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CHAPITRE XIV

DÉMEMBREMENT DE L^EMPIRE DE CHARLEMAGNE PAR LE SOULÈVEMENT DES PEUPLES (814-843) *•

LonU le Débonnaire (814-840). — Charlemagne avait bien pu fonder un vaste empire ; il était au-dessus de ses forces de donner à ces peuples différents d'origine^ de langue et de coutumes, des intérêts et des sentiments communs,

l4 Faits divers. — L'usage de compter les années à partir de la nais-

Pâques. Ce dernier usage prévalut de Hugues Capet à Gnarles IX. Un cipit'ulaire de 802 défend de se servir d'avocat : • Que chacun rende raison de sa propre cause et que personne ne prati(rae l'usage de discator poor autrui, t Un autre consacra le jugement d$ Dieu par toutes l«t espîecM d'épreuves.

3. Ouvrages à consulter i De la vie et dei aetiom de LoUii l» Dibonnairty par Thegan; Vie de Louis le Débonnaire^ par l'anonyme dit l'Astronome; Dei faits et gestes de Louis le Pieux^ poëme par Ermold le Noir; BisioiTt des dissensions des filé de Louis le Débonnairtf par Nitlurd.

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c^est-à-dire un mêHw déstr de rester unis dans une seule et grande famille politique. Il y avait unité matérielle, il n'y avait pas unité morale, et celle-là seule est bonne et forte, c La supériorité de gloire dont brillait Charles, dit le moine de Saint-Gall, avait engagé les Gaulois, les Aquitains, les Burgondes, les Alamans et les Bavarois à se glorifier d^ètro confondus sous le nom de Francs, j Quand Charlemagne eut dji^j^j^ttooi^flu^ colorait d^une apparence d'honneur leur as^nSeMenTlIu effacé; chacun ne songea plus qu'à soi et tira de son côté. Les ambitions privées des princes de la famille impériale aidèrent le démembrement des nations, celles des grand^^Qgi^|aires et des officiers impériaux favorisèrent le olorcelf^ent^âmlefs.

Charlemagne avait reconnu lui-môme la nécessité de donner satisfaction aux nationalités les plus fortement accusées et il avait fait ses trois fils rois : Louis, des Aquitains; Pépin, des Italiens; Charies, des Allemands. Les deux derniers moururent avant leur père et ce partage fut annulé; plus tard Charlemagne assura Tltalie à Bernard, fils de Pépin. Ces rois ne devaient être, dans sa pensée, que de dociles lieutenants et le furent tan^mi'il vécut. Mais quand la forte main qui tenait réuni ce faisceau^dè*' peuples fut glacée par la mort, il se rompit : les nations voulurent des rois, les rois de rindépendance. Pour comprimer ces ambitieux désirs, il eût fallu une volonté énergique, et c'était le plus faible des hommes qui recueillait le lourd héritage du puissant maître de rOccident.

Louis avait alors 36 ans. Il était pieux et intègre, mais sa piété était d'un moine, noti d'un roi, et sa justice dégénérait aisément en faiblesse ou en cruauté. Il commença par des actes de réparation qui pouvaient paraître aux vieux conseillers de Charlemagne un abandon imprudent des droits de l'empire. Il rendit la liberté et leurs biens à une foulod'hommes qui en avaient été dépouillés ; il restitua aux Frisons et aux Saxons le droit d'hériter qui leur avait été enlevé, et laissa les Romains instituer un nouveau pape, en 816, sans attendre la confirmation impériale. Lorsque Etienne IV vint ensuite le sacrer en France, il lui permit de prononcer ces paroles qui décelaient le désir du saint-siége de s'approprier le droit de disposer de la couronne impériale : « Pierre se glorifie de te faire ce présent, parce que tu lui assures la jouissance de ses libres droits. »

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En môme temps Louis réformait sévèrement la cour où, sous Gharlemagne Tieillissant, des désordres s'étaient manifestés; il punit sévèrement les coupables. Dans la pensée de diminuer le pouvoir de Taristocratie et de rappeler à la vie politique les Ahrimans de plus en plus dominés par les grands propriétaires, il exigea que tous les hommes libres lui prêtassent directement serment de fidélité. Il irrita ainsi beaucoup de monde, sans faire beaucoup de bien, puis, pour calmer le mécontentement, il prodigua les bénéfices, les donnant en possession perpétuelle, système qui ne iiit que trop suivi par ses successeurs, et qui les réduisit à la mendicité. Gomme depuis deux siècles il n'y avait plus d'impôts publics, le prince n'avait pas d'autres revenus que ceux qu'il tirait de ses domaines, et en aliénant ses domaines, il aliénait ses revenus.

v«rUi|re fait entre le» flls de Pemperenr (819). — A rassemblée ou concile.d'Aix-la-Ghapelle, en 817, on fit un règlement pour obtenir l'uniformité dans l'ordre monastique, qui fut soumis universellement à la règle de saint Benoit, et Tempereur fit un partage de ses États : Pépin eut l'Aquitaine, Louis, la Bavière ; l'aîné, Lothaire, fut asssociéà l'empire. Ses frères ne pouvaient sans son autorisation faire la guerre, conclure un traité, ou céder une ville.

Révolte et mort de Bernard (819-818). ^ Bernard, que son aïeul avait fait roi d'Italie et qui aspirait à mieux, ^ comme héritier du fils aîné de Gharlemagne, se prétendit lésé /^M' par ce partage. Les peuples, les cités de par delà les monts// qui songeaient déjà à se délivrer des barbares^ pourconmiencer une vie libre et nationale, s'associèrent à son ressentiment, c L'empereur revenait de la grande chasse dans la forêt des Vosges, pour passer l'hiver à Aix-la-Ghapelle, lorsqu'il apprit que son neveu Bernard, cédant follement aux conseils d'hommes pervers, s'était révolté ; que déjà tous les princes et toutes les cités de l'Italie lui avaient prêté serment ; qu'enfin tous les. passages par où l'on doit pénétrer dans ce royaume étaient fermés et défendus. Gette triste nouvelle étant confirmée par des fidèles témoins, l'empereur tira des troupes de la Gaule, de la Germanie, de tous côtés, et vint jusqu'à Ghâlons avec une armée très-nombreuse. Bernard, se reconnais* sont trop faible contre de telles forces, se remit entre les mains dé' l'empereur, déposa ses armes et se prosterna à ses pied&.'OonifeBsaat sa faute. Son exemple fut suivi par les seigneurs de son royaume; une foule de clercs et de laïques

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avaient trempé dans ce crime. Ceux que la tempête enveloppa furent les évoques de Milan, de Crémone et d'Orléans. Quand les chefs de la conspiration eurent été arrêtés, Tempereur fît grâce à Bernard et à ses complices de la peine capitale qui devait les frapper selon la loi des Francs, mais leur fît arracher les yeux. Bernard mourut quelques jours après ce supplice. Les évêques furent d^sés et renfermés dans des monastères ; pour le reste des coupables, ils furent ou bannis ou rasés. Au nombre des derniers étaient trois jeunes frères de Tempereur. * (L'Astronome.)

BépT^tmlon des mowTemente tiuiunreetioiiiiels. — La tentative faite par l'Italie était prématurée. Le peuple des Francs tenait trop encore à cet empire qu'il avait fondé pour permettre qu'il tombât déjà en dissolution, et il se portait avec ardeur à toutes les guerres qui pouvaient en assurer la conservation. La mort de Gharlemagne avait été comme le signal d'une prise d'armes des nations tributaires ou enne*mies. Les Slaves de TElbe avaient envahi la Saxa : les Avars de Pannonie s'étaient soulevés ; les Bretons sortaient de leur presqu'île ; les Vascons détruisirent une armée franque, et les Arabes d'Espagne envahirent la Septimanie, tandis que les Sarrasins ravageaient les côtes du sud, et les Northmans i

celles du nord et de l'ouest. Tous les coureurs d'aventures fi^ 1

rent repoussés, les rebelles remis sous le joug, et Louis sem- ^-

bla, pendant quelque temps, porter aussi dignement que son père le sceptre impérial. \ ^*

Pénitence publique de Eioui» (838). — Bientôt la dé- \ solante faiblesse du prince apparut à tous les yeux. « L'an 822, j^ il convoqua une assemblée générale en un lieu nommé Atti- "^ gny. Ayant appelé dans cette assemblée les évêques, les abbés, v ^ les ecclésiastiques, les grands de son royaume, son premier \' soin fut de se réconcilier d'abord avec ses frères, qu'il avait fait raser malgré eux, ensuite avec tous ceux auxquels il crut avoir fait quelque offense. Après quoi, il fit une confession pu- t blique de ses fautes, et il subit, de son gré, une pénitenceVr ' } pour tout ce qu'il avait fait, tant envers son neveu Bernard qu'envers les autres. »

C'est un grand spectacle que celui d'un homme puissant / avouant publiquement ses fautes, et les r.achfitant par la i^JU^t^Ji^ Ditence. Ce spectacle, Théodose l'avait offert au peuple romain, mais, après s'être humilié dans la cathédrale de Milan, Théodose s'était relevé plus fort à ses propres yeux et aux yeux

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