I. Tiif l.i(ui>« du CofiJMfal (I de PBminret t VU, p
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placées dans son alliance lui donnaient le reste. léna lui assurait les côtes de la mer du Nord et une portion de celles de la Baltique; en avançant d'un pas encore il fermait le continent tout entier au commerce anglais et faisait périr de pléthore, au milieu des denrées du monde amoncelées dans leurs porls, ces insulaires quUl ne pouvait atteindre. Ce pas, Napoléon se décida à le faire : il se résolut à marcher de rOder sur la Vistule, pour occuper les embouchures de tous les grands fleuves européens. Et comme PAngleterre avait, par une monstrueuse extension du droit de la guerre, dénoncé le blocus de toutes les côtes de Brest à Hambourg, ce qui en interdisait rapproche aux bâtiments des puissajices neutres, Napoléon promulgua, le 21 novembre 1806, le fameux décret de Berlin, qui déclara les lies Britanniques ellesmêmes en état de blocus. En conséquence, tout commerce avec ces lies était formellement interdit; les marchandises anglaises, en quelque endroit qu^elles fussent trouvées, étaient confisquées ; tout Anglais arrêté sur le continent devenait prisonnier de guerre; toute lettre venant d^Angleterre, ou y allant était détruite. Ainsi la tyrannie de PAngleterre sur rOcéan conduisait l'Empereur à établir la même tyrannie sur le continent. Dans cette lutte de géants , les intérêts des petits disparaissaient , et le droit des gens était des deux côtés foulé aux pieds.
Mais, pour que ce système réussît, pour qu^il atteignit TAngleterre au cœur et l'obligeât à demander merci, il était nécessaire que pas une porte du continent ne restât ouverte. Après avoir fermé celles de la Prusse, il fallait donc fermer celles de la Russie, c'est-à-dire se rendre à peu près le mattre partout. Le blocus continental était une gigantesque machine de guerre qui devait sûrement frapper à mort un des deux adversaires : c'est Napoléon qu'elle a tué.
Eylan (8 fév. ISOÎ).— Pans un de ces magnifiques dialogues que Napoléon avait avec ses soldats, et qu'on appelait les Bulletins de la grande armée, il leur dit: a Soldats, une des premières puissances de l'Europe, qui osa naguère nous pro poser une honteuse capitulation, est anéantie. I-es forêts et les défilés de la Franconio, la Saale, l'Elbe, que nos pères n'eussent pas traversés en sept ans, nous les avons traversés en quelques jours, nous avons précédé à Berlin 'a renommée de nos victoires. Les Russes se vantent de -*nir à nous, nous leur épargnerons la moitié du chemin.
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Rux et nous, ne sommes-nous pas les soldats d^Austerlitz! »
Le 28 novembre, Murât entrait dans VarsoTie : Napoléon y arriva le 15 décembre , attendant un soulèvement général de la Pologne pour proclamer le rétablissement de ce royaume^ si imprudemment détruit en 1773. Les Polonais, de leur côté, attendaient pour se lever qu^il s'engageât à fond avec eux. Mais rEmpereur bésitait; si loin du Rhin , sa base d'opéra^ tion, il craignait que T Autriche ne se jetftt dans son flanc. Cette grande question resta donc en suspens, et Napoléon ne compta que sur lui-même. Déjà 120 000 Russes étaient sur la Narew, affluent oriental de la Vistule. Pour les couper de la mer par où arrivaient les secours anglais, et des Prussiens qui gardaient Dantzig et Kœnigsberg, Napoléon livra aux Russes, vers la fin de décembre, à Czamovo , à Golymin , à Soldau, à Pultusk, une suite de combats qui , surtout le dernier, très-chaude aflledre, leur coûtèrent SO 000 hommes et 80 pièces de canon. Mais sur ce sol argileux , coupé de bois et de marais , qu'un dégel inattendu avait changé en une boue liquide , les mouvements étaient difficiles et lents; Napoléon ne put poursuivre ses avantages. Il fallut s'arrêter et prendre des quartiers dliiver qui furent admirablement disposés en avant de la Vistule, entre le Bug, la Narew, TOrezyc et rUkra, comme en un immense camp retranché.
En se plaçant si loin de Dantzig dont il voulait faire le siège durant Thiver, Napoléon sMtait proposé d'ofiHr aux Russes la tentation de passer la Vistule au-dessous de ses cantonnements , afin de trouver lui-même une occasion de les attirer à sa portée et de les jeter à la mor. Le généralissime russe Benningsen conçut en effet cette pensée et crut nous surprendre en plein hiver. 11 se porta avee toutes ses forces sur la gauche de nos cantonnements. Nais Ney était là. Averti fiar ses coureurs qu'il envoyait fort loin , jusqa^en vue de Kœnigsberg, le maréchal donna Téveil à tous les corps. BernacJotte arrêta Benningsen à Mohrungen; TEmpereur manœuvrait déjà pour le couper, lorsque les dépêches qui contenaient les ordres de marche , et qui furent enlevées, révélèrent à temps à Benningsen le péril dont il était menacé. Il put se retirer. Mais Napoléon le poursuivit à outrance, battit quelques-uns de ses corps à Wallersdorf, à Hoff, à Heilsberg, et Tobligea de s'arrêter à Eylau pour y recevoir une grande balai Mo.
Les Russes y avaient 72 000 tiommes, TEmpereur n^avait pu en réunir sous sa main que 54 000 , harassés de fatigue et tourmentés par la faim. G^était un jour d'hiver, le 8 février; une neige épaisse couvrait le sol , des rafales de vent et des tourbillons de neige venaient fouetter le visage de nos soldats. La journée commença par une épouvantable canonnade. Du côté des Français 200 bouches à feu, du côté des Russes plus de 300 , vomirent longtemps sur les deux armées la mitraille et la mort. Napoléon attendait au pied d'un arbre, dans le cimetière d'Eylau , sous une pluie de fer qui passait au-dessus de sa tète, que Davout, qu'il avait appelé à lui , tombât dans le flanc gauche des Russes. Quand il entendit son canon, du côté de Sarpellen , il lança le corps d'Augereau sur le centre ennemi. Mais les Russes démasquent une batterie de 73 pièces qui en quelques instants jettent à terre 4k000 Français. Ce corps est ramené sur Ëylau, Tennemi le suit; il touche presque au cimetière, clef de la position française, et où Napoléon n'a que 6 bataillons de sa garde. Sur un ordre. Murât accourt, c Nous laisseras-tu dévorer par ces gens-là I » lui dit l'Empereur. Murât réunit 80 escadrons , part au galop, perce la première ligne ennemie, la sabre et se jette sur la seconde; celle-ci, appuyée à un bois, démasque encore une batterie formidable et tire sur tout ce qui est devant elle, amis et ennemis. Un biscaïen frappe mortellement le général d'Hautpoul ; quelque désordre se met dans ses cuirassiers» A cette vue, le général Lepic charge à la tête des grenadiers de la garde , et , courant la plaine dans tous les sens , achève la destruction de la première ligne russe qui se reformait. Une portion de cette ligne, 4000 grenadiers s'avancent encore une fois jusqu'au cimetière, un bataillon de la garde en sort sans brûler une amorce, les aborde à la baïonnette et les couche sur le terrain. Cependant l'attaque de Davout faisait des progrès ; Ney approchait sur l'aile opposée avec son corps d'armée : Benningsen, réduit à 40 000 hommes, se décida à laretraite. 11 avait perdu 30 000 hommes tués , grièvement blessés, ou pris , 24 canons, 16 drapeaux ; nous avions de notre côté 3000 morts et 7000 blessés.
Cette affreuse boucherie n'était pas une victoire comme Napoléon avait l'habitude de les gagner ; on l'estima presque une défaite; et Benningsen, tout en fuyant, se vantait de nous avoir battus. La solidité de l'infanterie russe, la disproportion du nom])re , le dérangement causé aux plans de Na.
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poléon par la soudaine agression des Russes expliquent le peu de résultats de cette sanglante affaire.
Friedlaad (14 JoIm 180V]. ~~ La grande armée, un instant troublée dans son repos, y rentra après avoir donné cette leçon à Tennemi, mais rapprocha ses nouveaux cantonnements de Dantzig pour couvrir le siège de cette forte place, que le général du génie Ghasseloup , sous les ordres du maréchal Lefebvre, réduisit à capituler le 26 mai. Plus en arrière encore , Vandamme et Jérôme Bonaparte achevaient la conquête de la Silésie.
La campagne d'été fut courte et décisive. L'armée sortit le l"* juin de ses cantonnements pour camper en divisions. Le 5, le généralissime russe croyant encore surprendre et enlever le corps de Ney à notre extrême droite, Tattaqua. Mais tout était prévu ; une fière retraite de ce lieutenant de Napoléon et la rapide concentration de toute Tannée déjouèrent les plans de Tennemi. Contraint à son tour de reculer, il se vit poussé, répée dans les reins, le long de l'Aile, battu à Heilsberg et prévenu à Friedland sur la route de Kœnigsberg, grande cité qu'il voulait couvrir. Lannes, avec 26000 hommes seulement, contre 82 000, lui barra le passage et le contint de trois heures du matin jusqu'à midi, en défendant avec acharnement le bois de Sortlack , le plateau de Posthenen et le village de Heinrichsdorf par où la route passait. Enfln rEmpereur arriva avec le reste de l'armée. C'était l'anniversaire de Marengo ; le visage de Napoléon était rayonnant d'espérance et de génie , car il trouvait les Russes dans une situation que ses manœuvres avaient amenée, et où il pouvait leur infliger un épouvantable désastre. L'Aile coupait en deux leur armée; ils y avaient jeté quatre ponts et occupaient» en avant de cette rivière, la petite ville de Friedland qui les couvrait. L'Empereur, simulant uncombat sur toute la ligne, mais ne le rendant sérieux qu'à la droite, lance Ney sur Friedland : c Cet homme est un lion, » s'écrie-t-il en voyant rintrépide soldat marcher sous une pluie de mitraille, enlever la ville, couper ou brûler les ponts. Alors le centre et la gauche s'engagent, refoulent les Russes sur l'Aile et les y précipitent; il était dix heures et demie du soir , et Lannes avait commencé le feu à trois heures du matin ; 80 bouches à feu restaient entre nos mains, 25000 Russes étaient tués, blessés ou noyés ; le reste fuyait dans le plus grand désordre. Kœnigsberg, la dernière ville du roi de Prusse^ se ren-
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dit; on y trouva d'immenses approTision&eiDBnts, lOOOOOfti.
sils envoyés par l'Angleterre , qui donnait bien des armes et dd l'argent, inuiâ n'osait pa^ encore mettre à terre un snul de 363 rigiments.
PaU a* TlUiU [S Juillet 1809). — Cependant oetlfl politique astucieuse commençait à tourner coDtra cem qui la pratiquaient avec tant de profit et si peu de péril. Tandis qtia l'Autriche, la Prusse et la Russie, soudojées par l'Anglelarre, perdaient leurs provinces , leurs armées, leur honneur, «Us écumait les mers, elle enlevait les colonies de la Hollande st de l'Eapagne : les mistres du continent faisaient sa fortune, • Jo hais les Anglais autant que vous, » fui une des premières paroles d'Alexandre k l'entrevue de Tilsitt, sur la l'adosu du Nièman. cEn ce cas, répondit Napoléon, la paix est failii.i Après de longues et intimes coDféreDces entre les deux sou> verains, le traité de Tilsitt fui signé le 8 juillet 1807, L'Empereur rendit au roi ds Prusse laPoméranie, le Brandebourg, la vieille Prusse et la Silésie , moins Dantzig , qui fut déclarâe ville libre; moins la grande forteresse de Magdehourg, sur l'Elhe , qui resta entre ses mains. De ta Hesse-Caesd et des possessions prussiennes à l'ouest de l'Elbe, il composa, pour son frère JérAme, le royaume de Westphalie; dea provinces polonaises de la Prusse il forma le grand-dncliA de Varsovie, qu'il donna au roi de Saie. Les deux nouveaux États entraient dans la Confédération du Rhin.
Ce n'était là que des demi-mesures. La Prusse, réduite de moitié, & 5 millions d'âmes, était ou trop affaiblie ou pas assez. £lle ne pouvait plus être une alliée utile pour la France. Elle restait au fond une ennemie implacable. La Pologne n'était pas reconstituée. La Saxe, réunie au grand^uché de Varsovie, ne formait pas un État viable , car cet État, la Silésie le coupait en deux, et le grand-duché de Varsovie ne comprenait que daua millions d'âmes. Lenouveau roj^mie de Westphalie était une conception meilleure, parce qu'il devenait, dans le nord de l'Allemagne, le pendant du rojaume de Bavière dans le sud ; mais ses provinces pauvres, sa population clair-semée, lui donnaient peu d'importance. On ne s'appuie pas sur des débris, et du Rhin au Niémen Napoléon ne semait que des débris d'Etats. Le politique n'était pas au niveau du général.
C'est que l'Allemagne n'était plus maintenant qu'un point secondaire dans ses combinaisons gigantesques et que li-
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Tresse du succès commençait à éblouir ce ferme esprit. L'Autriche, la Prusse , lui avaient refusé leur alliance, et il les avait brisées; il essaya de gagner celle de la Russie, en oCnrant à Alexandre de partager le monde avec lui. Il lui abondonna la Finlande, ce qui était une faute, parce qu^ainsî il affaiblissait la Suède, alors notre ennemie, mais pendant des siècles notre alliée et la gardienne de la Baltique contre les Moscovites; il lui fit espérer l'abandon des provinces turques du Danube, ce qui en était une autre, car ces provinces conduisaient à Constantinople, la légitime ambition des Russes ; à Ck)nstantinople , où Napoléon était fermement décidé à ne les jamais laisser entrer, et dont il ne fallait point, par conséquent, leur ouvrir la route. En retour de ces sacrifices, il obtenait les bouches de Gattaro et les lies Ioniennes ; il recevait la promesse d'une rigoureuse application du blocus continental de la part de la Prusse et de la Russie; enfin, il faisait accepter d'avance tous les changements qu'il lui conviendrait de faire dans l'Occident.
Avogé^ 4e la g^rmadear de IVapol^n f le Code elvll, l'UBlverelié.— Cette année 1807 fut l'époque la plus brillante de l'Empire. Jamais tant de gloire n'avait été répandue par un homme sur un peuple. La France avait un nouveau Charlcmagne, plus grand que l'ancien, et devant lui le continent s'inclinait en silence. La mer lui manquait, mais il avait la terre; et tandis que son épée y gagnait des batailles, sa main y jetait des institutions durables.
J'ai parlé du concordat, essai de paix religieuse, de la Légion d'honneur, vaste système de récompenses nationales : Napoléon avait fait de plus grandes choses encore : il avait publié le Code civit.
A son retour de Marengo, le Premier Consul avait chargé une coniiiiissiondo quatre jurisconsultes, Tronchet, Portails, IVifroi de Préameneu et Maleville, de rédiger un projet de Code civil dont les assemblées précédentes avaient préparé les matériaux. Ce grand travail fut achevé en quatre mois. Bonaparte en ordonna l'envoi à toutes les cours judiciaires et nombre d'observations précieuses furent recueillies. La section de législation du conseil d'Etat les examina, puis arrêta les projets de loi qui furent communiqués au Tribunat et revinrent au conseil amendés, épurés, mais devant l'être ctiroro. Alors, en effet, commencèrent, sous la présidence (lu Premier Consul, ces discussions admirables auxquelles il
prit une part glorieuse. Il anima tout de son ardeur ; il étonna ces vieux jurisconsultes par la profondeur de ses vues, surtout par cet exquis bon sens qui, pour faire une bonne loi, vaut mieux que toute la science des légistes. Ainsi fut élaborée cette charte de la famille et de la propriété que le Corps législatif adopta dans sa session de 1804, et qui reçut trois ans plus tard le nom qu'elle mérite de Code Napoléon*.
Avant Napoléon, l'anarchie était dans Téducation comme dans le reste. Il voulut y mettre l'ordre, et, pensant avec raison que TEtat a le droit de veiller sur réducation donnée aux jeunes générations, pour qu'elle ne soit pas dirigée contre lui, il créa 29 lycées où l'instruction serait à la fois littéraire, scientifique et morale. 6400 bourses gratuites, représentant une dépense annuelle de 5 à 6 millions, devaient assurer à ces maisons une population scolaire que la confiance des familles ne manquerait pas d'accroître. Les pensionnats privés furent en outre contraints d'envoyer leurs élèves aux cours de ces lycées. Ainsi l'État reprenait la direction de renseignement secondaire. Pour l'enseignement primaire, par malheur, on fit peu; on n'établit d'instituteurs que dans lescommunes qui purent ou voulurent les payer. Quant à renseignement supérieur et spécial. Napoléon créa dix écoles de droit et six de médecine. L'École polytechnique existait déjà; le Premier Consul y ajouta l'École des ponts et chaussées, pour former des ingénieurs, et celle de Fontainebleau, pour former des officiers.
C'était en 1802 que Bonaparte organisait ainsi Pinstruction publique. « Ce n'est là qu'un commencement, disait-il; plus tard nous ferons mieux. y> Plus tard, en effet, il institua un grand corps laïque dont la vie studieuse , régulière et modeste ofi'rirait, pour une bonne éducation, les avantages des corporations religieuses, et qui, n'étant pas comme cellesci séparé du siècle, élèverait les enfants en vue de la société où ils devaient entrer un jour (décret du 17 mars 1804]. Ce corps, où l'on n'était reçu qu'après des épreuves répétées, d'où l'on ne sortait que par un jugement de ses pairs, c'est l'Université, qui, comme toutes les grandes insti-
1. Ce Code fut successivement complété : en 1806, l'adoption da Code de procédure civile; en 1807, du Code de commerce; en 1810, du Code de procédure criminelle et du Code pénal, qui, revenant sur la législation pénale de 17m. rétablit la marque, la mutilation, la confiscation générale, le carcan et multiplia la peine de mort.
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tutions, a eu ses détracteurs ; qu*on a pu modifier, mais qu'on n'a pu abattre, parce qu^avec ses membres, fonctionnaires publics et pères de famille , elle est à la fois TÉtat et la société enseignant.
c La société, répétait souvent Napoléon, est en poussière;» et il jetait au milieu du désordre des éléments, ces grandes institutions comme des blocs de granit, qui devaient servir de bases assurées à la société nouvelle.
Travawx publies. — En même temps une gestion sévère et habile des deniers publics ' lui permettait d*entreprendre d'immenses travaux sur tous les points du territoire. Le canal de rOurcq donna de Peau à beaucoup de quartiers de Paris qui n'en avaient pas. Le canal de Nanties à Brest assura, malgré les croisières anglaises, Papprovisionnement de notre grand port militaire ; celui du Rhin au Rhône créa une très-importante ligne de navigation intérieure. A Cherbourg, il jetait une montagne dans la mer pour avoir un port immense et sûr dans cette Manche où nos vaisseaux ne trouvaient pas un point de refuge '. A Anvers, il constroisait des quais, un arsenal, des bassins qui pouvaient contenir toute une grande flotte de guerre. Il sillonnait la Vendéo de routes qui ouvraient au commerce, aux idées, ce pays jadis impénétrable, et dont, en quelques années, Tesprit fut comme transformé. Les belles routes du Simplon, du mont Genis, du mont Genèvre, de Tarare, de Metz à Mayence étaient achevées. 'Des monuments glorieux ou utiles décoraient les grandes cités : à Paris, la Madeleine, Parc de PÉtoile, le plus colossal qui existe au monde, le gracieux arc de triomphe du CarrouMl, la colonne de la place Vendôme que les eommunartU de 1871 ont eu l'infamie d'abattre; à Lyon, la place Bellecour; à Bordeaux, le plus beau pont de France; à Milan, Pare deb Pdx,
1. Les dépense! de itM forent de 77f mtnioni ; eelles de 1107 de 7lt; et, sans emprant, il y tTait éqoilibre entre lee reeettee et lee dépeniei . Mais il avait fallu rétablir llmpôt lar le tel et les droite réanfe oo contributions indirectes. l\ fant aassi te tooTonir qae Mt millioot en 1106 eont bien près d equiraloir à 12 on iS centt millions d*anjonrdlioi.
3. La digue de Cherboorg, commencée en ITiS, ne fat terminée qu'en 18S3 ; au !•' janTier 18S4, elle a passé à TéUt d'entretien. tUblie à 4000 mètres de rentrée do port de commerce, eUe est longue de 4700 mètres (le breakwatêr de Plymouth n'en a ooe IMO), et présente on relief de pins de 10 mètres au-dessus do fond de la mer. Une mnraille en maçonnerie de 30",50 de hauteur au-dessos do niTsao dee basses mers la reooQTre. Toute la construcUon a coûté 67 tOOOOO francs {MonitmÊt da tl décembre i8'.3). La nouTelle artillerie à longue portées, malheoreosemenl, diminne beaucoup sa râleur comme protection pour le port militaire.
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etc. 11 achevait le Panthéon ou Saii)l«-6enevifeve, le palaï» du Corps législatif, le Louvre, qu'il voulait réunir aux Tuile, ries par ta nord, comme Louia XIV l'avait réuni par le midi;
il r''-[.arait Saiiit-Pepis, proj^laît la Bourse, construisait la»
'H de Irlcmpht
abattoirs, le grenier d'abondance, afin que Paris eût toujours un approvisionnement de farine pour quarante-deux jours, etci liidniitrle et commerce, — L'industrie recevait les plus énergiques encouragements; il promettait de magnifiques récompenses aux inventeurs qui doteraient le trnvnil national
d'un secret enlevd à l'industrie étrang6rfl. 0 usuraît un niS- IJon à celui qui trouverait une machine à filer te lin. Il en proDietlait un autre au savant qui remplacerait te sucre, de canne par le sucre de betterave ; il pensionnait Jacquart, d'inventeur du métier à tisser la soie qui porte son nom; il décorait de sa main Richard Lenoîr pour ses méUers à filer et à tisser le coton, Oberkampr pour ses toiles peintes ; enfin il créait une école d'arts et métiers à Compiègne. 11 n'y avût eu que 310 exposants à l'exposition de 1798. 11 y en eut U3S a. celle de 1S06, et l'on eilt pu répéter alors avec plus de vérité les paroles du ministre à l'ouverture de l'expositioi^
Arc d« Iriompba da CutudmI.
1798 : < C'est une première campagne contre l'Angleterre,
Nos manufactures sont les arsenaux d'où doivent sortir les armes les plus funestes k la puissance britannique. ■
Le commerce par mer était nui, mais le eommercs par terre était immense. Nos soieries sans rivales, nos draps qui ne redoutaient nulle concurrence depuis que les laines d'Espagne nous arrivaient, au lieu de passer en Angleterre, nos fers qui se perfectionnaient, nos toiles, nos linons, et jusqu'à quelques cotonnades, trouvaient des débouchés sur tout le continent. Napoléon promulgua en 1808 le Code de commerce. Il y attachait tant d'importance qu'au retour de Til-
ailt, le lendemain de sod arrivée, le 38 juillet 1807, H ëtsjf ' venu prendre part à la discussion du Titre d« faillites.
lettre» et ar<B. — La gloire des lettres ne manquait pas- 1 k ce grand règne; mais les principaui: écrivains ëtaienl d l'opposition : Chateaubriand, Mme de Slaël, Cabanis, Ma do Eiran, Chénier, Ducis, Bernardin da Saint-Pierre, i Maistre, de Bonald, Dostutt de Tracy, rnSme Delîsle, i
réagir contre cette peinture académique et froide^ en unissant le culte de la nature à celui des règles. Les Pestiférés de Jaffa parurent à l'exposition de 1806. Guéria, Gérard, Girodet, Prudhon étaient, après Dayid et Gros, les peintres les ])lus célèbres de ce temps; Greuze était mort en 1805. Les sciences, avec Laplace, Lagrange, Monge, Haûy, Fourcroy, BerthoUet, Georges Guvier, Bichat, Cabanis, Geoffroy Saint- Hilaire, Gay-Lussac,Al. Brongniart, Thénard, etc., prenaient le merveilleux essort qui leur a fait accomplir, depuis 80 ans, tant de prodiges*. Cette époque est leur siècle de Louis XIV, mais Napoléon, qui garda sur le trône son titre de membre de Plnstitut, traitait mieux les savants que le grand roi ne traitait les poëtes. Il fut vraiment Tami de quelques-uns. Apprenant un jour que BerthoUet était embarrassé dans ses affaires : c J^ai toujours, dit-il, cent mille francs au service de mes amis. >
1. Voici le titre et la date des principanx onTragft» des éeriTalni : du-
Clivaient plus guère pour le public; de Maistpe, Contidéraiionë mut la France^ 1799; le Pape^ 1809; de Bonùd, Législation primitiftêf 1802;I>esttilt de Tracy, Idéologie ^ 1801 ; Cabanis, Rapporte du physique si du moroL 1802 ; Maine de Biran, Mémoires sur Vinjluence de Pha/bitude^ 1803; IWcomposition de la penséet 1805.
Pour les sciences : Laplace publie en 1796 son Basposition dss iyttème du tnondey et sa Mécanique céleste, de 1795 à 1825 ; Lagrangc, JfÂoniMM
Delambre, Base du système métrique^ 1810 ; Traité d^astrommiôf 1814 ; Fourcroy, Philosophie chimique, 1793 et 1806; Système des connaùeancêt chimiques, 1801; BerthoUet, Statique ehimique, 180i ; Gay-LasMO, Recherches physico-chimiques, 1811; Cuv'ier, Anatomie comparée^ 1800 dt, avec Brongniart, Géographie mineralogique des envtrone de Parie^ 1813; Carnot, Géométrie de positiort, 1803.
Les principales toiles de David sont les Horaces, VEnlèwment dês 5aMnés, le Serment du Jeu de Paume, la Mort de Moral, la Mort de Socrate, te Couronnement de V Empereur; Gros a donné : les Batailles éTAboukir êi d'Eylau, François !•' et Charles-Quint à Saint-Denis, et, sont la ResUa-
Paris, Corinne au cap Misène ; Girodet : Endymion, Hippocrale refiuani les présents d'Artaxercès, une Scène du Déluge, les funérailles d'AUUa. la Bérolte du Caire ; Pradhon : le Crime poursuivi par la Justice et la rcn-
geauce céleste.
l'empire de 1807 A 1812. 611