‹ Histoire De France Volume 14Chapitre 52 sur 341 · LIVRE LXXXVII · texte numérisé non relu

LIVRE LXXXVII

ÜERRE DE LA LIGUE D’AUGSBOURG. — Conquête de la rive gauche du Rhin. — RÉvoLuTION D’ANGLETERRE. L'Angleterre et la Hollande réunies sous Guillaumé d'Orange. — Déclaration de guerre à la Hollande et à l'Espagne. Incendie du Palatinat. La France reperd une partie des provinces rhénanes.— L'Angleterre déclare la guerre à la France. Guerre d'Irlande. — Retraite de Le Pelletier. Pontchartrain, contrôleur général.- Désordre des finances et aggravation des charges publiques. —- Victoire de Luxembourg à Fleurus. — Le duc de Savoie se déclare contre la France. Victoire de Catinat à Staffarde. — Talents et activité de Seignelai. Victoire de TourviLze à Beachy-Head sur la flotte anglobatave. Gloire de la maine française. Mort de Seignelai. La marine confiée à Pontchartrain. — Bataille de la Boyne. Jacques II abandonne l'Irlande. Défense de Limerick. — Prise de Mons. Combat de Leuse. — Conquête de Nice et de la Savoie. — Bataille d'Aghrim. Fin de la guerre d'Irlande, Émigration irlandaise en France, — Mort de Louvois. Son fils Barbezieux lui succède. — Immense déploiement de forces militaires. — Projet de descente en Angleterre. Revers de la Hougue, exagéré par la tradition. — Prise de Namur. Victoire de Steenkerke.— Invasion du duc de Savoie en Dauphiné. — Pertes immenses du commerce anglais et hollandais. La Hougue vengée., — Les corsaires français. Jean Bart. Duguai- Trouin. — Louis XIV manque l’occasion de défaire Guillaume III. Victoire de Neerwinden. Prise de Charleroi. — Victoire de la Marsaille, — Madame de Maintenon, Beauvilliers et FÉNELON. Misère en France, Dispositions pacifiques inspirées à Louis XIV. — La Suède et le Danemark offrent leur médiation. Offres modérées de Louis repoussées. — Transaction entre la France et la cour de Rome. Louis XIV recule. — Vaines attaques des Anglo-Bataves contre nos ports. — Victoire du Ter et conquêtes en Catalogne. — Situation financière de la France et de l'Angleterre. Grandes fondations économiques et financières en Angleterre. La France réduite aux expédients et à l’empirisme. — Perte de Namur et de Casal. Le due de Savoie traite avec la France. On lui rend la Savoie et Nice, et on lui cède Pignerol. Neutralité de l'Italie. — Négociations. Congrès de Ryswick. Rapprochement entre Louis XIV et Guillaume III. — Prise d’Ath. Prise de Barcelone. Sac de Carthagène. — Paix de Ryswick. La France restitue toutes ses récentes conquêtes et toutes les réunions postérieures à la paix de Nimègue, sauf Strasbourg et les domaines d’Alsace.

La joie que témoigna le grand adversaire de Louis XIV, Guillaume d'Orange, à la nouvelle du siége de Philipsbourg, donna la mesure de la faute où Louvois avait entraîné son maitre. Guil-

laume vit tomber le dernier obstacle qui pût arrêter sa grande entreprise et ne douta plus que les Hollandais, rassurés contre l'éventualité d’une seconde invasion, ne le soutinssent jusqu'au bout. Les actions montèrent de 10 pour 100 en Hollande, quand on sut que les Français marchaient sur l'Allemagne centrale et non sur les Pays-Bas. Louis XIV, à défaut de démonstrations militaires capables d’intimider la Hollande, avait cru la réduire en attaquant ses intérêts par un embargo sur ses vaisseaux dans nos ports. Cet acte, contraire à la foi publique, irrita les Hollandais au lieu de les abattre; ils firent honte au Grand Roi de cette déloyale violation du droit des gens en ne limitant pas; mais ils s’affermirent d'autant plus énergiquement dans la résolution d’aller frapper en Ahgleterre le système de Louis XIV. L’insensé Jacques II, continuant de renier ses amis et de faire à ses ennemis d'inutiles avances, signifia aux États-Généraux, sur ces entrefaites, qu’il regardait le siége de Philipshourg comme une violation de la trêve dont il était garant et qu’il était tout disposé à s’allier avec eux et l'Espagne contre Louis XIV pour faire rétablir la trêve. Les mécontents anglais réfugiés en Hollande, puis le prince d'Orange , puis les États- Généraux eux-mêmes, répondirent à Jacques par des manifestes menaçants, où ils dénonçaient la nécessité de prévenir les projets des rois de France et d’Angleterre contre les libertés civiles et religieuses des nations protestantes. Guillaume attaquait ouvertement la naissance du prince de Galles, de l'enfant supposé, comme l’appelaient les réfugiés anglais ; il déclarait qu’il allait en Angleterre pour faire assembler « un parlement libre, qui déciderait de toutes choses (10-24 octobre). » Les États-Généraux, plus modérés dans la forme, exposaient les motifs qui les décidaient à secourir Guillaume « de quelques vaisseaux et de troupes auxiliaires, dans son louable dessein ‘. » Le prince leur avait, disaient-ils, déclaré qu’il ne prétendait nullement détrôner le roi d'Angleterre, se rendre maître du royaume, ni persécuter les catholiques romains, ‘mais seulement aider la nation anglaise à rétablir ses lois violées et à conserver sa religion et sa liberté (28 octobre). Guillaume avait donné

1. Ils venaient de lui prêter quatre millions en sus de tous les fonds déjà employée par lui,

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