‹ Histoire De France Volume 14Chapitre 65 sur 341 · COMBAT DE BANTRY · texte numérisé non relu

COMBAT DE BANTRY

français; enfin la contestation du « droit de pavillon » attaché à la couronne d'Angleterre, « ce qui viole, dit-il, la souveraineté que nous avons sur les mers britanniques ? ».

Au moment où Guillaume revendiquait la prétendue suprématie du pavillon anglais, cette suprématie venait d’être contestée par de victorieux arguments. Dans les premiers jours de mai, le lieutenant-général Château-Renaud était parti de Brest avec vingtquatre vaisseaux de guerre, escortant un convoi qui portait en Irlande des munitions et de l’argent. Le 10 mai, comme le débarquement commençait à s’opérer dans la baïe de Bantry, sur la côte sud-ouest du Munster, l'amiral anglais Herbert parut avec vingt-deux vaisseaux plus forts d’échantillon et meilleurs voiliers que les navires français. Chêteau-Renaud alla au-devant de l’ennemi et déjoua les manœuvres de Herbert, qui voulait gagner le vent et couper la ligne française. Après plusieurs heures de canonnède, l'amiral anglais, voyant la moitié de ses vaisseaux mis hors de combat par le feu supérieur des Français, gagna le large et laissa le débarquement s’achever sans plus d'opposition. Château- Renaud rentra à Brest le 18 mai, après avoir capturé, chemin faisant, un riche convoi hollandais ?.

Brest avait été indiqué comme rendez-vous général à nos forces maritimes. Château-Renaud y fut joint par seize ou dix-huit vaisseaux sortis de Rochefort, du Havre, de Dunkerque. On attendait encore l’escadre de Toulon. L’amiral Herbert, de son côté, s'était renforcé et la jonction des flottes anglo-bataves s'était effectuée. Plus de soixante-dix vaisseaux ennemis vinrent croiser devant Brest, afin d'empêcher la jonction de l’escadre de Toulon. Heureusement, cette escadre, forte de vingt vaisseaux, avait pour chef un homme qui était le premier marin de la France, depuis que Duquesne n’existait plus. Tourville profita d’un coup de vent qui écarta la flotte combinée et entra sain et sauf dans la rade de Brest (30 juillet). Il en ressortit bientôt à la tête de toutes les forces françaises, avec Seignelai à son bord. L’impétueux ministre de la marine ne rêvait qu'une grande bataille navale. Les deux ami-

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