‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 24 sur 73 · I. Mignet, AVyaciafiDna nlotimid ta iuteution J^Kipafn · texte numérisé non relu

I. Mignet, AVyaciafiDna nlotimid ta iuteution J^Kipafn

1. Louis XIV cl l'emper«ar Léopold, toui dsoi fllt d'une Intut* t'Apagns, afaient lou) deux lussi ipauB« une Infante. Uali Abu d'Antrisht Bl Marie-Tlierèse, enlrèss dan> !r msison d« Frtnes, tWsnt In ataiiidi

Les ni! el lus pelita.rus de Louis HIV ataicot donc du drolti (Dpiriwn k ceux de l.êowild, fils de Uarie-Anne, et à oeux du prima ilastonl It Bavière, Fetiimiiiid-JaBeph, pelit-fila de Marguerite-TliérèM. Laôpold Âjcctait ia renoiiciatian de Ma rie -Thérèse. Uais les corlè* Mpunolu avivaient poiiil été ap^iBltes à la smcllanner, et elle ttitl nulle \ an utn point de vue, U dut de l'infante n'i.}':iot pa> ilé paj'ée.

(les nigociatious «Dlrepriseï à la mile ds ces tnitei. Louis XIT demis. dait BU duc do Lorraine d'écbanger son duché conlri le MilanaU et au

consentait à ce que le dauphin sût la Savoie el 1* Sicile ; le duc ds Savoie, le Piéniout et Milan; 1« duc de Lorraine, la royaums de Hkplu. (Lrllret of WiUiaai III oad Louii XIV, aitd ef Iheir mtiiUltrs. Lmdoo.

DD RÈGNE DE LOUIS XIV [16T9-t71&]. S6&

Ces traiUs, nuiuTaii pour la France, n'eurent heureusement aociUM Mita. Le roi moribond avait été profondément frrilé de ce démembrement de la moaarchÎQ- proposé de Bon virant et uns le consulter. Pour maintenir ll&tégrité de aes fitata, il lui CaUat tout dmnar à la Ranee on à l'Autricbe. L'Autriche fiit nul tarie par ion ambasudemr à Madrid ; la France le (ut bien par le marquis d'Hvoonrt, son ministre

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Buprto de Charles H ; et ce prince appela au trdne, par son dernier testament, Philippe, dnc d'Anjou, deuxième fils du dauphin ; à son défaut ou sur son refus, le duc de Berry, son frère; en dernier lieu, Tarchiduc Charles (2 novembre 1700). Vingt-huit jours après il mourut. Il avait espéré sauver l'intégrité de la monarchie en intéressant Louis XIV à la défendre.

Louis XIV devait-il accepter le testament, ou s'en tenir au dernier traité de la Haye? Un conseil extraordinaire fut assemblé : quatre personnes seulement y assistèrent avec le

roi. le dauphin, le duc de BeauvilHers, gouverneur du eii' fanta de France, le chancelier de Ponlchartrain et le marqni' de Torcy, ministre des affaires élrançÈres. Celui-ci éUit ut neveu du grand Colbert, fort habile et honnête; il reste de lai un mot qui mérite d'être cité à sa louange , mais non à celle de ses contemporains : ■ Le meilleur moyen de troinpi:( les cours, c'est de dire toujours la vérité. » Les avis furecl partagés; mais Torcy fit remarquer avec raison que le nim de la France ferait passer cette succession h l'Autriche, i|ii9 le dernier traité ne nous assurait que des avantages illusEiiill ou sans importance, que, d'ailleurs, l'Empereur ne t'acCAçterait pas, et qu'on aurait la guerre, quelque décision qu'on prit. < Mieux vaut la faire, ajouta-t-il. pour le tout qat pour une partie. » Louis XIV demeura silencieui, et pendanl trois jours on ignora sa résolution. Il l'annonça enfin en en ternies au duc d'Anjou : « Monsieur, le roi d'Espagne vouti fait roi. Les grands vous demandent , les peuples vous *wtialtent, ot moi j'y consens. Songez seulement que tous ftu prince de France. > Il le présenta ensuite k sa cour an disant : • Messieurs, voilà le roi d'Espagne.» (6 noven' ITOO.) Quelques semaines après, Philippe V partait pour Madrid. «Ainsi, dit Saint-Simon, le dix-huitième stkiliftl'Qlivrait, pour la maison de France, par un comble degloiK«t de prospérité inouïes'. »

Trotstèaie coBlUton contre l>Fraaoe(l9ei-ltl»< KrBnAc llfae de >b Ha;e. — Alors, comme aiijoiird'llilï < la Franco avait deux grands intérêts. La premier, c'était 91» l'Espagne lui fût amie, atin qu'assurée de la paix sur se frontière du sud , elle pût porter , au besoin, toutes ses forces au nord-est, oJi elle est plus vulnérable. Le second, c'était que la frontière du oord-est s'éloignât de Paris et que les Pays-Bas fussent au moins dans notre alliance. Le premier point semblait gagné par i'avéncment au trôoo dl Charles-Quint d'un Bourbon, que les Espagnols accueil* laient avec enthousiasme et que les autres États recoDna'iN

I, QQfliit au mot ; . Il n'y a plas de PyrÈDèea, . en voi^i Itirtolf». L smliBiiaïdeur d'Espagne dit ces parolea rjipporlesi par nangtan t • W voyage derient ailé, et présenlecneat lai Pyrinéss tout fonduea, « qoa M 1

joie, II n'y • plus de Pyréaias, ellsi sont ablmcts, èl noua ot KniiMM plut qu'on, . Dn resta, ce mol eiprimait bien la alloalion et le bul^dl Loui, xiVj l'il na Cest pai tmvé lar les lèvrw du Ittf, tt «tiîjl'dfti^

Huent. L^Empei^or protestait et aimait; mais seul il ne pourait rien.

Le second but était plus difficile à atteindre, car ni l'An- ;leterre ni la Hollande ne youlaient voir les Français aux tKNiohes de FEscant Pour j arriver , il fallait beaucoup de ménagements et de prudence. Le roi, malheureuseiuent, dé* BBMqua trop vite ses desseins et brava TEurope comme à plaisir. iMa^^ les clauses formelles du testament de Gharlee II, il n'exigea pas de Philippe V une renonciation au tfftae de France; et, par des lettres patentes, données en lécembre 1700, il lui conserva son rang d'hérédité entre le lue de Bourgogne et le duc de Berry : c'était rendre possible laréanion des deux monarchies, et montrer au monde effrayé la Fhuice et l'Espagne gouvernées un jour par le même roi, » qiû n'eAt été bon ni pour l'une ni pour l'autre , et moins Boeore pour l'Europe. Un peu plus tard, il chassa les Hollanclalt des places qu'ils occupaient dans les Pays-Bas en vertu la traité de Ryswick, et les y remplaça par des garnisons franfiaises. Enfin, à la mort de Jacques II, il continua au [Mince de Galles, son fils, le titre de roi d'Angleterre, d'É- Boaie et d'Irlande, malgré les avis de tous ses ministres. Cette insulte Êdte au peuple anglais et k Guillaume III rendit la guerre inévitable.

Une troisième coalition se forma : ce fut la grande ligtie de la Haye (septembre 1701), où entrèrent l'Angleterre, la Hollaodei l'Autriche, l'Empire, et un peu plus tard le Portugal, devenu l'ennemi de la France, depuis qu'un prince français était roi d'Espagne, depuis aussi que nos ports avaient été rennes à ses produits. Il ne resta d'autres alliés à Louis XIV dans toute l'Europe, que l'électeur de Bavière, à qui les Pays-Bas étaient secrètement promis, et les ducs de Modène Bt de Savoie, qui changeront bientôt de parti. L'Espagne était avec nous, mais, n'ayant ni soldats, ni argent, ni vaisseaux, « c'était un corps sans âme, dit Torcy, que la France devait alimenter et soutenir à ses dépens. 1

Guillaume III vit à peine commencer cette guerre : il mourut au mois de mars 1702, mais sa politique lui surrécut, parce qu'elle était nationale. Sous sa belle-sœur, Anne Stuart protestante, quoique fille de Jacques 11, TADgleterre continua à défendre ses libertés politiques et religieuses menacées par le roi que Louis XIV voulait lui imposer, et sa fortune com-

merciale menacée par Tempire de la maison de Bourbon sur tant d^Ëtats et sur tant de mers.

Marlborouifh ; le prince E«|irèAei HeUnias^ — ThHS hommes que leur haine contre la France a rendus cAlUirea, Heinsius, Marlborough et le prince Eugène, rem|>laeènaL par leur étroite union le chef que la ligue venait de perdn. Heinsius était grand pensionnaire de Hollande, et il diii* gea la république avec l'autorité d'un monarque^ quand b stathoudérat eut été aboli, après la mort de Guinauo)e.CaMirchill, duc de Marlborough, avait fait ses prémices anNi sous Turenne. Il gouvernait la reine Anne par sa femme, b parlement par ses amis, le ministère par son gendre Sundw» iand, secrétaire d'Etat de la guerre, et par le grand trésorier Godolphin, beau-père d'une de ses filles. Le prince Eugène, né en France vers 1663, d'un comte de Soissons et d*nni nièce de Mazarin, cette Olympe Mancini que Louis XIV anit un moment distinguée, appartenait à la maison de Sifoie. Destiné à la carrière ecclésiastique, il préféra le métier des armes ; et, à dix-neuf ans, demanda un régiment à Louis XIV, qui refusa de faire un colonel de Vabhé de Savoi9. L*Autriehe Taccueillit mieux et l'envoya combattre en Italie contre Gitinat. Après la paix de Ryswick, il résista aux Turcs, qni avaient envahi la Hongrie, et remporta sur eux, à Zenta^ une victoire signalée qui le plaça, dans l'opinion des contemporains, à côté du sauveur de Vienne, Sobieski (1697). Nommé alors président du conseil de guerre, préparant comme ministre les expéditions qu'il devait faire comme générai, il eut une influence décisive sur les événements qui vont soim. Par sa bonne entente avec Marlborough, il allait donner à la coalition européenne ce qui lui avait toujours manqué^ l'union.

i(itii»tioii de la Franee. — Pour triompher de si formidables adversaires, il eût fallu à la France les grands homoMB de la génération précédente. Mais Louis les avait usés, et, dans l'atmosphère alourdie de Versailles, il n'en était pas né qui pussent les remplacer. Ainsi qu'une terre qui a trop pro* duit, la France commençait à s'épuiser, les soldats allaient lui faire défaut, comme les généraux et les ministres. L'incih pable Chamillard, créature de Mme deMaintenon, succombait sous le double fardeau des finances et de la guerre, quV vaient eu peine à porter séparément deux hommes éminents, Golhert et Louvois. Le roi se promettait bien de le diriger

lui-même, et jamais, en effet, il ne montra plus d'activité, arrêtant les plans, et en réglant Texécution du fond de son cabinet. Mais ce fut un autre mal. Dans cette vie retirée, il ne connaissait plus si bien les hommes et les choses, c Les généraux, dit Voltaire, furent gênés par des ordres précis, comme des ambassadeurs qui ne devaient pas s^écarter de leurs instructions. Si le général voulait faire quelque grande entreprise, il fallait qu'il en demandât la permission par un courrier qui trouvait, à son retour, ou Toccasion manquée ou le général battu. » Cependant quelques-uns des chefs que la France avait encore, Villars, Gatinat, Boufflers, Vendôme, méritaient plus de confiance et plus de liberté. Il est vrai que les Villeroi, les Tallard, les Marsin, les la Feuillade , avaient besoin de conseils et de guides; mais ce ne fat pas en tenant ces généraux à la lisière qu'on les empêcha d'infliger à nos armes d'irréparables désastres.

IPraBièrcs cmatpaf^e* en Allemai^e, «n Italie et «eas les Pays-Bas (iV01-lV04). — Dans la pensée de Louis XIV, ia guerre devait être défensive sur tous les points, excepté en Allemagne où l'électeur de Bavière appelait les Français. Boufflers fut envoyé aux Pays-Bas pour tenir tête à Marlborough, qui commandait l'armée anglo-batave ; Gatinat en Italie pour fermer l'entrée du Milanais au prince Eugène et aux Impériaux ; Villars en Allemagne pour se joindre à l'électeur et marcher sur Vienne.

Pendant trois années (1701 à 1704) les succès se balancèrent. Cependant Marlbourough pénétra, en 1702, dans les Pays-Bas, malg^ré Boufflers qui, ayant affaire à deux armées, ne sut pas manœuvrer entre elles et abandonna sans combat les places de la Meuse jusqu'à Namur ; du moins, il sauva Anvers Tannée suivante par la victoire d'Eckeren sur les Hollandais. En 1701, le prince Eugène descendit de même dans la Lom hardie malgré Gatinat, qui avait des forces supé. rieures, mais qui, mal obéi, trahi peut-être par quelques officiers espagnols, ne l'empêcha pas de déboucher du Tyrol. Eugène menaça toute la ligne de l'Adige et franchit ce fleuve sans résistance à Gastelbaldo, dans la plaine, tandis que Gatinat l'attendait à Rivoli, dans les montagnes. Il força, au combat de Garpi (9 juillet), le passage du canal Blanc, où Gatinat eût pu encore l'arrêter, et le maréchal, troublé par des manœuvres aussi hardies que savantes, se retira derrière le Mincio, plus loin encore derrière TOglio, ce qui ouvrait le

S70 DERNIKRB PAl

Uilaaaia «u eanemiB. La nmt «on tf

mtekViUeroi'.

voterait Mfalte ri (1701]; BMTprlM àt

Crimonc (1903). — < igé de Mme de MabteDoii

était un boa conrlisaa, maïf' "i .létestable général. Dis son anÏTée, il voulut prendre l'i i ive. Catioat, qui avait codgenti fa Mrrir Mua lui, aea objectîoiiB : t Je n'ai pas

' qualité d'être circonspeci, > dit Villeroi. Cette imperli-

□ence fot bien vite punie, ti isaa l'Oglio, espérwit surprendre Engène à Chiari, duc de Savoie avertissail les Impériaux de tous nos u' lents. Villeroi, surpria kiméme, fut battu (septembre l'iuit.

OependaDt l'ennemi ne pou t s'avancer plus loin tant qu'il n'aurait lias la forte ville ue Mantoue, Villeroi laisule comte de Tessé y faire une très-belle défense, et prit sm quartiers d'hiver dans C . Un jour qu'il y doncail

en pleine eéourilé, il est re par des décharges préci-

pitées ; il se Ibve à la hâte, : i de son logis et tombe dans un ucEidron d'Autrichiens, ue X Eugène qui, au cœur de l'hiver, avait t«nté un coup de main sur Crémone. li Mirait réussi sana un régiment i[ui, dès quatre heures du matin, s'était réuni pour une revue de son colonel. L'ennemi, arrivéaumilieu de la ville, fut re )té hors des portes, mais ^ a le maréchal (février llui)*. Vendflme le rcmplafn.

1. Câtlwl (iaiT-lîl2) êlailll]! d^nn oonifliUar au parUroant. Hfut A'ahori aTOOit; m^ tj/mt pardu dds ciiugii qa'll crojait jusla, IJ ouitU le liirr6U pgwlM unw- U se ûi remarquer au eiéga de Lille, sn issi. «lt guma DU llealeiUDCe ; mais 11 no (ut heuteuant gÈnéral qu'ei qntl « nt dlttingiii à cbaqua campague, ÀprËi Sene(, où il

i TOtn bûonrai il ^ i ^i p°u ,<1° B"'

'ktitit fan peu 00 gens comme voua, qu'on perd Iran qnssd fui qu'après la victoire ds la MaraaiUe qu'il obtînt 11

btUta a» mnéabal. J . „ ,- —

din : ■ C'ait SBUi parler do mes nlTaires; commeat vont loi vdtru) — Fort U*a, Sir», irloe ani bonlés de Votre Majeslê. — VoUi., raptillami

m'ait Uan poptrall langage. • Câlinât, calme, réfléchi «1 raïui âts £îdati, andtnin d'aux le surnom dep^la PiniA. Sa réputslion mOHÏai a p«at-ttre tutocUite, la bonté de >on caradtérene l'a point ilé. llumsenlil, apria «voir perdu son coromandemenl, ù servir «0U3 les ordres de Villeroi et écriTallieos amie:! Ja me mettrai jusqu'au cou pour l'aider.ribu» Isa diserloe. 'U ae sorïira plus, dùtit'

FrasjaU. randu grice i BaHo Votre bonhoiu ait lana égal i VoD> araiGoiuBrri CMmoe

MttlTM «• TMA^bKe à lAnwa» «• VllUn à idltageM et à H«chstKdt, de ValUtrd à Spire

I9-&90S). — (Tétait on singulier général que ce pétille Henri IV, de mœurs plus (ju'équiyoques et qui ne se t souvent qu^à quatre heures de Taprès-midi. Mais sur amp de bataille, il retrouvait ce coup d*œil, cette vivaee feu, qui rappelaient Luxembourg et Gondé : souvent ris, jamais battu, il fit pendant deux années une guerre ense contre les Impériaux. Il les força d*abord de se er derrière le Mincio, ce qui délivra Mantoue ; puis, par marche rapide, il alla enlever, sur la rive droite du Pô, I magasins à Luzzara (1702) et put alors s^approcher du L A ce moment, les sourdes traJiisons du duc de Savoie langèrent en une défection ouverte, les Bourbons ayant lé, bien mal à propos, de lui céder le Milanais en échange [ Savoie (1703). 11 fallut que Vendôme se tournât contre onr assurer ses communications avec la France. Il s^emde la plus grande partie du Piémont, et menaga Turin; . fl ne menaça plus PAutriche.

kme succès en Allemagne. Gatinat appelé sur le Rhin Evaît pas rétabli sa réputation compromise en Italie. ait laissé le prince de Bade passer le fleuve, prendre lan, qui avait supporté 84 jours de tranchée ouverte, temlxiurg et Haguenau. Une diversion de Télecteur de hrt n^pela les Impériaux en Allemagne. G!atinat, pressé s y suivre, ne Tosa; mais un de ses lieutenants, Villars, . 11 attaqua la prince de Bade dans la Forêt Noire, près Viedlingen, et gagna son bâton de maréchal sur le ip de bataille (octobre 1702). L*an diaprés, il repoussa ince de Rade sur lès lignes de StollhoiTen, laissa Tallard

1^ surveiller et alla rejoindre Télecteur de Bavière, •enait de son côté de battre les Autrichiens (mai 1703). tiemin de Vienne était ouvert; Villars voulait y courir rnner la main aux Hon|^rois révoltés ; le prince Eugène I plus tard que, si Tarmée eût marché en avant, la paix ûdta, et glorieusement pour la France. Une autre marre, que Bonaparte et Moreau tentèrent plus tard, fut Lée et faillit réussir. Les Franco -Bavarois entrèrent

Inspruck, tandis que Vendôme bombardait Trente, leux armées allaient se tendre la main par-dessus les (. La défection du duc de Savoie rappela Vendôme du l , et deux armées impériales menaçant Munich forcé-

in

nanfircss Pj

rant l'électeuc et Villars à u ck.Ilft.j:N

Tengërent sur le comte ^^j,^^. mpléUment

battu dans lea plaines d' m H(Bepleinbre 17031- ^^"^

moii plus tard, les Impériaux luvaient encore auprès de Spire une eangtanto dëfaîto qui j indit Landau à la Francs. La raloqueur èlait Tailard. Il ■ ivit au roi : « Sire, toI« armée a pris plus d'étendards el drapeaux qu'elle n'a perdu de simples soldats, t

I«s e»^iMird«. — C' Ti re fut le terme des saett» de la France. Ylllars, pouvant s'entendre avec l'éleciaur,

demanda sou rkppel.

tants révoltas des Ce or venaient de voir la pape i la prédication d'une cro e {i par la terreur, ils accepiuient i du duc de âavoie, qui s'empres vile au «sur de la France, '

'envoya contre lea proUsamisards. Ces mallieureui IX renouveler contre em 3 du l^mai 1703). Êgarts secours de l'Angleterre et jntde nourrir la guerre cime ils avaieut été cruelle-

ment traités, ils se vengeaient a eur lour par des cruauUs,

Villars prit à cœur de s ces hommes exa^^pèrés. « trës-brares et trës-forts, de rigueur contre ceux qu dulgenca pour ceux qui leurs cheÂ, Cavalier, et i puzdani'ces provinces, pari dans a horrible gu perdait l'Au

■»t»lUe a on

l'AU«K«CB« l^XVUttJ. —

avaient conçu un plan bauuu t

triche découverte par la prise de Paasau en janvier IVOt. L'un avait quitté l'Italie , où le duc de Savoie occupait Vend&me; l'autre accourut de I andre, où ViUeroi ne eut pas le retenir, et ils se réunirentenBaviËre. TallardetMu^ sin avaient rejoint l'électeur. Les deux maréchaux avuent 56 QQO combattants contre bO OCO. Ils crurent que l'ennemi reculut et l'allèi'eut chercher sur la rive gauche du Danube ; ils le rencontrërent près de HœchsltedL. Leurs <^spositions furent inhabiles. Ils formèrent do leurs troupes comme deux armées distinc Marlborough per^a aisément entre elles, accula au uve l'aile droite coupée dd centre et prit Tallard. repassa en toute ttâte li

i province et de rameaer

it disait-il, des Français,

qi lités à considérer, i U uu

I inèreut à combattre, d'io-

asa parole. Il gagna un de

pagne rétablit à peu prés 11

I it mille personnes avaiesl

ei pendant ce temps Uarsin

1 e Blenhelm ; perte 4e

rough et le prince Eugène i hardi pour s

■sbe» ouUiaat dans l6 village dé Blenheim un corps tout entier qui n'avait point combattu et qui fut obligé de se nndre. Ce désastre nous coûtait 12 000 morts ou blessés, 14000 prisonniers, tout le -canon , presque tous les étendards, et près de 100 lieues de pays* En moins d'un mois, k Bavière fut soumise; Télecteur qui s'était flatté d'entrer dias Vienne,8'enfuit à Bruxelles, et les Impériaux reparurent sur le Rhin, n fallut rappeler Villars pour sauver l'Alsace. La maréchal, qui ne régira jamais /a modestie comme une Tirtu nécessaire, dit au roi : « Servez^vous de moi, car je suis la seul général de l'Europe dont le bonheur à la guerre n'ait Jamais été altéré. Dieu me conserve cette fortune pour le servieede Votre Migestél »

■aiainaa ém Bamilliea et aa Vmrhn (IVOe)» parte de VEtmMMm et ém Paya-Paa. — L'Empire était délivré; Eugène et Marlborough se séparèrent, pour retourner l'un en ItaUa, l'autre dans les Pays-Bas. Le plan de la coalition européenne se développait avec une suite admirable, sous la direction de ces deux grands généraux. Us voulaient conquérir toutes les provinces extérieures de la monarchie espagnole, avant d'attaquer la France elle-même.

Marlborough fut facilement vainqueur : il avait encore à combattre l'incapable Villeroi. D pénétra jusqu'au cœur du Brabant, et arriva près de la Méhaigne, où le maréchal avait campé son armée. Villeroi avait son centre à Ramillies, village devenu tristement fameux, et tout près d'un autre plus fameux encore, Waterloo. 11 eût pu éviter la bataille ; mais il avait à cœur de rétablir sa réputation, il prit toutes les dispositions nécessaires pour se faire battre. 11 plaça les recrues mal exercées au centre, il laissa les bagages entre les lignes de son armée; il posta sa gauche derrière un marais, comme s'il eût voulu l'empêcher d'aller à l'ennemi. Marlborough eut vite reconnu ses fautes. Les Français ne pouvaient venir attaquer sa droite : il la dégarnit et fond sur Ramillies avec un nombre supérieur. Gassion, lieutenant général, qui voit ce mouvement, crie au maréchal c Vous êtes perdu si vous ne changes pas votre ordre de bataille. Dégarnissez votre gauche, faites rapprocher vos lignes davantage. Si vous tardez un moment, il n'y a plus de ressource, i Villeroi n'en fit rien. La maison du roi, enfoncée à notre droite, découvrit le centre qui, pris de flanc et à revers, se mit à la débandade imai 1706^ Quand Villeroi reparut à la cour, le roi se con-

274 DERNIÈRE t>ARTIB

tenta de lui dire : « Monsieur le Maréchal^ onn^etl plmfcewww

à notre âge. i

La perte de la plus grande partie des Pays-Bas fat le résultat de cette défaite qui nous coûtait 5000 morts oa blessés et 15 000 prisonniers. Marlborough enlra à Anvers, à Bruxelles, à Ostende , et Louis XIV fut obligé, pour arrêter ses progrès, de rappeler le duc de Vendôme d*Italie, où, après avoir rejeté les Impériaux derrière TAdige par les victoires de Cassano, sur TAdda (août 1705), et de Calcinato, près de la Chiese (avril 1706), il couvrait le siège de Turin, que dirigeait le duc de la Feuillade. Celui-ci était un second Villeroi ; il n^avait d^autre mérite que d'être gendre de Ghamillird. Turin pris, ritalie était à la maison de Bourbon. On tfaît fait d^immenses préparatifs pour le prendre. Vauban, chai^ d^années et de gloire, offrit d^aller au siège sans commandement, t en mettant son bâton de maréchal derrière la porte. > « J^espère prendre Turin à la Cohorn, » répondit la Feuillade. Cela valait Timpertinence de Villeroi et eut les mêmes suites. Pendant que Vendôme court en Flandre, Eugène, délivré de son redoutable adversaire, forme le hardi projet d^alter secourir Turin en remontant la rive droite du Pô. Il fkllait qu^il traversât quinze rivières, quUl battît ou évitât Tannée d'observation, qu'il vainquît Tarmée de siège, et tout cela avec des troupes fatiguées et inférieures en nombre. SU y avait eu un homme de tète dans le camp français, Eogène était perdu; mais c'était Marsin, le vaincu d'HœchsfaBdt, qu'on avait chargé du commandement de l'armée d*ltalie. Déjà Vendôme, à la veille de son départ, avait souffert par négligence que le général autrichien passât TAdige et le Pô; Marsin, par incapacité, lui laisse franchir la Parma, la Trebbia, la Bormida, le Tanaro, sans essayer de Parréter, et va se joindre à la Feuillade. Leurs lignes, devant Turin, trop étendues, sont forcées (septembre 170Ô), le maréchal blessé mortellement, le Piémont délivré, le Milanûs perdu, et, par contre-coup, l'année suivante, le royaume de Naples.

Le prince Eugène et le duc de Savoie, étonnés des auitea d'une victoire qui les amenait aux portes de la France, ne purent résister à la tentation d'y entrer. Ils envahirent la Provence par le col de Tende, et assiégèrent Toulon, soutenus par une flotte anglaise, qui était maîtresse de la mer. La ville se défendit bien ; Eugène perdit 10 000 hommes

dans l'attaque et dans la retraite (août 1707). Charles-Quint 7 arait déjà perdu deux armées. Toute entreprise sur cette frontière a toujours été et doit être, par la nature des lieux, fatale à ceux qui la font. Victor-Amédée l'éprouva encore l'année saivante : il entra dans le Dauphiné, qui lui convenait fort pour arrondir la Savoie, et fut contraint d'en sortir aussi Tite.

Bev«r0 en Espag^ue (1904-1908). — L'Espagne ne perdait pas seulement ses possessions éloignées, elle semblait se perdre elle-même. En 1703, les Anglais avaient entraîné le Portugal dans la coalition, et fait de ce pays, par le traité que négocia sir Methuen, comme une de leurs provinces. En 170%, Tannée même de Ja défaite d'Hœchstœdt,ils s'étaient emparés, par un coup de main, de Timprenable Gibraltar, que Blake, sous Gromwell, avait songé à saisir et qu'ils ont gardé; depuis ce temps-là ils ont dominé dans la Méditerranée, où jadis on connaissait à peine leur pavillon. L'archiduc Charles, le compétiteur de Philippe V, était en môme temps débarqué en Catalogne avec 9000 soldats. En 1705, il prit Barcelone; TAragon et les provinces voisines le reconnurent. L'année suivante, il entra dans Madrid; les Anglais prirert Carthagène, les Portugais Giudad-Rodrigo, et une armée anglo- portugaise, commandée par un protestant réfugié, le comte de Ruvigny, occupa l'Estramadure. On proposa un instant, dans les conseils de Louis XIV, de renoncer à l'Espagne et d'envoyer Philippe V régner en Amérique. Une brillante victoire du maréchal de Berwick, à Âlmanza, fut à peu près inutile (avril 1707) ; l'archiduc parut affermi sur le trône, et le pape Clément XI lui écrivit : A notre très-cher fils, roi des Espagnes.

SaecèB de Tillars sur le Rhin (1905-1909). — Cependant Villars avait tenu parole. En 1705, il avait arrêté Marlborough et couvert la Lorraine. L'année suivante, il avait débloqué le Fort-Louis sur le Rhin, et, en 1707, les lignes de StoUhofifen, qui, s'étenda^t de Philippsbourg â la Forêt Noire, étaient regardées comme le rempart de l'Allemagne. De là il avait pu inonder de partisans laFranconie et le Wurtemberg, y lever des contributions et empô:her Marlborough d'avancer trop vite en Flandre. Ainsi la coalition, victorieuse aux deux extrémités de l'immense ligne des opérations, en Espagne, en Italie et aux Pays-Bas, était battue au centre sur le Rhin, et convaincue d'impuissance, au sud,

276 DERNIÈRE PARTIE DU RÈGNE DE LOUlS XI?.

dans ses efforts pour envahir la France par Im taDée dn Rhône. Elle espéra mieux réussir au noid et y porMiitoidei ses forces. .: l :

En ce temps-là, Charles XII était en Saxe à la tèl^- ^hua armée jusqu'alors invincible. Villars proposa d^allerle SEfJQÎIk* dre à travers l'Empire, et Louis XîV le sollicita, eninvoqjuat l'amitié séculaire de la France et de la Suède, de jontt^k rôle de Gustave-Adolphe et de prendre la coalition à DBon. Marlborough accourut auprès du héros suédois. VAJà/Bum^ était dans une cruelle anxiété, le monde dans Tatteola-) IV rage alla fondre sur la Russie et s'y perdre. - r""

Défaite d'Ondenarde (19 08) 9 1» Wrmucm «fll^sBlVr mée. — Selon le plan convenu, le prince Eugène rqdgiit Marlborough en Flandre. La campagne semblait deToirlÉBS décisive. Les alliés avaient 80000 hommes ; la France^ qM l'Europe croyait épuisée, en fournit 100000. Louis XW les donna à son petit-fils le duc de Bourgogne, à qui VendAnB servait de lieutenant. I] eût tallu le placer seul à la tèferéH troupes. La division du commandement amena un niNmM désastre ; Parmée fut mise en déroute à Oudenarde, att sage de PEscaut (11 juillet 1708). Ce ne fut pas une bataille, mais une grosse affaire d^avant-poste, qui coûta à peine 1500 hommes. Beaucoup de corps ne Ajurant point engagés, et le soir rien n^était perdu. Aua^i VeodAna proposait de recommencer le lendemain ; le duo de Bonrgih gne et ses conseillers s'y refusèrent, c 11 faut donc se retîm, s'écria Vendôme avec rage, puisque vous le Youleatook Aussi bien, ajouta-t-il en regardant le petit-fils de Louis XIVi il y a longtemps. Monseigneur, que vous en avez euTie. • La retraite fut désastreuse comme celle de Turin. Les régiments allaient à Taventure, sans ordre, sans chef; rennaou survint, qui tua ou prit plus de 10000 hommes; Gand, BriH ges se rendirent ; Lille même capitula, malgré une défense héroïque de Bouf fiers' (octobre 1708), et la France fut ouverte aux alliés. Un parti de Hollandais courut jusqu^aujvrès de Versailles et enleva sur le pont de Sèvres le premier écuyer du roi, qu'ils prirent pour le dauphin.

1. Il tint 72 jours dans la Tille, et quand il l'eut rendue, il ta défendit encore 47 jours dans la citadelle. Le prince Eugène, plein d*adiiiiraUoni lui laissa rédiger les articles de la capitulation tels qull les Toolat etaocepta à souper le soir même dans la citadelle, f On nous senrit, ditJI, qb rôti de chair de cheval. > Pendant tout le siège, on joua tous les soirs la comédie malgré les boulets et les bombes. Le directeur du théâtre fit une recette do ccnl mille francs.

27fl DERNIERE PARTIE

làtL Franee et l*Eipa|^iie commeBceBt à«e relcfer; batailles fie Blalplaquet (1909) et de VIllavIelMi (1 7 lO;. — I^'iiivcr de 1709 accrut nos malheurs : les oliviers golt'rent dans lo midi de la France, les arbres fruitiers et les blés dans le nord*. La famine vint à la suite. On vit les laquais du roi mendier aux portes de Versailles, et Mme de Maintcnon manger du pain d'avoine. Louis XIV s'humilia el demanda la paix. Mais les triumvirs ne le trouvaient pas assez abaissé. Us exigèrent qu'il rendît Strasbourg, qu'il renonçât à la srouveraineté de T Alsace; qu'il chassât lui-môme son petit-fils de l'Espagne. < Puisqu'il faut faire la guerre, ré* pondit-il, j'aime mieux la faire à mes ennemis qu^à mes enfants ; » et il écrivit aux gouverneurs, aux évèques, aux communes, une lettre où il les faisait juges entre ses ennemis et lui.

Ce noble appel au patriotisme remua toute la France; ceux qui manquaient de pain se firent soldats, et on eut encore une armée aussi forte que celle des coalisés. Villars en reçut le commandement. Desmarets trouva de l'argent « en flûsant de fortes saignées aux gens de fmances. » Saint-Malo, que U guerre enrichissait, prêta 30 millions. On vit bien que cette lulte était devenue nationale à la bataille de Malplaquet, près do Mons (11 septembre 1709). Les alliés avaient environ 120 OCO hommes et 160 pièces de canon, le maréchal 90 000 combattants et une artillerie de 80 pièces. Quand Paetion commença, les soldats qui avaient manqué de pain un jour entier venaient de le recevoir ; ils le jetèrent pour courir plus légèrement au combat. La gauche des ennemis fût presque toute détruite ; mais Marlborough, à la droite, faisait plier notre ligne. Villars y porta quelques réserves du centre, chargea à leur tète et fut blessé d'une balle qui lui fracassa le genou. Le centre dégarni et attaqué avec vigueur, perdit les retranchements qui le couvraient. 11 fallut se retirer. Mais nous n'avions que 8000 hommes hors de combat, et les alliés 21 000. L'année recula entre le Quesnoy et Valenciennes, emportant plusieurs drapeaux et étendards ennemis. Ces dépouilles consolèrent Louis XIV, et on compta pour une victoire l'honneur de n'avoir perdu que le champ de bataille.

1. Il y eut à Paris, du 5 au 21 janvier, jusqu'à 23'î à Montpellier 16«; le 13 mars, il y avait encore 5«,8 à Paris.

Cette glorieuse défaite annonçait le terme de nos revers. L*année suivante, les alliés essuyèrent un véritable désastre. Louis XIV envoya en Espagne le duc de Vendôme disgracié depuis la malheureuse campagne d'Oudenarde. Son nom seul valait une armée. Une foule de volontaires vinrent se ranger sous ses ordres, et Philippe V, qui n*avait encore paru sur aucun champ de bataille, se mit à la tète de ses troupes. La nation espagnole se réveilla comme la France à la voix de Louis XIV. Les habitants des campagnes commencèrent cette guerre de guérillas qui, sur le sol découpé de TEspagne, a toujours éti^ fatale aux étrangers ; enfin le général de Tarchiduc, le comte de Staremberg, fut complètement vaincu à Villaviciosa (9 décembre 1710). On raconte qu^après la bataille, le duc de Vendôme dit à Philippe V, accablé de fatigue : « Je vais vous faire donner le plus beau lit sur lequel jamais roi ait couché, » et il fit réunir en un monceau les étendards et les drapeaux ennemis. Cette victoire sauvait -la couronne de Philippe V, et par contre-coup le Canada, alors menacé par une expédition formidable qui attendait pour agir Tarmée et la flotte anglaises, que le succès de Vendôme retint sur les côtes d'Espagne.

Défeeilon de P Anxiété rra (1911)| bataille de De- ■ala (191 S). — Celte vigueur inattendue de deux peuples qu'on croyait près de succomber étonna les alliés : la lassitude aussi les gagnait, surtout TAngleterre, dont les subsides alimentaient la coalition et qui avait grevé sa dette publique de 60 millions de livres sterling. Une intrigue de cour précipita le dénoùment que Topinion publique souveraine en un pays libre préparait déjà et que la reine elle-même souhaitait. La duchesse de Marlborough fatiguait la reine Anne de ses hauteurs ; tombée en disgrâce, elle y entraîna les amis, les parents de son époux, et quelque temps après le duc luimême. Le vicomte de Bolingbroke et le comte d'Oxford forincrent un nouveau ministère, et la majorité qu'ils obtinrent dans la chambre des communes récemment renouvelée, prouva que la nation elle-même acceptait le changement qui allait s'opérer dans la politique extérieure de l'Angleterre.

Marlborough et les whigs ses amis devaient leur influence à la guerre ; les tories, nouveaux conseillers de la couronne, cherchèrent à fonder leur crédit sur la paix. Au mois de janvier 17 11 y un prêtre inconnu, l'abbé Gauthier, lié avec lord

ut 'f*ir DERXFEnE PAHriB

BolioKbfoke, es rendit chez le marqiiiB da Torcy et bii riil sans préambule : <■ VouIl'K'Vous la paix, monsieur f S« vivnt vous apporter les moyens Je la Tairai • — ■ C'était, dit Tonj. demander à ua mourant s'il voulait guérir. > Des négacUr lions sacrâtes cannuencërent ; un èvënenisnt imprévu pemil de les rendre publiques. L'empereur Joseph I", qui trui Buccédéà Ldopold en 1705, mourut ie 17 avril 1711, nu laisser d'autre héritier que son frëi'e l'archiduc CfaarUa. L'Angleterre qui avait combattu pour séparer l'Espagne dK 11 France, n'entendait pas continuer la guerre pour unir l'£fr pagne 11 l'Autriche et reconstituer de ses main» la puiiHUm de Charles-Quiut. Une suspension d'armes fut aasuIUaOD* venue, et les préliminaires de la paix furent signés & Uut dres, le 8 octobre 1711. Cet exemple entraîna las alliésj un congrès se réunit à Utrecht, le 39 janvier 1712. L'EmpUWr et l'Empire refusèrent d'y prendre part ; mais les forcSR ' étaient devenues inégales, et une seule campagne auïBfci | prouver que l'Allemugne de ce temps-lk ne pouvait se psuv / de l'Europe pour abattre la France. Le prince Eugbne S»tl^ nait entre l'Escaut et la Sambre avec 100 000 hoiDiUMA avait pris le Quesnoy dans l'intârvalle qui sépare 1m é fleuves; il occupait sur le haut Escaut, Bouchain, d'dfrtt contenait les garnisons de Valenciennes et de Condé^"' assiâgeait sur la hauts Sambre, Lajtdrecies, pour se £iiiTA4 celte place une barrière contre Maubeuge et Charleroî, I ' appelait très-justement ses lignes le chemin ds Pari», 1 Landrecies tombé, il ne voyait plus de place forte entre (^ ris et son armée. S'il lui arrivait malheur sur celte routaji^V lui resterait toujours, pour rentrer aux Pays-Bas, la pQi||[ I qu'il se serait ouverte. Déjà des détachements ennemis n geaient la Champagne, Reims avait étA insulté, et Tali se répandait dans tout le royaume. Le rûi dit à Villais : r confiance que j'ai en vous est bien marquée, puisque je vi remets les forces et le salut de l'Etat. Je connais vob>e t et la force de mes troupes ; mais enfm la fortune peut H être contraire. Si ce malheur arrivait, je compta aller à 8 ronne ou à Saint-Quentin y ramasser tout ce que î'aurair<4 troupes, faire un dernier effort avec vous et périr euseoiUl ou sauver l'État. ■> Quels qu'aient étA les fautes et l'urgueilde Louis XIV, il sera beaucoup pardonné au prince qui eut celle noble connance en son peuple et ce culte de l'honneur national. Une imprudence d'Eug6nB et l'I^eiireuse audace de Vt>-

déliTrèrent le roi et Ui France d'inquiéiade. Les lignes des Impériaui, longues de douze à quinze lieues, étaient trop étendues et leurs corps trop éloignés les uns des autres, pour être à portée de se soutenir. Villars profite de cette fimte ; il donne le change au prince Eugène par une fausse aitauiiie du côté de LafldSrecies, et marche en toute haie sur Denaîn, où était le comte d^Albemarle. On lui demandait des liMeiiiea pour passer le fossé du camp : < Les corps de nos geat seront nos fkscines, » dii-î|. Le camp est emporté et 17 bataillons détruiU (24 juiUéMTlS). Eugène accourt ; il est npoossé ; tous les postes le â||g de la Scarpe sont succes- AflMBienlofés (10 juiUet); Ifàndrecies est délivré ; Douai, MpvebieniMs Bouchaîn et le Qmuoj sont repris ; les frontièrei ée 1» France, comme iM^ire du roi, sont en sûreté (^ptombre et octobre).

■oMttlMM ■MHrtiiMMf WmgmmvmfWvowdm. — La néeenité do poftor toiilM nos t<mm sur terre pour faire face à l^Eoropo «fait fait négliger ^niaitue. L'Angleterre en profita et prit, sans aflbr^ posseittioa' Jto l^empire des mers, que la Fhinea abandonnait, et que la Hollande ne pouvait plus retenir. La demlàire Mitaillénavale livrée sous Louis XIV Itat eelie de VMMW^ «k Ir oomte de Toulouse, avec k% taisseasx eottM 65; éAt 'ghg^iit'v^ brillante victoire si, au lieu de rentrer à Toulon après dix heures de combat, il eût recommencé Taction contre la flotte anglo-batave, toute désemparée, et k qui les munitions manquaient (août 1704). Depuis, il n^ eut que des rencontres d^escadres, et bientôt même que la guerre de course. Nos colonies, laissées sans défense, furent dévastées ou conquises '.

Cependant, quelques-uns de nos corsaires et de nos capitaines se firent encore un nom glorieux. Tourville, qui avait été avec Duquesne le plus grand homme de mer du règne de Louis XIV, était mort en 1701 *. Jean-Bart, devenu dans la

1. la I70S, eombat de Vigo. GhAteaa-Renaiid ATtit fait entrer dans ce pert la flotta dea Indes : maia las Anclo-HoIlaiidAis aarrinrent, s'emparèraat das forts qui n'étaient point garoea et prirent 30 vaisseaux; Ch&teau- Ranand loi-mème en brûla §7.

s. Anna HUarion de Cotentin, comte de Toarrille, naqnit à Tounrille en ti43. Son père était premier gentiUiomme de la chambre de Louis XIII. A ^OAlorsa ana, il fut reçu chevalier de Malte. U s'embarqua i dix-huit ans sv one frégate de Marseille, qui, à peine sorUe du port, rencontra deux aorsairaa algériena. Ceux-ci sautèrent irabordage, mais furent si rudement reçus quila ae bâtèrent de quitter la partie. Tourville montra dès celte frâflaièra «AUra une rare bravoora. « Que faraia-je de cet Adonis r • avait dit

derniÈre guerre la terreur du commerce de l'AngietOTe et

ae ses alljfs, ne lui avait survécu qu'une anni*e. Si Tourvilla n'eut cas de successeurs, Jeao-Iîart trouva des émules ':d's-

luine, oblige de le recevoir è. usa bord. 11 avait En e

oads, des tralu rini et délicaU, nui eussent fuit msrt

__. L'Adonii avait été blesaé Irais lois dans ce combat,

ilpage. Il fil pendaot ali années Ja chaass ani coraairet

ihljisl. Il fit (Partie de reipêdition da Candi

bauiila d'âgusta (leTS); I PalomB (1677]. U dirigea ear, de Tripuli et de Gèn

parpa

tsouthwoid [16731, fi 30B9 Dnquune lit

imbardeioent d'AU

usque diiDa Lonitree. et lei Français, mattrei de la mer, descsodim iagmoulb, où ili bro16nnt l3 vaiïseaui anelais. La lampaços ds M

tonde I

a lïss, dans U baie <

aventureuse ; le Béarnais Ducasse, gouverneur de Saint-Domingue ; Pointis, qui enleva Garthagène en Amérique et y fit un immense butin; Cassart, qui, tombé un jour avec un seul bâtiment au milieu de 15 navires ennemis, se bat douze heures, coule un vaisseau anglais, en démonte deux, puis s^échappe. « Je donnerais toutes les actions de ma vie, disait un de nos plus braves chefs d^escadre, pour une seule des siennes. *

(Tétait Duguay-Trouin qui parlait ainsi. 11 était fils d'un annateur de Saint-Malo, né en 1673, et fit ses premières annes sur des vaisseaux de sa famille. A dix-huit ans on lui eonfia un navire de Ik canons. Depuis ce jour il marqua chaque année par des courses plus hardies, par des prisés plus nombreuses ; mais le temps de la grande guerre était passé quand Daguay-Trouin fut appelé dans la marine militaire ; son brevet de capitaine est de 1706. Alors il n'y avait plus que des combats individuels à soutenir, des convois à enlever, les cdtes ennemies à désoler. Duguay-Trouin fit cette guerre comme Jeian-Bart Pavait faite dix ans auparavant. Il eût pu remplir un rôle plus important. U en donna la preuve dans son expédition cdntre Rio -Janeiro, où la vigueur de Teiécution répondît à la hardiesse du plan (6 octobre 1711). Cette place, qui semblait imprenable, fut enlevée après 11 jours

tear de Dankerqae. La guerre changea rarmateur en corsaire, et le commerce anglais et hoUanclais eut singolièrement à souffrir, dans la mer du Nord, de ses coorses hardies, qui ont fait de lui le marin le plus populûre de la France . Nul ne connaissait plus que lui les passes, les courants, l'heure des marées, et les plus braves égalaient à peine son courage. Le hrait de ses exploits étant tcdo josqu'à Seignelay, il se hâta d'appeler un tel homme dans la marine militaire. En 1689, Jean-Bart et Forbin fu rent faits prisonniers, après un combat inégal contre deux vaisseaux angl^; mais ils s'échappèrent de prison, franchirent la Manche sur une barque et recommencèrent aussitôt leurs courses. En 1691. Louis XIV voulut voir à Versailles le brave capitaine dont tout le monde parlait, et lui annoncer lui-même qu'il le faisait chef d'escadre. • Sire, vous aves bien fait, t répondit le marin. Les courtisans rirent aux éclats de cette naïveté. Les ennemis n'en rirent pas. On armait pour Jean-Bart 7 f^gates dans Donkergue. 40 vaisseanx vinrent bloquer le port : Jean-Bart traversa la liisoe deolocus, et courant toute la mer du Nord, enleva les convois, prit les navires qui leur servaient d'escorte et fit une descente snr les côtes d'Écotse. Dans cette campagne, il brûla plui de 80 navires ennemis et entra à Dnnicerqne avec t 500 000 francs de prises. En 1692, il dispersa la flotte hollandaise de la Baltique, et l'année suivante aida Tonrville i la jonmée de Lagos. En 1694, on manquait de blé, il fit entrer un convoi de

cinquante

France. Les Anglais se soavenaient de lui quand ils demandèrent la destruction de Dnnkerqne.

d^attaque. 60 navires marchands, 3 vaisseaux de gaem, 2 frégates et une immense quantité de marchandises fureot pris ou brûlés. La ville souffrit un dommage de plus de 23 millions.

Malheureusement les exploits de ces braves marins n*eurent aucune influence sur la guerre.

Snccèi de Tillan s» le Bhln (1911 )| tnltés. d'Utrecht, de Bastadt et de Bâla (1918-1914). — La victoire de Denain hâta la conclusion de la paix. Il yeultroii traités : celui d'Utrecht (11 avril 1713), entre la France, TEipagne , TAngleterre , la Hollande, la Savoie et le Portogil; celui de Rastadt (7 mars 1714), entre la Fiance et FEoqpereur; celui de Bade (7 juin 1714), entre la France et TEmpin, Le traité de Rastadt fut retardé d^une année par TobstinatîoD de Tempereur Charles VI, qui continua la guerre malgré IV bandon de ses alliés. Villars, envoyé âtir le Rhin, où U ie trouva en face d'Eugène, déconcerta encore les Impéikoi par rimpétuosité de ses attaques. Il reprit Landau, escalada avec ses grenadiers, que son courage électrisait, la montagne de Roskhof, dont les lignes formidables couvraient Fribooif , et emporta cette ville. Ces succès obligèrent rEmpereur k donner enfin aux peuples le repos que, depuis longtemps, ili ne connaissaient plus.

Par ces traités, Louis XIV conservait les premières acquisitions de son règne : TAlsace, TArtois, le Rou88i]lon,qae]t France devait à Richelieu et à Mazarin ; la Flandre, où UHe lui était rendue, la Franche-Comté, Strasbourg, SarrelouM, Landau, et aux colonies, les Antilles , Cayenne, Bourbon et le Sénégal ; il acquérait la vallée de Barcelonnette, mais il abandonnait au duc de Savoie Exiles, Fénestrelles et GhAtean- Dauphin; à l'Angleterre Terre-Neuve, c'est-à-dire la grande pêche, la baie d'Hudson , ou le grand commerce de pelletories, TAcadie qui, avec ses ports abordables en toute' saison, est Pavant-poste du Canada, où nous allions être bloq[ués : Â faisait démolir et combler le port de Dunkerque; il reconnaissait rélecteur protestant de Hanovre, Georges 1% comme héritier présomptif de la reine Anne; il s'engageait à renvoyer de France le prétendant Jacques III, à ouvrir les prisons à ceux de ses sujets qui y étaient retenus pour cause de religion , et à ne se faire donner par TËspagne aucun privilège commercial exclusif, tandis qu'il accordait lui-même à l'Angleterre pour son négoce des avantages considérables, et

DU RÈGNE DE LOUIS XIV (16V9-l7l5). 285

lui cédait le monopole de la traite des nègres sur la côte d'Afrique pour approvisionner d'esclaves les colonies espagnoles : commerce immense et très-lucratif, un noir étant vendu à la Havane trois ou quatre fois son prix d'achat.

Philippe V gardait PEspagne et ses immenses colonies; mais il renonçait , pour lui et ses enfants, à la couronne de France : il cédait aux Anglais Gibraltar, forteresse imprenable, et Minorque, qui a un des meilleurs ports de la Méditerranée (Port-Mahon); au duc de Savoie, la Sicile; à FEmporeur, les Pays-Bas, le Milanais, le royaume de Naples et la Sardaigne.

Le duc de Bavière, allié malheureux de Louis XIV, était létabii dans ses États. L'électorat de Brandebourg, érigé depals 1700 en royaume de Prusse , était agrandi de la Gueldre. Le titre de roi était aussi reconnu au chef do la maison de Savoie, qui le convoitait depuis un siècle. Enfin, la Hollande obtenait le droit de mettre garnison dans les plus importantes places des Pays-Bas autrichiens , pour s^en servir comme d'une barrière contre la France, et jusqu'en 1787, elle se fit donner annuellement 1 250 000 florins par les Flamands, pour être les maîtres chez eux.

Ces conditions étaient honorables, si Ton se rappelle les propositions humiliantes des triumvirs à la Haye, et surtout leurs espérances. La France, on peut le dire , s'était sauvée elle-même par sa persévérance, sa forte unité, Ténergie de son roi, et c'était elle qui avait remporté la dernière victoire : elle sortait de cette terrible épreuve, affaiblie , mais non humiliée, et avec les honneurs de la guerre.

Deux puissances avaient surtout gagné à cette guerre : l'Autriche, de magnifiques domaines en Italie et aux Pays- Bas; l'Angleterre, Tempire des mers, qu'elle avait saisi. En outre, Tune avait recouvré la Hongrie, qui lui était plus nécessaire que ritalie; l'autre restait à Port-Mahon, d'où elle pouvait tenir Toulon en échec, et à Gibraltar, d'où elle menaçait TEspagne et gardait l'entrée de la Méditerranée. Mais les Espagnols, en quittant les Pays-Bas , cessaient aussi d'avoir contre nous une cause permanente de guerre, et, après avoir été durant deux siècles nos ennemis, pouvaient maintenant devenir à jamais nos alliés.

;iîoaibreas«s morts dans la famille royale (191 2- 19 1#). — Les dernières années du règne de Louis XIV furent aussi tristes que les premières avaient élé brillantes.

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