‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 4 sur 103 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

liens, où le vieux fond celtique domine. Et cependant, il faut, pour les dompter, dix légions, César et son génie.

Rome organise une première fois ce chaos. A ces peuples batailleurs qui ont troublé tout l'ancien monde par leur humeur vagabonde et guerrière, elle apporte l'ordre et la civilisation; elle couvre leur pays de routes, de monuments et d*écoles. Elle leur donne ses lois et son régime municipal ; elle leur léguera ses traditions administratives. La Gaule est alors la plus prospère, la plus romaine , et par con8éq[uent la première des provinces de l'empire.

Mais cet empire, à qui ses poètes promettaient une durée éternelle, s'écroule sous le poids des vices de son gouvernement. Des peuples nouveaux inondent ses provinces en y semant la ruine et la mort. L'invasion des Barbares se fait partout; c'est dans la Gaule seule qu'elle réussit; c'est là qu'elle fonde TEtat au sein duquel vinrent se perdre tous les autres. Combien ont duré les royaumes fragiles des Burgundes et des Suèves, des Vandales et des Hérules, des Goths et des Lombards? Le plus fort n'a pas vécu trois siècles, et les successeurs de Clovis et de Charlemagne ont légué leur couronne et leur titre à une maison qui n'est pas éteinte encore.

Après avoir tout recouvert, l'invasion s'arrête, recule et disparaît. Qu'est-ce que l'Afrique a gardé des Vandales, l'Italie des Goths, l'Espagne des Alains et des Suèves ? En France, elle se fixe et s'organise à la condition de cesser d'être elle-même en se laissant conduire par ceux qu'elle a vaincus, surtout par l'Église. « Quand tu combats, écrivait à Clovis un évêque de Valence , c'est à nous qu'est la victoire. »

L'évêque disait vrai. La victoire des Francs était le salut du clergé catholique; car, à cette heure, il était meni^cé des plus sérieux dangers qu'il eût jamais

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