‹ Histoire de France (volume 5)Chapitre 48 sur 64 · DU 21 SEPTEMBRE 1792 AU 26 OCTOBRE · texte numérisé non relu

DU 21 SEPTEMBRE 1792 AU 26 OCTOBRE

avait été appelé de l'armée du Rhin pour pacifia la Vendée, les détruisit (21 juillet 1795).

ReTerti uuw mer} le Veagear. -«La révolution avait improvisé des généraux comme des armées. Mais si le génie de la guerre de terre tient de Tinspiration, la guerre de m^ exige de la science et une longue pratique. Or ce brillant état-major naval qui avait vaincu TAngleterre dans la guerre d'Amérique avait émigré ; dès Tannée 1 790, le tiers des officiers était parti, de sorte que la belle flotte organisée dans les vingtcinq dernières années de la monarchie* restait sans chefs: de là notre infériorité dans les combats d'escadre. Le l«'juin 1794, l'amiral Villaret-Joyeuse, naguère simple capitaine, attaqua, avec 25 vaisseaux montés par des paysans, une flotte anglaise de 38 voiles, pour protéger l'arrivée d'un immense convoi de blé. Le convoi passa, et une partie de nos départements fut sauvée de la famine; mais la flotte fut battue, et perdit six vaisseaux. Un d'eux, le Vengeur^ plutôt que d'amener son pavillon, s'engloutit dans les flots au chant de la if ar~ seillaise. La Martinique, la Guadeloupe, la Corse môme, furent enlevées par les Anglais. Nos corsaires nous vengeaient. A la fin de 1793, ils avaient pris aux Anglais 410 bâtiments ; notre marine marchande n'en avait perdu que 316.

Constitution de Van III (1795). — Cependant la Convention, sortie victorieuse des émeutes qui suivirent le 9 thermidor, abolit la constitution démocratique de 1793, qui n'avait pas encore été mise en pratique, et attribua le pouvoir législatif à deux conseils, celui des Cinq-Cents, chargé de proposer la loi, et celui des Anciens, chargé de l'examiner et de l'accepter. Le pouvoir exécutif fut donné à un Directoire de cinq membres, renouvelé tous les ans par cinquième, nommé par le pouvoir législatif, et responsable. La Convention avait tout réuni ; on divisait tout. Le pouvoir législatif allait avoir deux têtes, le pouvoir exécutif en aura cinq. On espérait échapper ainsi à la dictature et faire une république modérée; la constitution de l'an 111 ne fera qu'une république faible et anarchique.

tournée du 13 Tendémiaire [6 octobre 1905). — Depuis le 9 thermidor, la révolution avait si bien remonté la pente qu'elle avait descendue, que les royalistes espéraient

1. Ed octobre 1790, la France avait 70 vaisseaux de ligne et 6S frégates à flot, 12 vaisseaux et W frégate» sur chantier* ÇUonittur du UQ octo^ bre 1190.)

586 LA CONVEfQTION

une restauration prochaine. Ils comptaient de nombreux partisans dans plusieurs sections de la garde nationale de Paris, et ils venaient de gagner Pichegru par la promesse d'un million comptant et de 200 000 livres de rentes. Ils croyaient que les prochaines élections leur donneraient Ja majorité et qu'ils pourraient ainsi faire légalement une contre-révolution. Mais, la Convention décida que les membres du nouveau corps législatif seraient pris, pour les deux tiers parmi les

Église de Saint-Koch.

conventionnels, de sorte que les royalistes ne pouvaient plus y faire entrer qu'une minorité impuissante. Ils soulevèrent alors les sections de la garde nationale, et, au nombre de 40000, marchèrent sur les Tuileries, où la Convention siégeait. Barras", chargé de la défendre, prit pour lieutenant un jeune général que ses services devant Toulon avaient mis en lumière, mais qui, après le 9 thermidor, avait été destitué. Napoléon Bonaparte. On n'avait que 6 à 7000 soldats. En quelques heures Bonaparte fit des Tuileries un camp retranché ; les sectionnaires, reçus par un feu violent de mitraille sur le pont Royal et dans la rue Saint-

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