DE LA PREMIERE ÉDITION
Un grtuid poète étranger appelait la France le soldat de Dieu. Yoilà en effet plus de douze siècles qu'elle semLle agir, combattre et vaincre ou souffrir pour le monde. Par un singulier privilège, rien de considérable ne s'est fait en Europe qu'elle n'y ait mis la main; aucune grande expérience politique ou sociale n'a été tentée qu'après avoir été accomplie chez elle ; et son histoire résume et précise l'histoire même de la civilisation moderne. Tel a été dans le monde grec le rôle d'Athè^ nés, et plus tard, au troisième âge de la civilisation ancienne, celui de Rome. Car il se trquve toujours un point où la vie générale est plus intense ejt plus riche, un foyer où la civilisation concentre ses rayons épars.
Je voudrais résumer en quelques lignes la marche générale de notre histoire et le rôle civilisateur de la France..
A l'origine, sur ce sol gaulois dont Strabon admirait l'heureuse structure, au point d'y trouver la preuve d'une divine providence, on ne voit qu'un mélange confus de populations étrangères les unes aux autres, dlbères et de Gaéls, de Zymris et de Teutons, de Grecs et dlta-