LA RÉPUBLIQUE DE
cinq départements. Le général Cavaignac, qu'honorait un noble caractère, eut 1 448 107 voix contre 5 434 226 données au prince (10 décembre).
préaldence de I<«uls-lfa|^oléoB Bonaparte. — > Charles- Louis-Napoléon, né aux Tuileries le 20 avril 1808^ troisième fils d'Hortense Dcauhamais et de Louis Bonaparte, roi de Hollande, .'Lvait pris part, en Italie, dès 1831, au mouvement insurrectionnel des Romagncs contre le saint-siége. A deux reprises, en 1836 et en 1840, il avait essayé sans succès, à Strasbourg et à Boulogne, de réveiller les sympathies pour le nom de Napoléon et la gloire de TKmpire. Après la dernière tentative, il fut condamné par la cour d(>s pairs et enfermé au château de Ham, d'où il s'échappa en I8'èG. La révolution de Février ranima ses espérances. Une active propagande lui concilia de nombreux suffrages ; les fautes des républicains, la puissance magique de son nom firent le reste.
Les ateliers nationaux, les déclamations des clubs, la bataille de juin et Tarrét du commerce avaient irrité la bourgeoisie ; l'impôt des 4o centimes ajoutés au principal des quatre contributions directes avait fait perdre la cause de la république auprès des paysans. L'élection du prince à la présidence fut une protestation contre le gouvernement que Paris avait^ le 24 février, imposé à la France.
La constitution du 12 novembre 1848 n'était pas née viable pour le temps et dans les conditions où elle s'était produite. Les deux ]Miuv<>irsd*cxc<:ution et de délibération avaient une môme origine, f>uisr[u'ils procédaient tous deux du suffrage universel et quils I :;ii(!ii renouvelés, l'un après trois, l'autre après quatre années >i rxcjcM'e. Mais le Président avait cet avantage, qu'élu par des :;.ii!.< :>•> de suffrages, il semblait représenter la nation tout entière, .<.i:d.- ijue, dans rassemblée, on pouvait ne voir que des députés (j' ::t cr..icun représentait seulement quelques milliers de voix. En ■ utr« . ti'iit en constituant un antagonisme inévitable, on avait préii ndii siilxird'jnner Texécutif au législatif. Ainsi, le Président nom- :iMit aux in nnm brailles emplois de l'administration, négociait les iraitc^ et di>posait de l'armÀB; mais il n'était pas rééligible; il n'a- '.ait ni le droit de prendre le commandement des troupes ni celui de (li<<ri>idre l'assemblée ou d'arrdtar un projet de loi qui lui paraîtrait funeste. Il avait trop ou trop peu; et on lui avait donné, avec ia tentation de reprendre les prérogatives habituelles de l'autorité publique, les moyens d'y parvenir.
Le Président et l'Assemblée s'entendirent cependant tant qu'il ^'a^Mi (le rétablir l'ordre et de comprimer les partis extrêmes. Ainsi :<• TJ j.iiivicr et le 13 juin 18'i9, l'armée de Paris, sous leur direction, ir.ompha d': l'émeute sans verser de sang.
Une affaire extérieure avait causé ce dernier conflit. Les révolut:rns européennes, nées de la révolution de Février, mais iéflantes
702 LA KEPUBLigUE DE I8<l8.
(le la Fiance, avaient été promptemont comprimées par les rois, qu'elles avaient effrayés. Déjà TAutriche, victorieuse de la Hongrie grà:e aux Russes, avait battu à Novare le roi de Sardaigne, Charles- Albert, et la Lombardie était retombée en son pouvoir. La république proclamée à Rome, après la fuite du pape, essayait vainement de faire des murs de la cité sainte le dernier rempart de rindépendance de la péninsule. Un instant victorieuse six mois auparavant, l'Italie n'avait point voulu de l'aide de la France ; maintenant qu'elle était vaincue et menacée d'un joug plus lourd, la politique faisait un devoir à notre gouvernement de protéger la péninsule italienne contre la domination allemande j mais l'on crut que c'était à Rome qu'il fallait établir cette proLeclion pour la rendre efficace, en renversant la république proclamée dans cette ville. Le Prince Président et l'Assemblée envoyèrent une armée française en Italie sous le commandement du général Oudinot. Les républicains de Paris essayèrent de sauver par une insurrection la république de Rome. Un membre de Tancien gouvernement provisoire, M. Ledru-Rollin, était avec eux. Un déploiement de forces fait à temps (13 juin) étouffa rémeute dans son germe. Cette bagarre coûta au parti ses chefs que la haute cour de Versailles condamna, et aux Romains leur dernière espérance. Le général Oudinot, après avoir fait avec les plus grands ménagements le siège de la place, entra le 2 juillet dans Rome, ou le pape fut réintégré. L'Assemblée législative qui succéda à l'Assemblée constituante, bien que moins unanime sur cette question, approuva cependant la conduite du Président, et il fut décidé que nos troupes resteraient à Rome pour la protection du Saint-Père. Depuis ce jour la France eut un bras engagé bn Italie, au profit des ultramontains, mais au détriment de ses intérêts généraux.
i/AflAenibléc législative (l94fll-i9Sl). — La nouvelle Assemi)lée (28 mai 1849} comptait moins de républicains ou de socialistes et un plus grand nombre de membres réunis par la dénominatioD générale d'amis de l'ordre; le prince Louis -Napoléon semblait donc devoir s'entendre avec le pouvoir législatif ainsi constitué. Mais durant les vacances de l'Assemblée, en août et septembre 1849, plusieurs membres de la majorité, partisans de la branche aînée des Bourbons, allèrent en Allemagne porter leurs hommages au comte de Chambord ; d'autres, partisans de la branche cadette, se rendirent en Angleterre, auprès des princes de la maison d'Orléans. De leur côté, les républicains exilés, les sociétés secrètes lançaient des diatribes qui se croisaient avec les manifestes monarchiques, et le Président voyageait à travers la France pour exercer sur les populations l'influence d'un pouvoir nouveau qui s'abritait sous le grand nom de Napoléon.
La session de 1850 fut marquée par la loi du 31 mai qui raya trois millions d'électeurs, en exigeant pour l'obtention d'un bulletin de vote, la preuve d'une résidence effective de trois années dans le
LA KlÏPUBLigUE DE 1848. 703
canton électoral. Dans celle de 1851 des discussions irritantes prirent la place des afTaircs. Le Prince Président révoqua de ses fonctions le général Changamier, chef de la garde nationale etdeTarmée de Paris, qui avait eu des démêlés avec le ministre de la guerre. La Chambre, en revanche, refusa de s'entendre avec le Président sur le choix d'un ministère durable.
Par une coïncidence fâcheuse, les pouvoirs du Président et ceux de l'Assemblée se terminaient Tannée suivante, 1852, i trois mois d'intervalle, et le suffrage universel devenu le suffrage restreint, allait être appelé presque en même temps à renouveler les deux pouvoirs de la république. Dans Tanxiété où cet avenir douteux jetait le pays, des pétitions qui atteignirent le chiffre de 1 500000 signatures furent adressées à TAsscmblée^pour la révision de la Constitution; quatre-vingts conseils généraux et un grand nombre de conseils d'arrondissements émirent le même vœu.
Mais TAsscmblée était profondément divisée. Beaucoup demandaient qu'on ne changeât rien au fond des choses; ceux-ci acceptaient la révision de Tarticle qui interdisait la reélection du président en fonctions; les autres voulaient une révision complète qui piit ouvrir la porte à la restauration de Tune ou de l'autre des trois monarchies déchues. Mais il fallait les trois quarts des voix pour que l'Assemblée pût procéder légalement à la révision et ce nombre ne fut pas obtenu. A ce trouble dans le monde officie) répondirent des désordres dans plusieurs départements : le Cher et la Nièvre furent mis en état de siège.
Le Président demanda, le 4 novembre 1851, le rétablissement du suffrage universel par l'abrogation de la loi du 31 mai. L'Assemblée persistant à exclure du vote la foule nomade et flottante repoussa la proposition piésidentielle; mais, en vue de contrebalar.cor l'avantage que le Prince venait de se donner auprès du I euple, la majorité essaya de s'emparer de l'armée en précisant !«• droit reconnu par la Constitution au Président de l'Assemblée (|<r rcr[ucrir directement les troupes, quand il croirait sa sûreté en yr.TÛ (17 novembre). Ce projet fut aussi rejeté. Les jours sui- \.iiits, d'irritanU débats rendirent la situation encore plus difficile; • Mwbiucs'uns parlaient d'enfermer le Prince à Vincennes. Mais une assf>mbléc est toujours bien faible pour l'action. Dans celleci d 'ai 11 ours aucun parti ne dominait : certaines propositions importantes ne passaient qu'à une voix de majorité. Le Prince, au contraire, avait pour lui l'armée, une partie de la population parisienne, presque toute la France fatiguée de ce désordre moral, 't l'unité de commandement; il pouvait donc attendre l'attaque, il préféra la prévenir et la France compta une journée de plus.
La pré»ldieBcc p««r dix an*. — Le 2 décembre, au matin, les chefr>des différents partis de l'Assemblée sont arrêtés chez eux, le p]] i:s de l'Assemblée est occupé par la force armée, quelques re-
70'! LA KÉPUBLigUE DE 1848.
pi cscntaiits qui s'étaient réunis dans une mairie sont saisis ou dispersés. En même temps un décret du Président déclare l'Assemblée dissoute, le suffrage universel rétabli, et propose au peuple les bases d'une nouvelle Constitution avec un chef responsable élu pour dix ans « Je suis sorti de la légalité, disait le Président, pour rentrer dans le droit. » Le 3 et le 4, la résistance fut essayée au centre de Paris et sur les boulevards, mais sans l'appui de la population. L'armée, conduite avec décision, resta, après une courte lutte, maîtresse des rues, et quelques essais d'insurrection, sur différents points du territoire, furent réprimés. La mise en état de siège des départements où des troubles avaient éclaté, la transporlaiion à Cayennc des malfaiteurs en rupture de ban, en Algérie de membres des sociétés secrètes, ramenèrent promptement le calme. Les partis comprirent qu'ils auraient affaire, cette fois, à un pouvoir résolu. Le peuple, par 7437*216 votes affirmatifs contre 6407;i7 négatifs, accepta la Constitution qu'avait proposée le Président ei lui conféra le pouvoir pour dix ans. Ainsi la France effrayée se donnait à Louis-Napoléon, et le grand courant de 1789 était encore une fuis dévié. Pendant ces 60 années, au lieu d'avancer lentement et sûrement par progrès successifs, nous étions allés par sauts et par bonds, courant en quelques mois d'une extrémité à l'autre du monde politique; la veille, en république avec toutes les licences démagogiques ; le lendemain sous la dictature, avec la grandeur mais aussi les dangers d'un gouvernement personnel.
La présidence décennale ne fut qu'un acheminement à l'Empire. La Constitution nouvelle, publiée le 14 janvier 1852, avait emprunté ses principes aux institutions du Consulat et de l'Empire, et sous des appuronces libérales cachait l'omnipotence du Prince. Le chef de jKiai était responsable et gouvernait avec des ministres qui dépendaient de lui seul. Deux assemblées étaient instituées : le Corps légisiatil, issu du suffrage universel, avait le vote dos lois et de l'impôt ; un Sénat, composé des illustrations du pays, veillait à la conservation et au développement de la Constitution. Des conseillers dÉta^ nommés comme les sénateurs par le Prince^ préparaient les lois, les soutenaient devant le Corps législatif et examinaient les amendements. Cette Constitution n'enfermait pas cependant dans un cercle infranchissable les destinées de la nation. Elle laissait la voie ouverte à des améliorations qui pouvaient faire revenir les libertés un instant écartées.
Avant de mettre la Constitution en pratique, le Président, revêtu de la dictature, remania, pendant quatre mois, toute l'adminis. tration. Un de ses premiers actes fut la vente forcée [des biens personnels de la maisoa d'Orléans avec retour au domaine de l'État de ceux qu'avant son avènement le roi Louis-Philippe avait cédés à ses enfants. La réorganisation de la garde nationale restreinte et mise à la disposition du pouvoir, la presse replacée suus la juridiction des tribunaux correctionnels, l'autorité dcpar-
tcmcnUio cooccnlrcc entre les mains des prérets, la nomioation des maires revendiquée par le gouvernement^ furent les principaux traits de ce remaniement, conçu pour fortifier le pouvoir. L'ordre renaissant, le travail reprit son activité. Aussi le Président fut-il bion accueilli dans un voyage à travers les provinces de Test et du midi. Parti de Strasbourg aux cris de Vive le FrésideriUl il arriva à Bordeaux aux cris de Vive VEmpereur ! que le 1^ octobre Paris lui-uiêiuc répéta. Entraînée par le mouvement qui Tavait saisie depuis le premier vote en faveur de Napoléon en 1848, la nation cruyait trouver le repos et Tordre au sein d'une monarchie héréditaire, et la satisfaction de son orgueil, en face de Tétranger^ dans la dynastie napoléonienne.
LE SECOMD EMPIRE (1852-1870).
méiabllMNciucttC éc Tiittiplrc (if»^).^~ Un séuatus-consultb délibéré dans la première assemblée de l'Etat, proposa au peuple le réublissement de la dignité impériale dans la personne de Louis- >ap()léun I)onai»arte, avec hêré<lité dans sa descendance directe, légitime ou adoptivc; les comices populaires adoptèrent cette pro- {Mi>ition le^ 21 et '22 novembre, par 7 839 552 votes affirmatifli contre 2:)'i fiO] nc;;:itirs, et TEmpire fut solennellement |)ruclamé le 2 décembre 1M.V2. Ainsi la nation ratifiait le coup d*État du 2 décembre !8.')1, comme elle avait ratifié celui du 18 brumaire, et elle liait voIiiTitaircment ses destinées à celles des Napoléons.
I^ nouvel empereur prit le nom de Napoléon lU. De ton mariage .àvec KuKfiuc de (iu;:man, femme de grand cœur et de haute no- ..' s:>e, qu'il ch«Jisit en dehors de tout calcul politique pour la faire I .eoir sur le trône, naquit, le 16 mars 1856, le Prince impérial I. Kmpire avait une immense popularité, r£tnpereur n'en fit pas iH" royauté TuiMéante. il se proposa deux buts : à Tintérieur, il-niicr s.-iUsr.iciion aux besoins généraux du pays ainsi qu'aux ..itririH ]-<ipulaircs, au. dehors, relever la situation politique de la Kiai:c'-, qui était encore sous le coup des grands revers .il- IKlf). Viei.drait ensuite le développement progressif des ii.H ï\c> publiques par l'amélioration successive de la ConsUtuli"."..
inniliuilonfi de bleafalMimce. — L'ouvrier qui vit de saluiri' c4i nien:i'-t- viuvent d'arriver à la vieillesse sans avoir de res-
70S LE SECOKD EMPIRE (185S-1870).
sources pour ses demiem jours. La caisse d'épvgno, aoiu k R» taurslinn, avait mis déjL la prévoyADce et l'économio à U poitib des petites bourses. La caisse des retraJlm pour U. TteillMi^ fondée en 1S49, réorganisée en ISSl, prit uneisor ranida. Divli seule année de 1863, il y eut 100 000 versemenU.
Le d£cret-loi du 26 mars ISâS organisa sur des t et généralisa l'admirable institutian des sociétés de secours mutuels-
Pour que le pauvre fiït assuré de trouver justice el que le nUlade des camiiagnes reculées ne se crAt pas aljiindoDQé, on eommença l'organisation de l'assistance judiciaire et de la médecinii cantonale qui mil à la portée de l'ineipérienoe ou de l'incuriada conseils et des remèdes.
La loi sur l'assainissement des logements insa.lubres el 1m encouragements donnés par l'action personoelle de l'Empereur à la consiructioQ de maisons disposées pour tes ménages ouvriers permirent I'étî.blisâement, dans un eortaîn nombre de villes, de demeures plus saines sans augmentation aar 1m ■•-
La convalescence n'est plus la maladie qui ouvre llidpiUl M n'est pas encore la santé qui ramènç & l'atelier : «omI Mfr«Ut souvent dangereuse ou pénible pour l'ouvrier. TroU filihlJMnnmitf furent fondés i Vincennes, au VésineC et i LongoUnf^ prt^ i» Lyon, pour les ouvriers et ouvrières convaleseenti qui artMfl'ifc» liÂpitaui. On est allé plus loin : un projet de loi a Â6 nrfieBttn' 1861 au Corps législatif pour organiser, en lïiVeiU' Ai mmim mutilés et de leurs veuves, la caisse des Invalides du liiiifl qui assure des pensions viagères et des secourt, en la prévoyance et l'assistance. Enfin, l'orphtlinol du 1 périal recueillit à Paris beaucoup d'enfantg laissés m naturel.
■npulaloB d«BBée mmi *rav< nicntii A l'aitrlcultur», k llndaatrle, •■> «rta. — La H^ vcloppemcnt prodigieux de l'industrie, en aggloméiut U '^ pulation sur certains points, avait rendu nos 'villes 'trop étntldljnos relations entre les différentes parties du territoira'MtÉIlMll^ maintenant trop lentes, et l'agriculture n'avait gùilt pioW des progrès que lui promettaient les applications da la inli— «I .'-
la gouvernement donna aui travaux publics uns aotirtti qrii M dix ans, renouvela presque les grandes villes, mais aussi nMnita la spéculation et amena des désastres. Paris fut comme nMl nu un plan grandiose el sillonné de 600 kilomètrei d'fgoats qnl garantirent la salubrité de la ville nouvelle. Lyon, XarMllle, nL virent cet exemple, et les municipalité» des plus petites TiUw se décidèrent à faire entrer dans leurs vieux quartiers Viir, la lumière el la santé. K Paris, le Louvre, dont les traTinx étaient depuis si longtemps su-pend us, fut acbevé; des boulewd*
710 LE SEICONP EMriRC (185S-1870). ^^H
fie M pr*^c fusEï Pnfln »ui doiï eïtrim lr-« le la ti1I« Iw*
Louvre — Partllon Deno
fcniftceneei dea bois de Boulogne et d« VlneuiMi. K MarMfUe, e'eslune montagne qu'on coupe poar créer ona ville Donvall^M
avant
St ter, dont Tstécution ftTait été ju^que-li coailulls attoignirenl en quelques années du canlrc au» ellride Paris i Strasbourg, Bardeaux, Besancon, HtneUI* «la.,
TU
ssni cimpler le nuuveau réseau des lignes secondaire Iraïaui étaient en outre eiécutéa pour l'achèveioeiit des m •ie» route», des porls et la restauration deséglïses.
L'organisalïon îles cbamhres d'agriculture, l'établtasemeDt de cotniees el de coocours igricotes, contribuèrent 1 répandra de meilleures métbodes parmi les igricu.Murs et les éleTSUrs, tandis qu'uns Société d'ainiTajieei essayait de loustraire le travail des champi aux mnuvaisea cbancei de l'inslabilité des saisons, et gu'uriB Sooislj
de er^tdui oRrait des capitaui âbasprii. Plusiear» lois spécitlei permirent de commencer le reboisement de nos montagnes, dont ta nudité croissante amenait les désasties des inondations, de défriclier les forêts situées dans les plainea, et de mettre en Taleiir des biens communaui perdus pour la prospérité générale. Enfin tina subvention de 100 millions fut votée pour faoilîlor par dos avances l'emploi de la méthode du drainage, et l'on allaqua, pour Us assainir, des portions du territoire jusqu'ici rebelles i la culture.
LE i
r lionni lexemiLe par des iraraui eair«prls à m» Irui Dans » SdIo^o, la Cbunpagne el les LacdEs de G«seOf[ne.
L'agriculltire baii{aisc est surtout cntiBVée par l'igaotiuiec n p«i te manque de voiei de communication : une lot fut préparée p«at ['acliiveaieat des cbemins vicinaux, tt l'cmeignemeat éléfficnOîK de l'agriculture fut prescrit duiâ les éc:>)es pour répandra jus^M 1 des MmpagDcs les conquêtes -U là 3ciin.cc ou exiler <tt
BaadtntloaB «a er*dlt, llberl» eammcrel»!*.— U ew*l(,
qui fii>i dus avances à la coyiacitè reconnue et au travail lionoeMt la liberté, qui est leur régime le plus favorible, ont été dÉïelupP* U Crédit foncier permît aïkï propriÉlairea de porgor plu» aiiéraenl leurs hypolhiquM et d'améliorer leurs tonds; le Crédil vobOkf lit circuler plua rapidement les valeur» fiduciaires, trop rapidement mSme* puisqu'il en résulta des calastrophes. Une s'-'-"- ■"'- ■<•• pr^t di l'enfance au Ifataii essâja de faire arriver
Lé dile du
720 LE SKCOXD EMPiiŒ (1852-1870).
qu'aux plu5 pauvres, à la seule condition qu'ils fussent laborieux elbonnOli's. Enfin, lorsque l'État eut besoin, pour faire face à des dépenses do guerre, de contracter des emprunts, il tint à y faire participer les plus petits capitaux, et, au lieu de s'adresser seulement aux ban(|uiers, il convia tous les citoyens à prendre part euzmùuies il l'opération par des souscriptions directes.
La science éconooiique a établi qu'il faut multiplier les moyens d'échange pour rendre le commerce florissant; que, sans conclu^ rence, l'industrie reste stationnaire ou produit à des prix tr<» élevés qui entravent la consommation, enfin que, sans une agriculture prospère, l'industrie languit. L'exemple de l'Angleterre, qoi avait successivement supprimé les entraves mises au commeioe si à l'industrie par d'anciens privilèges, et l'expérience douloiKeui»> ment acquise durant une disette de deux années, décidèreot k gouvernement à faire passer la France du régime de la prOttùHm de rindustrie par des droits de douane exagérés à celui de la liiieilé commerciale. V échelle mobile , qui n'était qu'une gène pour le ooBfcmerce du blé, fut abolie ; des réductions de tarifo furent suoeewivcment décrétées ; enfin, à partir de 1860, des traités de conmieiqB
gouvernement anglais admettait, au bout de deux ans, en tnsir cluse, nos objets manufacturés, diminuait considérablemmt les droits sur nos importations de vins et d'alcools et nos produits de papier. £n revanche, le gouvernement français levait les prohibitions sur un grand nombre d'objets d'origine ou de manufkotun britannique et diminuait progressivement les droits sur l'imporUtion de la bouille, du coke, des fers, fontes, aciers et ouvrages ^ métaux.
Une loi d'humanité abolit la contrainte par corps et diminua la durée dos arrestations préventives.
Pour stimuler l'activité industrielle, l'Empereur avait repris, en 1855, l'idée, d'origine française, mais réalisée pour la première fois par les Anglais, d'une exposition universelle où les industries du difTérents peuples sont comparées, et où les vainqueurs, dans cal lattes pacifiques, reçoivent des récompenses qui excitent rémulfttlon des vaincus. L'exposition universelle de 1867, qui a manifesté la puissance industrielle et artistique de la France, a présenté na jaractère exceptionnel. Il y a été réservé une place importante aux produits et aux questions qui intéressent les ouvriers; deux jurys y ont ouvert, sur la condition des travailleurs, une enquête dont les conséquences peuvent être considérables, et des prix ont été décernés aux usines où règne ce qu'on a appelé d'un beau nom, l'harmonie sociale. Enfin, les délégations ouvrières, conviées i l'exposition, ont été appelées à rédiger des rapports et à exprimer K'S y(Xjux de leurs cummellants.
722 i.r ^RiiOND EMPIRE (1852-1870).
Grâce à la facili'.é do relations établies par les chemins de fer, h navigation à vapeur et le télégraphe électrique, les peuples mêlent rie plus en plus leurs intérêts et leurs idées, ce qui devrait finir par rendre leurs destines solidaires. Le gouyemement seconda ce mouvement en favorisant rétablissement de nouvelles lignes de paqueb()l3 entre nos ports de TOcéan et l'Amérique, et entre ceux de la Méditerranée et les côtes de TAsie, pour multiplier nos échanges avec les contrées les plus lointaines. En 1862, on pouvait déjà mesurer les effets produits sur notre commerce }>ar tant de mesures habilement calculées. Le chiffre annuel des importations et des exportations avait triplé en douze ans: il s*élevait à six milliards.
Le m(^me esprit libéral se trouve dans la loi de 1864 sur les coalitionS; qui consacra, sous une forme nouvelle, le principe de la li* berté du travail en permettant aux ouvriers de discuter entra eux les conditions auxquelles ils donneraient leur temps, leurs bras et leur intelligence. Une autre loi beaucoup moins efficace sur les sociétés coopératives offrit aux ouvriers des facilités pour associer leurs épargnes et fonder des établissements industriels (1867).
Le paupérisme, attaqué par ces mesures de bienfaisance, comme par lactivité donnée au travail, livrait moins de gens sans défenie aux mauvaises tentations de la misère. La diminution progressif de la criminalité, constatée d'année en année par la statistique judiciaire, témoignait des progrès généraux de la moralité publique. De lK48à 1861 le nombre des accusés diminua de près de moitié. Malheureusement les rêveurs farouches continuaient à propiger dans TOiiibre leurs dangereuses utopies. •
inslructlen publique, Hautes Stades* ^ Les conditioiis nouvelles de l'industrie et du commerce font une nécessité, même pour l'ouvrier, de savoir lire et écrire. En quinze ans le nombre d'enfants qui reçoivent l'enseignement primaire s'aocrut d'un million ; les maisons d'école furent multipliées et la 3ituatiun des maîtres améliorée.
Apprendre à lire au peuple, c'est bien; mettre de bons livres! sa portée, c'est encore mieux; en quelques années, 13000 bibllothùt[ues scolaires furent établies.
La loi du 10 avril 1867, qui améliora l'ensemble des ser\'icesde l'instruction populaire, organisa en outre les écoles de filles, développa la gratuité et consacra les cours d'adultes, dont 30 000 ouverts en 1867 avaient reçu 830000 élèves.
Dans l'enseignement secondaire, les études classiques un moment ébranlées ont été raffermies, et la loi du 21 juin 1865 organisa Tenseip:ncmont secondaire spécial auquel se rattachent les formes diverses de l'enseignement professionnel ou technique; l'école normale de Clunr fut fonfl(*e pour former les professeurs du nouvel enseignement. L'industrie française obtenait ainsi son systèoie particulier d'instruction, comme les professions libérales ont trouvé le leur de-
LE .«ECOND EMPIRE (1852-1870) 723
puisdessiicles dans lei études clusiquei. Li création d'un concours Rénéral pnur la France entiïro donna à ces deui ordres d'ttudes le slimulanl d« l'éinulatioii.
Les sciences et les iravaui les plus élevés de l'esprit recevaient aussi des encouragements par la fondalion de prii considéralilai dans les cinq sections de l'Institut, par l'impulsion donnée aux sociétés savantes des di parte me cts et par les nombreuses missions scientifiques envoyées en Grecs, eo Egypte, en Aaie Hineure, tui sources du Nil, etc. EnBo, i cdté des gruides écoles professionnelles d'où l'on sort avocat, médecin, ingénieur, offlcier Ou professeur, l'école des Hautes P.Ludes, créée pour l'avanceraenl théorique dt-i'scii.'nces et des lettres savantes, Toumil 1 chaque bomme éml-
Peat d* Solttrtao.
rtléwtrmre. ««amB. — Napoléon III. «mtl
ri' cuuT'iii avait ilit : • L'Cmpire, c'est la p«iji; • lormuleheu-
« ■>! rili! aiail puStre appliquée. Hais la France ne voulftit pat II! paix à l-Hit prii. II y eut donc loua ce rifrne des ftuerres que ali>iD ao^epta cnime des nécessités de te* viuillc^s iraditiont <le 1 ]ur nati»nal>' et d'hcinn«ur mililaire. Il y en eut malheureuseil d'i-'i qu'i:lle rlétapprouvaiti et le second Kmpire est tombé r eu avilir entrepris une qui était inévitaltle, mais qui ne fut
Il Fa haï
alKéri'
ratiDQ nJdessalraj mais tioui venwis d'eipler cruellaineiit, pu U neutralité ou rbciatililè «ecriLa de la Husaie, la gloira gagnâe lUliasUipol,
les Irdiliij lia 181.^ la Russie cierçsit sur l'Europo uUe pripns* dûruice oieiiaciatË. Le ciat Nicolas était devenu la pcrsonDifleaHQn d'un ayiLcme redoutable de compressiou et de coaqufte. Tl n'ix'ait jiuuala piirdoiuié ï la royauté de luiltât d'itre sortie d'une émciulr légidme; en Allemagne, il avait appuyé les souveraine dans iimt rétistance AUX vœux âea peuples. U avait tout lUt puur déiKtleiulinr U l'ulogne, dont les traités de ISI5 lui avaient reconnu 11 possession, à la condition qu'il lui assurerait un gouvernemenl constitutionnel. Un Instant Étonné par la révolution de 184B, lecwr avait bientôt repris son ambition. Aprls ivoir sauvé riuirïcbc «u ëcraatnt les Hongrois révoltés contra elle, il avait pensé que 1» |irtaence d'un Napoléon sur le trûne de P^nce garantissait i Ia R\iait l'alliance des AAglait, et il avait cru le mament venu de saisir l'Iternel objet de la convoitise moscovile : ISonsUntmople. En tonti occasion, il aflociaii un pratettorat bauuin mr les sujets chr^eai d« l'empire Vurc; il finit par essayer de s'entendre sous oiaiii itvs rXttgleterre pour te partage des dépouilles de l'hamme maJoA (b Saltan). Eo 1853, il fit occuper les Principautés dacubieiin** h ai«aa à Sébastcipol une floLte qui semblait bnnidable. ['iiihjumii NipoléoD doona le premier «ignti de la résistance eaeuvfutbiedimenl U IlottA fïaacaise de la HédiLerranée, à SalanijBe, pour II tonir I portée de Conslantinople et de la mer Noire.
il eniRLloa l'Anj^Ielerre. d'abord bcsitante, dans «on alitais*, ni i'iman la nestratité de l'AulrioliB et de la tousse, La destruetlM parlesitoaaes d'unp Satttlle turque iSinope fut le signal du «ub- I&McaiDfltft de* liuslllilés. La notl« angli^lraneaiBe untM daiutt mer lï(Ht«, taodts ^'uoe armée expédiée des poTli <de la Oivrii» Bretagne et des uûtres se rassembla sous les murs de ConstanUnople. Le 14 septembre 1854, les alliés, forts de 70 OûO tiommes, débarquèrent sur las c6lcs de la Crimée, et la vicloiro de l'Alnja permil de commencer le siège de Sébastopol, lorteresss tormidable, qu'il Tallait anéantir pour metire Constanlinople à l'abri d'un coup de
Ce siège, le plus terrible qu'on ait va dans les annales de l'btnnire moderne, dura près d'un an. De cootinuels combats, deui victoirw, celles d'Inkennan et de Traklir, méritèrent i nos soldats metn Ih gloire que leur indomptable courage contre unclïmal terrible et ne ennemi qui se renouvelait sans cesse. Enfin, le 8 septemlire IMi, après des miracles de constance, la furie française et la solidité taglaise eurent leur récompense : la leur Ualaliolf fut emportée «l la ville prise. Quelques mois auparavant, l'empereur Nicolas éiAII mort, en prévoyant la ruine de ses vastes desseins.
La flotte anglo-française dans la Baltique avait détruit tlom.ir-
sund, lo boulevard avancé de la Russie contre la Suède, et dans la nier Noire nos canonnières cuirassées, sen'ant pour la première fois, avaient obligé la forteresse de Kinbum à se rendre, ce qui nous ouvrait la Russie méridionale; une escadre alliée avait même pris Pétropaulosk, sur l'océan Pacifique. Enfin la diplomatie française avait fait entrer dans la ligue contre la Russie le roi de Suède et le roi de Sardaigno; elle allait entraîner peut-être l'empereur U*Autricbe. Le czar Alexandre II, successeur de Nicolas^ demanda la l>aix; elle fut conclue à Paris, sous les yeux du souverain dont le pays avait eu la part la plus glorieuse à la guerre. Cette paix (30 mars 1856) neutralisait la mer Noire, interdisait par consémient à la Russie d'y avoir une flotte de guerre, lui enlevait quelques portions de la Bessarabie, rendait libre Jusqu'à ses embouchures la navigation du Danube, et proclamait dans le sens de la liberté les droits des neutres pendant les guerres maritimes. Ainsi la Russie reculait, le droit des gens faisait un pas, et la France recouvrait '.a plénitude de son influence en Europe. Les visites de la reine d'AnKJclerre, du roi de Portugal, du roi de Sardaigne Victor-Emmanuel, craiitres souverains encore, à l'empereur Napoléon III, furent un éclatant témoignage de la grandeur que la France venait de retrouver. Mais cette gloire était tout le profit que nous tirions d'une guerre où beaucoup de. sang et d'or avaient été dépensés. Nous venions de faire en Crimée de la politique de sentiment dont les Anf:iais curent le bénéfice. Quand vinrent nos malheurs, les Russes se » uviurcni de Sébastopol pour nous laisser accabler et l'Angleterre rouiiiia afin de n'avoir pas à nous tendre la main.
«uerre d'il Aile, paU de vtllarrftBe« eS tmlfé de ■«rlck illMb9]. — Après la Russie, c'était l'Autriche qui avait été le plus eu opposition avec les idées modernes; comme la première pesait sur la Turquie, la seconde pesait sur l'Italie. L'Autriche avait joué pendant la guerre de Crimée un rôle équivoque^ tandis que le rm de s.'i; ilai^m: n'avait pas craint de joindre sa jeune armée aux troupi-s aiiKlo-françaises. Cette circonstance avait fait de la France la priiii'ctnce naturelle du Piémont, et par conséquent de l'Italie, d'-iii (c pt-iii ruyau:iie était comme la dernière citadelle. Aussi lorsque rciiii cru..r d'Autriche, François-Joseph, en dépit des efforts de la •liploniatitr européenne, passa le Tessin (29 avril], comme l'cmperi-iir .Nicolas avait passé le Pruth, la France se trouva encore en l.ic« ili co nouvel a^Tcsseur et aux cAtés de l'opprimé.
L'uMpcreur Napoléon reprenait par cette guerre la politique sérulairc de la France du côté des Alpes, qui consiste à ne point soufli:r la prépoienrc do TAutriche ou de rAllcmagno en Italie, c'est- ;i (i..e sur iH'tnr fiontiêrc du sud-est. S'il avait, comme président de la rLpiiljli'jue, contribué au retour du pape Sans la ville de Rome, ce n'i-:j:i pi ^ ; •■ir {crjtéluer dans la péninsule l'oppression autrichienne et la S' ;\ iiu«ie ^'é^érale. I.a soudaine apparition d'une armée française ftur ( ( .li terre où nos armes, depuis trois siècles, avaient laissé
.rj LE SLCUND EMPIRE (1853-1870).
L'Kiir|iui'cur ilijiini rexeni^'lv pur des Irnraui entrepris à ses frais >Lin$ la Solo^c, la Cliampat'ne cl les Landes de Gascogne.
L'agricullurc Sranfùia est surtout entiavée pu l'ignorance et par W manque de voies de communication : une Loi fut prôparée pour l'acliËvemcnt des chemins vicinaux, et l'enseignement élémentaire de l'agriculture Tut prescrit dans les écoles pour répandre jusqu'au Tond ries campa|^nes les conquËles ie la 9cii:ni!<j ou celles de
■ti>lltnllaB9 de crédit, llbcrtc commeretale. — Le crtdit,
qiii fait des avances k la cipacitc reconnue et au travail honnm la liberté, qui est leur régime le plus favorable, ont été développii. I.u Cridit foncier permit aux propriétaires do purger plus ai^émeot laurs hypothèques et d'améliorer leurs fonds ; le CrMit mobiUft lit circuler plus rapidement le* valeurs fiduciaires, trop rapidement mÈiue» puisqu'il en résulta des catastrophes. Une société dite du UftI <ie ienlance au lya^.ail essiiyu do faire a
qu'ai.1 plus pauvres, à U seule condition qu'ils foaaonl taboriem al honnêtes. Enlia, Icrsque l'État eut besoin, jio.ur faira Tace i des iépataet'ie guerre, de contrKtu' de* atopr^M^ il ttot à y Tiire pfeTtioper les jilau petits ei^Mox, M, M tim de l'admiser oraDt »ax twQiittierg, 11 ootkvlB Ioim Us Otte^^os ii prendre pu adiuiii à l'TipénLioo par 4«a wurnipitoiis directca.
iAioiepM économique ■ itoUi iqu'il fïiul miiltiptier l«e n d'tDiintige pour rcniire le eiimmecen OorinMat; que, anag wtmlt' fmc», l'industrie reste slationuiiiro ou produit à dea prât trnp iio- 1M qiu eatmant U coiuaAiiiiiitlDD, ëiiHd que, saoïi une k^IcoIti»e prci«pè»j l^u)dn«lri« lao^t. L'eiemple d* l'Aotletofre, i{iii ■ aviut ntcoeMifeKwid suppticafi les entraves misni au comiiiem M * À l'tndusltie par d'kneiem priTlIâges, et l'eipérienea dnuI<iUE«uU*' ninnt acquise dunnl une disetle de dsiu &anéw, dëi:idi>riail )■ HouTcmenont iL faice passer 1» Frimce du nigliiie À» ht jTolKWtV • iluriudostriejw dw dioilsdedouBaeejngripcsànnliiI de ta Ubmiè' i:»iiiiu«i0iale. VéthetU mobile^ nui n'èUit iju'uo* f^ne pour In cniumerce du blé, lui abolie ; des riduatiori* il« lariCn furent (iiM.miivoment décréMei ; enfln, à pasiir de 1860, 4a* traitas dr coamoroc que niallieureu^maaC le ICorp« lé)i>i>l&t'J' no diïcttla poini, fatqni sign^ avec l'AngletercD, la Belgique, l'iMlic, la Tiiriium, etc. Am ' lurui? du traité avac l'Angle lerre, iui>dùl« do luu» lo» ftuM*, I» gnuvccDQiDBnt anglais admoliait, ftu bout du deux ans, en 'tsi:ulii»e, DOS objets maoufactui^, dtiuinoalt onniiidérabUntMt tu ilroits SUT nos Importations de vins et d'alcoob et nos prodntU lU ' paplnr. En revanche, k go uve m c^cueDi francftis levait iMjtKihlbitinitf lur aa grand nombre d'objets d'origine ou d« manutattu» britannique et dimiituait pcogreialvement le* droits itur )*ia|Kvl*lion ic la houille, du ooke, dM ter), (oaloa. aoien et ou»(«i[a»«i
Une loi d'humaaitÉ abolit la contrainte par uorps et dlsih niuiia durée dasMTMtatioos prévEnlives.
Pour stimuler l'aûtivitè induatïielle, l'Empereur avait reprit, (A ^8bil. l'idée, d'ofigino tcancaise, mais réalisme pour la premiâro foit , por lus Anglais, d'une eïposilioo universelle oii le* industrie dM . dilTùipati peuples gont aoinpai^as, et où les vainquauri, dan* a« luttes paoiflques, reçoivent des récompenses qui eicila Lion des vaincus. L'expaaition universelle de ISBl, qui i 1.1 puiiisanoe industrielle el artistique de la Franco, a prÈssntt « :jaTat:lè>e excepLionnel. Il y a été rétervé une place imporlanie aui produits «taux questions «pii tntéreMenl 1m euyriers; dcux|ur}« y ont ouv^, sur U condition des tcavaiiieurs, une enquête dnnt les cooa^lMBGes pâment tlieoonsidérsbl«s, etdesprïx onlélitl^ Qoniés MU lUlnae oh AgM «e qu'on a appelé d'un beau naiBi l'harmoni* sociale, KdGd, les dâlégations ouvrières, Bonïii«i i l'elpnsitinn, ont «té appelées A rédiger des rapports et à exprimât
nttbr J
722 LF. SFCOND EMPIRE (1852-1870).
GrAce à la facilite do relations établies par les chemins de fer, la navigation à vapeur et le télégraphe électrique, les peuples mêlent de plus en plus leurs intérêts et leurs idées, ce qui devrait finir par rendre lc\irs destinés solidaires. Le gouyemement seconda ce mouvement en favorisant l'établissement de nouvelles lignes de paquebots entre nos ports de TOcéan et rAmériquo, et entre ceux de la Méditerranée et les côtes de l'Asie, pour multiplier nos échanges avec les contrées les plus lointaines. Ea 1862, on pouvait déjà mesurer les effets produits sur notre commerce par tant de mesures habilement calculées. Le chiffre annuel des importations et des exportations avait triplé en douze ans: il s'élevait à six milliards.
Le même esprit libéral se trouve dans la loi de 1864 sur les coa> litions, qui consacra, sous une forme nouvelle, le principe de la liberté du travail en permettant aux ouvriers de discuter entre eux les conditions auxquelles ils donneraient leur temps, leurs bras et leur intelligence. Une autre loi beaucoup moins efficace sur les sociétés coopératives offrit aux ouvriers des facilités pour associer leurs épargnes et fonder des établissements industriels (1867).
Le paupérisme, attaqué par ces mesures de bienfaisance, comme par lactivité donnée au travail, livrait moins de gens sans défense aux mauvaises tentations de la misère. La diminution progressive de la criminalité, constatée d'année en année par la statistique judiciaire, témoignait des progrès généraux de la moralité publique. De 1848 à 1861 le nombre des accusés diminua de près de moitié. Malheureusement les rêveurs farouches continuaient à propager dans ro.iibre leurs dangereuses utopies. •
iiiik»iructl(iii publique, Hautes Stades* — > Les conditions nouvelles de l'industrie et du commerce font une nécessité, même pour l'ouvrier, de savoir lire et écrire. En quinze ans le nombre d'enfants qui reçoivent l'enseignement primaire s'accrut d*un million ; les maisons d'école furent multipliées et la situation des maîtres améliorée.
Apprendre à lire au peuple, c'est bien; mettre de bons livres! sa portée, c'est encore mieux; en quelques années, 13000 bibliothèques scolaires furent établies.
La loi du 10 avril 18G7, qui améliora l'ensemble des ser\''icesde l'instruction populaire, organisa en outre les écoles de filles, développa la gratuité et consacra les cours d'adultes, dont 30 000 ouverts en 1867 avaient reçu 830000 élèves.
Dans l'enseignement secondaire, les études classiques un moment ébranlées ont été raffermies, et la loi du 21 juin 186â organisa l'enseignement secondaire spécial auquel se rattachent les formes diverses de l'enseignement professionnel ou technique; l'école normale de Clunr fut rond''e pour former les professeurs du nouvel enseignement. L'industrie française obtenait ainsi son système particulier d'instruction, comme les professions libérales ont trouvé le leur de-
puis des siècles dans lea études elusiques. LacrëatioDd'iin concours ({énéral pojr la. France entiire donns i, ces deux ordres d'itudw le stimulant de l'émulalion.
Les sciences et les trlivaux les plus ilcTis de l'espril recenient aussi des encouragements par la. fondaticiQ de prix considérables dans les cinq sections de l'iaslitul, p&r l'impulsioti donnée aux lociétés savantes des départements et par les nombrauses missions scientifiques envoyées en Grèce, en Egypte, en Asie Mineure, aux sources du Nil, etc. EnSn, 1 cAté des grandes écoles professionnelles d'où l'on sort avocat, médecin, ingénieur, otScier ou proteiseur, l'école des Hautes lïludes, créée pour l'avancement tbéoriqae dcs'sciences et des lettres savantes, fournil 1 chaque homme èml-
nenl lus m >^ eni de multiplier les décoaverlM itt de «e préparer ilr.» «iicc(->4eurs vn conttiluaat autour de lui une sorle de famillp
■••llll^Mc ritérlmrr. «MarrM. — Napoléon III, annt 'l'être ciiuriinné, avait dit : ■ L'Empire, c'est la paix; • formule heurpU'ie si elle avait pu être appliquée. Mail la France ne voulail pai l'une piii âliiul prix, tl y eut donc sous ce riftne des guerres que a naiiiin accKi'U c^niime des nécessités de &<■ vieilles traditions île ^iiili'iju'' nitionali! et d'hunneur militaire. Il y en eut malheureu^elUKnl diii-i i|u'elle ilcsapprouvait; et le second Empire est toiulié ir entrepris une qui était inévilalile, mais qui ne fut
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alK^ri,
724 LE SECOND EMPIRE (i852-l870).
ration nécessairo ; mais nous venons d'expier cruellement, par U neutralité ou Thostilitc secrèle de la Russie, la gloire gagnée àSé-
bastopol.
tSuerrede Crimée. Traité de Paris (t6S4-S«]. — Depuis Ins traili's de 1815, la Russie exerçait sur l'Europe une prépoadurance menaçante. Le czar Nicolas était devenu la personnification d'un sysicmo redoutable de compression et de conquête. Il n'avait jamais pardonné à la royauté de Juillet d'être sortie d'une émeute légitime; en Allemagne, il avait appuyé les souverains dans leur résistance aux vœux des peuples. Il avait tout fait pour dénationaliser la Pologne, dunt les traités de 1815 lui avaient reconnu la ])Osscssion, à la condition qu'il lui assurerait un gouvernement constitutionnel. Un instant étonné par la révolution de 1848, le czar avait bientôt repris son ambition. Après avoir sauvé l'Autriche en écrasant les Hongrois révoltés contre elle, il avait pensé que la prascnce d'un Napoléon sur le trêne de France garantissait à la Russie l'alliance des Anglais, et il avait cru le moment venu de saisir l'éternel objet de la convoitise moscovite : Constantinople. En toute occasion, il afTcctait un protectorat hautain sur les sujets chrétiens de l'empire turc; il finit par essayer de s'entendre sous main avec l'Angleterre pour le partage des dépouilles de l'homme maladt Qû Sultan). En 1853, il fit occuper les Principautés danubiennes et arma à Sébastopol une flotte qui semblait formidable. L'empeiew Napoléon donna le premier signal de la résistance en eavoyWtkardiment la flotte française de la Méditerranée, à Salamine, pour k tenir à portée de Constantinople et de la mer Noire.
Il entraîna l'Angleterre, d'abord hésitante, dans ion alliance, et s'assura la neutralité de l'Autriche et de la Prusse. Ia destruction par4esflu8ses d'une flottille turque àSinope fut le eignal du oommencement des hostilités. La flotte anglo-française entra dus la mer Noire, tandis qu'une armée expédiée des ports de la Grande- Bretagne et des nôtres se rassembla sous les murs de Constantinople. Le 14 septembre 1854^ les alliés, forts de 70 000 hommes, débarquèrent sur les côtes de la Grimée, et la victoire de l'Aima permit de commencer le siège de Sébastopol, forteresse formidable, qu'il fallait anéantir pour mettre Constantinople à l'abri d'un coup de main.
Ce siège, le plus terrible qu'on ait vu dans les annales de l'histoire moderne, dura près d'un an. De continuels combats, deux victoires, celles d'Inkerman et de Traktir, méritèrent à nos soldats moim de gloire que leur indomptable courage contre un climat terrible etnn ennemi qui se renouvelait sans cesse. Enfin, le 8 septembre 1855, après des miracles de constance, la furie française et la solidité anglaise eurent leur récompense : la tour Malakofl" fut emportée et la ville prise. Quelques mois auparavant, l'empereur Nicolas était mort, en prévoyant la ruine de ses vastes desseins.
F-;i flotte anglo-française dans la Baltique avait détruit Borna r-
sund, le boulevard avancé de la Russie contre la Suède, et dans la Dicr Noire nos canonnières cuirassées, servant pour la première fois, avaient obligé la forteresse de Kinburn à se rendre, ce qui nous ouvrait la Russie méridionale; une escadre alliée avait même pris Fétropaulosk, sur l'océan Pacifique. Enfin la diplomatie française avait fait entrer dans la ligue contre la Russie le roi de Suède et le roi de Sardaigne ; elle allait entraîner peut-être Pempereur d'Autriche. Le czar Alexandre II, successeur de Nicolas, demanda la paii; elle fut conclue à Paris, sous les yeux du souverain dont le pays avait eu la part la plus glorieuse à la guerre. Cette paix (30 mars 1856) neutralisait la mer Noire, interdisait par conséouent à la Russie d'y avoir une flotte de guerre, lui enlevait quelques portions de la Bessarabie, rendait libre Jusqu'à ses embouchures la navigation du Danube, et proclamait dans le sens de la liberté les droits des neutres pendant les guerres maritimes. Ainsi la Russie reculait, le droit des gens faisait un pas, et la France recoutrait la plénitude de son influence en Europe. Les visites de la reine d'Anffleterre, du roi de Portugal^ du roi de Sardaigne Victor-Emmanuel, d'autres souverains encore, à l'empereur Napoléon III, furent un éclatant témoignage de la grandeur que la France venait de retrouver. Mais cette gloire était tout le profit que nous tirions d^ne guerre où beaucoup de. sang et d'or avaient été dépensés. Nous Tenions de faire en Crimée de la politique de sentiment dont les Anglais eurent le bénéfice. Quand vinrent nos malheurs, les Russes se i luvinrcnt de Sébastopol pour nous laisser accabler et ('Angleterre ruiililia afin de n'avoir pas à nous tendre la main.
<au«rre d'Italie, pals de VIllafraBca el tnilSé de ■«rlck ^lINfcS)* — Après la Russie, c'était l'Autriche qui avait été le plus en opposition avec les idées modernes; comme la première pCNait sur la Turquie, la seconde pesait sur l'Italie. L'Autriche avait jonc pendant la guerre de Crimée un rôle équivoque, tandis que le ri)i de S:Lt daigiii.' n avait pas craint de joindre sa ieune armée aux tFDUpis allait)- françaises. Cette circonstance avait fait de la France la proUctnce naturelle du Piémont, et par conséquent de l'Italie, (li-ut ce p<:iii ruyau::ie était comme la dernière citadelle. Aussi lors- (jiic Teuii ère àf d'Autriche, François-Joseph, en dépit des efforts de Ui •iiploiuat:e curupéenne, passa le Tessin (29 avril}, comme l'empcri'iir Nicolas avait passé le Pruth, la France se trouva encore en i.i'H- du co nouvel a^Tesseur et aux côtés do l'opprimé.
L'c.:ipL-rciir Napoléon reprenait par cette guerre 1^ politique sera lairc d«' la France du côté des Alpes, qui consiste à ne point soufi::r la pn poinu.e de TAulrichc ou de l'Allemagne en Italie, c'est- ;i (l.:f sur i.i'tre fronlièrc du siid-est. S'il avait, comme président de la ri jjuliii ;iie, contribué au retour du pape aans la ville de Rome, ce li'i. i jii ;> I ^ ; ir p<>rpctucr dans lapénin^ule l'oppression autrichienne cl la s* . \ iii.ije fjt'iiérale. La soudaine apparition d'une armée française »ur II :t' 'crrr où nos armes, dopuis trois siècles, avaient laissé
tant de traces glorieuses, causa une surprise profonde. L'Europe, attentive et émue, l'Angleterre bienveillante, la Russie et la Prusse étonnés, observèrent ; TÂutriche et la France restaient seules en présence, La guerre dura à peine deux mois.
Après la brillante affaire de Montebello, qui déjoua une surprise tentée par les Autrichiens (20 mai), l'armée franco-piémontaise se concentra autour d'Alexandrie; puis, par un mouvement hardi et habile, tourna la droite des Autrichiens, qui avaient déjà franchi le Tessin, et les obligea à repasser cette rivière. Pris entre le corps d'armée du général de Mac-Mahon et la garde à Magenta, les Autrichiens perdirent 7000 tués ou blessés et 8000 prisonniers (4 juin). Deux jours après, nos régiments entraient à Milan.
L'ennemi, étonné de ce choc si rude, nous abandonna sa première ligne de défense, où il avait cependant accumulé de longue main de puissants moyens d'action et de résistance. Il se retira sur PAdda, après avoir vainement tenu un moment au lieu déjà fameux de Marignan, puis sur le Mincio, en arrière des plaines illustres de Castiglione, entre les deux forteresses de Peschiera et de Mantoue; il se trouvait là adossé, comme à un point d'appui inexpugnable, à It grande place de Vérone. L'empereur d'Autriche, avec un nouveau général et des renforts considérables, était venu y attendre l'armce française. Les Autrichiens avaient depuis longtemps étudié ce champ de bataille; ils étaient 160 000 échelonnés sur les hauteurs, appuyés au village de Solférino, et pouvaient nous déborder dans la plaine. Napoléon III avait à peine 140 000 hommes sous la main et était obligé de combattre sur une ligne de cinq lieues d'étendue. Tandis que l'aile droite lutte contre l'ennemi dans la plaine pour n'être point tournée, et que le roi Victor-Emmanuel, avec ses Piémontais, résiste bravement à gauche, notre centre prononce une vigoureuse attaque, et, après une lutte héroïque, emporte successivement le mont Fenile, le mont des Cyprès et enfin le village de Solférino. La ligne ennemie est brisée; ses réserves sont atteintes, avant d'avoir pu s'engager, par les boulets de nos nouveaux canons rayés. Tout fuit dans un affreux pêle-mêle ; mais un orage épouvantable, accompagné de grêle et d'une pluie torrentielle, arrête les vainqueurs et permet aux Autrichiens de repasser le Mincio; ils laissaient 25 000 hommes hors de combat. L'empereur Napoléon prenait, le soir, son quartier général dans la chambre même qu'avait occupée le matin François-Joseph (24 juin).
Deux fois vainqueur, l'Empereur offrit subitement la paix à son ennemi. L'Italie était délivrée, quoique une portion du territoire italien, la Vénétie, restât aux mains de l'Autriche. L'Europe, étourdie de ces rapides victoires, laissait se réveiller toutes ses jalousies. La Prusse surtout s'agitait pour soulever l'Allemagne et pousser une armée sur le Rhin. L'Empereur crut avoir assez fait en rejetant derrière le Mincio l'Autriche établie naguère au bord du Tessin, et, te 8 juillet, il signa avec François-Joseph, à Villafranca, une paix
dont les conditions principales furent confirmées à la fin de Tannée par le traite de Zurich. L'Autriche abandonnait la Lombardie que la France céda au Piémont et acceptait le Mincio pour sa frontière dans la péninsule, dont les divers Etats devaient former une confédération sous la présidence du pape. Mais tous les intéressés rejetèrent ce plan, et le mouvement révolutionnaire continua. L'Empereur se borna à empêcher rAutriche d'intervenir. Alors on vit s'écrouler tous ces gouvernements qui, depuis 1814, n'avaient été que des iieutenances de l'Autriche, et l'Italie n'allait plus former qu'un seul royaume, moins Venise et Rome, lorsque l'Empereur crut devoir prendre une précaution nécessaire pour notre sécurité : il réclama le prix de l'assistance qu'il avait donnée, et se fit céder, par le traité de Turin, 24 mars 1860, la Savoie et le comté de Nice, qui augmentèrent la France de trois départements, et portèrent notre frontière méridionale sur la crête des Alpes. Pour la première fois depuis 1815 la France franchissait, non par force et par surprises, mais à la suite d*un grand service rendu à une nation amie, par de pacifiques accords et après le vote solennel des populations, les limites tracées autour d'elle à Tépoque de ses revers. L'Europe n'osa point réclamer.
KX|»edltl«B« et snerrcii li«m d' Barope em Syrie , ea Cliinc, eH CeelilBclilBe, mi Hexl^ve. — L'Ëurope.ne peut plus s'isoler des autres continents; avec les progrès de la civilisation, fiu commerce et des relations générales des peuples, c'est un devoir pour la France, la seconde des nations maritimes, de porter ses yeux ou sa main au delà des mers, partout où son honneur et ses intérêts peuvent être engagés. C'est la première fois que, avec ou sans l'appui de l'Angleterre, souvent sous sa surveillance jalouse, elle l'a fait avec autant d'indépendance et de fermeté.
En 1860, le massacre des Maronites chrétiens par lesDruses de Sy* ne démontrait de nouveau l'impuissance de l'empire ottoman à proi< gcr SCS sujets, et excitait les plaintes intéressées de la Russie. La Fiance, qui s'émut la première, eut l'honneur d'être chargée parles grandes puissances d'envoyer et d'entretenir un corps de troupes en .Syrie, pour aider le gouvernement turc & pimir les coupables. L'année suivante, une conférence diplomatique, réunie & Constantinoplc, ré^ia le gouvernement du Liban de manière à éviter le retour de ces d<''p»lorablrs catastrophes.
Celte apparition du drdpeau français en Orient n'était pas inutile à la }>oursuite d'une grande entreprise commencée par M. de Lc^ >f*ps sous l(>s auspices du gouvernement français, l'établissement à ri>tiim<r d<' Suf 7. d'un canal qui réunit la Méditerranée à la mer H" ;;.'«', <'t iiiU directement l'Europe en communication avec l'extrême
« Tlrnl.
1.1 iiK'ine année, à l'autre extrémité de l'Asie, la France et l'An- ^•1' i«rre a\ aient été obligées de diri^'er une expédition contre la ■ c>, ijùi a.ait viulé lc> Cfiiditioiis d'un traité précédemmeui fait
7ïe LE siicOND 1..MPIHE [IBSi-lUTO).
avec eUo- En mains rie sU mois, les Ilottes ilUéos tra[i!iiiarlïr«ni |[i 000 batomes et tout un iniicense appareil de guerre, iliUOU IKuu de nws cfitea, sar le» rivage» du PeiUo. L'empereur ijc Oiiiie enrciii TÛÛOOUummea »u-dav«nt de cens qu'il Bppelfiil dea borbarM. CeU* iriufcelles fort* aocumulé» suris route de PïiUugMUnrwap*» detant la petite troupe eurapéeime qu« cammindail la giaéT»i Cmain-Mo»taaliUi. tes boucbas du fteuTs [ureolCaro^, \n Xoi'Uqui les dBfendtieDt enlevés par uuevWe et lirilUole attaque, «pri» «uvi les silida ijiarchËreni résolument «ur PékiDg. UcuuroliinaiaiiMiiîi de noui tromper par de fautes nâitociiitiana, dont iiuoIques-uM^ Doa ejtvojôs fureni ricUoies, el de surprendra nos troupos n)ii gv gDcrenl UlmUillodoPalitaO' La ville de PéLio8,dèC0ilvert«, »U««( Stre boiuliardéfl ; déjà le palais d'été avait été pr\â Bl Il«r4 «u |)i|l«ge. Le prince Koag, Xrère de l'empereuc, se d^id* » trtiUr xMusemcnt (!S octobra 18601. Lm iirm<^es alliées entiiraiu dui» poUni pour recevoir les ratiScationa du traité, en vertu duquel ie gamv neuient chinois s'engagea à admettre des ambaMadcu» «ngl^a frdUsaisdansU capitale, p.iyaune indeuiitité di IIQ uilUon^ouvW le port deTsiea-Tsin,B"'anlit d'avanlageusM condilioni c ciales aui vainqueurs, et restitua k la France lea %!i^eB et l rcs appartecaul 'lux chrâttens. Le Céleste-Soipirc iUi[ wifuri, K, par voie de cousëquence, l'empire du J(ipoii, qui aj«nt, «a \MSA Tsil des traitée de ecmmerce avec les principaux ÉlaXt «otoiiMa^ était disposé, par la crainte d'une U^on pareille, i les n^lvux n»
U gouverneKeat fraa^is profita d« m force dans cea parvgM pour acbever contre l'empire d'Annani, en Coebincbine, tine nqiidition conuneecée deux années auparavant, de caocçrtavveU^E^ pagnols. 11 était impossible d'obienir de ce gouverne^ient la sëevlt^ l«ur nos missioniiairea et nos relations commereialei. Lafimcoe avait résolu de former un établiaaement aux embouchure» du graAil tIeuvB Cambodge, et s'était emparée de Saigon, pour en taire la c*pilale. lUi^ nous ï vivions au milieu de cojttioiwllM inqiiiéludâa. Des troupes revenoei de Chine dégreot l«i Anniim
rirent de Mythe, Je BioJA-Uoa et imposèrent ii l'ompurQur TUrllW --■■ - • 'M. IIP wS.
le paii (1863) qui stipula le respael des n de oommorce avan^^Qui, et la pesseiiion du trots }>rMiÛ autour des bouclier du Cambodge, dans un paji udmiraUcigiUl fertile, eoUe les iPilo! et la Cbine, i portée des Phillii^ig* et des Moluques. *. L'établissement de. Saigon, disait nagu^» V( voïageuranglaiajpourrailcbaiigerlairecliond.u comme rce^ çl âftvenir le principe <uïi empire égal peul-fitre un jour i oéloi ita l'Inde, .
Ainsi la France, qu'on s'habituait trop i n puissance surtout continentale, portait siin actÎTitë sur twu le» rivages de l'Océan. Elle fut dans le ménia temps appelée à un autre lioui du raoude. Depuis longtemps la France, l'Angleterro atlTÈipB-^
gne avaient des injures à venger et des réclamations à eiercer contre le gouvernement anarchique du Mexique. Au commencement de runnuL* 1862, les trois puissances s'entendirent pour agir en commun, comme nous avions agi enChine, avec les Anglais; en Cochinchine, avec les Espagnols. L'expédition était déjà en cours d'exécution, lorsque les cabinets de Londres et de Madrid, à la suite de malentendus, renoncèrent à l'entreprise. La France, restée seule, ]<ersista à venger les communes injures. Un échec ayant engagé 1 honneur du drapeau, on commit la faute de déclarer que la France ne traiterait pas avec le président Juarez; ce qui nous condamnait à importer dans ce pays un gouvernement étranger, ou à conquérir ces immenses solitudes. Il fallut envoyer, au lieu des 6000 hommes partis d'abord, jusqu'à 35000 soldats. Puehla fît une héroïque résistance; mais les clefs de Mexico y étaient, l'armée les y prit (18 mai 1863). Quelques jours après ( 10 juin) , elle entrait à Mexico, etla population proclamait empereur , sur les indications de la FrancBi un prince autrichien, l'archiduc Maximilien. Après le départ de nos troupes, en 1867, le malheureux prince fut pris et fusillé par les républicains, à la suite d'un jugement dérisoire. Cette expédition imprudente et mal conçue était un grave échec pour notre politique ei pour nos finances.
Tranetformatlon de l'Empire aatorltalre en Empirç libéral. — Ainsi, en quelques années, la France avait rendu à l'empire turc la sécurité, aux provinces roumaines l'union, à l'Italie Tindépendance , aux chrétiens de Syrie des garanties d'existence , in christianisme, à notre commerce et à notre influence, l'entrée delà Chine, de la Cochinchine et du Japon.
Au dedans, nombre de villes avaient été transformées ; le payi s'était couvert d'un immense réseau de chemins de fer; l'agriculture avait changé la face de plusieurs provinces; l'industrie tenait tête à celle de l'Angleterre et le commerce transportait pour 6 milliards de produits. Les classes laborieuses avaient trouvé, dans les bcnélices du travail développé partout, im accroissement de bienêtre 0U| dans les institutions de bienfaisance multipliées par l'esprit de charité, un soulagement à leurs misères. Dans les villes, il est vrai, les ouvriers étaient toujours agités par les questions sociales et par des souvenirs de république; mais ceux des champs, contents de vendre leurs produits, chaque année, plus cher, ne demandaient que la continuation de l'ordre. Quant aux classes bourgeoises, enrichies par une industrie dont l'essor était dû à la liberté du travail et du commerce, elles réclamaient, pour la vie publique, des libertés et des garanties dont elles avaient pris le goût et le besoin en traitant de très-grandes affaires privées, et qu'elles avaient, en 18&2, momentanément sacrifiées à la peur des discordes civiles. Elles souhaitaient la suppression des candidatures officielles pour tirer le pays de tutelle et arriver à une représentation sincère de la volonté nationale; elles entendaient que, conformément aux idées de 1789,
J*État Tût conduit, comme une grande société industrielle, avec économie, prudence, au seul profit et par l'action des intéressés.
De nos jours la dictature ne peut être que temporaire , Napoléon III le savait, et au moment mémo où il prenait possession du trône, il avait promis que la liberté couronnerait un jour le nouvel édifice politique. Après Solférino, il songea à la ramener dans nos institutions.
Il commença cette œuvre par le décret du 24 novembre 1860, qui associa plus directement le Corps législatif à la politique du gouvernement. Il la continua par le sénatus-consulte du 2 décembre 1861, qui ôta à l'Empereur le droit de décréter des crédits eilraordinaires dans l'intervalle des sessions; par la lettre du 19 janvier 1867, qui ouvrit l'entrée des Chambres aux ministres , afin qu'ils pussent à tout instant rendre compte de leurs actes au pays; par les lois sur la presse, qui fut replacée dans le droit commun , et sur les réunions, dont bien peu furent utiles et beaucoup détestables (11 mai et 6 juin 1868). Enfin, lorsque, au dehors, l'issue malheureuse de l'expédition du Mexique et la position menaçante prise en Allemagne par la Prusse, après sa victoire de Sadowa sur les Autrichiens, à rintérieur, les progrès de l'esprit public , favorisés par la prospérité générale, eurent amené des désirs plus vifs de liberté, que les élections de 1869 constatèrent, TEmpereur renonça à son pouvoir personnel, et, par le sénatus-consulte du 20 *avril 1870 proposa au peuple français la transformation de l'Empire autoritaire en Empire libérai. Le 8 mai, 7 300000 citoyens répondirent oui à cette question contre 1 500 000 qui répondirent non.
Pour mettre l'organisation du pays en rapport avec la nouvelle constitution, de grandes réformes étaient nécessaires. Depuis long< temps, par suite d'une centralisation excessive, la France ressemble à une pyramide renversée : la tète portant tout. Il fallait replacer la pyramide sur sa base, c'est-à-dire faire reposer les institutions d'État sur de larges institutions de commune, de département, même, à certains é^'anls, de province, où se prépareraient les hommes dont les grandes allai res publiques ont besoin, et qui préviendraient tv>ut à la fois les excès de la liberté comme ceux du pouvoir. U fallait encore simplifier et rajeunir les administrations, instruire et armer le peupie, faire des citoyens par la pratique d'une liberté austère et faire des patriotes par l'éducation nationale et morale de toutes nos populaiiuus '. liais pour tout cela le temps et les hommes manquèrent.
1. Si l'oD trouvait que cet pensées viennent bien tard à l'aotear de os livre, il serait forcé de rappeler, pour ne citer que quelques actes poblics, (jii 11 av.i.i, dans cet orare d*ide«», présenté au Sénat un projet de réorgd:.i!>aiioQ de l'iDatruction supérieure des écoles de iLtat, d'apréa le principe de l'auloQuoiie des Acaaémies provinciale^ et rah»olue liberté d'enteiKiteiuetit pour len hautes écoles privées ; qu'il avait demandé l'iostrucUon pr. maire obligatoire; introduit dans les lycées, ie:i collège», les écoles normales, bous la surveillance dus olûciers de ioiuiee, rcicicice du fusil et