ET LES CENT'JOURS (1814-1815J
compte sur le peuple, parce que je suis Phomme du peuple.» Il avouait franchement qu'il s'était trompé en Youlant donner à la France l'empire du monde, ne parlait que de paix et de liberté, promettait une constitution et des garanties. Près de Grenoble il rencontra les premières troupes envoyées contre lui. Il s'avança seul et dit : c Y a-t-il quelqu'un d'entre vous qui veuille tuer son Empereur ? > Les armes tombèrent des mains des soldats, qui répondirent par un immense cri de Vive l Empereur ! Labédoyère lui amena le 7* de ligne ; chaque soldat avait repris sa cocarde tricolore, religieusement gardée depuis dix mois au fond des sacs. Dès lors la route ne fut qu'un triomphe : à Grenoble, les habitants enfoncèrent eux-mêmes les portes de leur Tille pour le laisser entrer; à Lyon, où il arriva le 10, accueil aussi enthousiaste.il n'y resta que jusqu'au 13 et y reprit Texercice du pouvoir souverain; Ney, parti de Paris tout dévoué au roi, vit ses réçiinents cédera Tentralnement universel et vint lui-même rejoindre à Auxerre son ancien chef. Le 20 mars. Napoléon rentrait aux Tuileries, que Louis XYIII avait quittées la veille. Pas un coup de fusil n*était parti pour défendroiiles [Courbons, pas une goutte de sang n^avaitété versée pour le rétablissement de l'Empire; c*est que cette révolution inouïe ne sortait pas d'un complot, mais d'une conspiration universelle.
I^es Ceiit-^o«ra (SO mars-SS Jaim). — Les événements accomplis depuis une année avaient appris à Napoléon qu'il avait laissé en dehors de son gouvernement une des forces viv4>3 de la France, l'esprit de liberté. Cette force, il voulut l.'i ress:iisir, et, pour donner un gige aux libéraux, il confia l(; ministère de l'intérieur à Garnot, républicain intègre. En nn ine leinps, il supprimait les titres de noblesse féodale, brisait les entraves de la presse, rendait la nomination des maires à rôleclion ; il disait à Benjamin Constant : t Je ne suis pas seulement, comme on Ta dit, l'Empereur des soldats, je suis celui des paysans, des plébéiens, de la France. Aii^si, malgré tout le passé, vous voyez le peuple revenir à moi. il y a sympathie entre nous, parce que je suis sorti de s*>s rangs; ce n'est pas comme avec les privilégiés.... Mais j<; iK' veux pas être le roi d'une jacquerie. S'il y a des moyens lif pouverner avec une constitution, à la bonne heure 1... \'*)\r/. donc ce qui vous semble possible; apportez-moi vos idc'.s. [)cs discussions publiques, des élections libres, des
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ministres responsables, la liberté de la presse, je reux tout cela ... Je no hais point la liberté. Je l'ai écartée lorsqu'elle obstruait ma roule ; mais j'ai été nourri dans ses pensées; je vieillis; on n'est plus à quarante-cinq ans ce qu'on était à trente, le repos d'un roi constitutionnel peut me conveiiir. Il conviendra plus sûrement encore h mon fils '. ■
L'Acte additionnel aux constitutions de l'Empire, qui renferme les principales dispositions de lu Charte ; deu ■Cbam-
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bres, l'une héréditaire, l'autre élective, la liberté de la presse, etc., fut promulgué dans l'assemblée solennelle du Champ de Mai (26] mai. Soumis à la sanction du peuple, il avait réuni 1 500000 oui contre 4206 non.
Cependant on allait avoir l'Europe entière h combattre, et,
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