‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 64 sur 103 · LES TROIS FILS DE PHILIPPE LE BEI · texte numérisé non relu

LES TROIS FILS DE PHILIPPE LE BEI

militairement : chaque ville eut un capitaine pour les compagnies bourgeoises : chaque bailliage un capitaine général; et c^est dans ce siècle, sinon sous ce règne, que les paroisses ecclésiastiques devinrent des communautés civiles. On a vu plus haut comment les gens de la campagne , autrefois isolés , s'étaient peu à peu réunis, d'abord autour de Tégliseet du château , sous la surveillance de l'intendant seigneurial; plus tard sous un syndic ou un maire, habituellement nommé par le seigneur , et qui les appelait à délibérer sur leur intérêts communs. G*était un commencement d'organisation municipale pour les campagnes. Le document jusqu'à présent le plus ancien qui en fasse mention est de l'année 1380.

Charles IV. (1333-1328). — Charles IV publia divers règlements relatifs au commerce , il augmenta les droits à l'exportation, chassa les négociants lombards que Louis X avait rappelés et qu'il renvoya en leur pays c aussi gueux quMls en étaient venus ; » mais il donna un grand exemple de juste sévérité^ Le baron de l'Ile-en-Jourdain, convaincu de plusieurs crimes , fut pendu , malgré les supplications de toute la noblesse et l'intervention du pape , son oncle. Au dehors , le roi favorisa en Angleterre la révolution, qui précipita du trône Edouard II, et reçut l'hommage du fîls de ce prince pour la Guyenne et le Ponthieu ; en Allemagne il fut sur le point d'obtenir la couronne impériale. Mais une sorte de fatalité était attachée à cette maison. Ces princes , grands et beaux, qui tous semblaient devoir fournir une longue carrière , meurent dans la fleur de l'âge : Philippe le Bel à quarante-six ans , Louis X à vingt-sept , Philippe le Long à vingt-huit , Charles le Bel à trente-quatre. Le peuple voyait dans ces morts prématurées tin signe de la vengeance du ciel sur cette famille qui avait souffleté Boniface VIII , peut-être empoisonné Benoit XI , et brûlé les Templiers.

Le moyen ftge lui-même est à ce moment, au moins en France, bien près de sa fin, car tout ce qu'il avait aimé, croisades, chevalerie, féodalité, était fini ou se mourait; la papauté, bafouée dans Boniface VIII, était captive à Avignon; le successeur de Hugues Capet était un despote , et les fil9 ' des vilains siégeaient aux états généraux du royaume , en ^' face des nobles et des clercs. v i *

TABLEAU GÉNÉALOGIQUEe

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