‹ Histoire de France, Volume 13Chapitre 11 sur 96 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Molière ei Golbert — Don Juan. — Les Grandi jonn, i1M5«

Un portrait est au Louvre, un vigoureux tableau sans nom d'auteur. Il illumine la petite salle oii il est, comme une flamme. L'artiste, un peintre secondaire peut-être, mais ce jour-là en face d'un tel original^ s'est trouvé transformé. Ce visage est celui d'un grand révélateur, et non pas moins celui d'un créateur, dont tout regard était un jet de vie.

La vigueur mâle y est incomparable, avec un grand fonds de bonté, déloyauté, d'honneur. Rien déplus franc, ni de plus net. La lèvre est sensuelle et le nez un peu gros. Trait bourgeois que le peintre a cru devoir ennoblir avec quelque peu de dentelle. A quoi bon ? on n'y songe pas. L'intensité de vie qui est dans cet œil noir absorbe, et l'on ne voit rien autre. On en sent la chaleur, elle brûle à dix pas.

Ce portrait de Molière est placé à merveille, tout près de celui du Puget. Ce sont les deux moments du siècle. Dans le premier (l'homme de quarante ans), c'est l'élan, le combat, mais c'est l'espoir encore. Dans le second, hélas I bien vieux, une longue habitude de souffrir et de

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