S LB SECOND EMPIKE [IS&^-ISTO
snrrre «antre I* ■•*»«. — (Juillet 1870 — Février 1811. — Dne ^nde Faula avait «té commise aiaot Sadowa, Daaa la [Km «M que l'unilé de l'AUemigaa Ëuii possible aveu et par l'Aulriehe, oou* avlani Uiiiè ËcruaeT cette puiJBance. Le péril pour noui n'Atait pas i Vienne, mail à Berlin. La Prusse, qui, dopuit Frédéric It Grand, rêvait de raconalitusr l'Empire (feim»niquB, savait bleu qu'elle ne trouverait cette forlune menaçanlE pour l'Europe qu'llpril uae ItumilialioD militaire de la France, et elle en prépara leïmoytn< av«c une iiiratig»bl« persévérsaca. Ëllà aurexdla par Thiitairp, U poéiie et la icience, le patriotisiQS allsraMid oootra ceux qn'tUt iaiiait a[>pe1er duii iaa journaui • l'enneioi héréditaire i. Elle iroM tout aun peuplade viDgtâ soixante uns; ellaeiigea de iet orflcien rinstructioD la plue coupIMe, da ses troupes la discipline la plu scvËre ; et, par une organisation qui oe laissait isiictive a-ucune pirctUe dBî forces aalionales, par une prévoyance qui utilisait Wutei 1(1 ressourçai de l'industrie et àe la acieuca, elle constitua, au nuire de l'Europe, la plu; rormidablamacbinG dacuecre quelemund) eût encore vue : 1 âwOOO bonimea eisrcés 41 armÉs; tout la pBUjtlt soldat. Et cette épouvantable rnscliine, elle la oon&a, pour (Ira mlM enjeu, àdcsbommes qu'aucun scrupule B'arreuiit,i)uitqu'iUdj9iitnt: • La força prime le droit*, et qu'ih aKi^^sient en conséquence.
La France oe voyait riea ou ne voulait rien voir de ces tmmentiir préparalils qui s'achevaient sur son territoire même par l'étude rnlnutieuxe et >ecrête de tous ses moyens d'action ou de résistanca- Le* idées de paii et d'économie dominaient au Corps législalifi tinp conSancB aveugle dans notre supériorité mUitaîre, une déliaiux égala contre l'armement du paya tout entier, empêchèrent da proportionner DOS forces à la grandeur de la lutte qui a'approciiïit, kI, par l'incapacitâ des hommes, par l'inauffi^uicti des sulminislrationi, nn employa mal celles qui existaient.
Pour dernière hatrilolé, la Pru^e eut l'art de se faire déclarer UM guerre qu'elle souliaitait ardemment et qu'elle préparait dspau
A ^00 000 RDldats amenés en quime Joura sur noire ^titiir*, H concentrés dans un petit espaoe, do Trtves i Landau, nous optiti^ mes 340 000 hommes épura Sur une ligne de T5 lieues. Ils JureM accablés isolément iWissambourg,iReiEohaIIén, i Forbacli, pirur enneioi Ireiïou quatre fois ^upériovr en nombre, se battant tfatuia.
les maiidnvTeBde halaillon, pour la rapide formation des cadres de lagartl nationale mohilo ; arrâlt! avec le marécLil Kiel un projet qui eitt fait arrlior. ohaqBB «nnie, daas les icolea de village sii à huit eeiits institulsin» jji- Blrncleurs, pour priparar la jeunesst de no» populsiions rorale» iu isnrfu laiUtaJra; anfin, donné eontna mal d'ardre i mnfverni», daqs s«ni<r«niitf dimonn oFfieiel, ' de Tain des hommu et non des hacKelim-B, • snll m* loil permis d'Rjoutcr que je n'ai jamais reço de Hapo(*oTi UI rtHult« laBlratlioBs qae eellca ci, Booteniies Sans une lettre du ST iiHn 1(8S: ' — CoBUnuei d avoir comme mol le feu sacr* pour tool ce nid Bl grand ol noble.... . Puissent les chels d'Étal n^en donoer jamais d-anlfes.
SOU8 bois et coutert par une innombrable aftillerie dont la portéa était plus grande que celle de nos oanons (4 et 6 août). L'Empereur capitiîla à Sedan (2 sept.); le marécbal Baxaine à Metz (37 oct). Strasbourg, où rien n'avait été disposé pour un liége, sucoombi après un bombardement qui incendia la bibliothèque, le musée, et menaça Me ruine la cathédrale. A Paris, le 4 septembre, une émeute avait envahi la Chambre, et, en face de Tennemi) renversé le gouvernement, c'est-à-dire détruit la seule force qui subsistftt pour rendre la résistance plus efftc&oe ou la paik moins lourde. ouinze jours après, la capitale investie livrait sa première bataille, celle de Cbâtillon. En retenant sous ses murs, durant plus de quatre mois (18 sept.>27 janv.), les principales forces prussiennes, elle dunna à la France le temps de se lever. Toute notre armée régulière, sauf quatre régiments d'Àdrique, était prisonnière en Allemagne ; il fallait donc improviser les soldats, les officiers, les calions, les fusils, l'intendance. On fit des miracles. Mais la guerre e>t devenue trop savante pour que des jeunes gens sortis la veille de leur village tiennent tête, malgré leur courage, à des soldats disciplinés et victorieux. Nos armées de province furent écrasées, et lorsque après cent trente et un jours de siège, après un mois de bombardement, la famine força Paris à laisser tomber les pontilevis de ses forts, il ne resta plus qu'à subir la loi du Vainqueur. .
Pour la première fois depuis quatre siècles, la France recula. En 1815, elle avait du moins à peu près gardé les frontières que loi avait données sa vieille monarchie ; par le traité du 36 février 1871, on lui faisait une blessure qui saignera toujours, en lui arrachant deux de nos provinces les plus françaises: l'Alsace et une partie de la Lorraine qui, jamais, n'avaient tenu à l'empire germanique que par les liens les plus faibles.
Strasbourg s'était volontairement donné à Louis XIY en 1681, et Metz à Henri II en 1552. Si le droit historique est quelque part, c'e^t de notre côté qu'il se trouve. Aussi les Prussiens n'on^ils pas ose consulter les populations pour savoir si elles voulaient devenir allemandes ou rester f^'ançaises.
Après avoir traité une population de 1600000 âmes comme un troupeau dont on dispose, on espéra épuiser pour longtemps la France, en exigeant une indemnité de b milliards.
Mais qui fera le compte des centaines de millions eitorqués sous prétexte de contributions de guerre; des réquisitions imposées aia c(jrnmunes et des rançons levées sur les particuliers ; des vols de meubles, d'argenterie, de livres, d'objets d'art et de science eipé^ dit's au delà du Rhin ; des destructions de maisons et de chAteauz, de f<>rmcs et de villages entiers, sans nécessité de défense; des iiicurtres de sang-froid ou contre le droit des gens; des rapines soub tous les prétextes ; des violences sous tous les noms; des outra f:«- s sous toutes lee formes, dont l'Allemagne, dans sa jalousie inv«'!< r^c contre la France, s'est rendue ooupsible durant celle
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guerre de six mois, qui a rappelé, par ses dévastations méthodiques, les plus mauvais jours des anciennes guerres?
La France gardera l'implacable souvenir de tant de deuils causés par une ambition hypocrite, de tant d'affronts infligés par une barbarie savante, de ses douze milliards perdus pour les œuvres de la paix, de la science et dé la civilisation. Mais, par les armes ou par les idées, elle se vengera, si elle est assez sage pour donner au monde le spectacle contagieux d'une société qui se régénère daos le malheur et se fortifie au sein de la liberté, sous un pouvoir énergique, en inspirant à tous ses enfants, oublieux de leurs vieilles discordes et réunis pour une même pensée:
Le sentiment du devoir, qui fait la grandeur de Tindividu;
Le sentiment de la discipline, qui fait la force du peuple;
L'amour de la patrie, qui rend tous les dévouements faciles.
P. S. —Lorsque nous écrivions ces lignes, le 10 mars 1871, il semblait que tant de désastres avaient épuisé pour nous toutes les douleurs; il nous restait à y ajouter la honte de la guerre civile; à montrer au monde les monuments de notre gloire nationale abattus par des mains françaises, nos meilleurs citoyens assassinés, nos palais en flammes, Paris tout entier menacé de destruction, sous les regards des Prussiens, maîtres encore de 19 départements et qui, du haut des forts de la rive droite, contemplaient joyeusement l'incendie.
Ce fut l'œuvre de la Commune ei de V Internationale, Vune Cdichant l'autre. La première se couvrit elle-même du prétexte de restituer à Paris ses droits légitimes, en lui rendant l'élection de ses officiers municipaux. La seconde, qui veut enrôler les ouvriers de tous les pays, les enivrait d'erreurs et de haine. Elle leur représentait le patriotisme comme une vieillerie surannée, la propriété comme une injustice, le capital comme un vol, la société comme une machine détestable dont il fallait briser tous les ressorts; et ceux qui l'écoutaient ne voyaient pas qu'ils seraient les premiers écrasés sous les ruines. Aux femmes, elle fit croire que la Commune nourrirait, habillerait, élèverait leurs enfants, c'est-à-dire que les devoirs de la famille seraient supprimés ; aux hommes, elle disait que tout appartient à tous, comme si la société pouvait subsister sans la formation, incessamment accrue dans des condilions.de moralité, de ce capital qui ne représente pour les honnêtes gens que les fruits, lentement accumulés, du travail, de l'intelligence et de l'économie.
Alors il se forma un mélange hideux d'ignorance et de perversité, de convoitises et de haines, de passions brutales et de désirs surexcités, d'où il ne sortit ni une idée nouvelle ni un sentiment généreux et qui éclata en une insurrection formidable, au sein de laquelle accoururent, comme des loups à la curée, les réproj- 1'; de tous les pays : « Armée d'aveugles, disait un instituteur parisien
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obligé de vivre au milieu d'eux, armée d'aveugles conduite par des forcenés. • Comédiens sinistres, ils parodiaient l'Ecriture et répétaient à de féroces imbéciles : « Pour atteindre la terre promise, il faut traverser la mer Rouge. »
Cependant l'Assemblée nationale réunie à Bordeaux, puis à Versailles, s'était refusée à décréter une constitution nouvelle ou à faire un appel au peuple, avant la libération du territoire. Conservant le gouvernement de fait qu'elle avait trouvé établi, elle avait, le 18 février 1871, désigné un chef du pouvoir exécutif, M. Thiers, qui plus tard (31 août) reçut le nom de Président de la république.
L'armée française, reconstituée à Versailles, dut faire un second siège de Paris (2 avril-21 mai), forcer les remparts, et soutenir dans les rues un combat meurtrier de sept jours (21-28 mai). A mesure qu'ils reculaient, les œmmunards incendiaient, à l'aide du pétrole, nos monuments et les maisons particulières : les Tuileries, l'Hôtel de Ville, le palais de la Légion d'Honneur et du conseil d'État, la Bibliothèque du Louvre et ses 80 000 volumes, le ministère des finances, où ils croyaient anéantir les titres de la richesse nationale, vingt autres édifices, deux cents maisons, s'abimèrent dans les flammes. Le musée du Louvre avec ses chefs-d'œuvre, qui sont un des plus précieux trésors du genre humain, le palais de l'Institut avec sa magnifique bibliothèque, n'échappèrent au pétrole que par l'arrivée des troupes.
Voilà en quelques mois deux blessures presque mortelles faites à la France, par où s'écoulent son sang et son or. De l'or, on en refera avec du travail ; mais comment refaire l'àme de la patrie ? Par la pensée toujours présente de son humiliation et de ses douleurs, ei aussi par le ferme propos de former des hommes et des citoyens, en remettant virilement les choses à leur place : le devoir au-dessus du droit; la responsabilité auprès de la liberté, et partout la discipline, dans la famille, la cité et l'Etat. Que cela se fasse et nous pourrons répéter les dernières paroles prononcées naguère par un illustre Allemand, à son lit de mort, en montrant la France vaincue pi dépouillée: • L'avenir est encore là. »