Dumont, Corps diplomatique, t. VII, p
Quelques mots de Louis aux deux magistrats qui reçurent le dépôt de sa main, puis à la reine d’Angleterre (veuve de Jacques IT), attestèrent ce qu’il pensait de ce qu’on lui avait imposé. « J'ai fait un testament, » dit-il à cette princesse; « on à « voulu absolument que je le fisse; il a fallu acheter mon repos; « mais, dès que je serai mort, il n’en sera ni plus ni moins. « Je sais trop bien ce qu’est devenu le testament du roi mon « père '! »
On lui fit cependant encore ajouter à ce testament, qu’il jugeait lui-même si peu efficace, un codicille par lequel il mettait sa maison militaire sous les ordres de Villeroiïi, du moment de son décès jusqu’à l'ouverture du testament, avec injonction à Villeroi d'aller installer le jeune roi à Vincennes, après lavoir conduit au parlement pour ladite lecture ? (23 avril 1715).
Louis XIV, cruellement ébranlé dès 1712, dépérissait peu à peu depuis l’été de 1714; son premier médecin, Fagon, affaibli luimême par l’âge, ne s’aperçut pas à temps de la petite fièvre lente qui minait le roi et ne mit point à profit les ressources qu'offrait encore cette puissante organisation. À partir du 11 août 1715, Louis XIV ne sortit plus du château de Versailles. La fièvre augmenta. Le sommeil disparut. Le 23 août, de nouvelles obsessions, qui ne venaient plus uniquement de madame de Maïintenon ni du duc du Maine, lui dictèrent un second codicille, qui nommait Fleuri, évèque démissionnaire de Fréjus, précepteur du dauphin et Le Tellier son confesseur; un fanatique et un homme d’intrigue. Nous ne connaissons que trop l’un; nous aurons longuement à parler de l’autre, destiné à faire une très-importante figure dans le monde politique. Le lendemain, une jambe qui causait de vives douleurs au roi laissa paraître des taches de gangrène. Le 25 août, Louis reçut les sacrements avec calme et fermeté. Il manifesta quelques scrupules sur ce qu’on lui avait fait faire relativement à la bulle Unigenitus*. IL eût souhaité revoir
1. Mém. de Berwick, t. Il, p. 244. — Mém. de Saint-Simon, t. XI, p. 259-264.
?. Dumont, t. VIII, p. 448.
8. Saint-Simon rapporte, d’après Amelot, l’ancien ambassadeur en Espagne devenu ambassadeur à Rome, personnage très-digne de foi, une anecdote qui prouve que la cour de Rome avait eu la main forcée par la cour de France dans cette affaire comme dans celle du Quiétisme. Clément XI, effrayé des désordres que causait la bulle,
il ) F oo .
fi .
à 1 Ï l il pos ail putes sie ER En Le ï 2