ORGANISATION INTÉRIEURE
nçai les élèves qui avaient remporté des prix à TAcadémM de peinture à Paris, et qui durent copier sur la toile ou eâ marbre les chefs-d'œuvre de Tantiquité. Le cabinet des mé^ daiUes, Pécole des jeunes de langue y pour Tétude des langues orientales, furent fondées ; la Bibliothèque royale augmentée de plus de 10000 volumes et d'un grand nombre de manu8« crits précieux; la bibliothèque Ma2arine ouverte au public ; le Jardin des plantes agrandi, la création d^académies de provinces encouragée.
Ces belles fondations étaient pleines d'espérances pour l'avenir ; pour le présent, les artistes, les gens de lettres, j trouvaient déjà des récompenses : l'honneur d'être compté* dans ces compagnies et le profit que rapportaient les jetons de présence. Louis leur accorda individudlement des avanta^ ges plus considérables. Corneille, Racine, Boileau, Molière, Quinault, Lulli, vingt autres reçurent des pensions ; les étrangers même eurent part à ses libéralités, c Quoique le roi ne soit pas votre souverain, leur écrivait Golbert, il veut être votre bienfaiteur; il m'a commandé de vous envoyer la lettre de change ci-jointfe, comme un gage de son estime. » Le bibliothécaire du Vatican, AUacci ; le comte Graziani, secrétaire d'État du duc de Modène; Vossius, historiographe des Provinces-Unies, le Danois Roêmer, le Hollandais Huyigbens, que Golbert appela à Paris, où il resta quinze ans, etCr, eurent de ces flatteuses surprises. Viviani, célèbre mathéma^ ticien de Florence, fit bâtir une maison, avec cette insmp^ tion en lettres d'or : JSdes a deo data*. Aussi l'admiration pour Louis passait nos frontières ; on prononça douze panégyriques en son honneur dans diverses villes d'Italie. Il fout dire cependant que cette admiration n'était point payée bien cher et que le budget de la littérature ne fut jamais trèslourd. Dans l'année où les pensions atteignirent le chiffre le plus élevé, la dépense totale ne dépassait pas 100 000 livres, savoir : 53 000 pour les nationaux, 16000 pour les étrangers, le reste en gratifications. En moyenne, 75 000 francs par an, et au total, en vingt-six années, 1 700 000 livres.
liOMVois I réforme de l'armée. — Colbert avait
t. C'était une aUosion an surnom de DieU'Donnét par lequel on avait désigné Louis XIV à sa naissance. — Nous reTiendrom, an chapitre uv, snr les lettres et le» arts, dont noos ne parlons ict^ en quelque serte, qu'au point de Yue administratif. Les pensions aux savants étrangwa fiH rent supprimées avant 1680. (Clément , Histoire de Colbert^ p. 238.}
<»>gani8é la paix; Louvois^c le plus grandit le plus brutal des commis, » organisa la guerre. François-Michel le Tellier, marquis de Louvois, né en 1641, entra dès rage de quinze ans dans les bureaux de son père, secrétaire d^État, et fut initié par un long apprentissage à la science de Tadministration militaire, où il porta une activité égale à celle de Colbert '. Quand Louis XIV se décida à gouverner lui-même, Louvois devint véritablement ministre de la guerre, bien qu'il n'ait succédé à le Tellier qu'en 1666. Il réforma l'armée ; et ses réformes ont duré aussi longtemps que la vieille monarchie» S'il conserva le système des enrôlements volontaires, pratiqué depuis trois siècles, il en diminua les abus et les dangers par une discipline plus exacte et des règlements plus sévères. Il établit Vuniforme en ordonnantque chaque régiment fût distingué par la couleur des habits et par des marques différentes (1670). Il introduisit l'usage des pontons en cuivre pour franchir les rivières ; il institua les magasins de vivres et d'approvisionnements, les casernes, les hôpitaux militaires, l'hôtel des Invalides, toutes choses à peu près inconnues avant lui *. Il créa le corps des ingénieurs, d'où sont sortis les meilleurs élèves du grand Vauban ; des écoles d'artillerie à Douai, à Metz, à Strasbourg, les compagnies de grenadiers dans l'infanterie, les régiments de hussards dans la cavalerie; enfin des compagnies de cadets, sortes d'écoles militaires pour les gentilshommes.
L'armée se ressentait encore des temps féodaux. Le soldat appartenait moins au roi qu'à son colonel ; la cavalerie avait trop d'importance et la noblesse ne voulait servir que là. « Je déclarai, dit Louis XIV, que je ne donnerais plus d'emplois dans la cavalerie qu'à ceux qui auraient servi dans
1. U écrivit ou dkU an jour 71 lettres. On consenre «u dép6t d« Jb guerre 280 vol. in-fol. de minutes, dépèches, mémoires, etc., provenéite de son administration.
2. L'hospice des Quinze-Vingts, fondé par saint Louis, n'était dettM gu'à ceux qui avaient perdu la vue à la croisade. Les soldats amputés on infirmes étaient placés, comme moines to»#, par les rois, dans les ahbavdft, chargées de les nour.ir, ou pensionnés par elles. Henri ni créa, en isTS, l'ordre de la charité chrétienne, composé d'officiers et soldats invalides auxquels il donna de fort belles armoiries avec la devise : « Pour avoir bien servi, > mais pas de pain; et en 1585, il revint à l'usage des moines lais, logés dans les abbayes. Henri IV recueillit les invalides en I5f 7, dans «ne maison de la rue de Lourcine; mais on les renvoya en' 1611. Enfin Louis xrv, « qui fit un plus grand nombre d'invalides que ses prédécesseurs, » leur bAtit en 1670 l'hdtel qu'ils habitent encore.
Église de l'Hôtel 4e& Invalides.
rinfanterie. i On commence ou on achève les batailles avec Tune, mais on les gagne arec Fautre. A partir de ce règne, l'infanterie française devint et resta longtemps la première du monde. Louvois lui imposa la marche au pas et substitua ' aux piques, qui prévalaient encore, le fusil et la baïonnette; mais ce n'est qu'après lui que Vauban parvint à faire du fusil à la fois une arme de jet et une arme d'escrime, ce qui Ta rendu le plus redoutable instrument de destruction qui ait été mis aux mains des hommes.
Il fit une révolution dans Tarmée par Vordre du tableau et par la création du service d'inspection. Il ne détruisit pas la vénalité des offices, qui s'était aussi introduite dans l'armée et qui ne s'exerçait guère qu'au profit des nobles ; mais, pour mériter de l'avancement, il ne suffit plus à ces nobles d'avoir des aïeux, il leur, fallut avoir des services, et les grades devinrent, à partir du rang de colonel, le prix de l'ancienneté : réforme excellente alors, qui ne le serait plus aujourd'hui. La noblesse poursuivit de sa haine le ministre qui rabaissait « les gens nés pour commander aux autres, sous prétexte qu'il est raisonnable d'apprendre à obéir avant que de commander.... qui voulait accoutumer les seigneurs à l'égalité et à rouler pêle-mêle avec tout le monde. » Louvois exigea, avec une fermeté inflexible que chacun fît son devoir ; pour s'en assurer, il institua des inspecteurs généraux • qui rendirent partout présente l'autorité du roi et la sienne ; et des reproches sévères attendirent les officiers négligents , comme ce colonel de bonne famille dont parle Mme de Sévigné : « M. Louvois dit l'autre jour tout haut à € M. de Nogaret : Monsieur, votre compagnie est en fort « mauvais état. — Monsieur, je ne le savais pas. — Il faut le « savoir, dit M. de Louvois ; l'avez-vous vue? — Non, mon- « sieur, dit Nogaret. — Il faudrait l'avoir vue, monsieur. — « Monsieur, j'y donnerai ordre. — Il faudrait l'avoir donné; f car enfin il faut prendre parti, monsieur, ou se déclarer « courtisan, ou faire son devoir quand on est officier. » U créa des camps de plaisance, innovation ruineuse quand ces rassemblements de troupes ne furent qu'un spectacle à divertir
1. Un muni tionn aire assurait le service des vivres moyennant un prix convenu avec le ministre. Le soldat ne recevait gratuitement qu'une ration de pain déterminée -par le général et une livre de viande pour trois jours. 1\ y avait une ambulance dans le camp pour donner les premiers soins aux blessés et un hôpital dans la ville la plus voisine.
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les dames de la, cour et les ennuis du roi, eicelknteëeoler pour les officiers et les généraux quand on s*y prépare se-? rieusement aux grandes manœuvres de la guerre. Ce n'esi qu'après sa mort que fut institué Tordre de Saint-Louis (1693), destiné à payer avec de Thonneur les services mili-: tairesy cette fois sans distinction de naissance, mais nonsans^ distinction de. religion : les réformés ne pouvaient robtenôr. Par de tels soins la France put avoir sous les armes, dans la guerre de Flandre» 12ô 000 hommes ; pour celle de la Hol* lande, 180 000; avant Ryswyk, 300 000; pendant la guerre de la succession, ^50 000.
Fortification 4ee fi-oBtièreei Tmiban. — Il y eut ua point, le seul peut-être, sur lequel le ministre de la guerre et le ministre de la marine s'entendirent : la fortiâcation du royaume. Pour accomplir cet immense travail, ils trouvèrent celui qui est, avec Golbert, le plus grand homme de ce règne. Le Prestre de Vauban était un gentilhomjiM d'assez petite maison, né près de Saulieu, en Bourgogne (1633). Son père était mort au service, ne lui laissant que son nom. Un prieur du voisinage le recueillit et Téleta. Quand, il atteignit ses dix-sept ans, on était au milieu de la Fronde. Onze de ses frères, oncles et parents, étaient sous les armes : un matin, Vauban s'échappa, et courut rejoindre le grand Gondé, qui le reçut comme cadet et bientôt le fit ofMer* Vauban S|B battait bien, il étudiait davuitage. Le bon prieur lui avait donné quelques notions de géométrie; il les développa, et ces premières connaissances décidèrent de sa vocation. Passé dans l'armée royale, il servit sous le chevalier de Clerville, l'ingénieur français le plus renommé de ce. temps, et, à vingt-cinq ans, dirigea les sièges de Gravelines,. dTpres et d'Oudenarde. En 1663, sa réputation était déjà assez grande pour que Louis XIV le chargeât de fortifier ûunkerque.^ Ce premier travail du jeune ingénieur fut un chef-d'œuvre ; deux jetées s'avançant.à 2000 mètres dans la mer, et défendues par de formidables batteries, créèrent un port où la nature n'avait mis qu'une mauvaise plage. Les eaux de l'intérieur, et celles des hautes marées ménagées avec art, donnèrent des chasses puissantes qui creusèrent incessamment le chenal, et renvoyèrent à la mer les vases . qu'elle avait apportées. Dès lors, Vauban fut l'homme indispensable que tous les généraux réclamaient quand ils avaient, un siège à faire. Durant la guerre, il prenait les villes ; du**-
ne LOUIS XIV.
rant la pùx, il les fortifiait. On a calculé qu'il travailla à 300 places anciennes, qu'il en construisit 33 nouvelles, qu'il con. duisit 53 sièges, et se trouva à 1%0 actions de vigueur. Il fut plusieurs fois blessé ; car, pour reconnaître les abords d'une place et ménager le sang des soldats, il s'exposait de manière à se faire accuser de témérité, n'eût été son courage froid et réfléchi comme l'accomplissement d'un devoir.
Placée entre deux mers, appuyée sur les Pyrénées, les Alpes et le Jura, couverte par le Rhin de Bâle à Landau, la France ne manquait de frontière naturelle qu'au nord-est, depuis le Rhin jusqu'à Dunkerque. Cette barrière, que la nature ou plutôt la politique nous a refusée, Vauban nous la donna. On vient de voir ce qu'il fit de Dunkerque d'où sortirent tant d'audacieux corsaires, que les ennemis destinèrent une flotte de 30 à 40 bâtiments à tenir constamment ce port bloqué. Il arma Lille, Metz et Strasbourg, quand Strasbourg se fut donné à la France, de leurs citadelles alors redoutables. Il construisit Maubeuge, sur la Sambre, répiara Charlemont sur la Meuse, et relia ces deux places à Philippeville, pour couvrir la Picardie et la vallée dcrOise, qui descend sur Paris. Il ferma le débouché des Ardennes entre la Meuse et la Moselle par Longwy qu'il éleva en face de Luxembourg. La vallée de la Moselle est la grande route des invasions d'Allemagne en France : nous avions déjà Metz : il doubla la force de cette place en construisant Thionville, qui en fut comme l'avant-poste. Il bâtit Sarrelouis au milieu du large espace qui s'étend de la Moselle aux Vosges, pour couvrir la Lorraine, quoiqu'elle ne fût pas encore française. Bitche et Hialsbourg devinrent les principales défenses des Vosges, Landau, le boulevard de l'Alsace : et cette province récemment conquise, fut rattachée à la France par Lichtemberg, Haguenau, Schélestadt, Huningue, Neuf-Brisach et surtout Strasbourg. Les Vosges ne se relient pas au Jura : il y a là dans notre ligne de défense, un point faible : il y fortifia Belfort Il ajouta de nouveaux ouvrages à Besançon, la gardienne de la frontière du Jura, et à Briançon, qui couvre l'entrée du bassin de la Durance : Mont-Dauphin fut construit presque sur la crête des Alpes. On avait fait avant lui peu de chose pour la défense des Pyrénées. Cette chaîne n'ouvre que deux passages aux armées, du côté de Bayonne et du côté de Perpignan. Vauban fit de ces deux places le centre de la défense et de l'offensive, et jeta dans les montagnes, en avant de la
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première, Saini-Jean-Pied*de-Port, en avant de la seconde, Mont-Louis.
Il visita plusieurs fois les côtes, et y laissa partout des traces durables de son passage. Il fit travailler à Antibes, dont le port vaste et sûr est malheureusement peu profond et d'un accès difficile. Il transforma Toulon, décidément devenu notre grand port militaire sur la Méditerranée, puisque Marseille ne pouvait plus recevoir les vaisseaux de haut bord qui avaient remplacé les galères. 11 aurait voulu faire aussi de Port-Vendres, à rentrée du golfe du Lion, un autre grand port militaire. On revient aujourd'hui à cette idée. Sur le golfe de Gascogne, il construisit le fort d'Andaye, pour battre Tembouchure de la Bidassoa, et la citadelle de Bayonne, mais il ne fit rien pour améliorer la passe dangereuse de TAdour. L^entrée de la Gironde était gardée par la petite lie du Pâté, le fort Médoc et la citadelle de Blaye, qui croisent leurs feux sur le fleuve; ces défenses suffisaient. Celles de la Charente et la fondation de Rochefort étaient dues au chevalier de Clerville; mais Vauban reconstruisit les murs de la Rochelle sur un nouveau plan, éleva la citadelle de rile de Ré, et fortifia Brest. L'importance de Saint-Malo datait de trop loin pour que ce nid de corsaires n'eût pas été depuis longtemps couvert par des fortifications imposantes. Une des tours de son vieux château portait cette inscription que la duchesse Anne y avait fait graver : « Qui qu'en gro- « gne, ainsi dira, c'est mon plaisir. » Et c'était le plaisir de ces hardis marins de courir sus aux Anglais dès que la guerre éclatait. Yauban avait compris la belle position de Cherbourg, sur cette presqu'île du Cotentin, qui s'avance en éperon au travers de la Manche : mais, après quelques travaux, on renonça à ses plans, qui ne furent repris que sous Louis XVI. Ceux qu'il avait faits pour débarrasser le Havre du galet qui menace de combler son port, ne furent pas mieux exécutés. Dieppe, Saint-Yalery-sur-Somme, n'avaient pas besoin de nouveaux ouvrages ; Boulogne en reçut quelques-uns. Vauban en fit élever d'importants à Calais, mais ne put obtenir qu*on accomplit ceux qu'il avait projetés pour approfondir le port. On craignît de nuire à Dunkerque, le favori de Louis XIV, et cette fois favori de mérite.
Vauban, qui fortifiait les places, savait encore mieux les prendre. L'usage des boulets creux pour disperser les terres, le tir à ricochet pour démonter les pièces des assiégés, et
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ddb^re les angles dea basons, «urtoùt le perfeelîon^ nement des parallèles^ au siège de Maëstricht, en 1679. Ces parallèles reliaient entre eïles les tranchées qui conrergeaient vers la place et rendirent la supériorité à Tattaque sur la défense. Vauban avançait lentement,' mais sûren^nt; il marchait à couvert par des lignes où les troupes étaient à portée de se soutenir mutuellement, tie brusquait pas les attaques quand il pouvait s'en dispenser, ménageait le sol^it qu'on prodiguait avant lui , et arrivait au but încompara-* blement plus vite, avec moins de pertes, parce qu'il éteignait d'abord le feu de l'ennemi, et ne laissait sur les remparts ni un point habitable , ni un canon en état de tirer. Il n'y eut plus de forteresse imprenable, et il fut aisé de cal* culer d'avance le jour où toute ville bien assiégée serait prise». C'est encore à lui qu'on doit l'invention de la douille (}ui permit aux fantassins de tirer tout en gardant la baïon* nette au bout du fusil.
Vauban, qui fit tant de fois le tour de nos fh)ntîères de terre et de mer, regardait aux places fortes, mais aussi aux places de commerce ; il multipliait les plans militaires, mais aussi ceux qui devaient servir à l'agriculture et aux travaux de la paix. Il indiquait les bassins, les canaux à creuser, les jetées, les écluses à établir ; il montrait les moyens d'améliorer la navigation des fleuves et des rivières. Colbert luimême n'eut pas à un plus haut degré que ce grand citoyen, pour qui Saint-Simon a inventé le mot de patriote, l'amour du bien public. Ce qu'il a fait n'est rien à côté de ce qu'il voulait faire, et ses Mémoires manuscrits sont encore aujourd'hui, après un siècle et demi d'études et de travaux, remplis d'utiles renseignements.
- ISég^ieri travaux lég^islatifs. — Dans un mémoire remis au roi le 15 août 1665, Colbert avait proposé de refondre toute la législation de manière qu'il n'y eût en France qu'une même loi, un même poids, une même mesure ; il demandait, en outre, la gratuité de la justice, l'abolition de la vénalité des charges dont le prix était évalué à 420 millions; la diminution du nombre des moines et des encouragements
1. Les parallèles avaient été employées pour la première fois par les Turcs au siège de Candie, et, en Europe, par le maréchal Faberi au si^ge de Stenay.
it. Gamot, De la défense de» plaûes fùrtes, p. 12, in-4*, 3» édit. Vauban axait ce moment après 30 jours de tranchée ouverte, Cormontai^e k 29 jours pour les petites places, à 40 pour les grandes.
mon fut nommée. Elle et de maîtres des re- V^oisin, d'Aligre, Bouri, c ce fagot d'épines lires du royaume. » Le les membres éminents îtres et sous la présicelle du roi. Six codes y61,V Ordonnance civile^ procédures iniques de noignage de Thumaine les lenteurs et régla la it le dépôt au greffé de 9, celle des eaux et fodispositions ; en 1670 , ue les parlements n^accachet et d'exil : elle et divers cas d'empriice, afin que nul ne fût des règles identiques ra Tunité du fond par icore ni conseil, ni déïpitales, conserva Talue, Técartèlement, et ;en 1673, VOrdonnance pour Colbert; en 1681 a formé le droit cornr sert aujourd'hui de r, qui régla le sort des Qces sont le plus grand
1 1539. Ils étaient tenus par re et sans exactitude. L'ines actes de baptême ne date s ne faisant point baptiser ;ulier resta jusqu'en 1787 le >mprend la situation déplolaçait les réformés pour les
lien dans qaelques-unes de emme en esclavage, les en- Lit, pour la première fois, oa ) d'une fleur de lis ; pour la rquée; pour la troisième, la *mation législatire, royes le
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traTail de codification qui ait été exécuté de Justinien à NapoléoD. Quelques-unes de leurs parties sont encore en vigueur : l'ordonnance sur la marine compose presque tout le second hm de notre Code de commerce. Pour veiller à la bonne exécution des lois, des maîtres des requêtes furent plusieurs fois envoyés, comme les enquesteurs de saint Louis, dans les provinces, auprès des parlements.
•e Eiioiiiie. Affaires étrwkmgèrem et diplomatie. — Si Colbert et Louvois permirent à Louis XIV de faire heureusement la guerre par le rétablissement des finances, la création d'une marine et la réforme de Tarmée, de Lionne, secrétaire d'État des affaires étrangères, en prépara la réussite par ses négociations. « Il avait, dit Choisy*, un génie supérieur : son esprit naturellement vif et perçant s'était enean aiguisé dans les affaires où le cardinal l'avait mis de bonne heure. » Saint-Simon, qui n'était point flatteur, dit lossi qu'il faisait tout avec une habileté et une supériorité sans égales. Au reste, le roi veilla de près sur ce service : il écrivit lui-même les [nremières dépèches à ses ambassadeurs ; il minuta souvent de sa main les lettres les plus importantes, et il se fit toujours lire les instructions envoyées en son nom,
I«» eemtraliaatioB. — Quelques-uns de ces ministres de Louis XIV, surtout Colbert et Louvois, furent certainement de grands administrateurs ; ils ne furent point, ils ne pouvaient pas être de grands hommes d'État. Colbert lui-même ne visa à rendre la France plus riche qu'afin de rendre le roi |dus puissant. Tous aussi travaillaient à constituer cette centralisation excessive qui enveloppa le pays entier, son industrie et son commerce, les bras et la pensée , des mille liens d'une réglementation minutieuse, de manière que l'initiative des ministres fut partout substituée à l'action des individus et des communautés. Il résultera de ce système que la France vivra moins de sa vie propre que de celle de son gouvernement. Quand l'âge et la maladie glaceront cette main partout présente du pouvoir, tout déclinera. Un grand peuple sera soumis aux vicissitudes de l'existence d'un homme, aux hasards des naissances royales , ou au choix malheureux de ministres insuffisants. Mais nous sommes loin encore de ces
1. Édit. Petitot, t. LXm, p. 314. De Lionne fat aoiti jasqa'en 16«0 titu' Uire do ministère de la marine, mais c'était CoU>ert qni en remplissait les fonctioas.
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aDnées déplorables, et cette administratioD, qui se faille tuteur universel , va rendre aux peuples pendant vingt ans en sécurité, en gloire, en bien-être, ce qu^elle leur 6te en libertés générales et particulières.
Nous connaissons le roi, ses ministres et ses forces, voyonsles agir*.
1. FAITS DIVERS. — 1666, mort d'Anne d'Autriche j 1676, supplice ,de la Brinvilliers, célèbre empoïsonnease ; 1070, de La Salle, chanoine de Reims, fonde la congrégation des Frèm dei ioftln chrétionnes, ^