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papiers ne reçurent pas même intégralement ces 250 millions en billets; on ne leur en délivra que 198 et le reste fut employé à apaiser d'autres créanciers"; car, il existait, comme on l’a vu, près de 200 millions d’autres dettes exigibles, en sus des billets d'État.

Cette espèce d’amputation du gros de la dette flottante fut suivie d'excellentes mesures, qui se rattachaient au parti pris envers les receveurs généraux. La comptabilité, anéantie depuis le désastreux ministère de Chamillart, fut rétablie et perfectionnée; les registres en partie double furent appliqués pour la première fois à la gestion des fonds publics dans tous les pays d'élection. Les receveursgénéraux et les receveurs des tailles furent astreints à envoyer, tous les quinze jours, au conseil des finances, la copie de leur livre- journal : tous les fonds non employés dans les localités durent être expédiés immédiatement à Paris et versés dans une caisse centrale administrée par dix des receveurs-généraux (juin 1716). Les allocations des receveurs généraux furent ramenées au taux du temps de Colbert.

Le commerce fut, en même temps, l’objet de nouvelles faveurs. On révoqua un règlement de 1699 qui gênait le trafic des laines. La durée des deuils fut abrégée de moitié, à la demande des marhands; singulière intervention du pouvoir dans des choses de sentiment et de convenance qui sont du ressort des mœurs et non de l'autorité (5 juin 1716). La société, qui secouait en ce moment le joug austère du xvi siècle, n’était déjà que trop disposée à relâcher les liens de famille. Pour remplacer une partie des droits d'exportation supprimés ou réduits sur un grand nombre d’articles de commerce, on fut obligé d'augmenter de 10 pour 100, pour 1716 et 1717, la capitation récemment diminuée. On renouvela le prét et l'annuel des magistrats, que Chamillart les avait autorisés à racheter pour une somme une fois payée ?.

Dans le courant de 1716, il était facile de voir que la réduction

1. Forbonnais, t. Il, p. 405-423-463-465. — Dans son compte rendu de 1717, Noailles déguise ce détournement en enflant les excédants de fonds annulés jusqu’à 100 millions, de manière à réduire à 198 millions les billets maintenus.

2. Forbonnais, t. Il, p. 431. — Anciennes Lois françuises, t. XXI, p. 118. — Paili, &. IT, p. 61. — Dangeau, t. II, p. 404.

de la dette, par des moyens plus ou moins légitimes, réduction en partie compensée par des remises d'impôts, ne pouvait tirer l'État de la crise financière où il se débattait, même en y ajoutant le produit de la chambre de justice, sur laquelle Noaiïlles conservait encore de grandes illusions. Il fallait ou créer des ressources inconnues, ou diminuer les dépenses dans une proportion énorme et changer toutes les habitudes de la monarchie; encore était-il plus que douteux que l’économie pût jamais suffire. Law, qui commençait à faire une grande figure en France, proposait le premier parti; Noailles voulut essayer le second. Il projeta de réduire les dépenses de 147 millions à 94; tout devait être atteint, les pensions de cour comme le reste. Avec ces 53 millions d’économie, on se fût encore trouvé en déficit de 18 millions sur l’année; mais la chambre de justice, pensait- on, y devait amplement pourvoir. Il eût fallu, pour exécuter un tel.plan, un autre prince que le régent, et même un autre ministre que Noaïlles. On ne réduisit que le nécessaire, comme la marine; mais tous les abus et toutes les inutilités puissantes se soulevèrent pour la défense de l’arche sainte, et le régent capitula si bien, qu’au lieu de 94 millions, on en dépensa 141. Le déficit pour l’année 1716 fut de 97 millions, à cause d’un retard de 32 millions dans la rentrée des impôts !. Contrairement aux résolutions si pompeusement annoncées, des emprunts, des anticipations et le triste bénéfice des monnaies comblèrent la différence,

Le salut par l’économie fut ainsi démontré impossible. Noailles, pourtant, ne voulut pas encore céder à l'évidence. Il continua de lutter ?. Il fit rendre, le 30 janvier 1717, une déclaration qui réduisait proportionnellement toutes les pensions, sauf les moindres. Selon toute apparence, cela ne fut exécuté qu’envers les gens sans crédit. Le 27 juite 1717, il présenta au conseil de régence un

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