‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 23 sur 73 · I. CBlt» conduite Bembli bl*e da oUrgà dit t«et. (Cf. 'Bs · texte numérisé non relu

I. CBlt» conduite Bembli bl*e da oUrgà dit t«et. (Cf. 'Bs

Capend,ini.dèstû«,la roi wpg.

UÙri de Gui Fsuii a Spon, 3 ma

àviaii* d'Amiaia

c»Hri«> relliicniM 4odI Van î^bfto i^t«lt '

«taM la roi» Atê rigteurt^ Lft «t anitTaws de vils Ua vne le sai&t-siége «u sujat de la n^ et aTait * la clergé (I* Ffanee fc imndre purti-pooi' lof par la D*dAcIu«tim de IBM, que BÀsMt r«di^. Il ne voulait ■nt pas qn'oB dostlt tte son tMe religietiK, et pour en tt irne tK^nra «datante qui unit eninème temps utile r «ntorité, il eéda aux longues' ïnstancea de l'Égliae re-

iDent aux protestant*. On leur Ata lee garanties que da Nantes leur assurait) en sumffimaiit lee Chambres

«« da HdDtBDOD teriTiit an tWI 1 • L* roi c«mm*nu à panur *«■ M«Bt aion Mlut atàolnld» Mt »]•!■; >l M>a noai l« eonierr*,!! n plu qn'm» rtllgkw dtsi km nftatat. C'ait la nnlimant ds LooToli, Bt ja la etoT* U-dauni (doi lalanUen qna M. Colberl, qnl M qa'à tn inucea al fnmt Jimtli t U rellitlon. > uBMDoa Ht Qaa pallU rilfa du puri Chartrula. Saa chileaa ■ «lé tla neoaitniil u *tUièm« aitcla. Fraagolu d'Àubi|né l'acbaU en M Hana «I an prit la nom. Il tppartlaal aneara ani

mi-parties des parlements de Toulouse, de Grenoble, de Bordeaux, et les libertés que Richelieu et Mazarin leur aYÛeDt laissées ; en leur interdisant, successivement, d'être notaires, procureurs, avocats, experts, imprimeurs, libraires, médecins, chirurgiens, même apothicaires, ce qui les obligea, chassés qu'ils étaient des fonctions publiques et des professions libérales, de se jeter dans le commerce et Tindustrie, qui furent presque tout entiers dans leurs mains. On défendit aux catholiques, sous peine des galères à vie, d'embrasser le calvinisme, et on permit aux enfants des réformés de renoncer à leur religion, dès Tâge de sept ans; c âge auquel, disait redit, ils sont capables de raison et de choix dans une vor tiëre aussi importante que celle de leur salut. » A Tappai de ^3tte déclaration, beaucoup d'enfants furent arrachés à lenrs familles : c'est pour les jeunes filles nobles, ainsi converties, que le couvent de SaintrCyr fut fondé par Mme de Maintenon. On multiplia les missions dans les provinces ; on achetâtes •consciences à prix d'argent. Pellisson, ancien protestant, comme la nouvelle favorite, eut la direction d'une caisse spéciale pour payer ces abjurations. « M. Pellisson fait des proiliges, écrivait Mme de Maintenon (l3nov. 1683). M. Bossuet (^stplus savant, mais lui est plus persuasif. On n'aurait janiais osé espérer que toutes ces conversions fussent si aisées.» Louvois recourut à des moyens plus persuasifs encore. D (i imagina d'y mêler du militaire ; n il logea des gens decpuerre chez les calvinistes. Ces missionnaires botté$ commirent les plus grands excès. Comme les dragons se distinguèrent par leurs violences, on appela ces exécutions les dragonnades.

Le dernier coup fut porté : le 22 octobre 1685, un édit révoqua celui de Nantes. Il supprimait tous les privilèges accordés par Henri IV et Louis XIII ; interdisait aux protestants l'exercice public de leur culte, excepté en Alsace ; ordonnait aux ministres de quitter le royaume dans les quinze jours, et défendait aux autres de les suivre, sous peine des galères et de la confiscation des biens. On arriva à des conséquences monstrueuses : les réformés n'eurent plus d'état civU ; leurs mariages, si, à l'aide d'une fraude ou d'un mensonge, ils ne les avaient pas fait consacrer par l'Église catholique, furent regardés comme nuls, leurs enfants comme bâtards. Les biens de quiconque était constaté hérétique furent confisqués. Une partétait assurée au dénonciateur. Les protestants ne souffrirent pas seulement dans leurs biens et dans leur

cience ; un grand nombre de ministres furent envoyés au lice, et, pour que Tassistance ne pût entendre leurs derm exhortations, des tambours, placés au pied de Técha- , étouffaient le bruit de leurs paroles*. Étrange rapprolent avec Tagonie du petit-fils de Louis XIV ! faut pourtant dire que cette mesure désastreuse et cou- ) fut accueillie avec reconnaissance par une grande par- ) la nation. Vauban, Saint-Simon, Gatinat, quelques rares ts, comprirent seuls retendue du mal qu'on venait de au pays. Non-seulement Bossuet et Massillon y applauit, mais Racine, la Bruyère, même la Fontaine, même de Scudéry, la douce Mme Deshoulières et un persécuté, •and Arnauld, même Bussy, Tauteur de V Histoire amou- I des Gaules, qui loue cet acte avec une pieuse émotion.

de Sévigné, toujours si vive, sans être toujours trèsre, au moins pour ceux qui ne sont pas les siens, écri-

le 23 octobre 1685 : « Les dragons ont été très-bons ionnaires ; » et, dans une autre lettre : c Rien n'est si , jamais aucun roi n'a fait ni fera rien de plus mémora- 9 Le vieux chancelier le Tellier, alors mourant, se rak en signant Tédit pour s'écrier : Nunc dimitte servum 1, Domine^ quia viderunt oculi mei salutare tuum ! Il ne it pas qu'il signait un des grands malheurs de la France* :cent cinquante ou trois cent mille réformés passèrent la jère, dans les dernières années du dix-septième siècle, :ré la police de Louis XIV, et portèrent à l'étranger nos

les secrets de nos manufactures et la haine du roi. Des nents entiers de calvinistes furent formés en Hollande, Angleterre, en Allemagne; ceux qui restèrent dans le jnie n'attendirent que l'occasion de briser le joug inique >esait sur eux. fût-ce au prix d'une guerre civile*. Le chaldeSchomberg s'expatria. Huyghens, Papin,des pein-

Ustoire de Vedit de Nanteê et de sa révocation^ par Benoit, 1693-9') p. 996 et iuo3. Le P. de la Chaise, par M. de Chantelauze. me de la Fuyette dit, à la fin de 1688 {Mémoires de la cour de France, etilot, LXV, p. 4:i : «... Le dedans du royaume n'inquiète pas moins ... II y a bcaucoiipde nouveaux convertis gémissant sous le poids de e.-.. Ils voient révénement d'Angleterre et reçoivent chaque jour dr:s

de leurs frères rclugiés qui les flattent de se voir délivrés de la ution dans l'année 1689. Quand ils songent que tout le monde est

le roi, ils ce doutent point qu'il ne succombe, et il y a bien d*aut7cs oient» dans le royaume qui se joindraient à eux.... > Voyez plus loin >lte dei camisards^ et sur toute cette question V Histoire des réfugitot tants en France, par M. "Weiss. Voy. aussi Mémotru d'un ftrotestant nmé aux galères lous Louis XIY.

1res, des sculpteurs, furent expulsés de rAcadémie et de la i'innce. Duquesne, chargé de tant de gloire et de quatn- \ iiiiits années, fut pressé par Louis XIV d'abjurer : « J'airenda pendant soixante ans à César, ditrhérok[ue yieillard, ce qao jt; devais à César; permettez que je rende à Dieu ce que je dois à Dieu. » Il lui fut permis de mourir en France. Nombre de savants, nés le siècle suivant à Tétranger, descendaient des proscrits de Louis XIV.

Ces violences réussirent-elles ? Il y avait, en 1685, un mil* lion de calvinistes en France; il y en aai^ourd^hui de quio» à dix-huit cent mille. Et qui pourrait dire ce que cette grande persécution, qui une fois commencée ne s^arrèta plus, Tilnt d'adeptes à la philosophie sceptique du dix-huitième siklel Pour le moment, elle causa Pexplosion contre la France d^rne guerre terrible qui inaugura la période des revers '•

Révolution d'Aiifcleterre (1088). — La réponse des puissances prolestantes k la révocation de Tédit de Nantes fut la révolution d'Angleterre, qui, en 1688, renversa du trône le catholique Jacques II, et y fit monter le calviniste Guillaume III. Souvent en politique on crée soi-même les périls où Ton tombe et les ennemis qui vous précipitent. Deux fois Louis XIV fît la fortune de son plus redoutable adversaire : en 1672, lorsque par une guerre injuste il rendit Guillanme d'Orange nécessaire à la Hollande; en 1688, lorsque par son étroite alliance avec un roi odieux à ses sujets, il fit la popularité eu Angleterre de ce prince mal gracieux, aux rudes dehors, qui parlait difficilement l'anglais et songeait bien plus au continent qu'aux affaires britanniques. La révolution qui lui donna le trône de Jacques II allait plus loin qu^à un changement de personnes royales. Elle substituait chez nos voisins la royauté consentie à la royauté de droit divin, et fondait

1 . Louis XIV eut pourtant quelques scrupules. La Correêpondana administrativct publiée par M. Depping, montre que peu de mois après l'édit4e révocation, il en sentit les périls, et, tandis que la plupart obb fonetiMnaires poussaient aux rigueurs extrêmes, le roi, Seignelay, plus tard Mtchartrain, cherchèrent à en atténuer quelques-uns des plus fàcheu Msultats par des mesures non déclarées mais persévérantes. Toatafols, la politique générale resta la même. Quand la France essaya de colooittr la Louisiane, les réfugiés établis au milieu des colons anglais qui les av^ttt parfaitement accueillis, sollicitèrent da Louis XIV la permission da ê*j fixer. Pontcliartrain répondit : i Le roi n'a pas expulsé les protestants de son royaume pour en faire une république en Amérique. > La mêma demande adressée au régent reçut la même réponse, et la Louisiana, faatê d'habitants, resta dans nos mains une possession stérile. (Ifemoir oflAl !-rc.nch vrotestauls who tettled Oxford Mustachuiwth, Â. D, t6M, byA.

on RËQNK DE LOUIÏ XlV [167g-171S). 855

pour eux le g e »nel ou pafteméntain,

c'est-à-t^ire la diâcitasion de cran inWrets de l'État, le »ote de» lois el des impôts par les repr ilanls mêmes du pays. Louis XIV avaitdiliiL'assujet itqui met leaouver^n

d&Bs la nécessité de prendre la joi ae oi )les est la dernière calamité où ptiisse tomber un b ue ootre rang. > L'n droit nouveau, celui des peuples, ae levait dote, datisU société moderne, en face du droit absolu des rois ijUi depuis deux siècles la régissait et qui venait de trouver eti France U plus glorieuse personnificat.on. Il n'y a pas à s'étoniter delà lutle acharnée qui éclata entre la France et l'Angleterre, de ^nt plus que deux intérêts Contraires, ce sont deux droits politiques différents qui sennt aux prises. Au seizième si6el0, la France avait défendu le itestantisnie et les libertés génëhSles de l'Europe. Au dix-septième , elle menafait la conscience des peuples et l'indéDendance des Ëlats. Le rdl6 que nous abandonnions, l'Angle rre allait s'en saisir; elle se ferA le centre do toutes les coaliiions contre la maison de Boutboa, comme la France avait été le centre de la rtsistanceà U maison d'Autriclie.

Ce changement politique renversait toutes les eondiUons lie !a guerre. Tant que Louis avait neutralisé l'Angleterre eo [•ensioiinaiit ses rois, nous n'avions eu personne à craindre «tr le contiiimt; êir appuyAs aux Pyrânéea , aux Alpes et h U mer, nous (ïhioni tact au RUn et pouvions y combattre des deux maius, lami avoir & regarder par derrière. L'Angleterre s'anisBaOt à nos ennemie, il ftJlut non-seulement des armées atur l'Escaut, te Rhio et les Alpes, mais aussi des flottes sur l*Oeéaii et dans les mers le» plus lointaines. Cest ce donbte effort qui Apaisera la France.

«Mm «« 1» iMru â'A«fs%aMrC (18B8-ie9>].— La coalition déclara la gueire le 5 ttrrier 1689. Louis avait h lui opposer S&O 000 soldats et 16h vùsseaui ou frégates. Seul contre des princes mal unis eutre eux et mal obéis chez eux, il arrêta un plan simple et hardi tout à la fois. L'âme de la coalition était Onillaume d'Oratige, stalhouder de Hollande et rtri d'Angleterre, * le Taillant et habile hérétique, i comme on l'^tpelut h Vienne, k Madrid et è Rome même. Le renversor, s'était finir la guerre d'un coup : Louis XlV confia une flotte k Jacques 11, pour l'Oder à remonter sur le tr&nè. L'Esps^e et la Savoie étdent les deux États les plus fjibli>s de la ligue ; Il lourn" contre elles U plus grande par-

tie de ses forces. De ce côté il attaquait ; sur le Rhin doit il occupait toute la rive gauche jusque près de CobleDti, il garda la défensive, pensant bien que les Turcs, dont noua venions de rompre les négociations avec TEmpereur, donneraient à ce prince assez d^occupation sur le bas Danube, pour que nous n'eussions pas à craindre quUl portât de grandes forces sur le Rhin. Turenne, Gondô et Duquesne étaient morts. Louis trouva pour les remplacer d^habiles capitainei, Luxembourg, Catinat , Bouffiers, dç Lorges , TounriUe. Cetait comme la première réserve de la France dans ces lottes terribles qui ont dévoré tant de généraux et tant d^arméoi TeutatiTes pour rétablir ^aequcs II; Toarvilk. — La guerre en faveur de Jacques II fut d'abord heureuse. Une escadre de 13 grands vaisseaux transporta le prince en I^ lande, dans cette île catholique comme lui et toujours frémissante sous le joug de TAngleterre (mai 1689). Des coniois de troupes , d'armes , de munitions, partirent du Havre, de Brest, de Rochefort, protégés par Château-Renaud, d'Estrées et Tourville. Les Anglais et les Hollandais essayèrent de leur fermer le passage ; Château-Renaud battit une de leurs escadres dans la baie de Bantry; Tourville, avec 78 Toiles, attaqua leur flotte sur les côtes de Sussex , à la hauteur de Beachy-Head; 16 vaisseaux ennemis furent coulés ou incendiés à la côte ; le resle se réfugia à Tembouchure de la Tamise ou entre les bancs de la Hollande (10 juillet 1690). Cette brillante victoire, qui aurait mérité d'être populaire en France, livra pour quelque temps à Louis XIV l^empire de TOcéac. Mais Jacques II ne sut pas le seconder; il avait perdu un temps précieux au siège de Londonderry. Guillaume III l'attaqua sur la Boyne (11 juillet 1690). Les Irlandais s'enfuirent au premier choc , avec leur roi , et les Français opposèrent seuls quelque résistance. Un régiment de réfugiés calvinistes et le maréchal de Schomberg, qui dirigeait l'armée de Guillaume, contribuèrent surtout à la déroute. Jacques II revint en France.

Louis XIV prépara alors une descente en Angleterre même. 20000 hommes furent rassemblés entre Cherbourg et laHougue ; 300 navires de transport furent tenus prêts à Brest : Tourville devait les escorter avec kk vaisseaux qu'il commandait et 30 autres que d'Ëstrées lui amenait de Toulon. Mais le vent changea , la flotte de la Méditerranée ne put arriver à temps. Louis XIV, habitué à forcer la victoire, et comptant

qu'une partie des capitaines anglais passerait à lui, ordonna à SDH amiral d'aller chercher Pennemi, fort de 99 voiles. Ce lût la bataille de la Hougue (29 mai 1692). Quoiqu'il n'y «ut point de défection, Tourville tint tète victorieusement pendant dix heures aux Anglo-Hollandais qui, malgré leur nombre, furent plue maltraités que nous. Mais il n'était pas possible de renouveler le lendemain cette héroïque témérité. Toorville aurait fait du moins une glorieuse retraite s'il syait ou on port derrière lui ; la digue de Cherbourg n'existia pas. Il fit signal de se retirer sur Brest et Saint- Halo; sept de ses vaisseaux gagnèrent le premier port, lo reste de la flotte s'engagea dans le canal que les basfonds forment à Touest de la. côte de Cotentin ; 22 frandiirent le raz Blanchard et outrèrent à Saint-Malo ; mais la marée venant à manquer, les autres furent empêchés de suivre, et 3 s^arrètèrent à Cherbourg, où les capitaines, ne pouvant les défendre, les brûlèrent; 12 se réftu^iftrent dans la rade de la Hougue, qui n'était pas imm, préparée pour ofiirir un abri. Tourville retira les cnsoÉSi Ids môôitibns, les agrès, et, à l'approche des Aapais, ifc inettre le feu aux coques de ses navires. L'enuemi ne pot se vanter d^n avoir pris un seul. Ce fut le premier coup porté à la marine militaire de la France ; msûs il n'est pas vrai, comme on l'a dit souvent, que le désastre de la Hoogoe en ait été le tombeau ; car l'année suivante on put opposer aux Anglais et aux Hollandais des flottes égales, sinon supérieures. Toutefois, le rétablissement des Stuartsen Angleterre devenait impossible, et la partie la plus importante du plan conçu par Louis XIV avait échoué.

Ci«err« Aétenaive mur le Hhtii. Incendie du Palstinai ^1089). — Dès 1688, le dauphin, alors âgé de vingtsept ans, était entré en Allemagne avec 80 000 hommes et le maréchal de Duras pour le guider. Le roi lui avait dit avant le départ : < Mon fils, en vous envoyant commander mes armées, je vous donne les occasions de faire connaître votre mérite : aUez le montrer à toute TEurope, afin que, quand je viendrai à mourir, on ne s'aperçoive pas que le roi est mort » Philippsbourg, Manheim,Worms,Oberwesel avaient été pris en quelques semaines. Le dessein du ministre français n'était pas de les garder; le Palatinat fut de nouveau brûlé, cette fois avec férocité (1689). Spire fut complètement

détruit et la ville resta dix ans un monceau de décombres.

Les Français saccagèrent le magnifique château ôê Heidelberg, surnommé PAlhambra de rAllemagne. On jeta dans le Rhin les pierres dont Manheim avait été bâtie ; 100000 IttUtants, chassés de leur pays par les flammes, alltoent demander vengeance à TAUemagne. Le roi lui-même eut regret de ces horribles exécutions, et son mécontentement pouvait être le prélude d'une disgrâce, quand Louvois mourut d*iine attaque d'apoplexie (juillet 1691). Il fut remplacé par son fils, Barbezieux, qui, avec beaucoup plus de défauts, n^nit aucune de ses qualités ' .

Le duc de Lorges, neveu du grand Turenne et successeur, en 1690, du maréchal de Duras, se contenta de coayrir PAlsace contre les Impériaux qui, se trouvant comme en un désert dans le Palatinat, ne purent y subsister. La goem resta défensive sur le Rhi/i, comme on Tavait voulu : les grands coups furent portés ailleurs.

€iuerre en Savoie et en Piémont ; Cîntlsnt. — Gatînit commandait alors en Italie. Ce général, sans naissance, neiTètait élevé qu'à force de mérite. Comme VaubaD, dont U étaitlV mi, il joignait lesvertus civiques aux quaHtésnibitaire&etipirii tactique sage et méthodique, rappelait, mais de loin, Toremie. Il avait en tête le duc de Savoie, Victor-Amédée. Ponrame^ ner son adversaire à une action décisive avant Farrivée des troupes allemandes, il dévasta les campagnes du Piânont, fit couper les arbres, arracher les vignes, brûler les villages. Victor-Amédée ne sut pas se contenir devant' ces ravages, et livra la bataille de Staffarde près de Saluces (18 août 1690): il perdit 4000 hommes, tandis que les Français eurent à peine 500 morts. La Savoie, Nice et la plus grande partie do Piémont se trouvèrent en notre pouvoir. Mais un parent du duc, le prince Eugène, dont Louis XIV avait refusé les sévices et qui était allé les offrir à T Au triche, arriva avec de

1. Le même système de guerre devait être employé en Amériqae enln les colonies anglaises. Instructions à M. de Frontenac, gouveraourda Canada, 7 juin 1G89. — Voici une autre pièce qui fera jager de la moralité politique de ce temps. Louvois écrit le 14 mars 1675 à M. Desearriènt^ wvoyé du roi à Liège : • Voyez si vous ne pourriez pas feindra qa'M a trarré dans les papiers du cardinal de Baden quelque lettre du ministre de ITbpereur qui pût, étant répandue dans rAllemagne et les Pays-Bas, y déerier les ailai'-es de Sa Majesté impériale et de son parti. Il faudrait qoe cette lettre fût à peu près du style de la cour de Vienne, et remplie de eliOMt qui pourraient rendre sa conduite plus odieuse. Brûlez ceci après que vous Taurez lu. • C'est le mensonge, la calomnie et le faux en icntiire po* litique.

jNiiasaiits renforts. Il fallut rentrer en France où les Piémontais nous suivirent : le Dauphiné souffrit de cruelles re^ présailles de Tiocendie du Palalinat et des ravages du Fiémont (169S). C^tinat, cependant, repassa les Alpes ; un second combat s'engagea, vers la Marsaille, à quelques lieues de Staffarde (4 octobre 1693) et fut pour Victor- Amédée aussi malheureux que le premier ; il ne lui restait plus guère que Turin : Catinat Teût pris, si le ministère n'eût diminué ses troupes ; tout ce quHl put faire fût de garder ses conquêtes.

C3«ciT« émmB les P»fs«Baei Imxemliowrir* — Luxembourg était fils posthume de ce conite de Bouteville que Richelieu fit décapiter. 11 avait servi d'abord sous le grand Gondé, auquel il ressemblait par Taudace et la justesse du coup d'œil '. En 1690, il se trouva près de Fleurus en présence du prince de Waldeck. Par une habile et hardie manœuvre, il porte sa droite au delà du ruisseau qui couvrait Tarmée ennemie. Le prince, soudainement pris en flanc et tourné, fit un mpavement en arrière ; Luxembourg en profita pour Taborder vimMQfcAttJinlien du désordre de cette marche, lui tua OOOOikomiBeSi Jni enleva 100 drapeaux, son canon, ses bagages» et 8000 prisonniers. C'est notre première victoire de Flearus (1* juillet 1690). Mattre de la campagne, il investit Mons, capitale du Hainaut. Louis XIV assista au siège. Guillaume, débarrassé de Jacques II, accourut avec 80 000 hommes; mais ne put empêcher la capitulation de la ville, après neuf jours de tranchées (avril 1691). L'année suivante, Luxem-

1. Il était né en 1638. Sa tante, la princesse de Condé, l'avait donné pour aide de camp an due d'Snghien, qu'il suivit devant Lérida, à Lens et dans la Fronde, rait prisonnier an combat de Rethel, il fut emprisonné à Vincennes et n'en sortit que quand Bfasarin ouvrit à Condé les portes de sa prison. U se retira avec le prince chez les Espagnols, prit le maréchal de Ta Ferlé devant Valenciennes, défendit CamSrai contre Tnrenne, mais fat pris encore à la bataiUe des Dunes. Rentré en France en 1659, U épousa l'héritière de la maison de Luxembourg, dont U prit le nom et les armes. Il fit la guerre de Flandre et oeUe de Hollande, où il se signala par une

Ml (1677). liais vers ce tempe, Luxembourg, qui avait plus les qualités d'annéBps queceUes d'un sage, se brouUlaavec Louvois, qui le peraitdans Fesprit^u roi, l'impliqua même dans un procès de sorceUerie et d'em-

Cisonnameni, et le fit jeter dans un cachot de six pas et demi de long, izemboorg resta dix ans en disgrâce; ce ne fut qu en 1690 que le roi le fwivoya en Flandre en lui disant : ■ Je vous promets que j'aurai soin que LoQvob ain« droit. •

SM

DERN1EPF PAin

^U0e, et la prit encore sdui^ ie ennemie (juin 16931. C« le, Vauban le conduisit, el une un mod&le. Leritalde 1, dont il avait éleïè one

bourg B«t£^> Namnt-, la pi confluent de la Sambre et dt les JOUI de Lonis XIV et de j fut uD des grands siAgjes de < cette opératioD est re(^^irJée comi Vaubau, Cofaorn, dâltmlait la pi; partie des fortificatiotis.

Mais Gnillanme, louji 'b vain a, ne se lassait jamais: le 3 août 1B9S, il surprit i o irg à Steinkerque, dans le

HÙDaut. ( Un espion, que le ~ léral français avait auprès dn rtri Guillaume, «st dénou On le force, avant de le

faire mourir, d'écrire un faux a' au maréchal. Sur ce faui avis, Luxembotirg prend avec on des mesures qui le devaient foire battre. Son armée •'ndormie est attaquée à la pointe du jour : une brigade i êjà mise en fuite, et le général le sait à peipe. Sans un xs de diligence et da bravoure, tout était perdu. Luxem urg était malade : le danger lut rendit ses forces; il fallait ues prodiges pour n'être fK vaincu, et il en fit. Changer de :errain, donner un cbm)^ de bataille k son sTibée qui n ait point, rétablir la droite

tout en désordre, nflUer ses troupes, fut l'ouïrage

de moins dedenx bsur ■< a' . dans son armée Philippe d'Orléans, alors. due de i rtrcs, lepuis régent du royaume, qui s'avaH pas alors-quinîe a II ne pouvait être utile pour un coup décisif; mus c'était ne :oup pour animer les soldats, qu'un petit-flls de France, i core enfant,|chargeaataT« la maison du roi, blessé dans ie combat, et revenant encore à la charge malgrësa blessure. Un petit-fils et un petit-neveu du grand Coudé, Louis de Bour m et le prince de Conti, et un petit-flls de Rsim IV, le duc de Vendôme, y serraieni auBsi. Appelés par la voix publique au commandement des armées, ils dé^sient passion mt cette gloire ; maïs ils n'j parvinrent jamais, parce que s, qui connaissait leur am-

biUou comme leurmârite, se soi mait toujours que le prince de Gondé lui avait fait la guerre.

■ H follutque tous ces princes se missent à la tète de la maison du roi, pour chasser un <:orps d'Anglais qui gardait un poste srantageux, dont le succès de la bataille dépendail. Le carnage fat grand : les Fri ais l'emportèrent enfin. Le régiment de Champagne défit les gardes du roi Guillaume; et quand les Anglûs furent vaincus, il ' " ' ( > le reste cédât. BoafQers, depuis maréchal de France, oc .< irait dans ce

moment de quelques lieues du champ de bataille avec des dragons et acheva la victoire.

« Guillaume, ayant perdu environ 7000 hommes, se retira avec autant d'ordre qu'il avait attaqué. La victoire due à la valeur de tous ces jeunes princes et de la plus florissante noblesse du royaume, fit à la cour, à Paris et dans les provinces, un effet qu'aucune bataille gagnée n'avait fait encore. M. le Duc, le prince de Conti, M. de Vendôme et leurs amis trouvaient, en s'en retournant, les chemins bordés de peuple. Les acclamations et la joie allaient jusqu'à la démence. Les hommes portaient alors des cravates de dentelle, qu'on arrangeait avec assez de peine et de temps. Les princes s*ètant habillés avec précipitation pour le combat, avaient passé négligemment ces cravates autour du cou : les femmes portèrent des ornements faits sur ce modèle ; on les appela des steinkerques. » (Voltaire, Siècle de Louis XIV.)

L'année suivante, Louis XIV eut une belle occasion de conquérir peut-être les Pays-Bas et la paix. Guillaume d'Orange s'aventura près de Louvain avec 50 000 hommes seulement. Louis était dans le voisinage avec plus de 106 000; toute l'armée comptait qu'un grand coup allait être frappé, mais on représenta au roi qu'il ne pouvait commettre sa personne aux hasards d'une bataille, et malgré Luxembourg qui se jeta, dit-on, à ses genoux, il déclara la campagne finie et retourna à Versailles. Mais de ce jour il ne parut plus aux armées. Sa réputation en souffrit beaucoup à l'étranger; de mordantes satires paraphrasèrent les vers fameux de Boileau :

Louis les animant du feu de son courage,

Se plaint de sa grandeur qui rattache au rivage.

Ce n'était pourtant pas le courage personnel qui lui manquait. Sa tenue au camp était convenable : point d'élan, point non plus de timidité : il s'exposait suffisamment. Au siège de Namur, si l'on en croit Dangeau, des hommes furent blessés derrière lui.

Les victoires de Fleurus et de Steinkerque avaient livré à Luxembourg le Hainaut et la province de Namur : il pénétra dans le Brabant méridional; mais il rencontra encore devant lui Guillaume III, fortement retranché au village de Nerwinden, entre Liège et Louvain (29 juillet 1693). Peu de journées furent plus meurtrières ; Nerwinden fut emporté à deux

reprises par Tinfanterie, qui, pour la première fois, cbargei résolument à la baïonnette : exemple que les régiments de Catinat suivirent deux mois après, à la Mardatlle. Pendant quatre heures notre cavalerie resta soud le feu plongeant de 80 pièces de canon, et Guillaume, ne la voyant remuer que pour serrer les rangs à mesure que les files étaient emportées, s^écriait d'admiration et de dépit : < 0 Tinsolente nation ! > Il y eut environ 20 000 morts, dont 12 000 du càté des alliés. « On pouvait peut-être, après ce succès, marcher sur Bruxelles et dicter la paix, on se contenta d*assiéger et de prendre Charleroi ; il est vrai que là nous teriions ^impo^ tante ligne de la Sambre, d'où une armée française domine les Pays-Bas et rend fort dangereuse toute tentative foite par Tennemi contre la Flandre ou TArtois.

La victoire de Nerwinden fut le dernier triomphe de Luxembourg, le tapissier de Notre-Dame^ comme TappeUt le prince de Gonti à cause des nombreux drapeaux dont il avait décoré cette métropole. La campagne suivante ne fâï marquée par aucun incident, et il mourut au mois de^janvier 1695. Son successeur, le duc de Villeroi , ne sut rien foire de considérable, avec une armée de plus de 80 000 hommes; il n'empêcha même pas le prince d'Orange de reprendre Namur (août 1695). Mais, en Espagne, Vendôme entra dans, Barcelone (août 1 695) après un siège mémorable et une tîgtoire sur l'armée de secours. L'année 1695 se passa sans èvé> nements militaires. Les alliés détruisirent nos magasins réunis à Givet, et les deux armées des Pays-Bas, tout occupées de vivre, ce qui leur était difficile, ne songèrent pas à aJ^taquer.

Sur mer, Tourville avait vengé, en 1693, le désastre de la ïk)ugue par une victoire dans la baie de Lagos, près du cap Saint- Vincent. Les années suivantes, les grands armements furent suspendus, parce que Seignelay était mort ; mais des corsaires dont le nom est resté populaire^ Jean-Bart, Doguay-Trouin, Pointis, Nesmond, désolèrent le commerce des Anglais et des Hollandais, qui, pour se venger, tentèrent des débarquements sur nos côtes et lancèrent des machines infernales contre Saint-Malo, le Havre, Dieppe, Calais, Dunkerque '. Vaines et ruineuses menaces qui n^aboutirent

1. Les seuls corsaires de Dunkerque vendirent dans cette gnerre pour plus de 22 millions de livres de prises faites sur les Anglais et les Houan-

c qu'à easser des vitres avec des guinées. » Dieppe seule en souflHt. EnÂmérique, le comte de Frontenac défendit braveoient le Canada en prenant de tous côtés Toffensive, quoique la province n'eût que onze à douze mille habitants, et que ka colonies anglaises en eussent dix fois davantage. La baie d'Hudson et presque toute Tile de Terre-Neuve furent conquises.

Vmité ém Byawleli (160f ). — Cependant la guerre languissait; tout le monde était épuisé. Une tentative d'assassinat contre Guillaume, qui devait être suivie d'une invasion française, ayant échoué, Louis proposa la paix. Gharlea II était près de mourir, cette fois pour tout de bon ; il ne laiaaait pas d'enfant, et la succession d'Espagne allait enfin s'ouvrir. Il importait au roi de dissoudre la coalition européenne avant ce grand événement. Il montra une modération inaccoutumée ; il détacha d'abord de la ligue le duc de Savoie (1696), lui rendit toutes ses villes, même Pignerol,et lui proposa le mariage de sa fille avec le jeune duc de Boui^gogne» fils du grand dauphin. En échange, le duc devait assarer la neutralité, de l'Italie et au besoin joindre ses forces à celles de la France. La défection de Victor-Amédée décida les autres, et la paix fut signée à Ryswick, près de la Haye (octobre 1697). Louis XIV reconnut Guillaume III pour souverain légitime d'Angleterre et d'Irlande. Il rendit ses nouvelles conquêtes, dans les Pays-Bas, dans TEmpire et en Espagne, à l'exception de Strasbourg, de Landau, de Longwy et de Sarrelouis, qu'il avait fait bâtir en 1680 pour défendre la vallée de la Sarre. Il permit aux Hollandais de tenir garnison dans les places les plus importantes de la Flandre, que les Espagnols ne semblaient pas capables de défendre contre lui. Il restitua la Lorraine, que la France occupait militairement depuis soixante années. Le tarif de 1667, si onéreux pour les Hollandais, avait été aboli au traité de Nimègue ; le droit de cinquante sous par tonneau le fut en 1697 ; de sorte qu'après avoir été ruiné par les impôts durant la guerre, le piqrs rétait par les traités quand venait la paix ; c'était le complet abandon de la politique commerciale de Golbert. Ces concessions, dont quelques-unes coûtèrent beaucoup à l'or-

daifl, et dans U soiyante pour plan de 80 millions. C'est plas de loo millions de francs d'aojoardliai qae Ii villti gagna, mais le double elle triple qaa l'ennemi perdit.

gueil du grand roi, furent Tirement blftméei ; maitLoiiiKlpérait réparer la perte de quelques villes pu r&cqaiiiUon d'un empire. En Amérique, le traité lui laissait toute la btie d'IIudson et la moitié de Terre-NeuTe.

Aiénevieat d'oa prlMee frwaçala «■ Irtne 4'biia([Be ■ (lïoo). — Charlea II languit encore truia annin. A qui allait revenir son immense héritage? Les deui maÎHni de France et d'Autriche, alliées depuis nn BÎëcle par des iniriages à celle d'Espagne, y préteadvent l'une et l'autrs'. Louis XIV ou Léopold régnant à Madrid, c'était une éventualité alarmante pour les puissances marïtinies, la HoUandu et l'Angleterre; c'était la destruction de l'équilibre européen. Alors Guillaume III proposa au cabinet de Versailles de partager à l'aTance cette successioo, qui n'était pas encore ouverte. Il y eut deux traités signés fa la Haye. Le premier (1698) assiguant la monarchie espagnole à un princedË Bavière, le Milanais à l'archiduc Charles, second Dis de l'Empereur, les Deux-Siciles, quelques port» Toscans et le Gnipuscoaau grand dauphin, avantages dérisoires ou dangereiUi La maison reyale y gagnait une courooBe, mais la France eût été certainement entraînée, après cette acquisition, i courir encore les aventures au delà des monts. Un second traité, après la mort du prince électoral de Bavière, donna l'Espagne à l'aichiduc, et n'augmenta la part de la France que de la Lorraine, province qui, au premier coup de canon, tombait en notre pouvoir (17001. Ce n'était pas une compeasation au danger de voir un Autrichien régner à Bruxelles et à Madrid*.

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