PREMIÈRE GUERRE D^ITALIE
revers des montagnes, les Français décoaYrirent» dans la vallée du Taro, Tarmée des confédérés, forte de 35000 hommes, qui barrait la route; ils étaient eux-m6mes moins de 10 000. Charles résolut néanmoins de passer. Pendant qu'il poussait son avanlrgarde le long du Taro, il fut attaqué sur les derrières ; il fit face aux assaillants ; en une heure, 3500 de ceux-ci furent jetés à terre, les autres se débandèrent. Les Italiens attribuèrent ce prompt succès à la furia francese plutôt qu^à leur lâcheté. Au reste, la victoire de Fornoue ne servit aux Français qu'à leur ouvrir un chemin de retraite (6 juillet 1495).
Une fois en France, Charles parut oublier Pltalie. Gilbert de Montpensier, le vice-roi de Naples, brave chevalin, mais qui « ne se levoit jamais avant midi, » n'était pas homme à suppléer par lui-môme aux secours qu'il ne recevait pas. Ferdinand II partit de Sicile avec quelques troupes espagnoles, surprit Naples le lendemain de la bataille deFornoue et resserra Montpensier dans Atella, où il mourut de la peste. D'Aubigny ramena en France les débris de nos garnisons. La domination française était tombée dans le royaume de Naples aussi vite qu'elle s'était élevée, et au milieu des mêmes témoignages de joie de la part des habitants. De TexpéditioD de Charles VIIl il ne restait pas plus de traces que des exploits d'Amadis en Gaule.
Mort de Charles VUl (1498). — Averti par l'expérience et par les plaintes de ses peuples, le jeune roi, dit Comines, c mettoit son imagination à vouloir vivre selon les conmiandements de Dieu, à mettre la justice et l'Église en bon ordre et aussi à ranger ses finances, de sorte qu'il ne levât sur son peuple que 1 200000 francs, par forme de taille, outre son domaine dont il voulait vivre comme anciennement faisoient les roys. Ce qu'il pouvoit bien faire, car le domaine est bien grand : compris les gabelles et certaines aides, il passe un million de francs. Il avoit bon vouloir, s'il eût pu, qu'un évesque n'eût tenu que son évesché, s'il n'eût j esté cardinal, et cestuy là deux, et qu'ils se fussent allés tenir sur leurs bénéfices ; mais il eût eu bien à faire à ranger les | gens d'Église. Il avait une audience publique où il écoutoil tout le monde, pour tenir les gens en crainte, et par especial ses officiers dont aucuns avoit suspendus. » Au commencement de 1W8, il était au château d'Amboise où U faisait exécuter de grands travaux « par plusieurs ouvriers excel-
tOUJS zil (1498-1515). 605
lents qu'il avait amenés de Naples, i lorsqu'un jour passant par une galerie sombre, il se heurta le front contre une porte si malheureusement que quelques heures après il expira (7 avril 1498). Il n'avait que vingt-huit ans. Gomines a dit de lui : c II étoit peu entendu, mais si bon qu'il n'étoit pas possible de voir meilleure créature. > La branche des Valois directs s'éteignit avec lui et fut remplacée par celle des Valois d'Orléans.
Faits DiVBRt.— Onelqnet-ans des gentilshommes qoi aTalent sniTl le roi an delà des monts firent Tenir des plants de mûrier dltalie, et essayèrent cette culture aux environs de Montélimart. C'est aujourd'hai une des grandes industries de la France. Le maïs aussi fut introduit vers ce temps-là. — Les grosses tours du château d'Amboise, oeUe par où l'on monte à eheval, sont de ce temps. r