CHAPITRE XLVIII
Résrence de Marie de Médleis. — Sully attendait Henri IV à TArsenal, quand un gentilhomme de sa suite accourut en disant : t Le roi est extrêmement blessé 1 — Mon Dieu! s'écria Sully, ayez compassion de lui, de nous et de l'Etat. S'il meurt, la France va tomber en d'étranges mams I « Il s'enferma aussitôt dans la Bastille, et écrivit à son gendre, le duc de Rohan, de revenir en toute hâte de la Champagne, avec les six mille Suisses qu'il commandait.
Louis XIII n'avait pas neuf ans ; l'usage attribuait la régence aux mères des rois; Marie de Médicis, qui était étrangère et se sentait peu aimée, crut nécessaire de donner à son autorité une sorte de sanction légale. Elle s'adressa au parlement de Paris, comme si ces magistrats étaient les représentants du pays. Le ^ucd'Épernon entra dans la salle des délibérations, l'épéeau côté, laissant ses soldats aux portes : € Cette épée, dit-il avec hauteur, est encore dans le fourreau ; mais si la reine n'est pas déclarée régente sur-Je- champ, je prévois qu'il faudra l'en tirer. > Les magistrats obéirent; ils se souviendront plus tard qu'une reine leur a reconnu le droit de disposer du pouvoir.
D'abord rien ne parut changé dans le système politique de la France. Marie de Médicis conserva les ministres du denrfer règne. Elle acoiieillit môme avec déférence Sully, qui avait quitté sa Bastille pour venir au Louvre saluer le
U Principanx ouvrages à consulter : les Mémoirtt de Richelieu et ses ^T4n^ïf.T/T/^'P'r^"*r' ^rvpp^rsd^Etat; les Econ^mVloyak$ de Sully; les NégocuHxùn» du président JeannÎD; les Lettres inédites de heuquxhes par Et Gallois, 5*^ vol., 1857 : if émitre. de Brii^ni7ave? une introduction de M. Barrere sur les mœurs et les usages du dix-seotièm e «ècle;Baân.£t*to#rt4eXo«^^^ toue le mfnutère de RtcheUeu; Anquez, Histoire politique des réformés en
il8 LOUIS xiii (1610-1643],
roi : « Mon fils, dit-elle au jeune prince, c*est M. de Sully; il vous le faut bien aimer, car c^est un des meilleurs et des plus utiles serviteurs du roi votre père , et le prier qu'il veuille bien vous servir de môme. « Et Sully tint longtemps embrassé, en pleurant, le fils de son maître et de son ami. Les projets de Henri IV parurent continués, avec son ministère : une déclaration royale confirma Pédit de Nantes ; et une armée de 10 000 hommes, commandée par le maréchal de la
CMteaa de SaUy à YUlebQn.
Châtre, alla prendre Jûliers pour les princes protestants alliés de la France.
Abandon de la politique de Henri ÉV| Concinl. —
Mais il arriva, comme à peu près partout où les reines sont rois , que les choses furent subordonnées aux personnes , ce qui est Topposé de la vraie politique. Bientôt on ne seniii plus dans le gouvernement que la faiblesse, les irrésolutions et les caprices d'une femme. Avec un roi mineur, une régente incapable, une cour divisée et des princes turbulents, l'action extérieure de la France allait être neutralisée pour longtemps. La paix devenant une nécessité, Marie de Médicis
LOUIS xm (1610-1643). ïlè
se rapprocha des Espagnols; elle reprit un projet que Henri IV avait repoussé ; elle ouvrit jies négociations pour le double mariage de son fils avec une infante, du prince d'Espagne avec sa fille , et elle promit « de ne plus troubler les princes autrichiens dans les affaires d'Allemagne. *> Il était difficile que Sully adoptât cette politique nouvelle. La reine
Tombeau de Sally à Nogent-le-Rotroa.
le renvoya en ne lui laissant que sa charge de grand maître de rartillerie (janvier 1611). Il vécut encore trente années, n'étant mort qu'à la fin de 16^1 , dans son château de Villebon.
La reine avait depuis longtemps donné sa confiance au Florentin Goncini, qui la gouvernait par sa femmid, Leonor^ GaUgal. Cette femme, fille d'un menuisier, était sœur de
120 LOUIS xiii (1610-1643).
lait de la reine. Élevée avec Marie de Médicis, elle avait acquis sur son esprit un empire extraordinaire et Pavait accompagnée à la cour dé France : « Pauvre papillon , dit Richelieu, qui ne savoit pas que le feu qui la consumeroit était inséparablement uni à l'éclat de cette vive lumière qu'elle suivoit, transportée d'aise et de contentement. x>
L'autorité de la régente se trouva désarmée, quand un étranger, odieux déjà à ce titre, et d'ailleurs incapable , ent pris, comme conseiller, la place de l'homme supérieur qui depuis vingt ans avait été associé à la bonne et à la mauvaise fortune des Bourbons. Le puince de Condé, le comte de Soissons, son oncle, le duc de Bouillon, le duc de Guise, une foule d'autres encore accoururent pour arracher des pensions' qui eurent bien vite épuisé l'épargne amassée par Henri IV à la Bastille. Comment la reine aurait-elle pu résister à leurs exigences, quand son favori donnait le premier l'exemple d'une scandaleuse avidité ? Concini puisait à pleines mains dans le trésor ; il acheta, en quelques mois, pour 330000 livres le marquisat d'Ancre (près d'Amiens), pour 200 000 la charge de premier gentilhomme de la chambre ; il eut encore, à prix d'or, les lieulenances générales de Péronne, d'Amiens, de Dieppe, de Pont-de-l'Arche, de Quillebœuf, de Bourg en Bresse, etc. ; il mit le comble à cette fortune insolente,^ en prenant le titre de maréchal , sans avoir Jamais paru sur un champ de bataille. Leonora travaillait, de. son côté , à la prospérité commune , en vendant des grâces , des absolutions. La cour des aides poursuivait des officiers de finances prévaricateurs, elle s'engagea par contrat public ^ les faire déclarer innocents, moyennant 300 000 livres.
Première révolte des selg^nears (1614:). — Les prétentions des seigneurs s'accrurent avec la faiblesse du gouvernement : a Les présents de la reine, dit Richelieu, étourdirent la grosse faim de leur avarice et de leur ambition; mais elle ne fut pas pour cela éteinte; l'épargne et les cofHres de la Bastille étoient épuisés : alors ils aspirèrent à choses si grandes, que l'autorité royale ne pouvoit souffrir qu'on leur donnât le surcroît de puissance qu'ils demandoient. » Ce
1. Le prince de Condé obtint d'abord une pension de 200 000 llTres^sree on hôtel à Paris et le comté de Clermont; le comte de Soissons 'iOO OOOécQg «omettant et une pension de 50 OOO livres; le duc de Bouillon 200 000 livres* le duc de Guise 100 ooo écus, etc.; mais ces sommes furent bien dépassées dans la suite. Concini ne fat jamais ministre.
LOUi? XIII 0610-1643). 121
qa*ils voulaient, en effet , c'étaient des gouvernements pour eux et leurs familles , des places de sûreté et le démembrement de la France. D'Épernon était gouverneur de Metz, mais Henri , se défiant de cet orgueilleux seigneur, lui avait imposé un lieutenant qui occupait la citadelle et correspondait directement avec les ministres ; le jour même delà mort du roi , d'Épernon dépêcha Tordre de mettre la main sur le lieutenant et sur la citadelle. Il eut alors, à deux pas des Espagnols, une forte place qu'on appela t son royaume d'Austrasie. » Beaucoup de seigneurs, à la nouvelle de l'assassinat, s'étaient ainsi jetés dans les villes à leur convenance, et quelques-uns n'en avaient plus voulu sortir ou voulaient y rentrer. « Le temps des rois est passé, disaient-ils, celui des grands est venu. > Le premier refus de la régente amena une guerre civile. Condé prit les armes et publia un manifeste, où il accusait la cour d'avoir abaissé la noblesse, dilapidé les finances , et grevé le pïiuvre peuple : reproches singuliers dans la bouche d'un prince qui avait reçu avec ses amis la plus belle part de cet argent du pauvre peuple. Il terminait, suivant l'usage, en demandant la convocation des états généraux, pour travailler à la réforme des abus.
Élevé dans la religion catholique , mais issu d'une famille protestante, Condé espérait rallier à sa cause l'un et l'autre parti. Un grand nombre de seigneurs vinrent se ranger sous ses drapeaux, et à leur tète les ducs de Vendôme, de Longueville, de Luxembourg, de Mayenne, de Nevers, de Retz, etc. Les calvinistes refusèrent de s'associer à cette levée de boucliers : c Nous avons pour notre conscience, disaient-ils, toute la liberté que nous pouvons désirer, et nous ne voulons pas, à l'appétit de quelques factieux, abandonner nos femmes et nos maisons. » Les catholiques ne prenaient pas feu davantage. Depuis les états de la Ligue, il s'était fait un grand apaisement dans les passions populaires. Le parti des politiques né avec l'Hôpital, arrivé au pouvoir avec Henri IV, comptait presque tous les gens de robe et la bourgeoisie. L'expérience, si cruellement achetée par la guerre civile, n'était point perdue. La nation comparait à ces trente-huit années de massacres et de pillages, les douze ans de prospérité qu'elle avait eus, en se serrant autour du trône, et elle laissait les grands seigneurs agiter dans le vide leur stérile ambition. « Les peuples, écrivait en ce moment Malherbe, demeurent partout en obéissance, et de rien faire sans eux, il
122 LOUIS XIII (16l6-t64âj.
n'y a pas moyen.» Qu'une main ferme prenne le gouyenxaîl, et même les plus turbulents rentreront dans le repos ou Henri IV les avait tenus. Quelques-uns des vieux ministres de Henri IV, Villeroy, Jannin, conseillaient à là reine d'agir avec vigueur : elle aima mieux traiter à Sainte -Menehould (15 mai 1614). Le prince de Condé reçut 450 000 livres,, en argent comptant; le duc de Mayenne, 300000 pour se marier; M. de Longueville, 100000 livres de pension, etc. Mais la cour, voulant regagner d'un côté ce qu'elle perdait de l'autre, ne paya pas cette année les rentiers de l'hôtel de ville. Voilà ce qui fut fait pour le pauvre peuple.
ÉtaU {généraux de 1614:. — Les princes firent alors dire secrètement à la régente que si elle désirait ajourner la convocation des états, ils y consentiraient volontiers.. Marie de Médicis craignit un piège dans cete proposition qui aurait ménagé aux princes, pour Tavenir, un nouveau prétexte de révolte, et l'assemblée s'ouvrit à Paris le 14 octobre 1614. Ce fut la dernière réunion des états généraux avant 1789. Au nombre des députés était un jeune homme de vingt-neuf ans, qui avait déjà assez gagné d'estime dans son ordre pour que le clergé le nommât son orateur le jour de la présentation des cahiers, l'évêque de Luçon , Armand Duplessis de Richelieu.
Les trois ordres ne s'entendirent pas ; il y eut des paroles et des scènes déplorables. Un membre du tiers fut bâtonné par un député de la noblesse, et ne put obtenir justice. L'orateur de la bourgeoisie ayant osé dire que les Français ne formaient qu'une seule famille, dont les seigneurs étaient les aînés et les gens du tiers les cadets, lanoblesse se plaignit au roi de ces mots coname d'un affront ; « C'est grande insolence, disait son président, le baron de Sénecé , de vouloir établir quelque sorte d'égalité entre le tiers et la noblesse ; car, ajoutaient derrière lui les députés nobles , il y a entre eux et nous autant de différence comme- entre le maître et le valet*. » Le clergé de son côté, refusait de prendre aucune part des charges publiques : « Ce serait, disait-il, diminuer l'honneur dû à Dieu. »
L'accord ne se trouve pas mieux dans les vœux de Fas-
1. Les nobles demandèrent dans leurs cahiers qaMl fût interdit & tout roturier de porter arquebuses ni pistolets, d'avoir ohiens qui n'eussent les jarrets coupés, de se vêtir, eux ou leurs fi^mts, comme les iiobl9»9 dt porter velours ou satin, etc., sous peine de looo écus d'amende.
LOUIS xiu (1610-1643). 123
seoiblée. Le clergé réclamait rintroducUon en France de tous les décrets du concile de Trente, que le parlement avait JQsqu^alors repoussés. La noblesse, pour faire pièce au tiers, insistait sur la suppression de la paulette, qui, en établissant rbérédité des offices, avait commencé la noblesse de robe*. Le tiers, de son c6té, voulait qu^on réduisit les pensions payées aux grands, qui, doublées depuis Henri IV, dépassaient cinq millions et demi, et que Ton condamnât les maximes ultramontaines enseignées encore par quelques évoques, à sa- Toir que le pape peut « priver de la royauté les personnes sacrées des rois et dispenser leurs sujets du serment de fidélité. >
Il ne fut pas difficile aux ministres de profiter de ces divisions : on ferma le lieu de réunion des états, sous prétexte qu'on avait besoin de la salle des séances pour donner un ballet (mars 1615). Singulier rapport avec les états de 1789, dont on ferma aussi la salle, mais dont les députés surent en trouver une autre, celle du Jeu de paume. Les députés du tiers, en 1614, devançaient la nation, et, n'étant point compris d'elle, furent sans force; ceux de 1789 eurçnt derrière eux 25 millions d'hommes qui les écoutaient et les soutenaient.
L'assemblée de 1614 ne mérite pas le discrédit où elle est tombée; elle n'a rien fait; -mais elle montra jusqu'où était arrivée déjà l'éducation politique de la haute bourgeoisie. Les discours de ses orateurs et surtout de son président, Robert Miron, prévôt des marchands de Paris, révèlent une intelligence pratique des affaires et un désir de sages innovations qui étonnent. A leurs yeux, la monarchie absolue est légitime, parce qu'elle est encore nécessaire : le roi, souverain législateur, doit être obéi de tous; mais à la condition qu'il accomplira les réformes intérieures que la nation réclame : « Si Votre Majesté n'y pourvoit, disait Miron, il est à craindre que le désespoir ne fasse connattre au peuple que le soldat
1. Cependant, les nobles ne dédaignaient pins les places de magistrature et Toalaient qae le tiers des oraces lenr fût exclusivement affecté. Qnant à la vénalité des charges, la question fut très-sérieusement a^ tée. Un financier proposa de racheter en douze années tons les offices de jadieature et de finance et de remettre ainsi la couronne en possession d'one de ses pins importantes prérogatives, qu'elle avait perdue depaii nn siècle, celle de nommer aux fonctions publiques. {Mêrcura françôiê, aon. IC14 et 1015.) Le plan ne fut pas adopté. Mais la vénalité des chargea resta josqn'ift Louis XIV sous la menace d'une suppression ; et cette menace ne fat pas sans quelque effet sar U conduite du parlement dans la Fronde.
124 LOUïS xiii (1610-1643).
ii*est autre chose qu'un paysan portant les armes, et que
âuahd le vigneron aura pris l'arquebuse, d'enclume qu'il est, ne devienne marteau. » Et ils demandent : la convocation périodique d'une assemblée générale du royaume au moins tous les dix ans, la liberté des élections urbaines, la garantie, l'extension des privilèges municipaux. Pour les finances, le tiers voulait une plus juste répartition des charges publiques entre les citoyens, l'obligation imposée aux clercs ou gentilshommes ayant maison dans les villes de contribuer aux charges municipales, et la suppression des offices inutiles*; pour la justice : l'égalité de tous devant la loi, l'affranchissement des serfs, l'abolition des tribunaux exceptionnels, une procédure plus rapide et moins coûteuse; pour le commerce et l'industrie : la suppression des douanes intérieures, des jurandes et des maîtrises, la liberté du trafic dans tout le royaume, et l'établissement des droits protecteurs k Ventrée des marchandises étrangères; pour la noblesse : la réduction du nombre des grandes charges militaires, l'abolition des récents anoblissements, la suppression des forteresses dans l'intérieur du royaume, celle des pensions inutiles ou excessives, et la répression sévère des duels, la punition, comme crime de lèse-majesté, de toutes assemblées et levées d'hommes sans congé du roi, enfin de bons règlements qui soustrairaient le pauvre peuple aux vexations des gouverneurs et gens de guerre ; pour l'Eglise : une meilleure distribution de ses richesses, aux dépens des bénéfices trop opulents, au profit des cures trop pauvres, l'obligation à la résidence imposée aux évêques ■, leur nomination par le
1. Le budget de I6t4. ~ Saivant nn état communiqué sous le seeaa du secret aux dé^Aités, le peuple payait alors 35 millions d'impôts dont U arrivait seulement à Tépargne 16 200000 livres, et le ministre estimait que le roi avait besoin, pour la conservation de son État et l'entretien de sa maison, de 19 millions, dont louooo livres pour son serYÏce personnel, 600 000 pour sa garde ; autant pour ses bâtiments, 700 000 pour la maison de la reme mère, du frère et de la sœur aînée du roi, 1 37o ouo pour voyages, le reste, moins de 15 millions, pour la solde des garnisons, oesgensde guerre, de Tartillerie, des fortifications, de la marine du levant et du posant, les ponts et chaussées, les gouverneurs de province, les ambassadeurs, les pensions tant en France qu'à l'étranger, les dettes, etc. (Bazin, Mistoire de Louis XUl^ t. I, p. 176.) Ainsi les recettes se partageaient «lors de cette sorte : un quart pour le prince et sa cour, trois quarts pour l'État. Mais si nous tenons compte des 5 66O 000 livres de pensions payées â la noblesse, ce sera moitié des recettes que nous trouverons dépensées pour la cour et moitié seulement pour TÉtat. M. Bailly ( t()i<i., 1. 1) donne des chiffres, quelque peu différents.
2. On eut à faire en i64o une communication aux évêques : il s'en trouva 41x*neuf qui suivaient la cour au lieo d'être dans leur diocèse.
LOUIS xiu (1610-1643). 125
roi, mais après élection de trois candidats par les évêques de la province^ le chapitre de la cathédrale et vingt-quatre Aotables du diocèse, Tordre donné aux curés de faire viser chaque année les registres de Pétat civil au greffe des juridictions ordinaires, Finterdiction faite aux communautés d'acquérir des immeubles, si ce n'est attenant à leurs maisons ou enclos,' et toujours après vérification au parlement, etc. Tels furent les principaux projets de réforme mis en avant par le tiers, et, pour la plupart, bien des fois proposés déjà dans les assemblées précédentes. On ne leur donna nulle attention alors, parce qu'il ne suffit pas d'être U raison et la justice pour se faire aussitôt accepter de tous. CTest par le travail des siècles que descend dans la foule ce qui n'est longtemps que le rêve des hommes supérieurs. Mais, sans parler de l'assemblée révolutionnaire de 1356, on peut suivre de 1484 à 1614, à travers les vicissitudes les plus diverses, le progrès continu de la tradition nationale. Richelieu, Colbert, Turgot, ne la méconnaîtront pas et chercheront à satisfaire à quelques-unes de ceâ demandes répétées : le reste attendra le jour où la nation reprendra ellemême tous ces vœiix de nos pères, pour y faire droit et à Ken d'autres*.
IVoBvelle révolte des «el|^eiirsi traité de lioadun (1615-1 ei6). — Les mécontents avaient réclamé la convocation des états généraux pour colorer leur prise d'armes; quand ils eurent épuisé l'argent arraché par leur première révolte, ils en commencèrent une seconde, sous prétexte qu'on ne faisait pas droit aux démandes des états. Condé entraîna cette fois les protesirants. Le duc de Rohan souleva les populations des Cévennes, et tout le parti prit les armes pour soutenir une noblesse factieuse. La cour étaif alors oc« capée des préparatifs d'un voyage à Bordeaux, où le roi devait recevoir sa fiancée, l'infante Aune d'Autriche, et conduire sa sœur qui épousait en même temps le prince d'Espagne. On ne pouvait retarder le départ, car les Espagnols
I. A propos de ropposition faite par la noblesse et le clergé à l'article en tiers, toochant inndépendance absolu» de la couronne vis-à-vis da faiat-siége, on fit courir à Paris ce quatrain prophétique :
O noblesse, 6 clergé, les aînés de la France, Puisque l'boaneur du roi si mal vous maintenex, Puisque le tiers état en ce point vous devance, U faut que vos cadets deviennent vos atnés.
(Aug. Thierry, Efsai êur Vkùtoirê du ii$r9 état^p, i47.)
étaient déjà en marche (octobre 1615). I
pour escorter le jeune roi et sa sœur jus
ramener Tinfatite à Paris, Durant tout 1
ressemblait guère à celui d^un souverain l
poursuivie et souvent harcelée par les a ;
de Rohan : elle acheta une nouvelle paix à
Louis Xni reconnut le prince et ses an ;
loyaux sujets, déclarant qu'ils n'avaient ri |
très-agréable, et il paya les troupes qu'on t
lui. Condé.seul reçut 1500 000 livres. |
rapportait davantage. Celle-ci avait coû i
20 millions. '"[
Premier ministère dé Richelieu. Arrestation ée Condé (1616). — Le prince revint à Paris et toute la cour s'empressa autour de lui : il sembla un instant le véritable roi de France. La reine qui gouvernait toujours sous le nom de son fils, poussée à bout par une nouvelle prise d^armes du duc de Longueville, montra enân plus de fermeté. £lle venait de renouveler le ministère; Tévêque de Luçon, que les états de 1614 avaient mis en vue, était devenu grand aumônier de sa maison, puis membre du conseil, où il .se faisait fort écouter. Goncini trouva que le jeune prélat c en sarait plus que tous les barbons, i II lui fit donner un c des quatre offices des nlaison et couronne de France, » avec la cbaree des affkires étrangères *. Aussitôt les mesures de rigueurs sont adoptées : le 1«' septembre 1616, le prince de Condé est arrêté en plein Louvre et jeté à la Bastille; ses partisans qui essayent de soulever Paris et les provinces voisines c s'entendent parler d'un ton qui sentait plus sa majesté royale que la conduite passée, i Richelieu aimait à s'adresser à l'opinion publique : < Des esprits remuants, dit-il dans une sorte de manifeste, avQÎent troublé le repos établi par la prudence de la reine; en vain avoit-elle tâché de les retenir par d&i chaînes d'or, ils s'étoient joués de sa clémence et de sa Ubô-
1. L'administration militaire ( si grande, que, dans le retour d Duisqu'il dura cinq semaines, u froid et de maladie, que les vJIa ment, et qne ce voyage du. roi p peuplées, a travers les villes sou senta toutes les misères d'une c
2. La commission, datée du l« à l'arrestation du prince d« O faire, et sa nomination fut la réc
1S8 LOUIS xui (1610 16(i3).
rdité. > Et il montrât Condé extorquant en six innées 3 Biil-
lions et demi , Mayenne 2 millions, Nevers 1 600 000 livres, Longueville 1 200 000, Vendôme 600 000, Bouillon près d'un million , et chacun < cherchant à établir une tyrannie particulière dans chaque province. » Les princes et leurs adhérents furent déclarés criminels de lèse -majesté , déchus de leurs dignités ; et trois armées se dirigèrent vers la Picardie, la Champagne et le Berry pour étouffer la révolte. La cause royale aurait triomphé cette fois, si le roi lui-même ne s'était uni aux mécontents pour renverser les ministres et sortir de tutelle.
Mort de Concïni (1619). — Concini n'avait qu'une ambition vulgaire. 11 aimait la richesse, et le pouvoir l'effrayait, parce qu'il ne se sentait pas de force à le porter. Sans dévouement ni reconnaissance pour la reine , il eût quitté la France, si sa femme eût consenti « à cette lâcheté et ingratitude. 1 II comptoit qu'avec ses huit millions, il pourrait acheter le duché de Ferrare au pape, et que parti de Florence n'ayant pas un sou vaillant, il y rentrerait prince, sans plus craindre les clameurs de tout un peuple contre l'étranger. Il se savait haï, menacé ; la populace avait déjà une fois pillé son hôtel à Paris ; mais c'était du côté où il ne soupçonnait rien que vint le péril. Louis Xlll avait alors seize ans. Ce prince, d'un caractère triste et morose, vivait dans l'isolement, éloigné des affaires par sa mère et par Concini, entouré seulement de quelques pages auxquels il s'attachait parce qu'il avait besoin d'affection. Il s'était épris d'amitié pour un cadet de province , qui lui apprenait à dresser des émérillons et des pies-grièches , Albert de Luynes , fils d'un officier de fortune et déjà âgé de trente-huit ans. Le favori du roi conçut l'espoir de remplacer le favori de la reine. Une conspiration secrète fut tramée entre Louis XIII, son fauconnier et son jardinier ; le capitaine des gardes, Vitry, reçut l'ordre d'arrêter Concini et de le tuer s'il résistait. « Le 24 avril, le sieur Vitry, accompagné de quelque vingt gentilshommes qui le suivaient négligemment en apparence, aborda le maréchal d'Ancre , comme celui-ci entrait dans le Louvre et était encore sur le pont. Il lui dit qu'il le faisait prisonnier de la part du roi. Et, tout en même temps, l'autre n'ayant eu le loisir que de dire : ifot, prisonnier! ils lui tirèrentl^ois coups de pistolet, dont il tomba roide mort. Un des siens voulut mettre Tépée à la main : on cria que
e*^t la Tolonié du roi : il se retint. En même temps, le roi parut à la fenêtre, et tout le Louvre retentit du cri de : Vive iêfùi ! n
Leonora Galigaî eut un plus triste sort. Elle fut accusée de malversations, de complot contre TËtat, et surtout de sorcellerie. On lui demanda, dit-on, par quels sortilèges eëe avait acquis tant d'empire sur la reine mère : c Par Pascendant, aurait-elle répondu, d'un esprit supérieur sur une âme faible. » Elle fut décapitée en place de Grève, et ses restes furent jetés dans les flammes. Marie de Médicis reçut Tordre de quitter la cour et se retira à Blois ; Richelieu fut exilé dans son évèché (1617).
«oBTersement d^Alberi de lioynes (1619-1621). W««v«llep prise* d^armes. — Les grands avaient applaudi à la chute de Ck)ncini, dont ils espéraient profiter. Mais, quand ils virent de Luynes s'approprier les dépouilles du maréchal, devenir en moins de quinze mois, duc et pair et gouverneur de Picardie, épouser une Rohan, qui fut plus tard la trop célèbre duchesse de Chevreuse, et faire d'un de ses frères un duc de Ghaulnes, du troisième un duc de Piney- Luxembourg, ils se révoltèrent encore, en changeant de drapeau : ils s'armèrent en faveur de la reine mère, tout à l'heure leur ennemie. Le duc d'Épernon, à la tète de 300 gentilshommes, la tira de sa prison de Blois, et tenta de soulever avec elle le midi. De Luynes ne fut pas plus habile à leur résister que le maréchal d'Ancre ; la paix d'Angoulème ménagée par Richelieu, accorda à Marie de Médicis le gouvernement de l'Anjou et trois places de sûreté (1619). Bientôt Angers devint le foyer de nouvelles intrigues et le refuge de tous les mécontents. La reine-mère voulait ressaisir le pouvoir. Mais le roi s'amusait aux armes. Quand les troupes étaient aux ehamps, il retrouvait, au milieu des soldats , l'ardeur batailleuse de son père ; il marcha sur Angers, décidé à poursuivre ea mère jusqu'en Poitou, jusqu'en Guyenne, si elle s'y réfugiait, c en jetant le fourreau de son épée deçà la rivière de Loire. » Il n'alla pas si loin : les partisans de la reine mère furent défaits dans une escarmouche sanglante auprès des ponts de Gé; et la route du midi lui étant coupée elle se trouva heureuse de faire demander par Richelieu la confirmation du premier traité (1620).
Ori:»BlMition répBbliealne des protestants. — A cette époque un soulèvement plus redoutable éclata dans le
130 Louis xiii (1010-1043).
midi : c'était une guerre religieuse. Marie de Médièii et Louis XIII, à sa majorité, avaient suiri la poiiti(|a6 à» Henri IV à Tégard des protestants, « se déclarant per8ua<lé6 par Texpérience du passé que la violence n'avoit servi qu'à accroître le nombre de ceux qui étoient sortis de TËglise, au lieu de leur enseigner le moyen d'y rentrer. > Mais les réfor^ mes avaient eux-mêmes dépassé Tédit de Nantes. En voyuit la reine mère se lier à l'Espagne^ ils étaient entrés en dé^ fiuice, et| à l'assemblée de Sautnur en 161 14 ilà s'élaleot
l»i ponts dé Oé'.
donné une véritable organisation républicaine. Ils avaient formé de leurs 806 églises 16 provinces partagées en districts. Un consistoite réuni chaque semaine gouvernait l'Église ; un colloque^ assemblé tous les trois mois, gouvernait le district ; un synode annuel traitait des affaires de la province ; des êynodes ndiionatto) devaient s'assembler tous les trois ans sous un président élu. Pour la politique et la guerre, les provinces se groupaient en cercles, comme en Allemagne* Chaque cercle, ainsi que chaque province, avait son conseil dirigeftat
1. Les ponts de Gé) qui ont été longtemps le seul psssage sur la Loire
Jntre Blois et Nantes, se composaient de 4 ponts avant 109 arches et, BS tlM qu'ils traversent comprimes, uttd longueur de S kilomètres.
LOUIS xiii (1610'*ie43). 181
qtdi M b«s6!n, aofiyo<}tiàlt tlùè (iééB>mhîée gèiértitê. Edfin deiix mmdiitalMi élui pont tf oiâ âââ tésldaietit à la 6our et àervtkM dihiérttiâditiiréd entre lé pafti et lé roi. Tout se faisait par Wfmtôô et paf élection. C'était bien Une république dé- DMNaUtiqiié et représentàtivd, au sein d^une monarchie absoltê« Les tMembléês généfaUiÉ n'étaient pas loin de se croire leS dfdtts et auraient tolontiei^ joué le rôle des états générauï dtH^UiUde. Ces prétentidn» alarmèrent la coUr, et quelqueâ ctthol^oQft efi preoaietit ombrage. Dans certaines Tilles, lest buiiei m réyèillèrent comme àut plus mauvais jours de la LigiMii lA Myltiltidé â')r égoi^ait paâ èhcote les réformés.
ChâtoSU âê Lttjliês (fhds «S fdttHV
I ell6 tent(drsait leurs) temples, déterrait leurs morts et chassait leurs pasteurs^ €HÈmtrm lâi«te lé« «K^diestalilll | moti d^ Albert de
MmgmHà (lëSl). -^ EU 1617, Uû édit rétablit dans le Béaru la reli^oA catholique, arec ordre aux protestants de t-estitaer 1m biens eeclèilastiques qu'ils avaient sécularisés depus no siècle. L'édit é'etéeutant mal, le roi entra dans lé Béam avec une armée. Aussitôt tout le parti s'agita, malgré leseoiiséils de Sully et de Duplei^sis-Momav ; Une assemblée géodrale^ tenue & la Rochelle, publia Une déclaration d'indépendance, leva des troupes, et, sur le refus du vieux maréchal de Lesdiffuières et du duc ds Bouillon, en ofiTHt le commafideiïiéht au dùô dé tlohah (1631). t)e Luynes^ que Louis Xtll lit tout wprès connétable, marcM contre MôU-
13i LOUIS xiii (1610-1643).
tauban, menant avec lui 15000 hommes, le roi et un carme déchaussé qui, Tannée précédente, avait prophétisé^ disaiton, la victoire des Autrichiens devant Prague. Le carme promit que la place se rendrait infailliblement un certain jour. Mais on devait au préalable recourir aux procédés de la sagesse ordinaire et tirer 400 coups de canon. On les tira gravement et bien d'autres.. Les murailles hérétiques restèrent debout. On entama un siège en règle. La ville, forte d'assiette, se défendit héroïquement. L'attaque, commencée le 8 août, n'était guère avancée le 2 novembre. Rohan qui était aux champs avec une armée avait fait entrer des secours. Il fallut lever le siège. On voulut se dédommager sur la petite place de Monheurt, au bord de la Garonne. Le connétable y prit une fièvre qui l'emporta (15 décembre 1621) ■. c Cet homme si grand, si puissant, dit un contemporain, se trouva tellement abandonné dans sa maladie, que, pendant deux jours qu'il fut à l'agonie, à peine y avait-il un de ses gens qui voulût demeurer dans sa chambre. Et quand on porta son corps pour être enterré dans son château de Luynes, au lieu de prêtres qui priassent pour lui, je vis deux de ses valets jouer au piquet pendant qu'Us faisaient repaître leurs chevaux. »
Louis XllI continua seul la guerre, et il fit l'année suivante une assez vive campagne où il y eut force pillages et exécutions sévères dans les places qu'il prit. Le duc de Rohan profita d'un moment de lassitude, pendant le siège de Montpellier, pour obtenir une paix qui renouvelait l'édit de Nantes, mais qui interdisait les assemblées politiques, et ne laissait aux réformés d'autres places fortes que Montauban et la Rochelle (octobre 1622).
Détordre universel dan* PÉtat — De Luynes laissait le royaume dans un état de faiblesse et de désordre qui rappelle les plus mauvais jours de notre histoire : l'autorité royale humiliée par des révoltes continuelles, la noblesse dictant des lois au souverain et maîtresse des provinces par les gouvernements dont elle disposait; les calvinistes prêts à se séparer du reste de la nation; la vieille politique de François I^ et de Henri IV abandonnée au dehors ; le royaume
1. Richelieu faisait à de Lavnes une sourde guerre de pamphlele mi*n éeriTait Ini-mAme (car il y eut topjourt en lui de lliomme oe lettres, même aux temps les plus oecupés de sa vie) ou qu'il faisait écrire. (Voy. dans la Bibliothèque euéyinenne les Càquôtt de l'accouchée,)
LOUIS Xili (1610-1643). 133
saos alliances et sans considération ; enfin la maison d* Autriche inaugurant la guerre de Trente ans par une suite de ▼ictoires, et paraissant préluder, par la ruine du protestantisme allemand, k Tasservissement de PEurope. Il était temps que Richelieu arrivât aux affaires.
■bitmtère «e Bichellen (1684-164S) i •«• projets. — Marie de Médicis s^était réconciliée avec son fils, après la mort du duc de Luynes; et elle avait obtenu le chapeau de cardinal pour son conseiller habituel Tévêque de Luçon. Au commencement de 1624, elle le fit entrer au conseil. Au bout de quelques mois, Richelieu avait dominé ou renouvelé le ministère, expulsé un nouveau favori, subjugué Louis XIII par Tascendant d'un génie supérieur, et dessiné la politique qui devait illustrer un règne si tristement commencé.
n a expliqué lui-même tout le plan de cette politique : « Lorsque Votre Majesté, disait-il à Louis XIII, se résolut de me donner en même temps entrée à ses conseils et grande part en sa confiance, je puis dire en vérité que les huguepots partageoient TÉtat avec elle, que les grands se conduisoient comme sHls n^eussent pas été ses sujets, et les plus puissants gouverneurs des provinces comme sHls eussent été souverains en leurs charges. Je puis dire encore que les alliances étrangères éloient méprisées.... Je promis à Votre Majesté d'employer toute mon industrie et toute l'autorité qu'il lui plaisoit me donner pour ruiner le parti huguenot, rabadsser l'orgueil des grands, et relever son nom dans les nations étrangères au point où il devoit être. » Il mit au service de cette politique un esprit vaste et fin qui embrassait l'ensemble et voyait les détails, une activité que rien ne lassait, et une volonté de fer. On lui prête ces sinistres paroles: c Je réQ(échis longtemps avant de prendre une décision ; mads, lorsque j'ai pris mon parti, je vais droit à mon but, je fauche tout et je couvre tout de ma robe rouge. (Monchals, archevêque de Toulouse.)
PreBAlëre* opérations de Bfclielieu i aoiiTelIe iraerre contre le« protentants (1626-1626). — Richelieu voulut d'abord poursuivre ces trois buts à la fois. A peine entré au conseil, il conclut, tout cardinal qu'il était, le mariage d'une sœur de Louis XIII avec le fils du roi d'Angleterre; il signa une nouvelle alliance avec les Hollandais, fournit en secret de l'argent à Mansfeld, qui seul alors tenait tète en Allemagne à la maison d'Autriche, et envoya 10 000
!8i Loms xiu (mo-i^kd).
bomm^ d)a9s^r du h ValUlm» lo^ soldats du pjfi^, poiM? la restituer aux GrUpps, Toutef ceg aUiapcecf (it^l^nt prpl#ftantes. L'Espagpe, qu'elles menaçaient, p'ayait guère de 8olr dats, mais elle ^yait encore de Tor, et quelque ^rs^i^t ré* pandu à propos parmi les réformés de France fm^J^ u^i» i^ouyelle prise d'armes. Bicl^^lieu aoiaprit qu'û p'étfiit pas possible de mener de front tant et d« 9i gr^dps gffaire^ ; il ajourna les moins prêtées et s'oceup^despro^stapt^r Tai^dl? que le duc de Poban ralliait ceu^ du tanguédoc et ^9 C^ yei^nes» son frère Sou))i^e, ^v;Mt ariQé les Jioe^§)p^^ |^ ^i^ chelle était alors une Téritaf)le r^pu^liqua, le içentreptcoo^ocie la Qj^pitale du calyinisme : ça f)ptte ét^i^ supérieure k pelle dn roi de Frarjce. Jlicheiieu, ^wrprisi p^r ^^^P révolta, qjjHl n'était pas pr^p^ré ^ «co^b^ttre (162^), fut obligé 4e deiW^ der des yaisseaux à d^H^ Êtatsf proteet^n^, l'A^let^rn^ et 1^ ^ollapde; et i) eût l'adresse de leji Ql)tenir, en propc^e^t^i)^ de son côté Tappui 4e la Frappe contre Ij^ pxai^p d'Apt^icbe. Sop amiral, le duc 4e Montmorency, eut qpelqmss suppès sur* les pôtes de TAunis et 4p Poitpp; pt Soubise se réfugia en Angleterre evec les débris dp ça flotte. Riçbeliep offrit alors 1^ paix ^ux rebelles, popr préparer à loisir le^ paoyeps 4e les écraser plus t^rd) Pt il laissa les courtisons le d^poncer h la France catholique con>pie « le pape des bugueppLçet )e pafri^rche des athées )) (février 1626.)
Poebelle (1628)| éd||; 4'A)a^ (|Q2d). — Pepeudapt, il remettait quelque ordre dans les finances ; il organisât Tarmée ; il construisait op achetait des vaisseaux, et fign^t avec TEspagne le traité de Monçon qui lui laissait la lihre disposition de toutes ses forces. Quand topt fut prêt, il entraîna le roi et la noblesse au ei^ge de la Rochelle (août 1627), décidé, copime le disait Malherbe dans une de ses plus belles odes, à
Donner le dernier coup à la dernière tête De la rébellion.
L'cbtreprise fort populaire en France, semblait difficile, car le roi d'Angleterre, Charles I», envoyait aux calvinistes français une flotte de 90 voiles, commandée par le beau et incapable Buckingham. Et les généraux, les courtisans, « qui ne voulaient pas que les bons succès vinssent en poste, » montraient un mauvais vouloir qu'on retrouve jusque dans cette
LOUIS xin (1610-1643). 18»
parole dq Inrave et loyal Basspmpierre : c Nous serons asseB (bas pour preodre la Rochelle, i Mais Richelieu po^nrut à ioat : il se fit à la fois général, ingénieur, amiral. Secondé 4e Tévêque de Maillezais, Sourdis, qu'il avait nommé chef ({*e^ç94r6| et qu'il fit plus tard archevêque iie Bordeaux, il cj^sse )i^ /^glais de File de Ré, où ils s'étaient établis* et, jff^wt Uii^ eippôic}^er de ravitailler la Rochelle, leur ferme 1#8
Richeliea.
afiproches du port par une digue gigantesque de 740 toises, iirge de 12 à la base et de 4 au sommet, lequel s'élevait audessus des plus hautes marées. Deux forts en gardaient les extrémités ; 200 navires bordaient les rivages voisins et la digue pour la défendre. Les Anglais essayèrent en vain de forcer ce prodigieux ouvrage; deux nouvelles flottes, arrivées d'Angleterre, sont repoussées : la Rochelle est isolée de rOcéan. Du côté de la terre, une circonvallation de trois
136 LOUIS Xiïi (1610-1643).
Heues, protégée par treize forts, flanquée de redoutée et gnrnie d*artillerie, enveloppe la ville d'un cercle de feux. Elle résiste cependant, soutenue par le courage viril de la duchesse de Rohan qui s'y était enfermée, et par l'énergie de son maire, Guiton, qui avait menacé de poignarder quiconque parlerait de se rendre, demandant qu'on fît de même à son égard s'il proposait jamais de capituler ; et, pour rappeler ce serment, il avait voulu que le poignard restât sur la table du conseil. Mais les défenseurs sont décimés par la famine et les attaques ; « bientôt la ville n'aura plus d'habitants, dit-on au maire. — C'est assez, répondit-il, qu'il en reste un pour fermer les portes. » 11 fallut pourtant les ouvrir quand il ne se trouva plus rien dont on pût faire un aliment (29 octobre 1628). La Rochelle avait tenu quinze mois en échec la fortune de Richelieu, et, pour l'avoir, il en avait coûté au roi kO millions : ce n'était pas trop, puisque à ce prix Richelieu avait acheté l'unité politique de la France.
La Rochelle fut traitée en place conquise : ses franchises municipales furent supprimées, sa mairie abolie, ses fortifications rasées. Montauban et les autres villes révoltées firent successivement leur soumission. Le duc de Rohan tint encore huit mois, grâce aux affaires d'Italie qui appelèrent du côté des Alpes le roi et le cardinal. La paix d'Alais, ou édit de grâce (juin 1629), termina la dernière guerre religieuse. Les calvinistes cessèrent d'être un parti politique et de former un Etat dans l'État, mais Richelieu leur laissa la liberté du culte et le bienfait de l'égalité civile. Durant tout son ministère, il les ei*iploya, comme les autres citoyens, dans l'armée, la magistrature et les offices de finances ; il les encouragea à se livrer à l'agriculture, au commerce, à l'industrie ; cependant, il les exclut de la colonisation du Canada, à cause du voisinage des colonies anglaises et pour réserver la conversion des Indiens aux missionnaires catholiques. A part cette faute, il les protégea toujours dans leurs biens et dans leurs personnes : exemple remarquable de modération éclairée à une époque où personne en Europe, catholique ou protestant, ne connaissait la tolérance*. Ainsi, en 1630, un mal-
1. Dans le manifeste de janvier 1617, au début de sa carrière ministé' rielle, il avait dit : « La diversité des religions pouvant bien créer de la division en l'autre monde, mais non dans celui-ci. » Dans un livre dogmatique publié quelques mois après sa disjgràce, il répudiait encore la contrainte : I Les remèdes violents ne faisoient qu'aigrir les maladies de
heureux, devenu à peu près fou, fut exécuté à Genève comme
parjure et blasphémateur : il s'était fait juif*. Une des suites de cette guerre fut Tacquisition de TAcadie
et du Cap Breton que les Anglais, alliés des protestants, nous
cédèrent par le traité de Saint-Germain (1632). AbatMement den grraiids t Chalats (16S6) ; J««niée
desDapeu (1680) i exécuttoii de MoBtinoreiiey (168 S) ;
le comte de Sotssoiis (164,1) i Cin^-Mani (1648). — Richelieu voulait que la royauté fût, à Tintérieur, une suprême magistrature d'ordre public, n'ayant, comme il le dit de lui-même, au lit de mort, ni affection ni haine pour personne, mais justice pour tous. La lutte contre la noblesse, commencée dès les premiers jours de son ministère, continua jusqu'à sa mort. Des intrigues, des conspirations, des révoltes mirent sans cesse en péril sa vie, son autorité, celles du roi et le repos de la France. Il les réprima avec une sévérité impitoyable. < C'est chose inique, disait-il au roi, que de vouloir donner exemple par la punition des petits, qui sont arbres qui ne portent point d'ombre; et ainsi qu'il faut bien traiter les grands faisant bien, c'est aussi eux qu'il faut plutôt tenir en discipline, d Mais si le cardinal avait le droit de punir les coupables, il faut regretter qu'il en ait usé avec tant de rigueur, surtout qu'il ait quelquefois, comme Louis XI, donné à la justice l'apparence de la vengeance et fait de Téchafaud un moyen de gouvernement.
Les premiers conspirateurs furent de jeunes seigneurs, conseillers ou amis de Gaston d'Orléans, frère du roi. Richelieu avait intérêt à tourner de folles étourderies en crime ; il est cependant possible qu'il n'ait point calomnié ses adversaires en leur prêtant le projet de l'assassiner, celui de déposer Louis XIII et de mettre à sa place le duc d'Orléans, qui aurait épousé Anne d'Autriche *. Le gouverneur du jeune
l'esprit. > Cet aveu est remarquable dans la bouche d'un homme qui n'avait pas l'habitude de reculer devant les moyens extrêmes.
1. Le pasteur protestant Nicolas Antoine. (Cf. la France protestante, par IfM. Haag., ad verb.)
2. Il convient, en effet, de ne pas oublier qu'en ce temps où vivaient encore les traditions de la politique italienne, se débarrasser d'un ennemi par un assassinat n'était pas une idée qui répugnât beaucoup. Un
jour que le maréchal d'Ancre vint rendre visite au prince de Condé, il trouva l'hôtel plein de ses ennemis qui délibérèrent s'il ne fallait pas l'y taer sur l'heure. Bassompierre trouva lui-môme que cette visite du maréehal a était un tour bien hardi ; > un guet-apens de la part des plus grands seigneurs de France ne l'eût pas étonné. U n'est pas possible de regarder comme fausses toutei les accusations de tentatives d'assassinat contre
prince, le eelonel d^Ornano, que Richelieu avait £ait man&r chai, sans le gagner ; la duchesse de Chevreuse, amie 4q H reine ; le comte de Soissons, les princes de Vendôme, fils naturels de Henri IV ; le comte de Ghalais, d'autres encore entrèrent dans ]e complot. Il fut découyert : la duch^çe 4e Ghe^reMe fut exilée de la cour arec les Vendème; d'Prpano, enfermé à la Bastille, oh il mourut, f non Sfins ^pu^QP^ de mort Yiolente; » Ghalais, décapité à Ij^nte^ p^ up bourfçap si inhabile que sa tête fut hiM^béd 43 trente-q^^trp PPupf avant de tomber. Au vingtième, on entendait ^ppprp ^eç gémissements. Il y eut même comme un jugemept de (a neipe. Louis lui cita, en présence du cardinal, les déposition^ gui Tacousaient d'avoir songé à éppuser son frère, à q^oi |^e répondit avec dédain, qu'elle ne gagnerait p^ §3^^^ ^ change. C'était un pauvre prince, en effet, qu$f p§ Ga^toti. Il s'humilia devant Richelieu, et promit f d'^iipPI? ^\ aiïèctipf^r ner ceux qu'aimeraient le roi et la reine-mère. ^ (ljS2§,]
L'année suivante, une terrible leçon fut dppnée ^ tous p^s grands qui ne croyaient pas que la Loi eût éi^ faite pour ei}^,* Les comtes de Bouteville et des Ch^pielles fièrent ex^puté§ §n place de Grève k la suite d'un duel (1627). Bpvteyijfj^ pn 4(^|, à sa vingt-deuxième affaire, et il était revepu tput exprès 4^9 Pays-Bas se battre en plein jour, ap milieu de l^ pl^(^ Royale, comme pour mieux braver le rpi et s|^s éditsf. ^ moins, cette fois, la rencontre avait éfé loyale. Jl n'eiît éta^t pas toujours aipsi, et bien de prétendu^ dpels prêtaient que des assassinats, comme ce jour où le cheyali,er dp Guise, rencontrant le vieux baron de Luz en carroçsis, 1^ fofça ^ mettre pied & terre et lui traversa la poitrine d'pp coup d'épée, pei>dant qu'il cherchait pn refuge d^ps une maison vpisine. Le baron avait un ûls qui appela le cbevalier. Guise tua le pis après le père et devipt par ce bel lexplojt le héros de l^ pour. C'était avant Richelieu, et c'étaient ces exploits-là dont Richelieu ne voulait plus. On comptait, ep 1609, que dans les dix-huit dernières années, 4000 gentilshommes avaient péri en combat singulier, et, Richelieu mort, les dpels recom-r mencèrent avec une telle fureur, que 940 gentilshommes furent encore tués de 16^3 à 1654.
Richelieu dont ses Mémoires sont rempUs. Quelques-uns de ceux qp| formèrent des projets s'en vantèrent plus tard. (Voy. Montrésort, çolJeciion Petitot, t. LIV, p. 296 et suiv.) Durant la Fronde un maréchal propose d'assassiner Ck>ndé. Eeti et Mazarin s'accusent réciproquement de s'étrç envoyé des assassins.
U>ms XIII (161(^1643). 13»
Dans ]a répression du complot da Ghalais, Richelieu ayait yaiDca du même coup la femme et le frère du roi ; en 1630, ce fut le tour de la reine-mère. Marie de Médicis avait fait entrer le cardinal au conseil où elle comptait qu'il lui servirait dUnstrument. Quand elle vit le ministre ne songer qu'aux grandes affaires de TÉtat, résister à ses caprices, à ceux de son second fils Gaston qu^elle affectionnait, elle voulut perdre 9et ingrat êêrviteuTy et, à force de prières et de larmes, elle arracha à son fils, alors malade, une promesse de disgrâce. Richelieu allait s'éloigner. Déj^ ]a cour encombrait au Luiem^
a rejae-mère. Un honnête homme, il, S^int-Simon, le père du célè- )i«]uq précipice dap9 Thumeurdp ie gen3 qui, par elle, prétendaient >ar S^ipt-Simop, le cardinal acez ^ me servir comu^e vous ave?
e vous maintiendrai contre tous e. » Marie de Médicis, qui recelé 1^ pour, ne fut désabusée que
l, Riehelieti a habité la maison qui porte le n» 2i. La place Royale était aldn le rendez-TOus du monde élégftnt. Le jardin est moderne.
par le désert qui se fit autour d^elle. G^est ce qu*on appela \sl journée des Dupes (oct. 1630). Elle fit aussi des yictimes.
Les deux frères Mariliac, Tun garde des sceaux, Tautre maréchal de France, s'étaient trop hâtés de triompher avec la reine-mère : le premier fut destitué et mourut en prison ; Tautre, arrêté en Piémont au milieu de son armée, fut accusé de concussions et jugé par une commission extraordinaire, dans la maison même de Richelieu, à Rueil. < C'est une chose bien étrange, répétait-il, qu'on me poursuive comme on fait. Il ne s'agit dans mon procès que de foin, de paille, de bols, de pierre et de chaux. Il n'y a pas de quoi fouetter un laquais. > Il n'en fut pas moins condamné à mort, et exécuté en 1632. Bassompierre, son ami, fut enfermé à la Bastille, d'où l'on ne sortait guère et où il resta douze ans, jusqu^à la mort du cardinal ; Marie de Médicis fut elle-même reléguée à Compiègne; quand elle se vit pour tout de bon délaissée de son fils, elle s'enfuit à Bruxelles Où elle vécut, sous la protection équivoque des Espagnols, dans un état voisin de la misère (1631). Richelieu s'était bien gardé de gêner cette fuite.
Le second fils de la reine, le frivole et incapable duc d'Orléans, avait aussi quitté la France, en lançant contre le cardinal un manifeste fougueux. Réfugié auprès d'un prince dévoué à l'Autriche, Charles IV, duc de Lorraine, il épousa sa sœur malgré les ordres du roi, puis alla retrouver sa mère aux Pays-Bas d'où il trama une nouvelle conspiration qui aboutit à une révolte déclarée. Le gouverneur du Languedoc, Montmorency, se laissa prendre aux promesses de Gaston; tandis que le prince entrait dans le royaume avec quelques milliers d'aventuriers, il souleva les provinces du midi, que Richelieu venait d'irriter en essayant d'introduire des officiers royaux dans Tadministration intérieure de ces pays d'états. Quand ils eurent joint leurs forces, ils livrèrent bataille à l'armée royale, commandée par le maréchal de Schombecg, sous les murs de Castelnaudary (septembre 1632). Le duc d'Orléans s'enfuit au premier choc, < jetant ses armes par terre et disant qu'il ne s'y jouait plus ; » le duc de Montmorency resté seul, fut pris, condamné par le parlement de Toulouse et exécuté, malgré les supplications de toute la noblesse. « Plusieurs, dit Richelieu, murmuraient de cette action, et la taxaient en quelque sorte de rigueur ; mais les autres, plus sages, louaient la justice du roi qui pré-
ferait le bien de son État à la vaine réputation dMne clémence dommageable ,et ils estimaient le courage du cardinal, qui méprisait la propre sûreté de sa personne et la haine de tous les grands pour satisfaire à la fidélité quUl devait au roi. »
Le duc de Lorraine paya les frais de la guerre. Louis XIII prit en personne Bar-le-ûuc et occupa militairement le duché (1634), qui resta aux mains de la France jusqu'à la fin de ce siècle. Quant à Gaston, il fut épargné, parce qu'il était du tang de France qu'il faut respecter ; mais il reçut Tordre de se retirer à Blois ; quatre années plus tard, un événement heureux et inattendu lui enleva le titre et le rang d'héritier présomptif de la couronne : Anne d'Autriche donna le jour à Louis XIV (15 septembre 1638).
Une humiliation infligée au duc d'Ëpernon, le dernier représentant des prétentions féodales, et la condamnation à mort du duc de la Valette pour une faute militaire, montraient à tous que des temps nouveaux étaient venus, ceux de Pobéissance absolue. Pourtant le comte de Soissons, chef d'une branche de Condé, tenta encore une fois de renverser le terrible cardinal. Réfugié à Sedan, auprès du duc de Bouillon, il appela à lui tous les mécontents pour réveiller la guerre civile en France. L'Espagne se hâta de lui donner 7000 hommes. Le maréchal de Ghàtillon surveillait Sedan avec une armée royale ; attaqué à l'improviste dans les bois de la Marfée, à quelques lieues de la ville, il fut vaincu par la défection d'une partie de ses régiments, mais le comte périt, dans la poursuite, d'un coup de pistoiet tiré au hasard (juillet 1641). La guerre finit avec lui ; le duc de Bouillon s'empressa de faire porter au roi sa soumission.
La dernière conspiration fut celle de Cinq-Mars. Ce fils du marquis d'Effiat avait été placé par Richelieu auprès de Louis XIII pour l'amuser, le distraire et le surveiller. Devenu bientôt favori nécessaire, il fut élevé à la dignité de grand écuyer et rêva la fortune du connétable de Luynes, qui avait commencé comme lui. Il était déjà entré à demi dans le complot du comte de Soissons ; ce prince mort, il travailla pour lui-même. Il se flatta de renverser Richelieu avec l'appui de la noblesse et peut-être avec la complicité du roi, qui paraissait fatigué de son ministre. Si le roi n'était pas complice, la reine du moins, ainsi que Monsieur, l'étaient, et le duc de Bouillon avait promis, la mort du roi survenant, de recevoir
148 LÔUN Xill (1610-1643).
à SMan la reine el ses deux âls fKmr tes sOâstrÉif^ Au eaà^ dînai. Gincf-Mars se perdit en signant un traité d*alli«lice Air«4 les Espagnols. Richelieu^ alors malade, presque mourant, ise procura^ à prix d'argent, une copie du traité et Penvoya à Louis XIII. Livré, suivant Tusage, aune commission extrac^^ dinaire, Cinq-Mars fut condamné, puis décapité à Lyon (septembre 1642)^ Ce hardi eonspirateur n^avait pas tingWdM ans. Avec lui périt de Thou^ fils de Phistorien^ qui paya dé sa tète le désir de vivre au milieu des gj^ands et cîe leuni ia« trigues. Il avait été Pintermédiaire de la reine et du eue ê% Bouillon. Quant à ce prinee, il ne se tira d'affaire qu'en saMi^ fiant sa principauté : 3edan M réuni poui" todjoum à la France.
SoumlMioM éta parlemeMti aetefliblé« 4e ildè»Mii*| affermiMcaleMt de Paatotité royalei -^ La inagistratore ne conspirait pas, mais quelquefois elle gênait Ëd 1617^ Bi^ ohelieu, alors daâs Pexil, écrivait : « Le parlement doit una entière obéissance aux volontés du roi^ mais il la doit raisonnable. » En changeant de place il changea de point de vue» U punit de la destitution, de Pemprisonnement ou de Texil touid velléité d'opposition. Lorsqu'on 1641, au milieu de la guerra de Trente ans, les magistrats voulurent refuser Tenr^istre** ment de nouvelles taxes^ Louis XIII vint tenir un Ht d$ juêUeê^ et fit de nouveau entendre les plus hautaines paroles. En vain Pavocat général Orner Talon supplia le roi de se laisser toucher par les prières, « à Pexemple du Dieu vivant dotat 11 était Pimage sur la terre; > il fallut obéir^ « -sans plus de rai*« sons, et cesser de mettre la main au sceptre du souverain^ » Défense expresse fut intimée au parlement de faire des remon*trances sur les édits concernant le gouvernement et Padmi«« nistration de PEtat. On n'en admit que pour les édits bursaux, à charge d'enregistrer ceux-ci « toute affaire cessante» si la roi jugeoit qu'ils dévoient être vérifiés, > nonobstant les ra-* montrances.
Richelieu n'avait pourtant pas de dédain pour l'opinion piit* blique. Comme tous ceux qui sont forts^ il en appelait souvent à elle et s'en trouvait bien ; mais il aimait mieux dire oa qu'il avait fait que discuter ce qu'il avait à (kire. Aussi beau* coup de manifestes, d'exposés de sa conduite, même de ce que nous appelons aujourd'hui des articles, qu'il insérait dans la Mercure de France^ le plus ancien de tous nos journaux, maia point d'états généraux; seulement quelques rares asseoabléea
de notables, qui, choisis par le roi, avaient moins d^esprit d'indépendance et pouvaient avoir autant de lumières. Il yen eut une en 1625 au sujet de la Valteline et de la rupture avec le pape; une autre à la fin de 1626. A celle-ci aucun prince ou duc ne fut appelé, mais des magistrats, des ecclésiastiques, des conseillers d'État et le prévôt des marchands de Paris. Le ministre leur développa ses projets pour créer une marine qui protégeât le trafic lointain, pour instituer une armée permanente où les grades seraient accessibles à tous, pour réorganiser les finances en dégrevant les classes laborieuses, pour encourager le commerce et l'industrie en y appelant la haute bourgeoisie et les nobles, enfin pour réformer l'administration intérieure *.
Oestruetioii den forteresses féodales i abolitioM des IpraMdes charges mililairesi les Clrands ^oum. — Dès l'année 1626, Richelieu avait ordonné la démolition des forteresses féodales inutiles pour la défense des frontières, et qui étaient pour la royauté une menace permanente, pour les villes et les campagnes un objet de terreur, pour les nobles un souvenir de leur ancienne puissance et un encouragement à la révolte '. La même année il abolit les charges de grand amiral et de connétable, qui donnaient à leurs titulaires une autorité presque royale sur la flotte et sur l'armée. Ils étaient trop maîtres, et Richelieu voulait l'être partout.
Les acquisitions de la France en Lorraine étaient bien loin de la main du roi; pour que ces pays sentissent l'action du
1. Le chancelier Marillac rédigea sur le catiier de cette assemblée un edit en 461 articles qui fat présenté au parlement, mais non enregistré, et qui par conséquent n'obtint pas force de loi. On y tenait compte de beaucoup de demandes faites par les états de 1614. Cet essai de réformation générale qu'on appela par dérision le code Michau, blessait beaucoup d'intérêts et tomba par le mauvais vouloir des parlements. La disgrâce de son auteur acheva de le discréditer. Richelieu, occupé de graves questions politiques, n'eut pas le loisir de tenir la main aux réformes civiles. L'article 229 déclarait tous les grades de l'armée accessibles aux roturiers; l'article 442 promettait la noblesse personnelle au négociant qui avait en mer depuis cinq ans un navire de 200 tonneaux, pour tout le temps qu'U continuait son trafic. Le même privilège était accordé au négociant en gros : et il était dit que le gentilhomme qui s'adonnait au trafic par mer ne d6^ rogeait pas.
2. Le château de Pierrefonds, à quelques lieues de Gompiègne, fut loDgtemps la terreur des environs. Un aventurier, Rieux. y soutint un liéga contre Henri IV. Richelieu )e fit assiéger et démanteler. La résistance de ses murs découragea les démolisseurs et 11 servit encore, pendant la Fronde, de place forte contre le roi. L'empereur Napoléon III l'a fait restaurer pour qu'il demeurât, comme il en est digne, un magnifique spécimen de l'architectare féodale. '^
LOUIS Xill (1610-1643). 145
goaYamemeiit, le cardinal créa le parlement de Metz; et, pour avoir une justice plus expéditive, il renourela l'institution des Grands Jours; ceux de Poitiers, 1634, condamnèrent pour exactions et violences plus de deux cents nobles.
CréttUoH dM iMteBdamis. — Enfin il fit une véritable révolution dans Padministration provinciale par Tinstitution éesirUendarUs. Sous les derniers Valois, les gouverneurs, qui étaient tous de haute noblesse, sMtaient rendus à peu près indépendants dans leurs provinces ; et. ils regardaient ces charges comme un patrimoine qui devait passer à leurs enfanlts*. Henri IV avait été obligé d'acheter leur obéissance. Richelieu, qui reprit en toute chose et continua Tœuvre du premier Bourbon en la poussant plus loin, créa des officiers supérieurs de justice, de police et de finances, appelés du nom modeste d'intendants*, qui, choisis par le roi dans la roture, sans crédit personnel, furent à la discrétion du ministre (1635). Ces officiers, agents dociles du pouvoir central, exercèrent un contrôle jaloux sur les grands, les parlements, les villes, les États provinciaux; ils concentrèrent peu à peu ratre leurs mains, tous les pouvoirs civils, et finirent par ne laisser aux gouverneurs que Tautorité militaire, nulle dans les provinces intérieures, et la représentation. La royauté gagna à cette institution, origine de nos préfectures, et Tunité nationale en fut fortifiée. Depuis la création d'une armée permanente, sous Charles VII, aucune mesure n'avait frappé plus fortement la nouvelle féodalité.
CoHiaieHcemeiii d^une organisatioM de la marine (ie4t). — Une des suites du siège de la Rochelle fut un premier essai d'organisation pour notre marine. Après chaque expédition, les vaisseaux de l'État rentraient en un port où ils restaient sous la garde de leurs capitaines qui ne les
I. « Le caractère de la maison de Montmorency, qui depuis nn long temps étaient goayernears dn Languedoc, était si avant imprimé dans ces pef p pies, qnils ne croyaient le nom de roi quimaginaire. » {Mémoires de Richelieu» ibid,. p. SI 9.)
t. L'institution des intendants de finance remonte à Henri II, mais fut régularisée et étendue par Richelieu. Il n'y eut pas un intendant par pro- ▼inee ou circonscription militaire, mais par génércUilé ou circonscription inancière. Supprimés durant la Fronde, ces officiers furent rétablis par iiaiarin. Louis XIV les investit de toute Pautorité administrative dans les proTinces, et même du pouvoir judiciaire; mais des mutations très-fréqoantes on des destitutions leur faisaient sentir la dépendance dans laquelle le maître voulait les tenir*
146 L0UI8 XIII (I6l0-16<i3).
gardai9}fft poinit Le$bfttimenl9 se délérk>raient ci on pefééi u^ toflapB in^oi h h^ rj&parer, puis k \eê rassembler pour k« faire agir ensem^Je. En 1639, Riehelieu chargea d'Inlrevilto ie visiter toutes les eôtes de TOcéan et d-y diotstr reaifila«* cernent de trois arsenaux. Il désigna le Havre, Brest ei Brouage. Des magasins y furent aasaitât cûofitiuiiis, «t, en 1631, trpis com^)is8air^s généraux 4» h marine vitttettt s> installer. P'InfreviUe s'étaii trompé pour Brouage et le Ha^yre, il avait deviné just<9 pour Brest, comme il devioa Bvh quesne qu'il recommanda à Hkhelieu. De nombreux YÛsr Q^aux furient armés, et dans )a guerre de Trente ans les flottes de France dominèrent sur l'Océan et la Méditerranée. '
Pi^#Pirflr«» 4»fi(i le» Onauccfi. — Pour tes finapoeB, Bichelieu rentra dans les i^auvaises iroies d'oà Sully était sprti. Il augmenta les impôts, c^ <fui était inévitaUe av^ d'aussi grandes affaires que le? siennes, mais il sut mal ks mi&nager. La différence entre le revenu met et le revenu bnti devint éporpae. Sur 80 millions que le pays donnât, en 1643, le trésor n'en recevait que 33, et la dépense étant 4e 8d, le déficit s'élevait à 56, sans compter que le revenu éo trois années était mangé d'avance. Ainsi le trésor se trouvait dans la détresse, et pourtant les peuples étaient horrible' ment foulés. Des émeutes avaient éclaté k Paris et dans les provinces; les croqua$U8 de Guyenne, les tp^-nurpU^ de Normandiei avalent égorgé les agents du fisc; mais les troupe^ étouffèrent durement ces révoltes, et on était trap habitué aux désordres des finances et aux aSreuses mis^^res des camp^ne3 pour s'inquiéter beaucoup des uns m à^s autres.
CoTfa^tree et fuadm^^ie. —• Richelieu organisa les (Consulats, {ayorisa le commerce extérieur, mais i^^)psa au Ca* nada les règlements ^trpits qui le perdirent ; il encour^tgoa les industries naissantes des glaces et des tapis, et fît venir des ingénieurs des Pays-Bas pour dessécher les marais, continuant encore en cela Henri IV et préparant Colbert, mii fut soi^ adn^irateur, parce qu'il retrouva, sur mille poirxts, les traces de celui qu'il appelait toujours le gfand cardinal.
Polill4a« étrangère, lotte coHtre la |irftBe|ie esjftt^ fignole de |â hkjl^soii ^'4^|itrichi^. — Depuis le traité àû Vervins, la France n'avait pas eu de grar^de guerre; et comme l'industrie, le commerce occupaient peu les peuples
j^l y avait da^ns 4a g^Mration s récits des temps de fîère ine batailles, une irppatience du ai,. faute <^q direction, s'estaient is. ipe 1,610 à 1624,Ja France in avait un maintenant, et cet lé ces volontés rebelles, après ses, allait leur montrer qn but les y pousser d,e 3a puissante
disait Richelieu, jusque-là doit ;>agnols, maîtres des Pays-JBas, mssillon, enveloppaient encore )indrie, et tenaient Tltalie par par eux. Dès les premiers jours i les anciens traités conclus par lie, la Hollande, dont il doubla ['Angleterre, Jacques I*% suclisabeth. Il fait rompre le ma^ de Galles et une infante, et U l'accepte, la main d'Henriette,
;1624:). — Aux négociations, il Ispagnols de la Valteline, petite ieur de l'Adda et qui établissait la communication entre le Milanais espagnol et le Tyrol autrichien.,Les habitants, sujets de la république protestante des Qrisons et catholiques, s'étaient révoltés à l'instigation de la cour de Madrid, qui avait fait bâtir chez eux plusieurs forts, afin de les protéger, disait-elle, contre les hérétiques (1620). Les Grisons avaient réclamé; le pape, choisi pour médiateur, .hésita longtemps; il allait peut-être donner raison aux Espagnols, quand Richelieu arriva aux affaires et écrivit aussitôt à l'ambassadeur de France à Rome: « Le roi ne veut plus être amusé; il a changé de ministère, et le ministère de. maxime: on enverra une armée dans la Valteline, qui rendra le pape moins incertain, et les Espagnols plus traitai^les. » En effet, le marquis de Cœuvres arriva par la Suisse avec 10000 hommes et restitua la Valteline aux Grisons \163^)* iLa cour de l^adrid subissant en silence cet affront, qui prouvait sa faiblesse, accepta les faits acconjpliSj^ar.Ie traité de Monçon, en Aragon (mars 1626).
Onerre de la sneeessloii de Mantone (1629). — Quelques années plus tard, le cardinal intervint au delà des Alpes, en faveur d'un prince français, Charles de Gronzague, duc de Nevers, qui venait d'hériter du Mantouan et du Montferrat. Les Espagnols lui opposaient le duc de Guastalla à Mantoue, et le duc de Savoie, Victor-Amédée, dans le Montferrat, dont ils investirent Casai, la capitale. Richelieu marcha lui-même vers les Alpes avec une armée de 36 000 hommes et Louis XIII força le pas de Suze dans une action brillante où il montra le courage de son père (6 mars 1629). Le duc de Savoie, témoin de l'audace des assaillants et sur le point d'être pris, se retira à travers ses lignes en criant: « Messieurs, laissez-moi passer, car ces gens sont en colère. » Il se hâta de signer le traité de Suze : les Espagnols levèrent le siège de Casai et rentrèrent dans le Milanais. Mais il n'y avait pas grande confiance à avoir dans le duc de Savoie. » Son esprit ne pouvoit avoir repos et faisoit tous les jours plus de trois fois le tour du monde, pensant à mettre tous les rois en guerre, pour retirer profit de leurs divisions. » L'année n'était pas écoulée que les Impériaux victorieux en Allemagne entraient chez les Grisons, les Espagnols dans le Montferrat, et que le duc de Savoie négociait avec tout le monde. Richelieu revint sur les Alpes avec ^0 000 hommes; la Savoie fut conquise, le Piémont entamé, Pignerol pris (mars 1630). La paix de Ghérasco, dont Mazarin fut le négociateur, affermit l'influence française en Italie. Le duc de Mantoue fut rétabli dans ses États, et Victor-Amédée livra à Louis XIII, avec Pignerol, le libre passage des Alpes (avril 1631).
Ainsi, en 1631, Richelieu avait séparé en Italie les domaines des deux branches de la maison d'Autriche qui faisaient effort pour se rejoindre, et rouvert la péninsule à la France, mais sans l'y engager. Il songeait à faire davantage, à établir une confédération italienne qui contre-balancerait la puissance de l'Espagne dans la péninsule, et « y assurerait un parfait repos. » Venise, Mantoue et le duc de Savoie signèrent cette ligue ; le grand-duc de Toscane, Gênes et le prince de Parme et de Modène y adhérèrent en secret; Urbain VIII fut sur le point de faire comme eux. Les événements détournèrent sur l'Allemagne l'attention de notre grand mmistre.
Guerre de Vrente anei Bicheliea appelle ««eteve-
LOUIS xin (1610-1643). 149
Adolphe em Allemagne. — On était alors' au plus fort de la guerre de Trente ans. Cette lutte, à la fois politique et religieuse, avait commencé en Bohême (4 618) et s'était étendue peu à peu à tout Pempire. L'électeur palatin, le roi de Danemark, avaient été Tun après l'autre vaincus et humiliés. L'armée impériale, créée et commandée par Waldstein, avait pénétré jusqu'à la Baltique, foulant aux pieds sur son passage l'Allemagne et ses libertés séculaires. Le problème qui s'était tant de fois agité dans ce pays, de son partage entre des princes indépendants ou de son union sous un seul maître, était sur le point d'être résolu dans le sens de l'unité, sous le despotisme de la maison d'Autriche. Tout cardinal qu'il était, Richelieu fît alors comme François !«', comme Henri II, comme Henri IV, il prit en main la cause des princes allemands, sans regarder à la religion. Son émissaire, le P. Joseph, travailla si bien les électeurs, à la diète de Ratisbonne, en 1630, qu'ils arrachèrent* à l'empereur le renvoi de Waldstein et le licenciement de son armée, puis refusèrent de donner à son fîls le titre de roi des Romains, que Ferdinand II regardait comme le prix tacite de ses concessions. « Un pauvre capucin, s'écriait-il avec colère, a su mettre dans son capuchon six bonnets électoraux. »
Après l'avoir désarmé, Richelieu alla lui chercher un ennemi au fond du Nord. Le roi de Suède, Gustave-Adolphe, monté sur le trône à l'âge de dix-sept ans (en 1611), s'était déjà fait connaître par de grands succès : il avait humilié les Danois elles Russes ; il faisait alors une guerre heureuse à la Pologne. Richelieu ménage une trêve entre le jeune roi et les Polonais (septembre 1629), puis lui accorde un subside annuel de 1200 000 fr. et le jette sur l'Allemagne en lui montrant, pour exciter son ardeur, d'immenses dépouilles à saisir, ses coreligionnaires à venger, et un grand rôle à jouer sur un théâtre retentissant (traité de Berwald, janvier 1631).
Gustave-Adolphe apparaît dans l'empire comme un foudre de guerre. Il invente une tactique nouvelle, qui déconcerte ses adversaires ; il bat Tilly, près de Leipzig, le tue au passage du Lech et vient lui-même périr à LUtzen, dans les bras de la victoire. « A d'autres le monde ! » s'écrie-t-il en tombant (1632). Richelieu ramasse l'espérance et la fortune du jeune héros. Il est libre maintenant de ses plus grands soucis à l'intérieur; il peut porter son attention et ses forces au de-
150 LOUIS Xlii (1610-1643).
hors. Il substitue hardiment, dans la lutte centre ht' ittaiSdh d'Autriche, au Danemark épuisé, à la Suède veuve de son roi,. la France pleine de jeunesse et d'ardeur.
Première partie de la période française (1^89- 1643); alliaaeen et forces de la tiVaace. — Contre r Autriche et TËspagne plus étroitement unies, il noue d'abord un solide faisceau d'alliances. Par la convention de Paris/ il promet 12000 hommes aux confédérés allemands cfui lui re^ mettent l'Alsace en dépôt (nov. 1634), et par celle de Sdni- Germain il achète Bernard de Saxe-Weimar, le meilleur élève de Gustave-Adolphe, et son armée (oct. 16S5) ; il traite à Compiègne avec le chancelier de Suède, Otenstiem, autre grand ministre (1635), k Wesel, avec le landgrave de Hesse- Cassel, qui fournira des troupes en retour d'un subside (oct. 1636) ; à Paris, avec les Hollandais, pour le partage dès Pays-Bas (février 1637); à Rivoli, avec les Suisses et les dues de Mantoue, de tarme et de Savoie: au dernier il promettait la Lombardie (juillet). Il essaya même de gagner le roi d'Angleterre eu lui offrant pour prix de son alliance ou de sa neutralité des secours contre ses sujets rebelles. Charles r^ pondit, avec plus de fierté que de prudence, par ces mfold qui résument presque toute la politique de l'Angleterre i notre égard : c Le jour où les ports des Flandres seront attaqués par les alliés, une flotte et une armée anglaise de 15 000 hommes arriveront aux Dunes. » Le redoutable cardinal se retourna du côté des presbytériens : c Le roi sauta bientôt, écrivit-il à notre ambassadeur, que je ûe suis pas oÉ homme à mépriser. L'année ne s'achèvera pas sans qu'il ait à regretter d'avoir rejeté mes propositions. » De secrets émissaires partirent aussitôt pour l'Ecosse, et un mots Bptès le covenan/ était signé ; Richelieu n'avait plus à craindre d'être gèiié par le roi anglais.
Ces nombreux traités annoncent l'extension que la guerte va prendre. Richelieu la porta sur toutes nos f^ontièrea: aux Pays-Bas, pour les partager avec la Hollande; sur le Rhin, pour couvrir la Champagne et la Lorraine, et saisir l'Alsape ; en Allemagne, pour tendre la main aux Suéddif et birioer l'omnipotence de l'Autriche;. en Italie, pour mi^ii|« ^nir l'autorité des Grisons dans la Yalteline (voy. p. 4%1) et l'influence de la France dans le Piémont ; vers les Pyré^ pées, pour y conquérir le RoussiUon ; sur l'Océan et la Mé^'* ierranée, pour y détruire les flottes espagnoles, soutenir M
LOUIS XIII (i61()-1643}. l&l
rAtoltës du {Portugal et de la Cât^dgrie, et itiônàcer \eh côtesi d*lt^è. Il à fait connaître lui-même, Stvée m juste oirgueil^ quels prodigieux èfiTortâ II demanda It \à tiatiotl pendant sept ailUées, encore né parle-t-il point des armées dti Rotissilloil et de là Catalogué : « La postérité, dit-il au roi, aura peine k croire due dans cette guëi*rè ce toyautiie ait été capable d'éùtreteiïîr éef^i arniées ue terré et deux natales, sans compter :éllést de keÉ alliéà, à là éubsistailce desc^tielles il n'a ^s peu cdfAtribuè. Cependant il est #ai que, outre ixtie puissante armée de èd 000 bommes dé pied et de 600Ô â 7000 ôhetauï, que tou^ à^ez todjôùrs eue en Picardie, pdttt attaquer vds eniiêmisr, vous èii avez eu due auti'e en là même province, composée de 10 000 hdmmes de pied et de 4000 chevaut pour empêcher rentrée de cette frontière. Il est vrai, de plus, que tous en avez tdujôui*à ed uUe ed Champagne, de même nombre que cette dernière; une en Bourgogne, de pareille force ; ude non inoihâ ][)uissante en Allemagne ; une autre auséi considérable en Italie, et encore une autt*e en Valteline, pendant un certain temps. — Bien qtie vos prédécesseurs aient inépriàé la mer jdsqu*à ce point que le feu roi, votre père, n'avait pas tin seul vaisseau. Votre Majesté n'a pas laissé d'avoir en la mer Méditerranée^ pendant tout le cours de cette guéi*re, 20 galères et 20 vaisseaux rdnds, et plus de 60 bièii équipés éû la mer Océane. — Vous avez de plus, tous le^ aïs, secourt! lei^ Hollandais de 1 200000 livres, et quelquefois de davantage; le ddc de Savoie de plus d'un million) la courohne de Suède de pareille somme ; le landgrave de Hesse de 200000 tixdalers, et divers autres princes de di* verses autres somtdes, selon que leS occasions l'ont requis, è (Hdtfatûm éuccirite.)
éé tiitkhl^tÉiÈkii, de ii6àé>âU. -^ Le (irétexte de la rupture fut l'enlèvement par les Espagnols de l'archevêque, de Trêves, <|uî s'était mîi^ àou^ U prôtectiotï dd la France. Là guerre coiùmeii^ beurèusemtent. Châtillon et Brétê remportèrent (fatÉis lès Pays-Bas la victoire d'Avein, prèn de Liège (mai 1035). Les Hollandais S'efrarodchèrent de voir les Français si ifm d'ëdx; Ifô éddiaièilt bied mieux l'Espagne affaibli» què la Fraùce ré^^fiéréè, et ils secondèrent mal nos opéraitlôiïs. Lôèi Eàpainolà* |)rofltèrent de cette mésintelligence. Rétfforcés pai* 18 000 Impériaux et Plfcicolominî, ils pénétfërCfit eh PîcaMie, plëhdàftt que notre aHnêô était encore en
Hollande, franchirent la Somme et s^emparèrent do Corbie (1636). Un instant la cour et Paris s^épouvantèrent ; mais le cœur revint vite à la grande ville. Les ouvriers et les gens du peuple s'enrôlèrent en foule, les bourgeois donnèrent au roi les moyens de lever et d'entretenir durant trois mois 12000 fantassins et 3000 chevaux. Louis XIII, plus hardi cette fois que Richelieu, avait refusé de se retirer sur la Loire. A la tète de 40000 hommes, il alla rejeter les Espagnols hors des frontières et reprendre Corbie, où le cardinal n'échappa au plus grand péril qu'il ait couru de sa vie, que parce qu^au moment de donner le signal de l'assassinat le cœur manqua au frère du roi (1636). Une autre invasion, tentée en Bourgogne, tourna aussi mal. Gallas et le duc de Lorraine s^ètaient avancés, avec 30000 hommes, jusqu'auprès de Dijon; pour s'assurer durant l'hiver un passage sur la Saône, ils attaquèrent Saint- Jean-de-Losne, dont les bourgeois, aidés par un débordement du fleuve, firent une défense héroïque. Le comte de Rantzau força les Impériaux à la retraite, et le duc de Saxe-Weimar les repoussa en désordre dans la Comté. L'année suivante, 1637, le cardinal de la Valette prit les villes de la haute Sambre : Câteau-Cambrésis, Landrecies et Maubeuge. Richelieu aimait à confier des commandements aux prêtres, plus habitués à l'obéissance. Son amiral ordinaire était Sourdis, archevêque de Bordeaux, qui détruisit,
, en 1638, une flotte espagnole, à la hauteur de Fontarabie, et ravagea plus d'une fois les côtes du royaume de Naples et de l'Espagne. Mais en cette année (1638), les grands succès furent sur le Rhin ; Bernard de Saxe-Weimar battit les Impériaux à Rheinfeld, prit leur général, Jean de Werth, et emporta d'assaut Vieux-Brisach après trois victoires. Il songeait à se faire le souverain de l'Alsace et du Brisgau, quand il mourut, fort à propos pour la France, qui hérita de sa conquête et de son armée (1639).
L'Artois, qui appartenait aux Espagnols, fut envahi dans la campagne suivante. Trois maréchaux, la Meilleraye, Châtillon et Chaulnes, assiégèrent Arras. Une armée de 30 000 hommes, commandée par Beck et Lamboi, accourt pour le délivrer. Les maréchaux sont d'avis contraire, l'un veut se
, tenir dans les retranchements, l'autre sortir des lignes pour livrer bataille; on en réfère à Richelieu : c Lorsque le roi, leur dit-il, vous a confié le commandement, il vous a cru capables; sortez ou ne sortez pas de vos lignes, mais vous
répondez sur yos têtes de la prise de la ville <• » Quelques jours après, les Espagnols sont battus, et la ville est forcée (août 1640). C'était une seconde province enlevée à la maison (TAatriche.
La France combattait en même temps dans le nord de ntalie. Après la mort de Victor-Amédée (1640), ses frères, le imnce Thomas de Garignan et le cardinal Maurice, avaient disputé la régence à sa veuve, Christine, fille de Henri IV, et avaient obtenu Tappui d'une armée espagnole. Richelieu envoya dans le Piémont le comte d'Harcourt, qui remporta trois brillantes victoires à Casai, à Turin et à Ivrée, rétablit Taotorité de la régente, et par un traité habile fit rentrer les princes de Savoie dans Talliance française (1640-1642).
L'Espagne n'attaquait plus alors, elle avait assez à faire que de se défendre contre les Catalans et les Portugais ré- Toltés (1640). Le cardinal n'était pas étranger à ce soulèvement ; il fournit des secours au nouveau roi de Portugal, Jean.de Bragance, et décida les Catalans à reconnaître Louis XIII comme comte de Barcelone et de Roussi lion (1642). Une armée française, commandée par la Mothe-Houdancoort, chassa les Espagnols de la Catalogne ; une autre, que le roi conduisait en personne, prit Perpignan, et ajouta te Roussillon à la France , qui depuis ne l'a pas perdu (sept. 1641).
L'Espagne occupée chez elle, l'Autriche était plus facile à Taincre en Allemagne. La défaite de NOrdlingen et la défection de l'électeur de Saxe, en 1635, avaient forcé les Suédois à reculer jusqu'en Poméranie. Dégagé par la puissante di- Tersion de la France, Banner, le second Gustave, avait, en 1636, repris l'offensive et battu les Impériaux à Wittstock ; il les battit encore à Chemnitz (1639), pénétra en Bohême, H, aidé du comte de Guébriant, un des plus habiles tacticiens de l'époque, faillit enlever dans Ratisbonne, en 1641, la diète de l'empire et l'empereur. 11 avait passé le Danube sur la glace : un dégel subit sauva Ferdinand III et une Dialadie le délivra quelques mois plus tard de son redoutable
l.Le mot se trouve dans les Mémoires de Puységur, qut assista à SO eombats, i 130 sj^ges, ne fut jamais ni blessé ni malade, et mourut à •S IM, en I6S2. La MeUleraye était cousin germain de' Richelieu, et alors le général favori du ministre et de la cour, comme grand preneur de villes, ce qui a fait douter de l'authenticité du mot. Richelieu se fit ce ioar-làpfais sévère qu'U n'était décidé à l'être.
adverssî^è. Tandis que lé soeoes^et^ de Baaner^ le p»B^ iî(fm TèrstenëCH, étonciacit TËarope par la rapidité de s«9 opérations et une suite de gloriei»ses TÎetolres dans la Sîlésie et la Saxe (1641), Guébriant s*avançait audacieusemefii arec l'armée weimarienne dans l'ouest de l'empire, que les Suédois attaquaient par le nord-eàt : il triomphait de Pifceci^ lomini àWolfenbuttel (1641), de Lamboi à Kenapen dans Vélectorat de Coloighe (1643), et il (iennait la; mai» à tdus M ntéeontents de r Allemagne.
Morrt 4e Biehetteii (dée. 14I«B): -- Oerfut ait milieu ds cei succès que mourut Richelieu y à r%6 de cinquante-sept and. Le l^ décembre 1642, il fut saisi d'un mal doiA il re^ connut aussitôt la granité. Dès le lèndemdinj il voulut saTttIr la vérité sur son état; On le berçait de ees es^ranees qui se donnent toujours aux malades, c Parlez francheiment, dit*il à un de ses médecins. — Monseigneur^ dans vingt-quatre heures vdus serei mort ou guéri. — C'est parler^ cela, » ditil ; et il manda le curé de Saint-Eustache, qui lui app(>rta lé viatique* é Voilà mon juge, dit-il quand on lui présentai l'hostie, devant qui je paraîtrai bientôt; je le prie qu'il mè condamne si j'ai eu autre intention que le bien dé la religicMf et de l'État. — Pardonnez-vous à vos ennemis? demanda )t curé. — Je n'en ai jamais eu d'autres que ceux de l'État. * Il laissait la France partout victorieuse ; la maison d'Autriehe abattue ; le royaume agrandi de quatre provinces : Lorraine. Alsace, Artois et Roussillon; la Catalogne et le Portugal soulevés contre FËspagne, les Suédois et nos soldats presque aux portes de Vienne. 11 avait donc tenu la promesse qu'il avait faite à Louis XIII en entrant au ministère : il avait, au dehors, relevé le nom du roi au point où il devait être partni les nations étrangères ; il avait, à l'intérieur, tout fait plier sous son autorité Mais ici d'un péril on était tombé dims un autre : de la licence aristocratique dans l'arbitraire du despotisme royal qui se mettait quelquefois au-dessus de teutd justice^ et disposait à son gré de la fortune, de la liberté et de la vie- des dtoyens. On vit alors, non-seisdement des cto'* fiscations et des emprisonnements arbitraires, mais des condamnations capitales prononcées par des lettres patentes adressées atu parlëftient.
ôe n'est pas que Richelieu fût un ennemi systématique cle raristocratîe. Il abatissa les gfahds. tnih «on pas Ist ndMessé. Il l'eslimait nécessaire et avait korreur, autant peut-èire
que Saint^imoQ, du pèle-mèle des classes. Il voulait que diacun restât à sa place ; et quoiqu'il fût de bien petite maison, il croyait que la naissance pouvait tenir lieu de beaucoup de choses : à la rigueur, il n'eût rien demandé de plus, même pour faire un évêque. Il s'indigne de la place que la bourgeoisie tient déjà dans l'État par les charges qu'elle
La Sorbonne.
occupe, f Ils sont présomptueux, dit-îl, jusqu'à tel point que de vouloir avoir le premier lieu, où ils ne peuvent prétendre que le troisième, ce qui est tellement contre la raison et contre le bien de votre service, qu'il est absolument nécessaire d'arrêter le cours de telles entreprises, puisque autrement la France ne serait plus ce qu'elle a été et ce qu'elle doit 6tre« mais seulement un corps monstrueux qui comme
LOUIS Xïii (1610-1643). 157
tel ne pourrait avoir de substance ni de durée. » Et, comme il n'a pas l'habitude de reculer devant la conséquence de ses principes, il veut dans le règlement général de 1625 pour toutes les affaires du royaume, supprimer tous les collèges, si ce n'est dans douze villes où il en laissera un dé* jésuites et un de séculiers, et à Paris où il y en aura trois de laïcs et un de jésuites , afin d'arrêter la manie qu'ont les pauvres gens de faire étudier leurs enfants, ce qui les détourne du trafic et de la guerre. » Des marchands et des soldats, voilà ce qu'il demande au tiers état. Il laisse dans le même but
Palais-Royal.
subsister la vénalité des charges qui substitue pour les fonctions publiques rhérédité à la concurrence, ce qui retiendra d'autant les bourgeois dans le trafic.
Nous lui reprochions tout à l'heure d'avoir mal géré les finances. Mais il considérait l'impôt à un double point de vue, comme moyen de fournir des ressources à l'État, comme moyen aussi de tenir le peuple dans l'obéissance : c Tous les politiques sont d'accord, dit-il, que si les peuples étaient trop à leur aise, il serait impossible de les contenir dans les règles de leur devoir.... S'ils étaient libres de tributs, ils penseraient l'être de l'obéissance. » Et il les compare aux
mulets c qui se gfttent par un long repos, plus que pax le travail. »
I4' Académie française, la Jtorjboiiiie, le PalaUalloyal, le «iardin de* Pl^niep. — Le terrible ministre avait le goût des lettres et des arts ; plusieurs établisseiiiieuts utiles ou magnifiques datent de son ministère. Il institua l'Académie française, en 1635, la destinant à gouverner la langue et à régler le goût littéraire ; il reconstruisit la Sor-
Versailles sous Louis XIII (principale entrée).
6onne, où Ton voit encore son tombeau, chef-d'œuvi;e dp.Gi-
lége du Plessis, le Palà^is-Çardinal
'Jmpr^m^rie royale; il créa le'jj^rdin li le Muséum d'histoire naturelle, udiants en médecine. Il montrai b\x^ à laquelle ceux-ci n'étaient pas has savants et des poètes, en^re autres
1. Ce tombeau n'était, depuis les profanations de 1793, ouMn eénotaobe* ayant retrcavé en 186« la tête de Rieheliea, je 1"^ ai fait replacer. '
ÇorneilJe; JJ momml^ mnire y,Q.iJ|#t, a jj rappel de Rox9,e le Poi^sm ; eofin il vit mlir^h gfand siècle UUéraire
de J^ f il en a conm^ejjcé Je grapd siècle poli-
^^^ de Tannée 1636, .et le Discours de la
Mm'>f- Mt ^ui-meme un .écrivai;^ remarquable,
^'^^ ®" r faire des tagédies et de se croire
1 ^al ( compQs^ upe foule d'ouvrages théolo-
^H^ .son i^vf^s et des Mémoires, un Testo-
^'^'^^ f' ^onfc be^^ucoup du nôtre. On y trouve
VMiBIét sotië Louis Km (rne de l'intérieur de Tavant-cour^.
souvent de Temphase et le style prétentieux de l'époque, mais quelquefois aussi une énergie toute cornélienne '
f . n exigeait que Chapelain et Gombanlt restassent coaverts devant lai. Ni Tnn ni Taotre n'étaient de grands esprits, assurément, mais il honorait les lettres en leur personne. Le jour de la redditiun de Montauban, les ministres protestants se présentent devant lui. Il refuse de les recevoir ■ comme corps d'Église, >*mais il les admet < comme gens qui faisaient i»rofession des »-"— - " - ^—-^- — *:---^ r vt,, ..-* :^.
rimportance p
eadémie, voir
édition «vec notes de Livet, 1857.
Mortde VomU XMMM. — Louis XIII ne changea rien à la politique du cardinal, et appela au conseil celui qui pouvait la continuer, Jules Mazarin, Pami et le dépositaire des pensées du grand ministre. II ne survécut à Richelieu que six mois (14 mai 1643), comme s'ils étaient tous deux insépara^ blés dans la vie, ainsi quHls le sont dans Thistoire.
Ce prince ne mérite pas le dédain qu'on a pour lui. II ne faut point dire, avec Saint-Simon, que « les Muses ont donné au ministre bien de la gloire qu'elles ont dérobée au maître. » Mais il garda dix-huit ans un ministre qu'il aimait peu ; il en fit moins son conseiller que le dépositaire de sa toutepuissance et le dictateur de la France. Cette résignation à accepter un ministre dont les exigences furent souvent pénibles, quelquefois cruelles, doit être comptée au prince qui eut ce rare dévouement pour l'intérêt public. D'ailleurs Louis XIII avait du courage, parfois de la décision, et il montra sur le trône une vertu qui s'y est vue rarement, la chasteté de saint Louis >.
f. C'est ce prince qui commença Versailles. La seignearie de ce liea appartenait aux évëques de Paris (archevêques depuis 1622). Louis XUI' l'acheta, et en 1027 y fit bâtir un petit château qui a été conservé par son fils. Il forme le centre du palais au fond de la cour de iMarbre. On y retrouve l'emploi de la brique rouge, à laquelle Louis XIV renonça.
Faits divers. — L'intolérance et la superstition faisaient encore des victimes. — Lucio Vanini, philosophe néo-platonicien, et le curé Urbain Grandier sont brûlés, l'un à Toulouse, comme athée, en 1619; l'autre à Loudun, comme sorcier, en 1634 : le supplice de Grandier fut atroce. — Le 30 mai 1621, publication de la première saielte ou iournsîi politique qui ait eu cours en France, distribuée à la fin de chaque semaine en double feuillet in-auarto. — Richelieu avait fait graver, sur les canons du roi, la devise UUima ratio regum. — En 1627, régularisation du service de la poste aux lettres, par l'établissement d'un tarif officiel remarquable par sa modération. Le prix d'une lettre de Paris à Lyon y est taxé à 2 sous (aujourd'hui 30 cent.^\ Premier impôt mis sur le tabac, 1629 : 30 sons par livre sur le tabac étranger. En 1640, fondation de l'Imprimerie royale (voy. ci-dessus, t.I, p. 722). En 1616, le marronnier dinde est importe de Constantinople à Paris, dans le jardin de Soubise. — En 1634, institutioa par saint Vincent de Paul de la confrérie des Scntrt de la Charité: en 1638, il recueille les enfants trouvés.
MINORITÉ DE LODIS XIV. IQl