‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 34 sur 103 · DÉMEMBREMENT DE L*&MPIRE DE CH ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

DÉMEMBREMENT DE L*&MPIRE DE CH ALLEMAGNE

des peuples, parce que c'était devant Dieu et sous le poids des remords de sa consdence qu'il avait courbé la tête ; Louis sortit du palais d'Atligny âiïîèmd'rf,'^êgradé, parce que c'était d'un corps politique, d'une autorité rivale de la sienne avait reçu son absolution. Chacun sut dès lors tout ce

d'un corps politique, d'une autorité rivale de la sienne qu'îk

m'oA pouvait oser avec un tel homme. ^^Jf^

D^ositlon et réfabliMement de lioois ( 89^. — En 823, il était né à l'empereur, de Judith, sa seconde femme, un fils nommé Charles. La «aère vgjjljjjcg^et enfant eût aussi son royaume, et le père, t^gMsanx^^^ le / partage de 817, lui donna TAlamannie. Aussitôt les aînés \/À' ^ wneute^t les peuples ; une vaste conspiration se forme, et ■ <• P ÎNerapereur, abandonné de tous, tombe aux mains des rebel- / les. Ils forcent l'impératrice à prendre le voile, font-raser ses frères et enferment leur père avec des moines, pour que ceux-ci lui persuadent d'embrasser de lui-même la vie religieuse. Lothaire, le chef de la révolte, espérait ainsi se débarrasser de son père sans violence. Mais les moines comprirent qu'ils avaienlAlua.^^ gagner à remettre leur pénitent sur le trône qu'à le^loître/livec' eux. Ils se firent les agents d'un autre complot, portèrent à Louis et à Pépin de secrets messages dans lesquels l'empereur promettait d'augmenter leurs royaumes s'ils le rétablissaient. La supériorité de Lothaire leur était déjà odieuse ; ils consentirent, et l'assemblée de Nimègue, convoquée au milieu des Francs orientaux qui souhai* taient le maintien de l'empire , rendit à Louis son autorité (830). W*^«,M/f»,îî-^

Seconde dépoiitton de lionis (SASl]. — La leçon fut perdue pour lui. Remonté sur le trône, il ne sut pas mieux gouverner. Les intrigues recommencèrent. Il déposa Pépin et donna son royaume d'Aquitaine à l'enfant de Juditb ; ses autres fils virent là une menace pour eux-mêmes; ils se réunirent encore et vinrent attaquer leur père avec trois armées près de Colmar en Alsace. Le pape Grégoire IV' était avec eux. Louis avait des forces considérables, et une bataille semblait imminente. Mais on lui débaucha son armée ; le pontife ntenaça d'excommunication tous ceux qui combattraient con tre Lothaire, et l'empereur renvoya lui-même les troupes qui lui restaient fidèles, en disant ; c Je ne veux pas que personne meure pour moi, allez auprès de mes fils. » Il vint luimême se remettre entre leurs mains avec Judith et Charles. L'esprit des hommes de ce temps resta pourtant frappé de

PAR LE SODLèTBMENT DES PEUPLES (8U^43). 188

cette grande trahison , et ce lieu fut appelé Lûgenfeld ,1e champ du Meniongê»

Les vainqueurs insultèrent h la vieillesse et à la dignité de leur père en le soumettant à une dégradation publique. On lui fit lire, en présence de tout le peuple, dans Péglise de Saint-Médard de .Soissons, un long récit de ses fautes où il s'œcusait d'avoir exposé le peuple à des parjures et TÉtat aux meurtres et au pillage, en faisant dans l'empire des di« visions nouveUes et en provoquant la guerre civile; après quoi les évoques vinrent solennellement lui enlever son baa* drier militaire et lui donner Thabit de pénitent

Seem« Té^hUmimmmmt de Ei««le (884). — Celte bu* initiation de Tempire, dans la personne de Tempereur, rendit à Louis des partisans. Sa pieuse résignation, la révoltante dureté de ses fils ezcftèrent la compassion des peuples. Les frères d'ailleurs ne s'entendirent pas mieux que la première fois. Si Louis et Pépin ne voulaient pas être dépouillés au profit de Charles, ils ne consentaient pas à obéiiwà Lothaire, qui se proposait de maintenir Tunité du commandement im« périal : et ils trouvaient dans la répugnance de leurs peuples à rester enfermés dans Tempire un appui sûr et des forces dévouées. Ils vinrent donc tirer Louis du monastère où Lo«tfaaire le retenait, et lui rendirent le pouvoir (834) ; mais il ne voulut en prendre les insignes qu*après en avoir reçu la per* mission des évèques.

IVovvellee ftmUB, Ho«vellee fuerree, mort de Ijoiile (840). — L'empereur sorti du clottre, pour lequel il était si bien fait, retomba dans les mômes fautes. Dans sa prédilec* tion aveugle pour son dernier-né, il oublia que la cause de tous ses malheurs était le partage quMl avait fait de son vivant entre ses fils. En 835, il donna à Charles la Bourgogne, la Provence et la Septimanie. Le roi d'Aquitaine, Pépin, étant mort Tannée suivante, les enfants qu'il laissait, furent dépouillés et Charles eut encore ce royaume. Alors Louis le Germanique et Lothaire, réduits l'un à la Bavière, l'autre à i'Italie, reprirent les armes. L'empereur, pour n'avoir pas à les combattre tous deux, traita avec Lx)thaire (839). 11 lui abondonna toutes les provinces à l'orient de la Meuse, du Jura et du RhAne, avec le titre d'empereur; les provinces occidentales seraient le lot du fils de Judith, Louis le Germanique ne conservant que la Bavière. Celui-ci, soutenu de toute l'Allemagne, réclama contre ce partage injuste; et le

1^^ DEMEMBREMENT DE l'EMPIUB DE CHARLEMAGNE

wéil empereur consuma ses derniers jours dans cette guerre impie. II mourut sur le Rhin, près de Mayence : c Je lui pardonne, disait-il aux évèques qui Timploraient pour le rebelle, mais qu^il sache quMl me fait mourir. » Le moyen âge, plus touché des vertus de Thomme que des défauts du prince, a été plein d'indulgence pour la mémoire du Débonnaire.

Bataille de Fontanet (94If et traité de ITerdoR (948). — Depuis la mort de Charlemagne, Fempire qu'il avait fondé, s^agitait incessamment, comme un grand corps prêt à se dissoudre. Chaque prince voulait un royaume, et chaque grande division de Tempire voulait un roi pour former un État à part. En 817, il y avait eu une première division; d'autres encore en 829, en 835 et en 839. Les peuples, à la fin, lassés de ces déchirements perpétuels, vinrent décider la question à la solennelle bataille de Fontanet, près d*Auxerre. Toutes les tribus de l'Allemagne, sous Louis le Germanique, et les Neustriens, les Burgondes et les Provençaux, sous Charles le Chauve, combattirent dans les mêmes rangs pour renverser l'ordre politique établi par Charles Martel, Pépin et Charlemagne, au profit des Francs austrasiens. Ceux-ci, c'est-à-dire presque toute la population franque établie entre la Seine et le Rhin, qui ne défendaient que leur propre cause en soutenant celle de l'empire, furent secondés par les Italiens qui avaient adopté les nouveaux empereurs comme les légitimes héritiers de Maro-Aurèle et de lYajan. Lothaire, le fils aîné de Louis le Débonnaire, était leur chef (841). Il portait le titre d'empereur et ne voulait voir dans ses frères que des lieutenants.

Des deqx côt^s .oi> se prépara à la bataille avec une sorte de re'cueillemenl religieux qui prouve que les peuples étaient venus à cette lutte suprême comme à un jugement de Dieu, c Tout espoir de paix étant enlevé, dit un historien de ce temps, Nithard, petit-fils lui-même de Charlemagne, Louis et Charles firent dire à Lothaire qu'il sût que le lendemain même, à la deuxième heure du jour, ils en viendraient au jugement du Dieu tout-puissant. Lothaire, selon sa coutume, traita insolemment les envoyés et répondit qu'on verrait bien ce qu'il savait faire. Au point du jour, Louis et Charles levèrent leur camp, et occupèrent avec le tiers de leur armée, le sommet d'une hauteur voisine du camp de Lothaire et attendirent son arrivée. Alors un grand et rude combat s'engagea sur les bords d'une petite rivière. Lothaire, vaincu,

Page 1