‹ Histoire De France Volume 14Chapitre 279 sur 341 · NÉGOCIATIONS ROMPUES · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS ROMPUES

seraient remises à la négociation définitive de la paix. Plusieurs princes et cercles de l’Empire, les ducs de Savoie et de Lorraine, etc., auraient en sus le droit de faire telles demandes qu'ils voudraient lors de cette négociation. Les cessions et démolitions de places convenues s’effectueraient immédiatement, «et la suspension d'armes, convenue pour deux mois, continuerait jusqu’à la paix «en cas que la monarchie d’Espagne eût été rendue à Charles TIT dans le terme stipulé », c’est-à-dire que, si Philippe V, abandonné de son aïeul, refusait de s’abandonner luimême et de quitter l'Espagne, Louis, après une trêve de deux mois, se trouverait désarmé, dépouillé de ses meilleures places et forcé de choisir entre le renouvellement d’une guerre impossible à soutenir, ou le concours avec ses ennemis pour détrôner de vive force son petit-fils.

Les alliés prétendaient que, s'ils se relâchaient de cette exorbitante condition, Louis XIV ne manquerait pas de secourir indirectement Philippe V, comme il avait secouru le Portugal contre l'Espagne après le traité des Pyrénées.

Louis XIV refusa, et adressa aux gouverneurs des provinces de France une circulaire destinée à instruire les peuples des conditions immenses qu’il avait offertes, des efforts qu'il avait faits pour obtenir la paix et des difficultés insurmontables qu’y avaient suscitées ses ennemis. « Je suis persuadé, dit-il, que mes peuples « s’opposeroient eux-mêmes à recevoir la paix à des conditions « également contraires à la justice et à l'honneur du nom fran- « cois. » Le malheur ramenait la monarchie à ces appels à l’opinion qui avaient inauguré les victoires de Richelieu et qui avaient cessé sous le Grand Roi (12 juin 1709).

Les alliés publièrent, de leur côté, leur ultimatum, pour resserrer leurs liens et s’interdire de reculer.

La France, comme son gouvernement, ne songea plus qu'à se défendre avec l'énergie du désespoir .

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