‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 9 sur 73 · S3 HENRI · texte numérisé non relu

S3 HENRI

AiHHlmt dH 4ae d« «bIm [lASB). — Llnvincibla — Armada vensit d'Atn

détruite, on ponnil s'attaquer k l'allié de Philippe IL QuolquesuDs voulurent mettra le duc de GuIm endéflance : ■ Il n'owrait,»

i%poDdit-il. Le roî oaa,

■ Il y s longtempi, disait-il, que je suis som la tutelle ds meaaîeun de GniHije niii ré* Bola d'en tirer raiion; qui a eompagnon a aottrs. » On loi propoMdt l^mpriBonnemeat légal et le proc^ en îonna. « Mattre le Guisard en prison, reprit-il, ca mfait meUn dans lei Qlet^ le un^^ qni serait plui puisBant que nos cordée. ■ Q était décidé, sMl ne trouvùt personne pour ft-apper te duc, k fkire le coup lui-ffiAme ; le jour (ut flié au S3 décembre.

Le 32, encore le duo di h s'éloigner de Blois.

■ Qui quitta la partie la perd , ■ dit l'arche.

Téque de Lyon, et Guise ajouta: ■ Hea afTaires sont réduites

commDnlqiiés ■Tintd'ttrt i;"p. II».)"

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en tels termes, que quand je yerraÎB entrer la mort par la fenêtre, je ne voudrais pas sortir par la porte pour la fuir. » Le roi l'avait averti que, se proposant d'aller passer la fête de Noël à Notre-Dame de Cléry, le conseil privé se tiendrait k six heures du matin. A quatre, le roi appela les Quarante-Cinq : c II n'y a aucun de vous, leur dit-il, qui ne soit obligé de reconnaître combien est grand l'honneur qu'il a reçu de moi, ayant fait choix de vos personnes pour confier la mienne à votre valeur et fidélité. Vous avez été mes obli* gés , je veux être le vêtre. Le duc de Guise est résolu de faire son dernier effort sur ma personne, pour disposer après de ma couronne et de ma vie. Je suis réduit à telle extrémité, qu'il faut que je meure ou quHl meure, et que ce soit ce matin. Ne' voulez-vous pas me servir et me venger? > Tous s^écrièrent qu'ils étaient prêts à tuer le rebelle. « Cap de Dieu ! dit Tun d'eux. Gascon, nous vous le donnerons mort 1 Le roi leur distribua lui-même des poignards et les posta dans son cabinet, dans sa chambre, sur l'escalier. En même temps, avec cette dévotion tout italienne qui mêle si aisément le crime et la prière, il faisait dhre une messe par un de ses chapelains « pour que Dieu lui ftt la grâce de pouvoir exécuter son entreprise. >

Le duc arriva plus tard qu'on ne l'attendait. Il reçut encore en route un billet qui lui annonçait son sort : c C'est le neuvième, » dit^il. Arrivé dans la chambre du conseil, il s'assit quelque temps. < J'ai froid, dit-il, le cœur me fait mal. 1 Quelques moments après, un secrétaire d'État vint le mander de la part du roi. Il passa de la chaiùbre du conseil dans celle du prince, salua les gentilshommes et se dirigea vers la porte du cabinet où il supposait que se tenait Henri. Au moment où le duc soulevait la portière, un des Quarante- Cinq * le saisit par le bras et lui enfonça son poignard dans le sein, en criant : « Traître, tu en mourras! » Tous les poignards se levèrent aussitôt, c Eh! mes amis, mes amis! > s'écrie le duc : et, bien que firappé de tous côtés, il entraîne ses meurtriers d'un bout de la chambre à l'autre , les bras tendus, jusqu'au pied du lit du roi, où il tombe expirant. « Ah! s'écrie le cardinal en entendant le bruit, on tue mon frère. — Le roi a affaire à vous, monsieur, répond le maré-

t. Les Qiuraiiie-einq étaient U sardt penonnell* du roi ; Guise avait de* nandé leur Ucenciement.

chai d'Âumont, ne bougez pas I > Et il le fit emmener. Le lendemain, on le tua à coups de hallebardes et Ton brûla les deux corps afin qu'on n'en fit point de reliques.

Le meurtre accompli, le roi sortit de son cabinet pour Yoii si son ennemi était bien mort, et le contempla longtemps; puis il courut dire à Gathenne de Médicis, qui, alors âgée de soixante-dix ans, se mourait : c Je suis redevenu roi de France, madame, ayant fait tuer le roi de Paris. — Ce n'est pas tout de tailler, mon fils, répondit-elle, il faut recoudre. >

Assasiinat du roi Henri III (1589). — .Tuer le duc de Guise, en eiïet, ce n'était pas tuer la Ligue. Henri III avait cédé au désir de se venger, plutôt qu'il n'avait, par ce crime, accompli un dessein politique. « Morte la bote, disait-il, mort le venin 1 » Il se trompait ; Guise tirait sa force de la Ligue, et non la Ligue de lui. Â la nouvelle de sa mort, arrivée à Paris la veille de Noël, il y eut un moment de stupeur, puis la fureur éclata. Toutes les églises retentirent dHmpr6cations contre « le cauteleux cafard » et do lamentations au sujet des « deux frères martyrs de Jésus-Christ et du public. » Le fameux prédicateur Lincestre déclara qu'Hj^rode n'était plus roi de France, et il fit prêter à tous les auditeurs le serment de verser leur dernière goutte de sang pour venger la mort de Guise, c Levez la main, dit-il au prôsictent de Harlay, levez la main bien haut afin que le peuple la voie. « Des processions de nuit et de jour sillonnèrent la capitale. Dans Tune d'elles, cent mille personnes portant des cierges les éteignirent tout d'un coup en criant : c Dieu, éteignez ainsi la race des Valois. >

Les Seize forcèrent le conseil de ville à donner le commandement de Paris au duc d'Âumale, en attendant l'arrivée de Mayenne. La Sorbonne décréta c que le peuple français était délié du serment de fidélité prêté à Henri 111. » Il était difficile d'ébranler la fidélité monarchique du parlement, on l'épura. Le gouverneur de la Bastille, Bussy-Leclerc se présenta au palais. Achille de Harlay s'y trouvait; averti le matin de rester chez lui : « Je n'en ferai rien, dit-il, ils ne sauraient me prendre en plus digne lieu qu'en mon siège. » Lorsque Bussy-Leclerc lut la liste de ceux qu'il venait arrêter en tète de laquelle était le président, cinquante se levèrent et le suivirent.

Henri III n'avait rien fait pour tirer profit du meurtre. Sa

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mèn lui amt dit «raat de naourir* qu'il lui hllait lauBtooant pramptituds «t rteriution. j 11 eroyut({u'il éUit encore rbMn ds négociar, «t il écrirait L t» fois la pfipe, i Plii- Uppe II, à lUfflDiM, fc Henri da Nerarn, «âme à la Ligue qui reBToyaii dédaigneaseBieatMii hôraut «ana reolendi*. D'ËpemoB et quelqueamillierBdesei^BunacoiMiniawtprèa de lui ne lui donaaient pas «saei de foroe pour a^r, car,

•anf quelque! Tilles, ce qui D'était pas 4 la Ligue appartenait aux potiUquea ou aux protestants, et Texcommuaication lancée contre lui, pour le meurtre d'un cardinal, embarrassait jusqu'il ses amis. Il ne s'èlait donc point aauTé par le tiuet-apens de Blois, mais il avait sauvé la Turtune du TDi de Navarre dans les bras duquel il fui réduit h se jeter. Avant la derniura tragédie, le Béarnais avait été en de cruels embsrras. Le triomphe de ûuÎm du des ligueurs «ût eausé sa ruine. « 1^ diiible est déchaîné, écrivait-il (S latt» lUtl),«t c'est merreille nue Je ne succombe sous le rail. Si}* n'étais huguenot, je mêlerais Turc, Ahl lesTÎolenUtépm^

ves par où Ton sonde ma cervelle. Je ne puis faillir d^ètre bientôt ou fou, ou habile homme. Cette année sera ma pierre de touche. » Elle le fut. 11 sortit de là Thomme qui sut mener si bien, à travers les écueils, sa fortune et celle de la France. Henri Ul reçut le Béarnais àPlessy-lesTours, après lui avoir livré le passage de la Loire à Saumur*, en lui donnant cette ville et son tort château comme place de sûreté. Le roi de Navarre arriva habillé comme un soldat, le pourpoint usé sur Tépaule et aux côtés par la cuirasse, un manteau d'écarlate, un chapeau gris avec un panache blanc. 11 se jeta aux pieds de Henri III, qui le releva en rappelant son frère, c La glace est rompue, écrivit-il à Mornay, non sans nombre d^avertissenients que si yy allais j'étais mort : j'ai passé Teau en me recommandant à Dieu. >

La réunion de Tarmée protestante et de Tarmée royale sous le même étendard changeait complètement la nature de la guerre. Ce n'était plus le protestantisme féodal, c*éUit la Ligue démocratique qui menaçait la royauté; la monarchie entrait en lutte avec les masses catholiques révoltées contre elle. Henri 111 rappela à Tours son parlement inutile et lança un manifeste contre Mayenne et les chefs de la Ligue. Le Béarnais conduisit rudement la guerre, Pithiviers, ÉtampeS) Poissy furent enlevés de vive force. Pon toise fit une énergique résistance. Le roi de Navarre faillit y être tué : une arquebusade, qui lui était destinée, jeta mort un colonel huguenot sur l'épaule duquel il s'appuyait, en observant la place. En deux mois, il tut maître du terrain entre Loire et Seine, et 15 000 Suisses ou lansquenets arrivèrent. Le soir du 30 juillet 1589, les deux rois avec 40000 hommes, parurent en vue de Paris. Ils s'emparèrent du pont de Saint- Cloud, et les Parisiens purent voir la longue ligne des feux ennemis s'allumer et s'étendre en un vaste demi-cercle, sur la rive gauche de la Seine, depuis Argenteuil jusqu'à Vaugirard. Le roi de Navarre établit son quartier k Meudon, Henri III à Saint-Cloud. En contemplant de cks hauteurs la ville qui l'avait si ignominieusement chassé, il s'écria: « Paris, tète trop grosse pour le corps, tu as besoin d'une

1. Henri en donna le gouvernement à Duplessis-Mornay, une des pins

f>ures renommées de ce temps, et qu on appelait le pape des huguenots. 1 fit de Saumur, où il resta jusqu'en l6'ii, la métropole des calviaistes français. Il y fonda une académie protestante qui devint célèbre dans toute l'Europe et mit le château à peu près dans Tétat où nous le voyons «aujourd'hui.

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saignée pour te guérir et purger l'I^stat de ta frânâsîe. ■ C'est bien une SaioUBarLhélemji ()u'il comptai l recommencer, mais cette fois conlre les ligueurs. Dans Paris m6me ui ïmis Di^ s'en cachaient pas. its itliaient qu'avant trois jours il y aurait tant de pemlus, qu'on ne trouverai! pas assez (la bois pour les gibets. 11 avait mandé à la dudiesse de Montpensier qu'il la ferait brûler vive le jour de son entrée. A quoi elle avait répondu qu'elle ferait du pis qu'elle pourrait ■ pour le garder de passer Ips barrières.

Cependant la grande ville était atterrée; le peuple avait perdu do son énergie; mais la fureur s'était concentrée dan» les chefs et au fond deseloltres. Laduchesse de Montpensiar n'épargnait rien pour entretenir l'exaltation des pri^dicalaurt. Un bras fanaliiue se Et l'instrument do la fureur coimmine, et mit en pratique la doctrine du lyrannicide plus d'une fols soutenue dans l'école et dans la chaire.

L'assaut devait être donné le 2 août. La veille, au matin, un jeune TrËre du couvent des Doiiiînicains, Jacques Clément, sortit de Paris et se dirigea vers ^aint-Cloud. Sulraot les récils royalistes, il allait exécutur un projet conçu pir Mayenne et ia duchesse de Monlpensier. Il s'y élait prépari par le jeûne et les sacrements. Il était muni d'une buste lettre du président de llarlay pour Henri III et Tort bien renseigné. Conduit au roi, il déclara qu'il avait ti lui dire s en s!!cret des choses d'importance. > Les gardes i*éloi> gnërent, et, au moment oii le roi s'approchait, l'assas^iin lira un coul«au de sa manche et le lui plongea dans le bas ventre. I Le méchant moine, s'écria le roi, Il m'a tué ! > Henri arracha lui-même le fer de la plaie, d'où les entrailles aorlireDt aussitôt, et frappa «on assassin au visage. Le» gardes, accourus au bruit, massacrèrent le meurtrier tur la pJaiw.

On erat d*alwrd que It blenure ne serait point nM^Mbj mait UeDUt liwlwn TfoU&ts saisit la malad* «t BUJMl une fin proehan*. Honrl de Mavam ae «ndlt ntfiitit lui, « Hoa trhn, dit la roi, tous nju eonuna vaa aamtmtt et lea miena né traileBt; eoyex eertain que roua m lafM jamÛB roi ai voua ne nus foiles cathotiqua. ■ Puis ta Utvinant vert eaui cpil l'entouraient : < Je tous prie, law dlHIt eomme awa amis, et tous ordoqne, eomme Totra tpl, 4a reconnaîtra aprèa ma mort mon Mre que voilà; poor 'ma satisfaction et votre propre devoir, je tous conjure que voat

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lui prêtiez serment en ma présence. > Tous jurèrent II expira dans la nuit; il était âgé de trente-huit ans et en avait r%ué quinze. La race des Valois était éteinte.

La TÎeille Catherine dé Médicis était morte six mois auparavant, le désespoir dans l*Ame» sous la malédiction du cardinal de Bourbon, qui Taccusait d^avoir amené les Gui5>es à la bouciierie, et elle n'avait prts eu la consolation de penser que sa coupable vie avait été uUlo aux siens. Elle voyait, après trente années dVfiorts, de rases, de crimes pour affermir le pouvoir de ses fils, sa race menacée dans son dernier rejeton, le royaume déchiré, la couronne avilie, et la Ligue ou les hoguemits prêts à triompher.

Catharioe da Médicis a eu pourtant un apologiste qu*on ne s'attendait guère à lui trouver, Henri IV. Un jour, en lOOOf^ue la préi^eai de Qroulard rappelait an roi les maux déchaînés par elle sur la France : « Mais, je vous prie, dit-il, qa*eût pu faire une pauvre femme ayant, par la mort de son mari, dnq petits enfknts sur les bras et deux familles qui psnsaiiut di*cnvahir la couronne, la nôtre et celle des Guises ï Fallait-il pas quWle jouât d'étranges peisonnages pour tromper las uns et les autres, et cependant garder, comme elle a Ikit, ses enfknts qui ont successivement régné par la sage conduite d\ine femme si avisée? Je m'étonne qu'elle n'a encore fait pis! » Cest après tous ses malheurs que Henri pariait ainsi, quand c l^xpérience des choses du monde lui avait appris d'être plus prudent que vindicatif* • » Mais c'était oublier bien légèrement ses amis égorgés, et pour un brave soldat comme lui, qui n'avait sur les mains que du sang loyalement répanda, c'était pousser bien Join le respect de l'habileté. Il est vrai que lui aussi a joué bien des personnages*.

I. LeUrtê d'oct. tMi, ta iMéffrav* d« Hmm. If^toM «b |»aMant que ■•Sri IV o*étAlt parent éê Henri Ul oq'm vlnsi-d^vzièBe degré, ce qai. raiirta !• droit eWU« loi eût Até toat dratt è mriUfe privé da demiM* étt Valois.

t. FArrt BivtRS. — Rédaction dn code Henri m par le prMdent Britsaa. — Un édit de llll proclame U p4rmi$iim de tfwrailkr an droit rayai al aaaujeUit, an cooeeqaeoce, lea gêna da aiétier à certainea redevaneaa aoTara la iaa. — ut 7. Graatàon d'ona chaire d ar Jbe an GoUéga fajal.

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