‹ Histoire De France Volume 14Chapitre 47 sur 341 · LUTTE AVEC ROME · texte numérisé non relu

LUTTE AVEC ROME

centre de l'unité de l’Église ‘. » La politique prudente de Bossuet lemportait sur l’ambition de l'archevêque de Paris et sur l’ardeur du parlement. Louis XIV s’était décidé, en rompant avec le pape, à éviter toute apparence de schisme avec le saint-siége. Vingtsix évêques présents à Paris approuvèrent respectueusement, le 27 septembre, « la sage conduite de Sa Majesté. » L'université joignit son appel à celui du parlement. Le 7 octobre, les troupes françaises occupèrent Avignon sans plus de résistance qu’en 1663. Le parti pris par Innocent XI dans l’affaire de Cologne devait avoir de graves conséquences, et il y avait longtemps que la papauté n’avait pesé d’un tel poids dans la balance politique de l’Europe; mais ce ne fut pas au profit du catholicisme, car, en portant un coup très-sensible à Louis XIV, Innocent XI servit très-efficacement la cause de la réforme, qui touchait à une crise décisive. Le reproche adressé par Louis au pape, d’enhardir le prince d'Orange à attaquer le roi d'Angleterre, était bien fondé, et il est fort probable que la Hollande, si elle eût vu la France maîtresse, par Fürstenberg, de l'électorat de Cologne, n’eût point osé seconder les desseins de Guillaume. Le saint père aplanit Les voies à la révolution antipapiste qui se préparait en Angleterre. Il en était venu à négocier secrètement avec le prince d'Orange et à promettre de contribuer à la solde de l’armée impériale, que le prince, à ce que croyait Innocent, commanderait sur le Rhin contre les Français ?. Tout le monde connaît le mot par lequel un contemporain caractérisa la situation : « Pour le repos de l’Europe, il faudrait que le roi d'Angleterre se fit protestant et le saint père catholique. » Innocent était en quelque sorte plus ultramontain que catholique; sa seule excuse, peu avantageuse à son intelligence, c’est qu’il était le seul à ne pas voir ce que voyait toute l’Europe, ce que préparaient les protestants et ce que les puissances catholiques de la Ligue étaient résolues d’accepter, sinon d’aider. L'aspect de l'Angleterre était bien changé depuis la fin de 1685. Le mouvement royaliste, étendu, bruyant et superficiel, .qui avait soutenu Charles II contre les whigs et Jacques II lui-même, à son avénement, contre Monmouth, s'était arrêté aux premières me-

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