre icapolilique cependant, qui renversait loull» système d'aliiances fiMidâ par Henri IV et Hich«lieu «ir Im Étale proloâlanls, qui détournailnos coups du sealadverMin que nous euesio'^a alors intârèt h frapper, et qui nous nonduisiit loin de notre fronti&ro, au délit du Rhin inférieinvin tin pnyï inutîleà prendre, impossible à garder, tant *iue ta» l^;p3F(iiols resteraient à Bruielles. Mais Louis XIV était liita plus lu suocesseur de Philippe II que l'bâriliffr du Béaniais.
AIKitncea tormémm cantFe la aollMndc,-- LouUa'oCcupa d'abord de dissoudre la triple alliance. Il ntfutfiaMitffluilc de ramener ta Suède, cette ancienne amie de Iil FnBM; ce TuL l'aJTaire d'un subside annuel de 1500000 écus. L'Angleterre aurait hésité davnntage, ai elle avail éli cwiealtM; mais Louis XIV ne s'adressa qu'h son roi. Charles It, iKWrri coiuDie toute sa famille dans les idées du pouvoir alttulu. voulait gouverner sans le parlement, et, pour trouverl^i^ gent dont îl avait besoin, il se laissa pensionDer pu k France. En quatre annéei; seulement il reçut S niUlioDS ii livres, qui en feraient le triple aujourd'hui, L« pléaipotenliaire des deux rois fut une prînceaso àe vingt-six aui, Henriette, sœur de Charles U et femme de l'hilippe d'Urlèana, appelée communément Madam»' : elle su reodlt i Douvres, au milieu de fâks magoiliques, sous prél«xU do revoir san frËre, et la déuida à s'unir arec Louis XIV codLi>' les Province s- Unies (1670). On sait i^ommo elle mounU tabilemont au retour, et le cri éloquent de Bussuet; i Madanin se meurt, Madame est morte I • Cette ualastropbe ne changu
I. C'est pour cette ebarmïDte prlDceiie qne CarnelU* et Xiotli* Irtnl hsctin une Birénici. —Il faaL oonnaUra loa titres lionarinfjuet daal on M gnsitaudii'iiepIleniesiâclapDar designer leimeoibiea de la faiulUe rojili. !* prinOB» du hdk a( lo» nereonnsgr- '— -'■— i~— < — ■- ■<• •■ -—- '-
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lien aux résolutions des deux souverains *. La part des Anglais dans la commune conquête ne devait être que quelques lies du littoral hollandais.
A la même époque, de Lionne renouvelait les traités avec TEmpereur et les princes de la ligue du Rhin» qui promirent leur neutralité ou leur coopération. Ce fut le dernier triomphe de cet habile diplomate; il mourut en 1071, et fut rem« placé par Amault de Pomponne.
Cette campagne diplomatique qui retournait contre la Hollande la triple alliance de la Haye, était terminée en 1671. Att printemps suivant les hostilités éclatèrent. Trente vaisseaux de 50 à 78 canons allèrent joindre la flotte anglaise, forte elle-même de soixante navires de haut bord, et commandée par le duc d^York. On réunit 90 000 hommes de Sedan à Charleroi : Tévêque de Munster» l'évêque de Col(^ne, d'autres princes allemands, en fournirent environ 20000. Le roi conduisait .ea personne cette magniflaue armée j Coudé, Turenne,Luxembourg, Ghamiily, commandaient sous lui; Vauban devait prendre. leS: villes, Pellisson écrire les victoires. A un tel ennemi, que pouvait opposer la Hollande? Elle avait une marine formidable; des amiraux regardés jusqu'alors comme les premiers de leur siècle, Tromp et Ruyter ; de riches colonies; un commerce immense; mais elle avait négligé ses armées de terre souvent dangereuses dans une république; elle pouvait à peine compter sur â5 000 miliciens, mal équipés et sans discipline, et les 20000 hommes que lui promettait Télecteur de Brandebourg, son seul allié, étaient à la fois bien loin et bien insuffisants. Des <ii visions intestines Taffaiblissaient encore : il y avait deux iiartis : Tun, dirigé par Jean de Witt, grand pensionnaire ou suprême magistrat de Hollande, était tout dévoué à la cause le la vieille liberté; l'autre voulait rétablir dans les charges ie ses ancêtres le jeune prince d*Orange, et, tirant profit du •langer présent, le lit nommer capitaine général à Tàge de vingt-deux ans.
InvMion en HolUnde (16? S). —Cependant Louis XIV
t. Charles n, dam le traité de Douvrei f^uïn 1670), se déclare résolu à M reconcilier avec TEglise romaine, et Loais XIV l'engage à envoyer 6uou nommes en Ari){leterre, si l'abjuration du roi amène quelque trouble, et à ni fournir au préalables mill.ons de livres, ce que le cabinet de Versailles tfoelait le» deux mUlioru dt la catholicité. (Mignet, Négocicktiom relativee i :i turiêsaivn d'Espagne, part. IV bi«, sections i et it.)
s'avançait le long de la Meuse, sur les terres de Tévèque de Liège, son allié, pour ne pas violer le territoire espagnol, puis sur la rive droite du Rhin, de Wesel à Toll-Huys. « Là, des gens du pays informèrent le prince de Ckindé que la sécheresse de la saison avait formé un gué. L*abord était aisé: on ne voyait de Tautre côté que 400 à 500 cavaliers et deux faibles régiments d'infanterie sans canons. L^artillerie française les foudroyait en flanc. Tandis que la maison du roi et les meilleures troupes de cavalerie passaient, sans risques, au nombre d'environ 15000 hommes, le prince de Gondé les côtoyait dans un bateau de cuivre! A peine quelques cavaliers hollandais entrèrent dans la rivière pour faire semblant de combattre, ils s'enfuirent l'instant diaprés devant la multitude qui venait à eux. Leur infanterie mit aussitôt bas les armes et demanda la vie. On ne perdit dans le passage que le comte de Nogent et quelques cavaliers qui, s^étant âcartéi du gué, se noyèrent, et il n'y aurait eu personne de tué dans cette journée sans l'imprudence du jeune duc de Lon^eville. On dit qu'ayant la tête pleine des fumées du vin, il tira on coup de pistolet sur les ennemis qui demandaient à genoux la vie, en leur criant : Point de qwtrtier ptmr cette eanaUlêHÏ tua du coup un de leurs of Aciers. L'infanterie hollandaise, déses[)érée, reprit à l'instant ses armes et fK une décharge dont le duc de Longueville fut tué. Un capitaine de cavalerie qui ne s'était point enfui avec les autres, court au prince de Gondé qui montait alors à cheval en sortant de la rivière, et lui appuie son pistolet à la tète. Le prince, par un mouvement, détourna le coup qui lui fracassa le poignet. Gondé ne reçut jamais que cette blessure. Les Français irrités firent main basse sur cette infanterie qui se mit à fuir de tous côtés. Louis XIV passa sur un pont de bateaux avec Tinfànterie(12 juin 1672).
«c Tel fut ce passage du Rhin, célébré alors comme un des grands événements qui dussent occuper la mémoire des hommes. Cet air de grandeur, dont le roi relevait toutes ses actions, le bonheur rapide de ses conquêtes, la splendeur de son règne, l'idolâtrie de ses courtisans, enfin le goût que le peuple, et surtout les Parisiens, ont pour l'exagération, joint à l'ignorance de la guerre où Ton est dans Poisiveté des grandes villes, tout cela fit regarder à Paris le passage du Rhin comme un prodige qu'on exagérait encore. L^opinion commune était que toute l'armée avait passé ce fleuve h la
nage, en présence d^une armée retranchée et malgré Tartillerie d'une forteresse imprenable appelée le Tholus. Il était très-vrai que rien n'était plus imposant pour les ennemis que ce passage, et que s'ils avaient eu un corps de bonnes troupes à l'autre bord, l'entreprise était très-périlleuse ^ »
Le Rhin franchi, la Hollande fut ouverte à l'invasion. Les provinces d'Over-Yssel, de Gueldre et d'Utrecht se soumirent sans essayer de se défendre : il n^ avait guère d'heures dans la journée où le roi ne reçût la nouvelle de quelque conquête. Un officier écrivait à Turenne : « Si vous voulez m'envoyer 50 chevaux, je pourrai prendre avec cela deux ou trois places. > Quatre soldats furent un instant maîtres de Muyden, la clef d'Amsterdam, parce que les écluses qui permettent de mettre sous l'eau les environs de cette capitale s'y trouvent. Les généraux, appelés au conseil, proposaient de marcher sans retard sur cette ville; Louvois aima mieux laisser des garnisons dans les places : l'armée s'en trouva affaiblie et ses opérations retardées. Alors les Hollandais reprirent courage, et, réunissant toutes les forces de l'État entre les mains d'un seul homme, élevèrent au staikoudirat Guillaume d'Orange. Ce prince allait sauver Tindépendance de son pays; mais il souilla cette gloire en laissant une population furieuse égorger les chefs illustres du parti républicain, Jean et Corneille de Witt, deux grands citoyens.
Première cfMtlItloii contra 1» France (lOVS). — La dictature militaire confiée au prince d'Orange donna aux affaires une face nouvelle : il fit percer des digues, mit sous l'eau les campagnes qui entourent Amsterdam, et força les Français à reculer devant l'inondation. 11 servit encore mieux
I. VolUire, Siècle de LouU X!V, chap. x. On connaît Tépltre de Boileau an roi. Quinze années plat tard, Boesuet disait encore, dans VOraûon funHn-e du prince de Condé : c Laissons le passage du Rliin, le prodige de noire siècle et de la vie de Louis le Grand. • Mais Bossuet n'écrit pas llkiatoire dans ses oraisons funèbres. Dans la conversation, dès le premier joor, on était moins adroiraUf. Brienne raconte {Mém,j II, p. 325) qu'un soir, au petit coucher, M. de Guiche, qui était ivre, dit assez haut que c'était un faux brave. Le roi fit semblant de ne pas entendre. Napoléon, dans ses Mimoiretj ne partage pas non plus l'enthousiasme du poète et dé l'orateur sacré : « Le passage du Rhin est une opération militaire du quatrième ordre, puisque dans cet endroit le fleuve est guéable, appauvri par !• Wabal, et qu'il n'était d'ailleurs défendu que par une poignée d'hommes. • — « J'ai vu une femme, écrit Voltaire (f février I7S2), qui a passé vingt fois le Rhin en cet endroit pour frauder la douane. > Le Toll-Huys u'eliit, comme son nom l'indique, qu'une maison de péage.
Wf- - j^ HISTDiRE EXTËRIGURK
s(Hi4icy9 pBTitek'ndgociationa : tl euTO.ya des ambaAaadcw! duts loules las cours de l'Europe pour les ameuter coutn iioua; il IraiUavQc l'Ëi^pague, avec le duc de Lûrraioti, itm rEruperaur. Pluaieurs priuses de la L>gu«i du Hhin iireAt difeclion, et. cette, avantrgarde do la France, placée par M*zarin à l'-eutrAe de l'Empire, sa lournii contre elle ; prean ili: la fragilité dea convention» qui ne reposent pas sur ilea Intfr rets commun» et pernumnts. Ce fut la Grande AlUancà in la HajK. la première de Oca coalillnns. que laFr&ace alktl prendre l'Iiabitude de regarder en face (août 1673).
CunpBcne 4e 10731 priée de HalKtlrlcIit. — Mail ue graud uûrpa germanique était alors bien Icut à se oitmvoir. l^endant qu'il faisait ses préparatifs, Louis învHQt Maastricht, U clef du bassin inférieur de la Meuse, et Vaubu lu lui duiuia. Luxembourg, pendant ce lempa, tenait «d li^chécUs llûlhodais-, Turenue, qui l'hiver précédent inll poussé l'électeur de Brandebourg jusque sur l'Elbe, arrébut lus Lmpériuux, et d'Estrées exergait la marina naissante de U France eu luttant dans quatre batailles contre Ruyter. Cetti fois, uaus avioDs l'aide des Anglais, et nous comhattiani deux contre un : bieotèt i^ sera seul contra tuus. Dans le* lierniars mois de l'année, les Impériaux réunirent, untin d£i forces considérables. La défection de l'évâque de Wurlt^our; les amena sur le lUiin, où ils Qrent leur Jonction avec l« prince d'Orange, enlevèrent Bonn et prirent leurs quarUd^ dans l'électorat de Colegne.
Conquête de !■ FruBcha-Comt^ (ISÏ4). — Ln guqrr» devenait ouropéenne, Louis XIV en changea le plan avec une décision qui lui fait honneur. Il abandonna la Holltuidt. qu'il ne pouvait gard«r, et tourna taules ses forces coDtrt l'Espagne, le plus faible des États ligués. Avec 35 000 hommes et Vauban, il se dirigea sur la Franche -Corn lé, Cettt seconde conquête fut presque aussi rapide que U prcmitre : Besançon fut pria en neuf jours, et la province entière en aii semaines: elle est restée depuis à la France [mai 1674).
Turenne uava l'Aluea (ISld-ierit). -~ Les alliât avalent médité pour cette année une double et foroiid^In invasion de la France, par la Lorraine et par les Pays-Bas. TnrcDUo devait arrêter l'une, Condé l'autre. Mais l'ennemi mil laiil de lenteur k entrer en opérations, que la caoquiU de la Fraoche-Oomlé fut terminée avant qu'il eût dessina son mouvement. Turenne put même prendre l'offensive ; il
a l6 Rhin à- Philîppgbourg avec 20000 hommes, brûla lo tinat pour empêcher Fennemi d'y subsister* et livra une 3 jde- petits combats ^ Sinsheim , à Ladenbourg (juillet .), où il'-moiftra' les "ressources d'une tactique inconnue it lui. Cependantsa^smence idllitaire ne pouvait toujours »léer au nombre. 70000 Allemands pénétrèrent en Al-
par le pont^dei'Stradbotirj^j'^qiii viola sa neutralité. On
à la eour-'lv' province 'p<Mrdue, et Louvois ordonna au ichal ddta»-retirepi«n Lorraine. Ce n'était pas le compte 9 grand -capitaine j' qui, au jugement de Napoléon, croisd'audatoê à-ffèêm0n quHlfrieillissait. Il écrivait au roi pour lemander la liberté d^âgir. t Je connais, disait-il, la force troupes impériales, les généraux qui les commandent, le . où je suis, je prends tout sur moi, et je me charge des lements. » Il resta en Alsace tant quUl lui plut , inquiéta i relâche Tennemi, et Thiver survenant, repassa les Vos-
comme pour prendre ses quartiers en Lorraine. L'eni, débarrassé enfin de cet inquiétant voisinage et pensant impagne finie, se mit au large, et, pour mieux vivre, sndit d'un bout à Tautre de TAlsace. Turenne était le I de ses soldats, et comme il- n'y avait à craindre avec lui ne fatigue ni un danger inutiles, il pouvait tout obtenir sur dévouement. Tout à coup, au commencement de débre, par un froid de 10 degrés, il lève ses camps, longe e la chaîne des Vosges par leur revers occidental, tourne
extrémité et arrive à Béfort, après une marche de vingt
Le mal fut bien moins considértbl» qu'en 1689. Cf. Hiitoire des der- 8 cnmpagnei dt 7vrenvie, par Beaurain (M. de Orimoard). 178^1, et es de Voltaire & CoUini, 3t oct. 1767. Le roi m eroyait an-dessui des s de la morale ordinaire. En i67A,il avait ordonné a Créqui d'envoyer galères tous les hommes de la milice d'Êpinal qui s'étaient battus le duc de Lorraine, leur souverain. Il fallut ^ue de Lionne lui écrivit \ allait publier par toute la chrétienté qu* jamais le Turc n'avait nis ni cette injustice ni cette inhumanité. (lyHaussonville, Histoire k rtumon de la Lorraim à la France, t. IIL^ — Louvois se mettait sment fort à l'aise avec la morale, et l'opinion lui importait moins 1 roi. Le toI. le faux, l'assassinat, lui semblaient légitimes dès qu'ils ssaient servir les intérêts de son maître. Sa 1674, il écrivit au comte rades qu'il ferait bien sa cour au roi s'il pouvait enlever le plénipoaire de l'empereur au congrès de Cologne : il indique la route que le 1 de Lisola aoit suivre, ajoutant : < Même il n'y aurait pas grand ini'Bïent de le tuer, parce que c'est un homme fort impertinent dans 7-conrs. • Quand on lui parle d'assez jolis tas de Hollandais consumés les flammes, de la furieuse quantité de peuple qui meurt, de millions tstiaux noyés que les eaux charrient. Il répond : « Je vous prie de ne ; vous lasser d'être méchant et de pousser les choses avec toute la tt'.r i:iia;:iii.'i]ile. •
jours, à travers des chemins affireux. Il tombe but les Impériaux qui le croyaient à 50 lieues de là : il les presse, il les culbute à Mulhouse, à Colmar, à Turkeim; il les pousse en désordre devant lui, il les rejette enfin -au delà du Rhin, après leur avoir tué, blessé ou pris 40 000 hommes (janvier 1675).
Cette campap^ne , préparée avec tant de secret, -ezécatée avec une adresse si prévoyante, terminée en moins de six semaines, excita l'enthousiasme dans la France entière. Louis XIV écrivit au maréchal : « Je désire que tous reveniez près de moi, où j'ai bien de l'impatience de tous ?oir pour vous témoigner de vive voix la satisfaction que me donnent les services considérables et importants que voui m'avez rendus, et la dernière victoire que vous Tonei de remporter sur mes ennemis. » Sur toute la route, les populations que Turenne avait sauvées des ravages d^une invasion accouraient émues d'admiration et de reconnaissance, et son retour ne fut qu*un triomphe jusqu^à Saint-Germain.
Bataille de fSénef (1674k). — Pendant que Turenne refoulait victorieusement l'invasion de Test, Gondé arrétiit celle du nord ; il empêchait 90 000 Espagnols et HoUandiis (l'entrer en Champagne. Il s'était retranché près de Gharieroi, en avant de la Sambre, dans une position que le prince d'Orange n'osa attaquer. Condé, qui ne faisait pas Tolontien longtemps la guerre défensive, suivit l'ennemi dans sa retraite et atteignit son arrière-garde à Sénef, près de Mons (août 1674), la renversa, entama le corps de bataille, mais vint attaquer en désordre le reste de l'armée rangée dam un poste très-fort. Quand la nuit arriva, il avait eu trois chevaux tués sous lui, et la victoire n^était pas encore décidée, c Alors, dit un témoin oculaire, la Fare, il ordonna qu'on fît avancer des bataillons nouveaux et qu^on allât chercher du canon peur attaquer les ennemis à la pointe du jour. Tous ceux qui entendirent cette proposition en tréanrent; et il parut visiblement qu'il n'y avait plus que lui qui eût envie de se battre encore. » Le lendemain les deux ar^ mées se séparèrent avec une perte égale de sept à huit mille hommes.
Le prince d'Orange, afin de prouver qull n'avait point été battu, assiégea Oudenarde. Condé montra qu'il était le vainqueur, en le forçant d'abandonner cette entreprise ; mais Grave, le dernier reste de nos conquêtes en Hollande, ouvrit
ses portes. Chamiïly Tavait défendue 93 jours en causant aux assaillants une perte de 16 000 hommes.
Dernière emmpw^pike de Tnrenne et de Condé (1075).
— Au printemps (juin 1675), Turenne était revenu à la tête de son armée du Rhin. Il s^engagea de nouveau dans le Pala tinat. Uempereurlui opposa Montécuculli, qui avait vaincu, dix années auparavant, les Turcs à la journée de Saint-Gotbard, et qui passait pour un tacticien consommé. Ils restèrent six semaines à se suivre, à s^observer, et leur réputation, qui semblait ne pouvoir plus croître, en fut augmentée. Enfin ils allaient en venir aux mains, auprès du village de Salzbach, sur un terrain que Turenne avait choisi, où il croyait la victoire certaine, quand le maréchal, en observant la position d^nne batterie, fut atteint par un boulet perdu, qui emporta du même coup le bras de Saint-Hilaire, lieutenant général de Tartillerie (27 juillet 1675). Le fils de ce dernier se jeta en larmes sur lui : « Ce n*est pas moi, lui dit Saint-Hilaire, c'est ce grand homme qu'il faut pleurer. » Sa mort fut, en effet, une calamité publique. Louis XIV, pour honorer le meilleur, capitaine de son siècle, le fît enterrer à Saint-Denis, dans la sépulture des rois. Mais avec le temps, le souvenir des services de Turenne s'affaiblit, du moins à la cour et sa renommée sembla importune. En 1710, au milieu des désastres de la guerre de la Succession, sa famille lui élevait un mausolée dans la chapelle de Saint-Eustache. Sur Tordre du roi, on détruisit les ornements et les armoiries, sous prétexte qu'il n'en fallait point en pareil lieu.
La mort de Turenne fit perdre tout le fruit d^une savante campagne : les Français, découragés et comme saisis de terreur panique, s'enfuirent vers le Rhin; Montécuculli pénétra en Alsace par le pont de Strasbourg. En même temps le duc de Lorraine, Charles IV, courut assiéger la grande ville de Trêves avec 20 000 hommes : Créqui voulut la secourir, mais fut battu à Consarbriick ; il se jeta dans la place, et, après quelques semaines d'une défense héroïque, fut forcé de capituler par la lâcheté de la garnison (septembre 1675). « Son malheur, dit Condé, le rendra un grand général ; > Condé eut raison.
Après la mort de Turenne, le prince de Condé fut envoyé en Alsace pour arrêter les progrès de Montécuculli et ranimer la confiance des troupes. Il força les impériaux à lever les sièges de Saverne et de Hainienau et à repasser le Rhin.
âjÔ HISTOIRE EXTERIEURE ET CONQUÊTES.
Ce fut son dernier succès ; il cessa de paraître à la tête des armées, et se retira à Chantilly, où il vécut dès lors, au milieu des gens de lettres, même des philosophes. Durant la campagne de Hollande il avait désiré s^entretenir avec Spinosa, et quand Malebranche publia sa Recherche de la vériti^ il voulut en connaître Tauteur. Il se plaisait aux discussions savantes comme aux batailles, s'y mêlait avec esprit, avec feu, et quelquefois, dit la Fontaine, prenait la raison comme la victoire à la gorge. Lorsque dans ces conversations littéraires il soutenait une bonne cause, il parlait avec beaucoup de grâce et de douceur; mais quand il en soutenait unemaavaise, il ne fallait pas le contredire. Le feu de ses yeux étonna une fois si fort Boileau dans une dispute de cette nature, qu'il céda par prudence et dit tout bas à son voisin : c, Dorénavant, je serai toujours de l'avis de M. le Prince, quaiid 9 aura tort. » {Mémoires de Louis Racine.) Tableau charmant qui nous représente dans ces allées de Chantilly, c où les jets d'eau, dit Bossuet, ne se taisaient ni jour ni nuit, » nos plus grands poètes discutant avec l'un de nos plus grandil hommes de guerre. Condé mourut en 1686, victime de son dévouement pour la duchesse de Bourbon sa petite-fille, atteinte de la petite vérole.
Campag^iie de 1696; Tlctoires navaleti Daqwcme et d'Eëtrées. — On retomba Tannée suivante dans Cette guerre de sièges que Louis XIV préférait. Condé et Bouchaîn furent pris ; Maëstricht, assiégé par le prince d'Orange, flil délivré ; mais les Allemands rentrèrent dans Philippsbourg, que du Fay défendit trois mois et ne rendit que lorsqu'il manqua de poudre. Une gloire inattendue consola la France de ces faibles succès et de ces revers. Les habitants de Messine, révoltés contre l'Espagne, s'étaient placés sous la protection de Louis XIV (1675) : il leur envoya une flotte commandée par le duc de Vivonne, frère de Mme de Montespan, et qui avait Duquesne sous ses ordres. Ce grand marin, né à Dieppe en 1610, avait d'abord été armateur et corsaire, puis il s'engagea au service de la Suède, où il acquit de la répulalion ; revenu en France pour entrer dans la marine royale, il passa par tous les grades, devint lieutenant général, mais ne put monter plus haut, parce qu'il était protestant. Sur les côtes de Sicile il eut pour adversaires Huyter et les Espagnols. Un premier combat près de l'île de Stromboli resta indécis (16''6' : ini soconi, k la hauteur de Syracuse, fut une cora-
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plète victoire, Ruyter y fut tué. Louis XIV ordonna qa*oil rendît les honneurs militairea, dans tous nos ports, aa vtÔt- Beau qui rapportait en Hollande les restes de ce enni homme de mer. Enfin Duquesne, Vivonne el Tour ville écrasèrent dans une dernière rencontre, à Palerme, les fl(iU« ennemies. La France eut pour quelque temps l'empire de 11 Méditerranée (1676).
Les Hollandais avaient, cette même année, pria Cayean' et ravagé nos étabUssements des Antilles. Le vice-amin d'Estrées arma à ses frais huit b&timents que le roiluicorOi, mojennant réserve de moitié des prises; il reprît CayeriM et détruisit, dans le port de Tabago où elle ae croyait hOTl d'atteinte, une escadre ennemie de 10 vaisseaux. Ea lH'i, A enleva cette fie même et tous les comptoirs hollanilatsM Sénégal. Le pavillon Trançats régna alors sur l'A tlan tiqua comme sur la Méditerranée.
C7«nipB|[Be de 14177 t Créqnl et liDiemboar^ i ktr tnUle de Csucl. — Créqui avait succédé k Tureni lemagne, Luxembourg k Condé aux Pays-Bas. Le preaÙH répara sa défaite de Consarbriick dans une campagne dliM. de Turenne. Par une suite de marches habiles, qui le pli^ cÈrent constamment entre l'ennemi et notre fronlî^a,! couvritla Lorraine et l'Alsace contre un adversaire supériOB en nombre, le baltit à Kochersberg, entre StrasboiUf <j Saverne (7 oct. 1 677), et lui enleva Fribourg, ce qui r^iorltf la guerre sur la rive droite du Rhin. Le second, qui ra^qwt^» plulût le vainqueur de Rocroy. prit avec le roi Valendimneat' dont les mousquetaires enlevèrent en plein jour les fonniÇ dables ouvrages, puis Cambrai, et gagna avec Monsieur, sur le prince d'Orançe, labalaille de Cassel, près de SainI .Orner qui capitula (avril 1677). Gand ouvrit ses portes i'annê6 suivante.
Dérertion Ae l'Angle terre (1678). — Ainsi Louis XIV attaquait ou se défendait partout : un événement imprévu la décida à faire la paix. Les Anglais ne voyaient pas sans une sorte d'effroi les progrès de son influence sur le continent, ri surtout le développement de sa marine ' ; ils murmuraient