‹ Histoire de France (volume 5)Chapitre 19 sur 64 · ET CONQU^ES DE 1661 A · texte numérisé non relu

ET CONQU^ES DE 1661 A

W«6tphalie , était le chaos itidme, et, par la ligue du Rhin, Louis XIV pouvait Pempôcher d'en sdrtîr. L'Autriche, gouvernée par un prince médiocre, Léopold !•'( 1657-1 705), était sans crédit dans l^mpire , et elle avait assez à faire que de se défendre contre les Turcs. L'Italie ne comptait plus depuis deux siècles. La Suède, fatiguée de ses efforts héroïques sous le grand Gustave^ avait achevé de s*épuiser, dans les guerres aventureuses de Charles XII contre les Danois, les Russes et les Polonais. Les Anglais reprenaient à cette heure une dynastie, celle des Stuarts ( 1660 ) , qui, en opposition avec le sentiment national, devait , pendant un quart de siècle, neutraliser leur influence et arrêter leur fortune. Enfin, si la Hollande était riche, puissante par sa marine , elle était sans territoire et, par conséquent, sans force durable. Louis XIV, en regardant l'Europe, quand il se mit à gouverner lui-môme, n'y vit donc rien, roi ou peuple, qui pût marcher son égal ou celui de la France ; et les premiers actes de sa politique étrangère révélèrent un désir de grandeur, un sentiment de sa dignité , pour tout dire , une hauteur qui étonnèrent, mais que le succès justifia.

Premleim actes de la pdliCtqiie étrani^ëre de~ lioiils XIV. — Son ambassadeur à Londres , le comte d'Estrades fut insulté par les gens de l'ambassadeur espagnol , le baron de Vatteville, dans une cérémonie publique, pour une question de préséance. A celte nouvelle, le roi rappelle l'envoyé qu*il avait à Madrid, renvoie celui d'Espagne , et menace son beau-père de la guerre, si on ne lui accorde une réparation éclatante. Phihppe IV cède (1662), et le comte de Fuentès déclare exi son nom, à Fontainebleau, en présence de la cour et des ambassadeurs étrangers, c que les ministres espagnols ne concourront plus désormais avec ceux de la France. •

A Rome , l'ambassadeur français, le duc de Créqui , avaft offensé le peuple par ses' dédains ; les sbires pontificaux tirè^ rent un jour sur le carrosse de l'ambassadeur et sur les fenêtres de son palais. Louis XIV exigea satisfaction. Comme le pape temporisait, il fit saisir Avignon, et parlait d'envoyer une armée en Italie. Alexandre VII s'humilia : il éleva, au milieu de Rome, une pyramide qui devait rappeler l'injure et la réparation; et son neveu, le cardinal Chigi, vint présenter des excuses à un jeune prince qui n'avait pas encore tirfe l'épée (1664).

Le Portugal défendait péniblement son indépendance contre

S24 BISTOIRB EXTéniEURK

les Espagnols; 4000 vieux soldats et le maréchal de Schoinberg affermirent par la victoire de Villaviciosa la maison de Bragance sur le trône (1665).

Les Barbaresques infestaient la Méditerranée : le roi se fait le protecteur de toutes les nations assises au bord de cette mer ou qui y naviguent. Son amiral, le duc de Beaufort, Tancien rot des Iialles, donne la chasse aux pirates avec quinze vaisseaux, porte l'incendie dans leurs repaires d'Alger et de Tunis , et force ces barbares à respecter le nom de la France et le commerce des chrétiens (1665). Un beau dévouement honora cette guerre. Le dey d'Alger a\ait parmi ses captifs un officier malouin nommé Porcon de la Barbinais; il l'envoya porter au roi les propositions de paix, en lai faisant jurer de revenir, s'il échouait ;- les tôtes de 600 chréUans répondaient de sa parole. Les propositions étaient inacceptables. Porcon le savait; il va à Saini-Malo, met ordre à ses affaires, puis revient à Alger, certain du sort qui l'attendait: le dey lui fit trancher la tète. Cet homme vaut Régulus et personne ne le connaît.

Le roi venait d'essayer sa marine naissante dans les eaux de la Méditerranée : il acheta pour elle un port important sur la mer du Nord. Le nouveau roi d'Angleterre, Charles II, toujours à court d'argent, lui vendit Dunkerque pour 5 millions (1662) : aussitôt on y creusa des bassins; on entoura la ville de fortifications redoutables, et Dunkerque devint un objet de regret, d'envie et de terreur pour les Anglais. A la même époque il conclut une alliance avec les États-Généraux pour les lier d'avance à sa politique contre l'Espagne. La guerre intre ceux-ci et les Anglais, Louis se m se garda bien d'engager à fond sa ) lui montrer de près l'habileté des )nde et lui fournir un champ de mae sans péril. Au traité de Bréda, il y Antigoa et Monserrat aux Anglais suiie, région couverte d'immenses foits ports que les glaces ne ferment interceptent six mois chaque année let 1667).

enaçaient Vienne; 6000 hommes que ir eurent leur bonne part à la victoire

^ Luva TAutriche. Il aida de même les

Vénitiens à défendre Candie. De 1665 à 1669, plus de 50000

ET C0NQUâTE9 DE 1661 A 1679. %%b

Français, en diflEérentes fois, y passèrent. Leur dernier chef, le duc de Beaufort, y périt. Cette assistaace prêtée aux ennemis des Ottomans semblait glorieuse, mais était une déviation de la politique séculaire de la France. Louis qui s^expose ainsi à une rupture avec le vieil allié de François I^^ et de Henri IV, renoncera bientôt à Tautre partie de leur politique, à Talliance des protestants. Il reprendra le rôle de Charles- Quint et de Philippe II, celui de chef armé du catholicisme et de monarque absolu ; il prétendra, comme eux, à la prépondérance en Europe, et cette ambition fera le malheur de la France, comme elle avait fait celui de TËspagne.

daerre 4e Flandre (1669) f droit de dévoiiitloB. — La mort du roi d'Espagne, en 1665, fut Toccasion de la première guerre de Louis XIV. Philippe IV ne laissait qu'un fils âgé de quatre ans, Charles II, qu'il avait eu d'une seconde iemme. L'infante Marie-Thérèse, depuis six années reine de France, était née d'un premier mariage. Or, c'était l'usage dans les Pays-Bas que l'héritage paternel fût donné ou dévolu aux enfants du premier lit, à l'exclusion de ceux du second. Louis XIV réclama ces provinces au nom de sa femmes La cour d'Espagne consulta les jurisconsultes et les théologiens, quand il aurait fallu lever une armée ; elle soutint que ce droit de dévolution était une coutume civile, qui ne pouvait être appliquée, dans l'ordre politique, à la transmission des États ; et que d'ailleurs l'infante, en se mariant, avait renoncé à toute prétention sur la monarchie de son père. Le ministère français répondit que les renonciations étaient nulles, par ces motifs que Marie-Thérèse était mineure lorsque son père avait exigé d'elle cette renonciation, et que la dot, condition essentielle du contrat, n'avait pas été payée ; qu'enfin les Pays-Bas étant le patrimoine héréditaire des rois d'Espagne, plutôt qu'une possession de la couronne, devaient être régis, comme les domaines privés, par le droit de dévolution. La première raison avait quelque apparence de fondement; la seconde n'était même pas spécieuse : mais le roi de France eompiait bien plus sur ses armes que sur ses raisons.

Les Paya-Bas n'avaient point alors de nationalité parce que, depuis le quatorzième siècle, ils n'avaient eu que des maîtres étrangers. Ces provinces, continuation naturelle de notre territoire et de notre idiome, ne répugnaient pas alors à une union avec la France : cette guerre était donc utile et légitime autant que peut l'être une guerre d'invasion.

ii^ HISTOIRE £xtiltiifitjii& ef eoiiftrâtis.

k L'E^âgiië maiMtttàit éé MiaMtte, élimlë^ (Hti^^fil. î p^^ titii avait envoyé plu^ de cent raisseàui ft LêpmUèéiMAtfé !bs Tiiitâ, et ({ùi tû avait Irétiâi ^ds de eent èoîtAtité^^flitt fett I5éô t^httio rAngîettet*i*e; se vit réduit à eh efhpmtïifer ^elqUés*iJhs à des navigatîeurtl çénbis ^dr Sbû service éà Nddveilti-Mt)hdé. Après avoir eti cres amiéesfotttikiâbleâ stfé tout le eohtitlent, il ne pdt^Vàit pHi^ enUietëhif tia èffi^if de ^0iOO hotttmifts. Avec les tnîneS dd Noiitiftàtî-Mbllde, il êlÉit îJbfigé de retburir à des souscriptions pour se déftjôdllj tni poét subsister, ti n'atait plus de cottiiDette ; ses ménufîMiliires de Séville et de Sêgotié était en grandie pÀKié tdHibéeS; Tâgr^ cultUtis était lâhêàh^ë; ia pbpUl^Uoii; tiUi sl^ît ^iHréé à Vingt million^ ïrous les Arabes 5 était dbr^ dëM^eiidUe k %ii....*; * l*our lui ôter tout secours dU dfebbrt; LoëiH XVf ^'a^utti dé la neutralité de PAtigletert-e fet dé* Pt^tteeC^ Unies, décida !ë^ prihcbâ aHediands de la \f^ dU Abiti à Itd fwtmii" des troupes, M gagha méniê rEmpel^drjSur le^wAll ^uf dé Madrid avait compté.

Ce fut une ph)mettàde militaire plutôt iJu'Uae in^iÉidUt il roi entfA en Flandre avefc ^ 000 homUies et TU^ntjfe {16#f^ €hîlHeroi, toui-nai, Furties, CbUrtrai, que la Ftt*** à pe^ due; Dduài, Lille, qu*ellë à feônsterVés, fdi^l pfrii adftrtUt ^l'assiégés; la deHiièiiô seule fit une résistance *iHêilsè tfà lâTèta i'àrlhée (Hx-sept joët^: Le ^oitite deBhM^bc»fiititibidM dan^ là {^ace. Là p^Hles^ ttistillahe ékil meré céKiff& Bruay, dèig qti'il àttt ràrrivée deLtmi* XIV dîsv^l tibd MUfi» éntoya pi4fet te roi de he pais trbUvei- mauvais ^l ^BkàM là phttîe Jusque là detttiéTe éxtWmité. îl offlrtt dfe Mre pUMT de h tlUe tout ce qui serait néteessalire m Servièe àè M mMt ébtt, il prdTiietlaii dfe ne point tiret- dd feôté *jd^ Sa MaMii désignerait pour éOn quartier. A (}ûdi LbuîS M^dtt i|»ifl4 ^àrtifef serait dèmà tout le featop. En tiiofe ttiols la )ih>vi«QI entière fut souihîsé.

Au* âpptwhes dé rbiver; OU prbpcwa ua amtisttee mk Espagnols : le goUvet-neur des Pay*-BtSi €at*d^ltoAri§«^ li repoussa Avec hiiUtbur, eh disdfittîue cette mïïpfméim dtetné« séHit accordée pftr lé natures, ^ ^H n't^wt f^ beèbin

, U uUgneL Introduction âùx négociations relàlwà Â ta StkH^sSl^ IrW* )7^^'e, p. W. in ffionièiil on «0ttM<eiv$àH c«ltto prtOàè^ pttnm * Loaii XIV, CSiilbttpt ,icvaH cMjà, en six anaée», 4W|gmenlé ig m^jAf 4f« j"?^ pets de 11 SOO 000 livres, diminué les dépenses de 19 90O000 ilyrés; pa* conséquent doublé le ttrenv liH 4o kétôr.

S6tel4« Yille et Beffroi d« OMid.

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