LE SACRÉ COEUR
pour lui le nombre, une bonne position retranchée, arrange pour Monsieur une petite victoire. Le bon prince, que son aumônier jadis poussait en vain, ici mis en avant, bon gré mal gré est un héros.
Mais loin que la paix soit avancée par ces succès, TAngleterre s'en effraye ; elle veut que son roi arme contre nous. On s'exagérait fort Louis XIV. A l'Est, il ne put résister que par un coup désespéré. Créqui brûla l'Alsace, la dévasta, comme son maître Turenne avait fait de la Westphalie en 73, du Palatinat en 75. Funèbres dates oii les campagnes se marquent en faisant le désert.
Charles 11^ traîné par son parlement, est forcé (40 janvier 4678) de signer un traité avec la Hollande, qui ne fera pas la paix sans l'Angleterre et en recevra une armée. Le roi fit cette fois, comme il avait fait jusque-là, à chaque coup que lui portaient les deux puissances maritimes, il frappa sur l'Espagne. Il y avait plaisir à tomber sur cette Espagne désarmée, une puissance finie qui lie pouvait plus envoyer un seul homme aux Pays-Bas.
Le roi assiège Gand et Tpres, les prend. La Hollande croit le voir venir à elle, recommencer l'invasion. Orange a beau repousser la paix, on ne l'écoute plus. Sa popularité était fort compromise; on avait découvert que ce personnage double avait promis à Charles II de l'aider contre ses sujets. 11 ne l'aurait pas fait, il ne pouvait et ne voulait le faire. Qui trompait-il? sans doute Charles II. Mais sa duplicité ôtait toute confiance.
La Hollande allait traiter fort honorablement. Elle était libre en conscience. Ses alliés n'ayant rempli nul de leurs engagements avec elle, elle pouvait s'arranger sans eux. Le roi lui faisait un pont d'or. Mais ayant de nouveaux succès, il fut moins pressé de traiter. Il avait regagné pour six millions Charles II, qui licencia ses troupes. Nos armées vinrent camper devant Bruxelles, et, d'autre part^ ouvrirent l'Espagne par la prise de Puycerda. La France
TRAITÉ DE NIMÈGDB. \S\
présenta des exigences et des difficultés nouvelles, tantôt l'intérêt de ses alliés, tantôt la gloire du roi, qui voulait qu'on signât chez lui, non à Nimègue, où se faisaient les conférences.
Il en fit tant, que la Hollande et TAngleterre dirent qu'elles se liguaient contre lui, s'il n'avait signé le 4 \ août. — À la grande surprise de tous, la nuit du i au 4 4 , à minuit, on signa en effet le traité avec la Hollande. Vive opposition des Anglais, et du prince d'Orange qui, le 44 encore, sachant certainement la paix, mais n'en ayant pas la nouvelle officielle, fondit sur Luxembourg, le surprit, lui tua beaucoup de monde. S'il eût vaincu; il biffait le traité.
. Le roi, en s'arrangeant avec le peuple riche, le peuple banquier, qui soldait la coalition, avançait fort la paix. II avait frappé l'Espagne chez elle, en Catalogne, l'Empereur chez lui, à Vienne même, par les protestants de Hongrie qu'il animait. La paix s'accomplit par deux trahisons (6 février 4679) :
UEmpereur trahit V Allemagne, ne réclame pas les villes impériales d'Alsace, ni les passages du Rhin. La Lorraine nous resta encore. Enfin l'Empereur laisse le roi forcer la basse Allemagne de satisfaire la Suède.
Le roi trahit la Hongrie, la Sicile. L'abandon de Messine se fit avec les plus odieuses circonstances. Qn rassura les habitants, on promit, on jura de rester. Un matin, on s'embarque. Tout le peuple accourt au rivage, veut partir avec nous. On part, et, sans traiter pour eux, sans rien stipuler pour leur grâce. — La Hongrie fut trahie de même. Quand ce peuple intrépide poussa à ce point Léopold, jusqu'à saisir sa capitale, il se crut fort de l'amitié, des promesses du grand roi de l'Occident. Au traité, pas un mot pour eux. On les laisse à la vengeance de l'Autriche, comme Messine aux supplices espagnols.
L'Europe se tut et admira. Dans son grossier matéria-
182 hB SiCB£,£(l^».
Ibme, elle vit le roi^ vainqueur de TEspagae, qui^rdUit lu Franebe-Comté, Cambrai, Jalencienne^. .Elle .vit ses dernières jcainpagne$, 3es. grands siég^»:sa .f^roiQté .à maintenir les conditions qu'il avait tout d'abord. posées.^-* Elleae vit pas qu'il reculait s^rjes^leu^ choses q|iju avaient été son principe au début :
1"" JJ intérêt Gommercialy ind^^i^l;
2° La croisatie religieux,
Sous ce dernier rapport,, le roi n'avait pu. rien, ta Hollande restait le grand. asile de ta liberté de jconscience. L'Angleterre, inquiétée et.exaspécée, désarma ses catholiques, exclut, du trône le^catholiqueiYork.
Quant à l'intérêt du commerce, à cette immense construction de l'industrie nationale, commencée d!un si grand effort, gn lâcha tout,} pour gagoi^r la Hollande. Les marchandises étrangères rentrèrent chez nous,pourparalyser nos manufactures. Et, xe qui ûit très-^ravç, c'est que les Hollandais. obtinrent que le roi ne donnerait p/us de monopole, terme obscur pour dire qu'il sacrifiait les compagnies des indes orientales.et occideutalss, que GoJbert venait de former.
Notre naarin« mèimy sa création favorite, si brillante. et forte qu'elle soit, que fera-t-ellemaint^aut que. la haine de lajrance a solidement marié les deu^c marines, jusquelà rivales, d'Angleterre et de Hollandje?. Qu'elles. combattent d'ensemble, et la nôtre est anéantie., (¥.,1692.)
;Ponc, qu'on dresse partout des arcs de trion^phe, que l'enflure de Louvois enfle encore, s'il se, peut, qa'on com^ mence la galerie où las tritons bouSls de Lebrun souffl^ent la victoire. ^ La France. chôme bientôt auxi métiers iaits la veille, ne peut^eiïéparer.iLe vain,cu, c'est Colbert.