‹ Histoire de France, Volume 13Chapitre 39 sur 96 · PRELUDES DE LA GUERRE DE HOLLANDE · texte numérisé non relu

PRELUDES DE LA GUERRE DE HOLLANDE

trop maigre (au grand chagrin de son cousin Bussy, qui espérait cette gloire pour la famille). La pire, la Montespan^ vainquit par Tamusement et les risées grossières. Ce qu'on en conte (les coussins de chiens envoyés à l'église, la Chaise fi?6 commodité^. etc.) donne une étrange idée du bon goût de Louis XIY. Quand il défendit le mariage de Lauzun avec Mademoiselle, celui-ci, furieux contre la Montespan, dont il avait fait la fortune et qui n'aidait pas à la sienne, osa se cacher sous son lit, épier, écou^r. Et ce qu'il entendit fut tel, qu'elle se crut perdue si le roi n'enfermait Lauzun.

La voir, après cela, trôner à la table royale avec tous les diamants de la couronne (Sévigné) devant la reine en larmes, la voir communier triomphalement avec le roi, c'était une honte pour l'autorité ecclésiastique. Plus grande encore, de voir la reine subir (pour son salut) l'indicible croix de l'avoir chez elle comme surîntendante de sa maison. Ainsi tout est pacifié, la reine ne pleure plus. Le roi est dans une sécurité admirable de conscience. A ce moment (1670), il fait écrire, écrit, pour l'instruction du Dauphin, le miracle de son règne; il dit, à chaque ligne, que Dieu agit par lui, et que Dieu est en lui. Monstrueuse infatuation, inexplicable, si ses directeurs n'avaient accepté comme expiation de sa vie privée la ruine prochaine du protestantisme, le grand complot diplomatique, et plus que toutes choses, la perfide bonté qui abusa nos protestants, endormit ceux de l'Europe.

A l'extérieur, le roit prit pour ambassadeurs en Angleterre, en Hollande et en Suède, un protestant, un janséniste, M. de Ruvigni et M. de Pomponne. A l'intérieur,, il amusa nos reformés par une déclaration protectrice (février 4669). Elle leur permettait de vivre et de mourir r de vivre, de ne plus être envoyés aux prévôts qui pendaient d'abord, examinaient ensuite ; de mourir^ sans que le curé vînt(sinon appelé). On restreignit les enlèvements d'enfants* XIII. 9

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Vive, indignation des^^ évoques à rÂâsemblée cfe 4679: Maistles jésuiles savaient Ueaque.penaer..

La homman'était :pas dajpe> et il coaraît le 'manie pour * démasquer Laiiiis XiVw C'était le Boehelois fiiptîf llar-** siliy. £n 4^61 on avait mi» boirs^ laRoohelle 300 famHIes^, sans leur donner une heare; elles campèrent soob les' pluies- de novembre. Tels moanirent, (bis s'enfinrent, entre, autres eelui-ci. C'était un homme seul, mais dé grande actioo, et qui pouvait ce qu'il voulait. U agit £««> tement en Suède, et jeta les Suédois dans la ligne qui arrêta le roi. En 4669, il était en Angleteroe tt il agissait* air le parlement. U eut le tort de croire qu'il gagnerait Charles II même. Notre ambassadeur ftuvigni, If homme de: confiance des églises ré&cmées, beau-père de lond BusseU (le martyr de la liberté), fut ici mauvais protestant; ii eut le malheureux succès de foire parlei Charles II, qui m lui cacha rien sur Marsilly,. U l'aurait livré sans scrupule. Maîs) VÂiigleterne a là-dessus des pvéjugés gênants» MtosîHy ne s'y fia pas et s'ea ^Ua en Suisse. On le suivait de près. On demanda à Turenne, qui était encore prolestant, de trouver, d'envoyer trois solides officiers protestant» qui iraient à la chasse du fugitif. Ils lui ins{Hrent confiance, l'invitent, l'attirent dans un coin désert des montagnes, le lient, l'apportent à Paris.

Le procès fut foit avec soin . On n'y épargna rien, ni la question la plus exquise^ ni les plus mielleuses promesses, ni les visites pieuses, des bons- ministres protestants qui rengageaient à soula^r.sa.consience, à ne pas se damner par son obstination. U répondait à tout qu'il nc' se sentait point coupable. Ui savait bien qu'il était mort, et jugeait en homme de sens- qu'on chercherait quelque supplice pour le faire faiblir à sa fin. Faute de mieust, il prit un morceau.de verre qu'il avait trouvé dans son cachot, et se fit une atcoce. blessure (l'amputation des parties sexuelles); pensant échapper par l'hémorrhagie. Sa pâleur le trahit,

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on- d€rrih8: IFn^ arviEiit^pas'UH'iiMiiient i^pndtaB. Hifiutf i le-cftamp'rowS'vif. B» roi, avc«4is ordonnai (^'ai^eàt uid mittrstt*e snr PétoHaAtud^' pom* cpi'onahvtt «piKl étaitipourif comm^ trftttïe, immy eoaim» prelëstant. Dui nestar, «oati saigné qu'il était, déjà de Tautre monde, il tiiity ftrmt) jiisqu'au bout. Ëe* peuptep de* Famv ftttt tuoQ e»éeiitkMUi et eonnaijsseur* atn shosBS'dé la»€kièv8\ adoMiiai 6l n'abopi point, et beaucoup, ôtèrentlecmohapeafts.

IFr ministpe'acconlé à'wv protestant .qui* iiiaaniit,.oe fut lë'dëTirièp nénagetnent'dtt'voî poiir* le paoli;», UaasendiUe» dn clëBgé*' qni ou<vi*e (M97t>> sMbatoe* ài ne pas> CQinr> prendre^ravantuge* d*amuser* de» proteatitUfr en.Fnnmi. pour lès aecabfer* en> Europe, he mh innUtt. La ptraé^* eution reeommenoec les- pariemeBts.y'ptNifseiit;' Hoaeoi absout les enlèvements, et' à) Panas fcamoignon même cache les- enAifits< volési dène^son Mlfek A Dack,. o'esÊ pis^« le parlement fhippe de grosses- amewdèsi les paranls- qui sfi) plaignant.

On' eût voulu pousser -les^ protestent à luoef psi» fountéaj qu'on méditait, une' ppétendue réoonoiliatioB defr deuit. Églises. Le eoBvepti Turenne' et le cooveirti PéliseDa». quelques protestante poHtîqnes, y travaillaient. On aa»srait^ que quarante-deux évéques donnaient parole dû suppri*-mer 1^ eulte des images, le porgatoire, etc;, presque, le catholicismo', pewvuque les pr^UHêntssûsoumUsenLlU,. soumis- nne foie> ayant perdu leups; garanties,, on.' eAt dompté ee>vit troupeau.

Pour les rendre^ dociles^ à ces doojee» parcdes, on avait, pris: un moyen rudeç* c'était de les: enfermer. en Franoe,. de défendoe li'émigration^ Les; portesiéibnoyai&me étaiîent/ closes sur eux; quoi qu'oui Si désoemais,. iis devaient rester et monrip; Leur soumiseioft fot étonnante.. Daoas la^ destruction de leuvs temple» (quatre^^vingts rasés dans un seul diooèse>I)) tout oe qu^il» faisaient,. e'étaîÉ de*3;aeseni>* bler sur lefl^ruineset'de prier pour le* roi. Si.l-bn covrom-

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pait leurs ministres» ils prenaient seulement parmi eux des lecteurs pour lire TÉcriture sainte. Cette guerre de Hollande^ qu'on disait hautement religieuse et contre le protestantisme, les protestants ne se crurent pas dispensés d'y servir.

Tout était prêt. Louis XIV, en quatre années, avait acheté la trahison dans toute l'Europe. Pomponne réussit en Suède par un traité d'argent.

Pour l'Empereur, on Tavait déjà gagné contre sa famille, contre l'Espagne. On le gagna contre l'Allemagne, en achetant sa neutralité ; on lui maria sa sœur, on gorgea son ministre. Puis, contre l'Empereur, on acheta le Bavarois, qui (Léopold mourant) dut avoir un morceau d'Autriche ; le Dauphin épousait sa- fille, et lui devait voter pour le roi à la première élection d*un Empereur..

Les princes du Bas- Rhin, jaloux de la Hollande, toujours en procès pour leur fleuve, furent contre elle (comme la Prusse en 483S1J. Ils armèrent sottement pour se donner ce terrible voisin qui les eût dévorés. L'évéque de Munster, brigand de son métier, loua sa bande au roi. L*Ëlecteur de Cologne le mit sur le Rhin même, recevant garnison française dans cette petite Neuss qui jadis arrêta Charles le Téméraire et déconcerta sa fortune.

Le seul Ëlecteur de Mayence fut loyal, agit fidèlement dans l'intérêt de TAUemagne, voulut détourner le danger. Le sultan avait mal reçu une ambassade hautaine du roi, et celui-ci était fort irrité. L'Électeur crut en profiter, et envoya ici le jeune Leibnitz avec un très-beau plan pour conquérir ce qu'il appelait la Hollande d'orient^ l'Egypte. Tout y était prévu; ce vaste et beau génie avait tout embrassé. Il n'y manquait qu'une chose, la chose essentielle, la connaissance de la vraie situation religieuse, de la conscience du roi, et des motifs intimes, supérieurs, qui dirigeaient tout. Le moindre courtisan d'ici eût pu dire à Leibnitz combien son idée était vaine. Cette

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guerre de Hollande était le fonds du règne même, le drame naturel où le nouveau Philippe II gravitait fatalement, aussi bien que la guerre intérieure contre le protestantisme.

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