‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 7 sur 73 · La réforme et la Liaue en Ar^ou, par Mourin · texte numérisé non relu

La réforme et la Liaue en Ar^ou, par Mourin

S. ▲ cette ii^te, il faudrait joindre le Yicomte d'Orte, à Bayonne. Mais la lettre ûmeate qu'on lui attribue ne se trouve que dans d'Aubigné, tt parait, en raiaon du earactère et des actes du personnage, peu pro* biUe.

point de là perfidie que vous avez supportée?— Cela, répondit l'autre, ne dérogerait-il pas à ce que je vous dois?— Non, je veux tous braves, amis et ennemis. » Et il s'en alla laifiiisant présent du cheval sur lequel il l'avait amené. Ces. traits reposent et consolent du spectacle des lâches trahisons de ta cour.

On peut compter THôpital comme une des victimes de cet effroyable coup du fanatisme. Une des bandes d'assassine da duc d'Anjou était arrivée près d'Ëtampes , à Vignay, où le chancelier vivait retiré avec sa famille. On le conjurait de se cacher, il refusa, c Non, non, dit-il, et si la petite porte s'est bastante (suffisante) pour les faire entrer, ouvrez la grande.! Les assassins allaient pénétrer dans le château, quand autres cavaliers accoururent et les arrêtèrent. Leur chef dit ta vieillard que csa mort n'était point conjurée, mais pardOBnée. — J'ignorais , reprit-il , que j'eusse mérité nî morf ni pardon I > La douleur et la honte l'emportèrent six moitf après; il mourut en répétant : c Périsse à jamais le souvenir de tie jour exécrable! »

Quatrième g^aerre civile ; paix de la Bocfeelle (iSfS). — Ce grand crime fut inutile, comme les crimes le sont toajours. Les protestants avaient perdu leurs chefs ; le premier moment de stupeur passé , ils reprirent les arômes dans plttsieurs villes avec une rage désespérée. L'armée royale s'en aperçut aux sièges de. Sancerre et de la Rochelle.

Les paysans réfugiés dans la première de ces villes n^ayant rien pour combattre, avaient fabriqué des frondes, et s^*en servirent avec tant d'adresse et de vigueur qu'ils remirent un moment en honneur ces vieilles armes, qu'on appela alors les arquebuses de Sancerre. Le duc d'Anjou commandait devant la Rochelle et ne sut pas la prendre , quoiqu'il fût accompagné de son frère , de tous les princes, de la plupart des grands et de presque toute la noblesse de cour. Le roi de Navarre, le prince de Gondé avaient été forcés de le suivre, d'assister ceux qui venaient d'égorger leurs firères et qui voulaient en exterminer les restes. Mais cinquantesept ministres enfermés dans la place y entretenaient l'enthousiasme religieux; Nîmes , Montauban , cent autres villes où les protestants dominaient , avaient fermé leurs portes. En même temps la reine voyait au milieu des catholiques beaucoup de gens sinon favorables aux calvinistes, du moins ennemis des Guises, de leur ambition et de leur furieuse in-

tolérance. Montmorency et ses frères n'étaient pas à l*armée royale; ils commençaient le tiers parti, qui bientôt va se montrer à découvert.

Prêt pour Tassassinat, on ne Pavait pas été pour la guerre. Les ressources furent épuisées plus vite que le courage des Rochelois. Après quatre assauts, on n^était pas plus avancé qu^au début; le duc d^Anjou, pressé d'aller prendre sa couronne de Pologne, entra en négociation et Charles IX fut forcé d'accorder aux protestants, par la paix de la Rochelle, la liberté de conscience, au moment même où il recevait, pour la Saint-Barthélémy, les bruyantes et enthousiastes félicitations des cours de Rome et d'Espagne.

Mort de Charles IX (1574). — La honte de ce revers, le remords, les emportements d'un caractère fougueux et les violents exercices de la chasse, auxquels il se livrait avec frénésie, minèrent le jeune roi. Une horrible maladie le consumait; il était fréquemment atteint de convulsions, d'accès de délire furieux, au milieu desquels le sang lui sortait par les pores, par le nez, par les oreilles. Des visions sanglantes Peffrayaient, et il entendait dans l'air des cris lamentables. La nuit qui précéda sa mort, les médecins avaient fait retirer tout le monde de sa chambre, « hormis trois, savoir : la Tour, Saint-Prix et sa nourrice, que Sa Majesté aimait beaucoup, encore qu'elle fût huguenote. Gomme elle se fut mise sur un coffre, elle commençait à sommeiller ; ayant entendu le roi se plaindre, pleurer et soupirer, elle s'approcha tout doucement du lit, et, tirant sa custode, le roi commença à lui dire, jetant un grand soupir et larmoyant si fort que les sanglots lui coupaient la parole : « Ah ! ma nourrice, ma mie, « que de sang et de meurtres 1 Ahl j'ai suivi un méchant c conseil. Mon Dieu I pardonnez-les-moi, je suis perdu, je le « sens bien! > Alors la nourrice lui dit : « Sire, les meur- « 1res et le sang soient sur ceux qui vous les ont fait com- « mettre, et puisque vous n'y prêtez pas consentement, « croyez que Dieu ne vous les imputera pas et les couvrira « du manteau de la justice de son ûls; mais pour Thonneur « de Dieu, que Votre Majesté cesse de larmoyer. » Et sur cela lui ayant été quérir un mouchoir pour ce que le sien étoit trop mouillé de larmes, après que Sa Majesté l'eut pris de sa main, lui fit signe qu'elle s'en allât et le laissât reposer. » (L'Esloile.)

Ce roi homicide, qui meurt à vingt-quatre ans, Tesprit

HENRI m (1574-1589). 41

troublé de sombres visions, abandonné de tous, si ce n^est de sa yieille nourrice huguenote, quel spectacle, quelle preuve de Timpuissance du crime à tromper la conscience du coupable 1 (30 mai.)

Faits divers. — Lltalien René de Biragae, garde des sceaux en 1571| introduit le système de protection de l'industrie nationale, en défendant, par l'édit de janvier 1572, l'exportation des matières premières et l'im-

rrtation des produits étrangers. {Recueil des anciennes lois françaises. XIV, p. 2S3 et 241.) Mais cet édit ne fut pas maintenu. L'édit rendu aa Tillagd de Roussillon en Dauphiné par Charles IX, le 4 août 1S64, fixa le commencement de l'année au t*' janvier, au lieu du jour de Pâques. — Dans ses lettres patentes pour la répression du luxe, Charles IX défendit remploi des carrosses dans l'intérieur de la ville. Sous François !•', il nV on avait que deux à Paris, l'un pour la reine, l'autre pour la duchesse d'Ktampet. Les dames se rendaient à cheval à la cour. Henri IV n'en eut

ff'nn et écrivit an jour à Sully qu'il ne pouvait aller le voir, parce que reine se servait du carrosse. Mais en 1652 on en comptait déjà 300 dans Parts.

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