‹ Histoire De France Volume 14Chapitre 217 sur 341 · PAYS-BAS. ANGLETERRE · texte numérisé non relu

PAYS-BAS. ANGLETERRE

laume s'était trouvé assez embarrassé à l’occasion des élections; les whigs l'avaient irrité par leurs attaques contre l'autorité royale‘; les tories, par compensation, étaient peu enclins à la guerre contre la France. Guillaume s’était résolu à revenir aux tories, dans l'espoir d'exploiter leur docilité morarchique et de les entraîner malgré eux aux mesures guerrières. Il n’y réussit pas sans peine. Le parlement approuva que le roi s’entendit avec la Hollande pour la sûreté mutuelle des deux nations et assura par une mesure décisive la succession dans la ligne protestante. Anne Stuart, princesse de Danemark, héritière du trône d’après Pacte de 1689, avait perdu son fils unique, le jeune duc de Glocester ; le parlement statua que, si la princesse Anne mourait sans enfants et que le roi Guillaume n’en eût pas non plus laissé», leurs droits passeraient à la princesse Sophie, électrice douairière de Hanovre* et fille d’une fille de Jacques 1*; que quiconque serait appelé à la couronne devrait se conformer à la communion de l’église anglicane. Tout tory qu’il fût en majorité, le parlement, pour satisfaire l'opinion publique, ajouta à ce bill de nouvelles limitations, la plupart d’ailleurs fort sages, de la prérogative royale. Il décréta 1° que, si la couronne tombait à quelque prince qui ne fût pas natif d'Angleterre, la nation ne serait point obligée de s'engager dans aucune guerre pour la défense de territoires étrangers; 2 que le roi futur ne sortirait pas des Trois Royaumes sans le consentement du parlement; 3° que désormais les membres du conseil privé (conseil des ministres) en signeraient les résolutions qu’ils auraient approuvées; 4 qu'aucun étranger ne pourrait dorenavant occuper charge, office royal ni siége au parlement; 5° qu’aucune personne ayant office salarié ou pension de la couronne ne pourrait être membre de la chambre des communes. Ces résolutions, que Guillaume

1. Ils avaient récemment exigé de lui des mesures acerbes contre les papistes, auxquels on interdit de posséder des terres (1699); cela ne fut pas exécuté sérieusement, ;

2. L'acte de 1689 avait statué que, si Guillaume laissait des enfants d’une autre femme que de la reine Marie, ces enfans seraient appelés après la princesse Anne et ges hoirs.

3. Elle était veuve du duc Ernest-Auguste de Hanovre, pour qui l’empereur avaié créé le 9e électorat et qui avait transmis à son fils Georges ce titre encore contesté.

872 L'OUTSEX IN (4701)

sanctionna, non sans déplaisir, firent faire un nouveau pas à la constitution anglaise. Les deux chambres se prononcèrent ensuite avec véhémence contre les deux traités de partage, qui promettaient à la France l'empire de la Méditerranée, et les communes allèrent jusqu’à entamer des poursuites contre les ministres qui les avaient négociés. Cette conduite du parlement anglais justifiait Louis XIV de ne s’être pas tenu à un pacte qui fût très-certainement demeuré sans exécution. Il est vrai que ce déchaînement n’eût sans doute pas eu lieu s’il se fût agi des états de Savoie au lieu des Deux-Siciles !.

La diplomatie marchait parallèlement aux débats parlementaires. L’Angleterre et la Hollande venaient de faire une première démarche collective. Le 22 mars, ces deux puissances avaient demandé ensemble à Louis XIV : 1° une satisfaction raisonnable pour l’empereur; 2° que la France retirât ses troupes des Pays- Bäs catholiques et ne püt jamais les y renvoyer; 3° que les principales places des Pays-Bas fussent remises à des garnisons hollandaises et anglaises, en sorte que l'Espagne n’y conservât plus en réalité que le domaine utile; 4° que les Hollandais et les Anglais partageassent tous les avantages accordés aux Français dans les possessions espagnoles. Louis XIV ne répondit pas. Guillaume craignit que la réponse ne fût une attaque immédiate contre la Hollande. Le 19 avril, son ambassadeur en France reçut la notification officielle de l’avénement de Philippe V. C'était une mise en demeure formelle. Guillaume n’était pas prêt. Il se résigna à répondre à son très-cher frère le roi d'Espagne par une lettre de congratulation sur son heureux avénement?; mais il n’en continua que plus activement ses préparatifs pour tâcher d’enlever au nouveau monarque la plus grosse part possible de sa monarchie. Sur une seconde réclamation des États-Généraux, qui armaient de toute leur force et qui avaient commencé d’inonder la Hollande presque comme en 1672, la chambre des lords, devenue plus whig que les communes, grâce aux promotions faites par Guillaume, invita le roi à contracter une nouvelle alliance avec les Provinces-Unies et l’empereur, « dans le même but que celle de

Page 1