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donnait aux rois de France et d'Angleterre, qui hautement soutenaient Guillaume. La nuit du 3 au 3 juillet, les États le proclamèrent stadthouder héréditaire. Et le 16 juillet encore» les rois d'Angleterre et de France, renouvelant leur traité, s'engagent à exiger ce que la Hollande a déjà fait d'elle-même, lui imposent Guillaume d'Orange.
Ayant pour lui la peur publique et le vœu forcé des Ëtats, acclamé par la populace et demandé par l'ennemi, Guillaume put choisir à son aise s'il serait l'homme national ou le vice-roi de Louis XIY. Celui-ci lui offrait la Hol* lande mutilée, réduite, mais l'Empire lui disait de la garder entière ; son parent, l'électeur, lui répondait qu'il serait défendu. Donc, il fut un Caton, repoussa fermement la proposition du roi (SIS! juillet), qui, désœuvré, retourna à Versailles (23). Le 24, rassurés sur la guerre étrangère, les Orangistes commencèrent violemment la guerre intérieure, en arrêtant le frère de Jean de Wîtt.
Le parti des deux frères occupait partout la magistrature. Pour l'en tirer, il fallait qu'ils périssent ou par le fer, ou par la honte. Guillaume eût mieux aimé qu'ils se déshonorassent. Il proposa froidement à Jean de Witt de servir le stadthoudérat, de défaire Tœuvre de sa vie, et de démolir son propre parti, offrant de le faire son sScond. II ne voulait rien que le perdre. Jean lui montra par un mot de bon sens qu il le devinait bien, il dit : « Que, s'il mentait pour lui, il le servirait peu, que personne ne voudrait le croire. »
Restait l'assassinat. Pour y pousser le peuple, il fallait l'abuser, ôter aux frères la garantie sacrée que leur prétait la parenté, l'amitié du héros national, de Ruyter. Par une calomnie exécrable, on affirma qu'ils étaient devenus ennemis, que Corneille de Witt avait empêché Ruyter d'achever sa victoire, qu'ils s'étaient disputés, battus, que Corneille en restait blessé. La preuve, disait-on, c'est qu'il est enfermé chez lui. Il y était malade ; on soutint qu'il
Mil eciVLkxmn.
éHitl blessé. Ruyter, toi^inême, en T«io juraîtle eiii)IV9ire« Mais on ne voulut p&s te croire, et le peu}^ lai sut manva» gré de rester juste et vrai contre sâ so^ fttneor.
Le cte&e&uio des calomnies atlftrt s'amonoetant de Tab^ s«rée à i'abswde, jusqu'au ptos atroce délire. Le^assas^ sins crièrent qu'oa voulait les assassiner, que Corneille payait des gens pour tuer le prince, que Jean volait le trésor; Notes qu'il n'avait jamais eu un sou dans les mains, ayant toujoaurs refusé tout maniement des deniers publics. Igndble accusation, mais facile à détruire par la moindre vérification, faan en appela à Guillaiisnme lui-même, qui pcruviait ie sauver d'un mot, en attestant le fait. H fut dix jourji pour tsrouver sa réponse. Dans cette réponse ironique qoi, ne voulant rien ^re, mâaisait à tout crovre, il avait l'air de se laver les mains de ce que pourrait faire la justice du peuple.
M. Mignet; quoiopie généralement favorable àGo^lanme et à rétablissement ebo la maison d'Orange, montre pourtant avec une ferme impartialité que le peuple n'alla pas trop aveuglément de lui^-méme, mais fut quelque pe« dirigé.
On le poussa d'en haut. Bourgeois eamtre bourgeoisagirent; Fhomme du ââl juin, «piicrut tuer Jean de Wil^t, était Le fils d'un magistrat. De plus, le parti sombre et furieux des sectaô^es qui jadis a^anefit aidé Maurice à tuer Baeneveidt, les puritains de Hollande, préchènenl rasèaasinat aux carrefours. Ces imitateurs imbéciles des vieux livires^ biibliq.ueâ croyaient toujouats^ du sang et de l'aseaaainat, susciter un Jhige du peuple^ un sauveur disraêl. ie juge, le sauveur, c'était ce fi» et froid Guillaume qui a4H teudait pour pcofiter.
Pour faire le oriaie, il laHut une suite dé crimes, l^a*bord, endever Ccrnaille à savilteDondrecftt, qui seule avait droit de le juger. Le procurour de la kaute cour de floflande, le magiatiat. «bav^é de la sûreté publique, fit cet
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«nlèvenient, im acte de bandit. Après cela, la haute cour ne voulait pas juger; on fit mine de la massacrer, et quand les magistrats se furent sauvés, moins trois, ces trois, demi-morts de peur, ordomièrent la torture. Corneille y fut ce qu'il ffvait été dans le combat naval, un héros de Tantiquité. A ses bourreaux bibliques, îl paria en Romain, citant Horace et la strophe immortelle : « te juste, de ferme vdoirté, persii^kCTa... La colère de la foule, la furie grimaçante du tyran, veut en vain le crime. . . Il reste sur sa base, comme, aux foRes du -vent, le roc de la profonde mer! »
les jifges n'osèrent absoufre; fis aruraient péri en sortant. Us^ prenoBfcèrent 'G&chemenft le bannissement. Au pewple, donc, de le bawrrir dans l'autre monde. Pour ne fafire qu'un massacre, réunir les deux frères, on alla dire à Jean que Corneille le demandait. Il se rendît intrépide à cet appel, qui leur donnait la (Chance, ayant vécu ensemble d'un même cœur, ensemHe d'y mourir.
M n'y avait plus qu'un pouvoir en Hollande ; la loi était toote en un homme. Les Ëtstts égayés envoyèrent en hâte à cet homme demander du secours, fl n'y fallait pas une armée. Un mot de lui, un messager, sauvait le droit, Thumanilé. Ce mot ne fut pas dit. OuiHanme s'dbstina à croire que des troopes étaient nécessaires. Il ne pouvait en en- -voyer. Il festa inerte et muet.
Les Étttts gardaient la prison avee un peu de cavalerie, qui tenait la foule en respect. Tout à coup, quelqu'un iivie : « Les marins des villages sont en marche pour piller la ville. » Les magistrats, firent semblant de le croire, envoyèrent la cavalerieaux portes ; donc, livrèrent la prison, — forcée, et tes «prisomiiers, —"massacrés, trahies, tout mia, honteusement mw<ilé« et pendus sous les yeux de Sîm^nsBon, p^ntifemeurtrier de l'Ancien Testament, Samuel oïaBgigte, qui crut toit Adhab et Agag, les impies sous le «aintpcooteau*.
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Longtemps après, notre Gourville, ce laquais effronté dont nous avons parlé, devenu un gros financier, le familier des rois, osa dire à Guillaume, qu*on croyait qu'embarrassé de MM. de Witt, il avait dû naturellement profiter de l'occasion. À cette curiosité cynique, il répondit quHl n'y avait rien fait^ mais n'avait pas laissé de s'en sentir un peu soulagé
Ce n'était pas rien faire^ c'était agir beaucoup que d'avoir protégé le premier assassin qui dut encourager les autres, d'avoir répondu sur le vol de manière qu'on y crût, d'avoir refusé de faire son devoir de stadthouder pour sauver la prison, d'avoir récompensé les chefs mêmes des massacres; si bien. que celui d'entre eux qui força la prison, devint bailli de la Haye, le gardien de la ville où siégeaient les États I noble garde, belle garantie des libertés de l'Assemblée!
Par la force des. choses, le roi se détournait de la Hollande, était forcé de faire front vers l'Empire. Il envoya Turenne (septembre) au delà du Rhin. Condé couvrit l'Alsace. Yoilà la France, tout à l'heure conquérante, qui tourne à la défense, défense agressive, il est vrai, qui allait chercher Tennemi.
Turenne n'eut pas grand mal, l'Empereur était fort hésitant, tout occupé de sa Hongrie, les Turcs près de lui, en Pologne. Son général MontecucuUi avait l'ordre de suivre l'électeur de Brandebourg, mais sans agir, sans attaquer. C'était l'ordre aussi de Turenne. Guillaume, qu'ils ne purent rejoindre, niais qui eut tin renfort d'Espagnols, coupa les Pays-Bas, crut prendre Charleroi, pendant que Luxembourg, notre général en Hollande, faisait sa pointe aussi, croyait prendre la Haye, enlever les Ëtats. Ce vain chassé«croisé fut stérile pour l'un et pour l'autre. La glace fondit sous les chevaux de Luxembourg, qui revint à grand'peine. Pour le dédommager, il exécuta à la lettre sur des populations soumises les menaces bar-