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3»6 frtYOLfJTtON d'anglbtekrb.
denos protestants. Ceux qûiamvaientdiénilîés,îTles]^laçîrtt, «t, en altenchint, leur donnait de l'argent. 'Il savait totit, mandait tout à Paris. L*émîgrant, parti pour 'flruxcWcs, 'S'en allait tout droit àTouton. On surrdlkiTiîHères, on surprît ses rapports avec d*Avaux. On cerna sa maison, mais le brigand ne^se laissa -pas prendre, il se fit luer ^t frauda réchafand.
Leroi 'fut won moins imprudent en offrant de l'argent au grand pensionnaire Fagel, qui le dit partout. Plus maladroitement encore, il irrita le eommeree holhi»déis, prohiba le hareng et mit par là en grève soixante mille pécheurs. Nos réfugiés porfitèrent de l'irritation populaire. 'En longue file, habillés de deuil, ils allèrent prier les états généraux d'intercéder pour leurs familles, restées eriTrance à la discrétion des dragons. Ce fut une grande scène ; ils se mirent à genoux, pleurèrent abondamment. Cette' supplication publique, continuée de rue en rue, de maison en maison, entraînait, emportait les cœurs. Ce ^ftrt bien pis, rémotion devint une viole rite fureur quand le truit se répandit que les réfugiés mêmes, établis en Hollande, le roi les demandait et voulait qu'on les lui livrât. L'honneur national en frémit. Tout le monde demanda la guerre.
D'Avaux, qui voyait ce mouvement et les préparatifs que commençait Guillaume, écrit au roi qu'il doit faire marcher son armée vers Maéstricht, effrayer ainsi la Hollande, et clouer Guillaume au rivage. Le roi croit qu'une parole agira autant qu'une armée. Il fait dire par d'Avaux aux états généraux qull regardera tout mouvement contre Jacques comme une attaque personnelle. Il prend aussi sous sa protection le cardinal de Furstemberg, son électeur de Cologne. Défense à la Hollande d*agir ou sur terre ou sur mer, en Angleterre ou sur le Rhin.
L'orgueil de Jacques fut fort blessé d'être ainsi protégé. 11 s'obstina à refuser les secours de Louis XIV. Il croyait, non sans apparence, qu'en acceptant ses groupes il se don-
nait rni maître, que sesiK)îis -amis «tes Fraiïçaîs/iine fois débarqués en Angleterre, ne s'en iraient pas aisément. Le roi eût dû ne pas s'arrêter à cela, le protéger malgré !tii, du moins par une flotte qui barrtt le détroit et arrètât'Gdlllaume.'Lowroîs, toujours jafloux de'ht- marine, éloigna cette idée, repofta le roi vers l'armée, et l'amusa A l'idée de la conquête du Rhin. Le dauphin, général en chef, et sous lui le duc du Maine, le fils du cœur, escamotant la gloire, i^oilà le projet qui éharma le roi et madame de Maintenon, -On se garda bien- d'aller à'flTaëStricht, oîi le bâtard n'eÏÏt pu brilter.
Le roi n'avait désormaîs en 'Europe diantre allé que ïacques. Il avait contre lui et protestants et catholiques, spécialement te pape. Les évoques, les jésuites même, peu satisfaits jd^Innocent XI, animaient le roi contre lui. Défensive en 82, sa guerre au pape devenait offensive. Il était tout entier à cette vieille petite question de Rome. Elle ne pesait guère, pourtant, dans les affaîres'humaînes. Le pape ne comptait plus. Louis XIV eût pu le laisser vieillir doucement et marcher sans en tenir compte. Mais l'encens de son église française lui porta à la tête. La gloire d'avoir martyrisé un million d'hommes le rendit pour Innocent XI d'exi- ^ance implacable. 11 l'attaqua sur l'orthodoxie même, faisant faire par l'avocat général Talon un réquisitoire contre lui, oii on le signalait et comme ami du jansénisme, «t comme soutien de Molinos. 11 n'était que trop vrai que ce grand docteur en dépravation avait été approuvé en i 674 sous Clément XI par le maître du sacré palais ( le censeur personnel des papes), que déplus il avait été toléré par Innocent XI pendant dix ans. L^homme et le livre circulaient publiquement, honorablement dans Rome, avec toutes les approbations des inquisitions romaines et espagnoles, et des ordres religieux. Le pis, c'est qu'Innocent, honnête, mais borné, connaissait Molinos, le recevait, le croyait un bon prêtre. 11 fallut l'insistance du roi, de son ambassadeur.
308 RÉVOLUTION D*AN6LETSRRE.
pour qu'en 85 le pape se décidât enfin à le faire arrêter. Le procès fut étrange. On brûla des disciples, et on emprisonna le maître. Sa lâcheté, Taveu qu'il fit de ses saletés personnelles, lui conservèrent la vie. 11 en fut quitte pour faire amende honorable en robe jaune et pour être enfermé. On n'enferma pas sa doctrine, répandue partout désormais avec la honte de Rome, qui l'avait si longtemps acceptée, honorée.
Le pape le plus austère du siècle fut atteint de ce coup. D'autant plus fière était l'Église gallicane, d'autant plus durement le roi traitait Innocent XI. Celui-ci refusait Cologne à Furstemberg. On lui prit Avignon, on l'outragea dans Rome même. Le roi se fit maître chez lui. Une ambassade armée y entra solennellement pour maintenir le droit d'asile que les ambassadeurs avaient dans leur hôtel et qu'Innocent, très-raisonnablement, eût voulu supprimer.
Voilà la belle guerre qui occupait Louis ÏIV. Il voulait faire, en Allemagne, un archevêque malgré le pape. Son armée, en quarante jours, a les succès les plus rapides. Le deux frères, le dauphin et le petit duc du Maine, bien menés par Yauban, assiègent et prennent Philippsbourg, puis Heilbron, Heidelbei^^, et font trembler Àugsbourg qui est mise à contribution. À la gauche du Rhin, Boufflers prend Worms, Mayence et Trêves. Furstemberg n'est pas loin de saisir son électorat. Tous ces succès arrivent coup sur coup. Le jour de la Toussaint, la cour était à la chapelle, Yif émoi : « Philippsbourg est pris. » Le roi interrompt le sermon, dit la grande nouvelle ; puis ému, le cœur paternel gonflé de la gloire de ses fils, il se jette à genoux, remercie Dieu. On pleure de joie.
On eût eu lieu de pleurer autrement. Guillaume était parti. Cela s'était fait sans mystère. Une expédition de quinze mille hommes ne se cache pas. Lui-même, dans son manifeste, disait aller en Angleterre, Louvois s'obsti-